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Hauts Grades

hauts grades et St André

6 Juin 2005 Publié dans #hauts grades

..La croix de Saint André que vous voyez au bas du même tableau figure aussi le passage maçonnique de l'Ancien au Nouveau Testament, confirmé par l'Apôtre Saint André qui, d'abord disciple de Saint Jean Baptiste, né et prêchant sous l'Ancienne Loi pour préparer les cœurs à la Nouvelle, abandonna son premier Maître pour suivre sans partage Jésus‑Christ  et scella ensuite de son sang son amour et sa foi pour son vrai Maître.

 C'est cette circonstance particulière qui a fait adopter pour ce grade, dans l'intérieur de nos Loges, la dénomination de Maître Ecossais de Saint André…..Le bijou est une croix de Saint-André d’or avec une large émeraude au centre, portant un chardon entre les branches et la base.

La mise à l’ordre se fait en croisant les bras sur la poitrine, ce qui forme une croix de Saint-André.....Saint André n'était pas un nouveau venu dans le discours maçonnique et Willermoz le connaissait puisqu'un grade pratiqué à Lyon invoquait son patronage dès 1761 : le "Chevalier de l'Aigle, du Pélican, Chevalier de St André ou maçon d'Heredon", c'est à dire le Rose-Croix. Et pourtant il avait omis l'apôtre dans la réforme de Lyon et c'est cela seul qui importe. Je ne crois pas à l'oubli mais plutôt à une intention délibérée. On sait en effet que, dans le Rose-Croix, saint André n'apparaît que dans le titre et "l'étymologie" qui suit n'est guère flatteuse pour les maçons qui se réclamaient de son patronage :

"On appelle aussi ce grade chevalier de la St André, autre cause de fanatisme qui prit son origine en Ecosse, les maçons dans les premiers temps de la maçonnerie se multiplièrent en écosse plus que dans tout autres endroits et il si établir diverses loges sous le même but ou d'un génie qui présidait à l'ordre, comme sagesse prudence tempérance. Une des dites loges n'en prit point et comme elle avait adoptée la coutume de faire sa grande assemblée le jour de la St André. Le grand patron et protecteur du pays. Le peuple ne connaissant point leurs désignation semblable aux autres qui en avait et ignorant les objectifs de leurs mystères sachent seulement que les membres s'appelait chevalier maçon, le peuple les surnommait vulgairement quant on parlait de cette loge les chevaliers maçon de la Saint André, ce qui contribuait d'autant mieux à leur attribuer ce nom c'est que le jour de la grande assemblée, ils faisait aux yeux du public une procession et une fête si pompeuse qu'elle faisait une impression très forte dans l'esprit de ces petites gens, ce qui leur faisait désirer après le jour de leur patron pour jouir du plaisir de voir dans cette belle procession et cette grande fête qu'ils regardaient comme la plus belle de l'année et le plus grand jour par les suites cette même loge ouvrit ses portes au peuple des petites classes et du plus bas étage de façon que ce qui n'aurait du rester que dans les grands qui n'aurait jamais corrompu de si beaux ouvrages ni un nom aussi respectable déséquilibré. Ce n'est point que dans leurs receptions, on ne leurs appris que le titre de chevalier de l'aigle et de rose-croix était les premiers noms et les vrais de l'ordre, mais ils ne purent se déshabituer à la domination, ce qui a été la cause que l'opinion de ce nom d'heredon et de St André et que le nom vulgaire en est resté parmi cette petite populace, ce nom même dans un siècle plus proche a produit une plus grande horreur que des révolutions ayant dispersé pour quelques tempe les sociétés maçonnes dans le pays. La…et (sic) les bijoux de l'ordre s'étant perdu ou égarés, ils ne purent avoir l'intelligence d'en faire les recherches dans d'autres loges plus éloignées qui n'avait point essuyé de pareils disgrâce ni semblables événements et soit esprit d'innovation soit ignorance ils prirent des nouvelles sur la croix de Saint André en y étendant tout son long le bon Saint quoi qu'il n'y ai aucun rapport entre les bijoux et la matière qu'ils traitent, suffisait pour eux que ce fut une croix n'importe quelle pour qu'ils l'adoptes, d'ailleurs la vénération que l'on avait dans le pays pour le personnage du saint n'était guerre moins grande que celle que l'on avait pour le rédempteur. Ce qui fit qu'ils préférèrent la croix de St André à celle de jésus Christ, voilà précisément d'où sort le fanatisme de ceux qui portent une croix de St André pour une croix de maçonnerie ignorant presque tous pourquoi ils la porte. Cette grossièreté se passe jusque Allemagne où quelque voyageur constituèrent des loges de ce genre telle en la loge de Cologne et de Francfort qui depuis parfaitement bien telles sont aussi plusieurs loges établies en France qui ont beaucoup d'impropriétés dans les instructions qui gâte la beauté du mystère de ce grade."

Les mêmes appréciations avaient-elles cours à Lyon? Je l'ignore mais, si tel était le cas, elles justifieraient l'oubli de Willermoz. Quoiqu'il en soit, lorsqu'il fut à nouveau confronté avec le personnage, par la filière suédoise cette fois, Willermoz se décida à l'adopter et on peut supposer qu'il le fit de bonne grâce puisqu'il le maintint dans son élaboration finale. Comment expliquer ce revirement ?

Dans le rituel suédois que Willermoz ramena de Wilhelmsbad, saint André n'est finalement qu'un prétexte : il y apparaît, sans plus, comme le patron de l'Ecosse, royaume qui accueillit, selon la légende maçonnique, les templiers proscrits. Il est donc bien à sa place dans un Rite qui se veut le successeur de l'Ordre médiéval. Willermoz, lorsqu'il écrivit la version finale du "Maître Ecossais de Saint-André", lui donna une toute autre dimension! Il vit en lui, non le seul symbole de l'Ecosse, mais surtout l'apôtre qui quitta son maître, saint Jean le Baptiste, pour suivre Jésus-Christ, annonçant par-là le passage de l'ancienne à la nouvelle loi (dans "Sarsena", saint André annonce le même passage mais le rituel divulgué en 1816 avait sans doute été modifié). L'instruction finale du "Maître Ecossais de Saint-André" de 1809 ne laisse aucune équivoque à ce sujet :

"La croix de saint André que vous voyez au bas duquatrième et derniertableau figure le passage maçonnique de l'Ancien au Nouveau testament, confirmé par l'Apôtre Saint André qui, d'abord disciple de Saint Jean Baptiste, né et prêchant sous l'Ancienne Loi, pour préparer les cœurs à la Nouvelle, abandonna son premier maître pour suivre sans partage Jésus-Christ, et scella ensuite de son sang son amour et sa foi pour son vrai maître. C'est cette circonstance particulière qui a fait adopter pour ce grade, dans l'intérieur de nos Loges, la dénomination de Maître Ecossais de Saint André".

 

 

 

Pierre Noël

 

 

 

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