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Hauts Grades

l'émanation et les nombres

8 Juin 2005 , Rédigé par L-C DE st Martin Publié dans #spiritualité

L’émanation divine doit être comprise en tant que le Principe créateur n’a éprouvé ni séparation, ni division, ni aucune altération dans leur essence. Pour bien comprendre ce terme, procédons par analogie. Quand je produis extérieurement quelque acte intellectuel, lorsque je communique à l’un de mes semblables la plus profonde de mes pensées, ce mobile que je porte dans son être, qui va le faire agir peut lui donner une vertu : ce mobile, quoique sorti de moi, quoi qu’étant, pour ainsi dire, un extrait de moi-même et de ma propre image, ne me prive point de la faculté d’en produire de pareils. J’ai toujours en moi le même germe de pensées, la même volonté, la même action ; et cependant j’ai en quelque façon donné une nouvelle vie à cet homme, en lui communiquant une idée, une puissance qui n’était rien pour lui, avant que j’eusse fait en sa faveur, l’espèce d’émanation dont je suis susceptible. Nous souvenant toutefois qu’il n’y a qu’un seul Auteur et créateur de toutes choses, on verra pourquoi je ne communique que des lueurs passagères ; au lieu que cet Auteur universel communique l’existence même, et la vie impérissable.

Mais, si dans l’opération qui m’est commune avec tous les hommes, on sait évidemment que l’émanation de mes pensées, volontés et actions, n’altèrent en rien mon essence ; à plus forte raison la vie divine peut se communiquer par des émanations : elle peut produire sans nombre et sans fin, les signes et les expressions d’elle-même, et ne jamais cesser d’être le foyer de la vie.

Si nous sommes émanés d’une source universelle de vérité, aucune vérité ne doit nous paraître nouvelle et réciproquement, si aucune vérité ne nous paraît nouvelle, mais que nous n’y apercevions que le souvenir ou la représentation de ce qui était caché en nous, nous devons avoir pris naissance dans la source universelle de la vérité. L’homme intellectuel, par sa primitive existence, a dû selon la loi universelle des êtres tenir à son arbre générateur. Il était, pour ainsi dire, le témoin de tout ce qui se existait dans son atmosphère : et comme cette atmosphère est autant au-dessus de celle que nous habitons, que l’Intellectuel est au-dessus du matériel même, les faits auxquels l’homme participait, étaient incomparablement supérieurs aux faits de l’ordre élémentaire : et la différence des uns et des autres, est celle qu’il y a entre la réalité des êtres qui ont une existence vraie et indélébile, et l’apparence de ceux qui n’ont qu’une vie indépendante et secondaire. Ainsi, l’homme étant lié à la vérité, participait, quoique passivement, à tous les faits de la vérité. Après avoir été détaché de l’arbre universel , qui est son arbre générateur, l’homme se trouvant précipité dans une région inférieure pour y éprouver une végétation intellectuelle, s’il parvient à y acquérir des lumières et à manifester les vertus et les facultés analogues à sa vraie nature, il ne fait que réaliser et représenter par lui-même ce que son Principe avait déjà montré à ses yeux : il ne fait que recouvrer la vue d’une partie des objets qui avaient déjà été en sa présence ; que se réunir à des êtres avec lesquels il avait déjà habité ; enfin, que découvrir de nouveau, d’une manière plus intuitive, plus active, des choses qui avaient déjà existé pour lui, dans lui, et autour de lui.

Voilà pourquoi l’on peut dire d’avance que tous les êtres créés et émanés dans la région temporelle, et l’homme par conséquent, travaillent à la même oeuvre, qui est de recouvrer leur ressemblance avec le Principe, c’est-à-dire, de croître sans cesse jusqu’à ce qu’ils viennent au point de produire leurs fruits, comme il a produit les siens en eux. L’homme est né pour prouver à tous les êtres qu’il y a un Dieu nécessaire, lumineux, bon, juste, saint, puissant, éternel, fort, toujours prêt à revivifier ceux qui l’aiment, toujours terrible pour ceux qui veulent le combattre ou le méconnaître. Heureux l’homme, s’il n’eût jamais annoncé Dieu qu’en manifestant ses puissances et non pas en les usurpant ! L’homme ne peut surpasser son Créateur puisque toute les productions sont inférieures à leur Principe générateur, puisque nous ne sommes que l’expression des Facultés divines et du Nombre divin, et non pas la nature même de ces facultés et de ce nombre qui est le caractère propre et distinctif de la Divinité.

A quelque point que nous montions, il sera éternellement et infiniment au dessus de nous, comme au dessus de tous les êtres. C’est même l’honorer que d’ennoblir ainsi notre propre essence ; parce que nous ne pouvons nous élever d’un degré que nous ne l’élevions en même temps dans un rapport quadruple ; puisque toute action, comme tout mouvement, toute progression est quaternaire, et que nous ne pouvons nous mouvoir que selon l’immuabilité de ses lois.

Enfin, si nous descendons de la Divinité, si elle est le principe immédiat de notre existence, plus nous nous en rapprochons, et plus nous l’agrandissons aux yeux de tous les êtres ; puisqu ’alors nous faisons sortir d’autant plus d’éclat de ses Puissances et de sa supériorité. Dieu doit être notre terme de comparaison si nous voulons nous préserver de toutes les illusions et des amorces de l’orgueil par lesquelles l’homme est si souvent réduit.

Puisque l’être divin est le seul Principe de la lumière et de la vérité : puisqu’il possède seul les facultés fixes et positives, dans lesquelles réside exclusivement la vie réelle et par essence : dès que l’homme a cherché ces facultés dans un autre être, il a dû de toute nécessité les perdre de vue, et ne rencontrer que le simulacre de toutes ces vertus. Ainsi, l’homme ayant cessé de lire dans la vérité n’a pu trouver autour de lui que l’incertitude et l’erreur. Ayant abandonné le seul séjour de ce qui est fixe et réel, il a dû entrer dans une région nouvelle, qui, par ses illusions et son néant, fût toute opposée à celle qu’il venait de quitter. Il a fallu que cette région nouvelle par la multiplicité de ses lois et de ses actions, lui montrât en apparence une autre unité que celle de l’être simple, et d’autres vérités que la sienne. Enfin, il a fallu que le nouvel appui sur lequel il s’était reposé, lui présentât un tableau fictif de toutes les facultés, de toutes les propriétés de cet être simple, et cependant qu’il n’en eût aucune.

L’homme s’est égaré en allant de quatre à neuf ; c’est-à-dire, qu’il a quitté le centre des vérités fixes et positives, qui se trouvent dans le nombre quatre comme étant la source et la correspondance de tout ce qui existe ; comme étant encore, même dans notre dégradation, le nombre universel de nos mesures, et de la marche des Astres.

L’homme s’est uni au nombre neuf des choses passagères et sensibles, dont le néant et le vide sont écrits sur la forme même circulaire ou neuvaire, qui leur est assignée, et qui tient l’homme comme dans le prestige.

 

 

 

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