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Hauts Grades

Sublime grade du Choix

3 Janvier 2007 , Rédigé par gibelain Publié dans #hauts grades

Lorsque le Grade du Sublime Choix a paru en forme pour la première fois (ce fut l'an du Seigneur 1744), les plus anciens Maîtres des Loges ont jugé que, vu l'excellence de ce grade, il ne devait se con­férer qu'à des Ecossais choisis, c'est-à-dire à des Ma­çons zélés et dont les moeurs fussent reconnues.

 Ornements des Chefs

Le Très Sublime porte un large cordon en sau­toir, moitié rouge et moitié vert, bordé d'un filet d'or des deux côtés; à ce cordon pendront deux pe­tites tables d'or représentant celles de la Loi.

Le Premier Sacrificateur a le grand cordon auquel pendra un petit serpent d'or. Le Chevalier Introduc­teur porte le grand cordon avec l'étoile de l'Ordre.

L'Orateur porte une médaille d'or représentant quelque mystère sacré du Peuple Choisi. Le Secré­taire porte une ou deux plumes d'or.

Le Trésorier porte une clef d'or.

Tous les Chevaliers portent le petit cordon, qui s'attache du côté du coeur, où ils pendront l'étoile de l'Ordre.Les Lévites ne portent que le petit cordon, sans étoile. Cette étoile doit avoir cinq pointes d'or, elle doit être garnie, au milieu d'une émeraude et, dans cha­que angle, d'un rubis; le Grand Secret du Choix est enfermé dans les cinq lettres qui sont gravées ou émaillées sur les pointes; ces lettres sont …

Décoration de l'arche de réception

Une arche d'alliance, ou représentation du Taber­nacle, doit être placée sur des gradins, dans le fond, couverte d'un pavillon d'or, les richesses doivent éclater, l'Etoile lumineuse, marquée des cinq lettres, doit être au-dessous de l'arche, de façon à en pou­voir donner l'explication aux nouveaux reçus; si on pouvait les rendre transparents, cela ne vaudrait que mieux.

Un chandelier à sept branches d'or sera placé devant le Tabernacle; en bas des gradins est la place du Sublime Maître; il aura à sa droite une table cou­verte d'un tapis riche sur lequel seront les Tables de la Loi, des ciseaux, un poignard, avec des cordons pour en décorer le nouveau Lévite; l'autel des sacri­fices est au milieu de la salle, sur lequel sera la Lampe du Feu Eternel, avec un coutelas orné. Au bas de la salle est l'autel des parfums sur lequel il doit y avoir un vase, rempli d'une eau amère, et un autre avec du feu et, enfin, un troisième, rempli d'eau ordinaire.

Les deux Sacrificateurs se tiennent debout, à droite et à gauche de l'autel des sacrifices; ces deux Lévites sont placés de même aux deux côtés de l'autel des parfums; l'Orateur est à la droite du Maître, ayant devant lui un pupitre.

Le Secrétaire est à la gauche avec une petite table devant lui, où sont les livres qui contiennent les Sta­tuts et procès-verbaux des réceptions. L'Introducteur se tient debout vis-à-vis de l'autel des parfums.

Le Trésorier n'a point de place fixe. 

Tout le tours de l'arche de réception doit être orné d'emblèmes et de guirlandes représentant les mystères du Peuple Choisi.

Tous les Chevaliers de la Tribu doivent être pla­cés des deux côtés; les Lévites se placent de même après les Chevaliers.

Habillement 

Le Maître est habillé en Grand Prêtre, avec une robe blanche qui va jusqu'aux pieds, un rochet par­dessus, qui ne va que jusqu'aux genoux, l'or doit y éclater, les manches de la robe doivent être étroites et venir jusqu'aux poignets; celles du rochet sont larges et ne viennent qu'à la moitié du bras; il est ceint d'un cordon dont les extrémités sont à franges d'or; il doit avoir la tête couverte d'un voile.

Les deux Sacrificateurs ont une longue robe rouge dont les manches viennent jusqu'aux poignets, avec une large ceinture de soie noire à franges d'or; ils ont à leur ceinture chacun un poignard, duquel ils se servent dans leurs fonctions au sacrifice.

L'Orateur a une robe bleu céleste, avec une cein­ture rouge à franges d'or.

Le Secrétaire et le Trésorier sont habillés de même que lui.

Tous les Chevaliers assistants sont en robe blan­che avec une ceinture bleue frangée.

Les Lévites ont la robe blanche et la ceinture de même.

L'arche de réception doit être bien fermée et l'on doit avoir un grand soin d'en écarter les Infidèles. Cette décoration est celle de la réception des Lévites, qui est le premier grade du Choix; ceux qui ne sont point de cet Ordre sont appelés Infidèles.  

Façon de préparer celui que l'on veut recevoir Lévite, lorsqu'on l'aura mis dans une chambre particulière

Le Frère qui doit le préparer sera dans ses habits ordinaires, il viendra trouver le récipiendaire, et lui demandera s'il veut bien lui prêter tout ce qu'il possède, tant en argent que dia­mants, bijoux, bague, montre, épée, tabatière; et il sort ensuite et le laisse seul; cet emprunt se fait en mémoire de celui que firent les Israélites chez les Egyptiens.  

Un instant après, un autre Frère vient au réci­piendaire, lui demande comme le premier l'emprunt de ses bijoux, celui-ci, n'ayant rien à donner, on le fait sortir de l'endroit et on le conduit, sans lui rien dire, dans une autre chambre obscure et qui n'est éclairée que d'une lampe très sombre; dans cette chambre doit être un Frère à longue robe noire, avec des gants lèprés, qui représente un des fléaux d'Egypte; cet homme paraît plongé dans la tristesse; le Frère qui a conduit l'infidèle dans cette chambre lui fait ôter son habit, le revêt d'une robe noire; il lui fait aussi ôter ses souliers et lui fait mettre des pan­toufles et des gants léprés; après quoi, il lui dit : « Voter infidélité peut vous réduire à passer le reste de votre vie dans l'état où vous vous voyez mais vous pouvez vous en consoler en la compagnie de cet infidèle avec lequel je vous laisse ». Il se retire après cela et ferme la porte; le Frère qui est avec le récipiendaire lui tient ce langa­ge : « Serait-il possible que vous soyez assez dépourvu de ce même courage qui vous animait autrefois, pour suivre des hommes qui se disent des Choix, sans avoir d'autre prétexte que la curiosité de savoir leurs clystères ? N'avons-nous pas des magiciens qui en font autant qu'eux ? Soyez plus ferme et persistez comme moi ! Si nous sommes à présent dans les ténèbres, couverts de lèpre et accablés encore d'autres maux, faut-il nous en épouvanter ? notre Maître, nous en retirera par quelque prodige; nous avons été de trop bonne foi en donnant à ce Peuple tout ce que nous avions de précieux, tout est perdu pour nous et nous voilà dans un état de misère. Mais imitez-moi, demeurez ici, au risque de mourir de faim et de soif ! ». 

Celui qui a conduit le récipiendaire vient ensuite demander à l'infidèle s'il veut rester toute sa vie dans les ténèbres. Mais la proposition qu'on a faite de mourir de faim ou de soif ne lui plaisant pas, il  répond « Non ! ». Aussitôt, le Frère lui bande les yeux, le fait sortir de la chambre et le met entre les mains de l'Introducteur; celui qui reste dans la chambre fait tous ses efforts pour engager le réci­piendaire à rester avec lui, le retenant par sa robe, mais inutilement.

Pendant le temps de la préparation de l'infidèle, le Maître a dû ouvrir l'arche de réception poux les Lévites; il faut être un nombre de douze afin de représenter les douze Tribus, mais, à défaut de ce nombre, le Maî­tre, les deux Sacrificateurs, l'Introducteur et les deux Lévites, faisant le nombre de six, on peut l'ouvrir.

Ouverture de l'arche de réception

Le Maître frappe deux coups dans ses mains et tous doivent être attentifs; le Maître interroge le Chevalier Introducteur.

D. Pourquoi êtes-vous sorti d'Égypte ?

R. Pour me retirer de la servitude et pour servir Israël.

D. Qui vous a conduit dans l'arche ?

R. Israël a conduit mes pas.

D. Comment l'homme choisi voyagea-t-il sur l'eau ? R. Dans un coffre de jonc sur le fleuve.

D. Quelle est la fonction d'un Lévite ?

R. Il est destiné au service des autels.

D. Quel est le signe de vie ?

R. La marque du sang de l'ange exterminateur.

 

D. Qu'avez-vous vu dans votre servitude ?

R. La métamorphose de la baguette en serpent. D. Que représente la chambre obscure ?

R. Les ténèbres de l'Egypte.

D. N'y avait-il point d'autres maux ?

R. La lèpre couvrait le corps des infidèles.

D. Comment avez-vous été purifié ?

R. Par l'eau, le fer et le feu.

D. Pourquoi vous a-t-on coupé les cheveux ? R. Parce que les Lévites doivent être rasés.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Entre vingt-six et soixante ans... C'est marque qu'il faut être majeur pour être Lévite, mais la Tribu peut donner dispense d'âge.

D. Quel temps faisait-il en Egypte ?

R. Ni jour ni nuit, ni pluie ni beau temps.

Après ces demandes, le Sublime Maître demande aux deux Sacrificateurs s'il est temps d'ouvrir l'arche.

R. Oui, Très Sublime Maître.... en saluant suivant l'ordre, qui est de tenir le bras gauche le long du corps et de l'empoigner de la main droite au-dessus du coude. Le signe est en mouvement de la douleur que causait la lèpre.

L'Introducteur prend un bougeoir sur la table des parfums, dans lequel est une bougie allumée, il vient la présenter au Très Sublime, qui met le feu à la lampe sacrée qui est sur l'autel des sacrifices et ils se rendent chacun à leur place. Le Sublime Maître dit aux Sacrificateurs : « Mes Frères, le feu sacré est sur l'au­tel et l'arche est ouverte pour les Lévites ! ». Les Sacrifica­teurs saluent le Sublime et l'annoncent ensuite à la Tribu. Tous ensemble saluent le Maître très profondé­ment et donnent le signe, qui est de porter la main droite sur le bras gauche. Tous frappent ensuite deux fois dans les mains en disant, chaque fois, « Vive Israël ! ». Le Maître, levant les bras vers le ciel dit : « la sainteté à l'Ekeren ». Tous resaluent le Maître.

Alors l'Introducteur sort et va attendre le réci­piendaire; c'est lui qui va conduire l'Ornaëlite au lieu fortuné qu'habite Israël.

Introduction

L'Introducteur frappe deux coups à la porte, un Lévite, par ordre du Sublime Maître, va voir ce que c'est. L'Introducteur dit que c'est un Israélite 2 re­penti qui se recommande à la charité des Chevaliers du Choix. Le Sublime dit à haute voix, de façon à être entendu du récipiendaire, Coré Dathan. L'Introducteur frappe deux autres coups, le Second Sacrificateur, faisant comme le Premier, crie Abiron, l'Introducteur répond Israël.

Le Lévite va ouvrir la porte et les deux Sacrifica­teurs vont recevoir le récipiendaire et l'amènent entre l'autel des sacrifices et [celui] des parfums; le Sublime demande aux Sacrificateurs :

D. Quel est cet esclave ?

R. C'est un enfant d'Israël qui se repent de ses crimes et qui demande à être reçu pour le sacri­fice de nos autels.

Le Sublime lui dit : « Comment osez-vous vous présen­ter parmi le Peuple Choisi après l'avoir si cruellement persé­cuté ? »

Le récipiendaire répond : « je demande grâce ! »

Le Premier Sacrificateur dit : « Il se repent de ses fautes ! ». Le Second Sacrificateur dit : «voulez-vous le recevoir parmi nous ? ». Le Sublime répond : « II faut éprouver sa foi ».

L'Orateur, fait ici le premier discours

" Le service des autels, auquel vous désirez lire admis dans ce jour, n'est pas une de ces choses que l'humeur incons­tante ou la légèreté des hommes puisse détruire, puisqu'il n'a rien d'arbitraire ni d'inutile et qu'il n'a point été établi par le hasard, le caprice au l'intérêt. C'est, au contraire, un Ordre qui tient de la première Loi du monde son origine, sa splen­deur et sa gloire, et auquel la Loi est redevable, à son tour, de sa pureté, de sa sagesse et de ses prodiges. Le Sublime Choix est connu comme le précurseur de la Loi que l'Eternel confia à Moise sur la montagne du Sinai; c'est lui qui a dis­tingué le Peuple de Dieu des nations étrangères et barbares, lui, qui a condamné leurs cultes, renversé leurs idoles et inter­dit leurs oracles. De là, les ennemis de l'Eternel, déconcertés, humiliés, anéantis, leurs lois confondues, des frères engloutis dans le fond des abîmes; de là, le triomphe de la Justice, la création du sacerdoce, la gloire de l'Arche, la sainteté du Ta­bernacle; c'est, en un mot, du choix que le Tout-Puissant fit dans la Tribu de Lévi des enfants d'Emeran et Jocabis, que sont dus tous les prodiges, toutes les merveilles qui se sont opérés dans l'ancienne Lai. Et c'est pour en graver dans l'es­prit et dans le cour une éternelle mémoire que le Sublime Grade du Choix a été établi jugez par-là, noble et zélé néophyte', des honneurs et des avantages auxquels vous allez participer lorsque vous serez initié dans nos mystères dont l'incontestabilité va tous devenir également utile et noble; mys­tères impénétrables à l'esprit, mais dont les consolations et [les] suavités intérieures sauront convaincre, ravir et charmer votre cour. J'appelle mystère tout ce qui regarde un grade aus­si auguste que le n'âtre et, parce qu il est de la dernière impor­tance de n'en révéler aucune circonstance aux Infidèles Egyp­tiens, à ces ennemis du Peuple Choisi, qui, assez loin du vrai culte et de la pratique de la vertu, errent dans l'ombre de la mort et cherchent, partout, à rompre les liens d'amour et de paix qui nous unissent. Le serment que vous allez prononcer au pied de l'Arche et à la face du Tabernacle va vous dépouiller du vieil homme et vous revêtir du nouveau, briser vos chaînes et vous rendre la liberté des vrais enfants de la Maison. ,Quelle gloire et quelle félicité, pour vous et pour nous ! Pour vous qui, des sombres obscurités de la nuit où vous languissiez êtes passé et [avez7 été appelé à une lumière pleine d'éclat et de charme; pour nous, qui mettons notre bon­heur à faire des heureux. Allons arracher des mains tyranni­ques de l'esclavage et de l'infidélité un rejeton du cruel Ismaël et en faire un Israélite. Vous concevez sans doute maintenant la grandeur du bénéfice que vous êtes sur le point de recevoir; approchez res­pectueusement vers le cité de l'Arrhe or; le Grand prêtre va vous disposer au sacrifice. »

Les deux Sacrificateurs font avancer le récipien­daire auprès du Sublime, le faisant mettre à genoux sur un coussin qui est placé au bord des marches de l'autel.

Le Sublime tient d'une main les Tables de la Loi, lui fait mettre les mains dessus; il tient de l'autre un poignard dont la pointe est appuyée sur le coeur du récipiendaire et lui dit de répéter après lui ce qui suit.

Obligation

Je promets devant l'Eternel et fais serment sur la Loi sainte et les Saints Commandements, en présence de tous les Chevaliers du Choix, de garder fidèlement tous les mystères qui vont m'être révélés; de ne jamais parler de ce que je vais voir qu'a des Chevaliers que je reconnaîtrai pour Frères, et de ne jamais faire aucune des choses qui concerne le Sublime Choix qu'avec la permission du Sublime Maître et de toute la Tribu assemblée. Je promets de soulager tous mes Frères dans leurs besoins selon mon pouvoir; de leur rendre tous les services qui dépendent de moi, de les aimer comme moi-même : je promets de m'appliquer au service de l'autel sans murmu­rer, détestant pour jamais ce qui porte au crime de Coré, Dathan et d'Abiron. Je le promets sous la peine d'être mépri­sé pour jamais et d'être regardé comme un homme sans foi et sans honneur par tous ceux qui assistent à ma réception.

L'Obligation finie, les deux Sacrificateurs le ramè­nent devant l'autel des sacrifices et se tiennent à ses côtés. Le Sublime, lui adressant la parole, lui dit : « Voilà, Ismaélite, quel est votre engagement. Prenez garde que vous venez de le faire devant l’Eternel, ayent en main les Tables de la Loi Sacrée; si vous aviez jamais le malheur de vous écarter de toutes les promesses que vous avez faites, vous ne sauriez jamais échapper aux dangers et aux peines que vous vous êtes vous-même imposées; mais je vous crois assez de fidélité pour les garder toujours; ayez  donc assez de fermeté pour vous soumettre aux sacrifices et aux épreuves qui vont précéder votre initiation »

Le Sublime, s'adressant ensuite aux Sacrificateurs, dit qu'on lui donne à boire et qu'il se désaltère comme fit autrefois tout le peuple d'Israël; le Pre­mier Lévite apporte un vase dans lequel est de l'eau amère, qu'il présente au Premier Sacrificateur; ce dernier le présente au récipiendaire et le fait boire; il rend ensuite le vase au Lévite qui le rapporte sur l'autel des parfums.

L'Orateur reprend aussitôt la parole : « Le breu­vage mystérieux qu'on vient de vous donner, cher néophyte, doit vous remettre sans cesse devant les yeux le miracle écla­tant qu'opéra la verge de Moise sur le nicher du désert d'Oreb en faveur des Israélites, dont l'Eternel voulut éprouver la foi par une soif dévorante; la mémoire de ce prodige est une sage et ingénieuse instruction pour vous : se soumettre humble­ment à toutes les disgrâces dont la vie est remplie, c'est désar­mer, pour ainsi dire, la main qui les distribue et la foire à nous devenir bienfaisante »

Le Sublime prend la parole et demande au réci­piendaire : « Vous trouvez-vous en état de souffrir les effets du feu et de l'eau ? » L'Ismaélite doit répondre que oui. Le Sublime dit aux Sacrificateurs : « Allons, mes Frères, préparez-vous pour le sacrifier »; les deux Sacrifi­cateurs répondent : « Nous sommes _prêts à l'immoler ! ». Le Sublime leur dit de renverser la victime; les Sacri­ficateurs le font mettre à genoux aux pieds de l'autel des sacrifices, l'Introduc­teur prend à l'instant le coutelas sur l'autel et va le présenter au Sublime, lui disant « Voici le couteau ». Le Sublime se lève et vient à l'autel des sacrifices, tenant le coutelas; les deux Sacrificateurs font pen­cher la tête du récipiendaire sur l'autel et le Sublime le frappe trois fois de son coutelas, prononçant à chaque coup Coré, Dathan et Abiron; il remet le coutelas sur l'autel et retourne à sa place, les Sacrifi­cateurs le relèvent et le mènent à l'autel des par­fums.

L'Orateur dit aussitôt : « Sortes monstre d'orgueil a de témérité, d'un lieu consacré au Tris-Haut, et soyez englou­ti à jamais dans le fond des abîmes, murmurer ou se plaindre de ceux que le Tout-Puissant a choisi pour la gloire et le salut de son Peuple, c'est un crime de lise-majesté divine, crime puni plus promptement et plus sévèrement que tous les autres, parce que c'est du respect dû aux Maîtres et aux législateurs que dépend l'exécution et les progrès de la Loi de la Souveraineté; n'appartenant qu'a Dieu, elle est sacrée en Lui et en tous ceux à qui Il l'a confiée; vouloir la disputer, la contredire, ou s'en approprier la moindre partie, c'est le comble de la témérité, toujours impardonnable, s'arroger le droit d'introduire quelqu'un dans l'arche ou contredire le Grand et Sublime Maître, c'est se rendre complice des crimes de Coré, Dathan et d'Abiron, auxquels nous avons tous renonce; comme le généreux néophyte y renonce actuellement d'esprit et de catir »

Le Très Sublime lui demande : « Renoncez-vous à tous ces crimes ? ». L'Ismaélite répond que oui. Le Sublime ordonne de le purifier avant de l'immoler; les deux Sacrificateurs lui ôtent les gants lèpres et les deux Lévites, à l'autel des parfums, présentent, l'un, un vase de feu et l'autre un vase d'eau, l'un lui plon­ge la main gauche dans cette eau et l'autre doit lui faire sentir la chaleur du feu à la main droite, de sorte qu'il puisse sentir ensemble le froid et le chaud. Le Sublime demande si tout est prêt pour le sacrifice, les Sacrificateurs disent : « Oui, Très Subli­me .1 ». Le Sublime dit : « Que la victime s'humilie ! »; alors les Sacrificateurs le ramènent à l'autel des sacri­fices, le font mettre à genoux sur un coussin, lui font étendre les bras ouverts vers le ciel, mettant chacun une de leurs mains sur la tête, et, de l'autre, ils tiennent leurs poignards levés. Le Maître dit : « .Qu'on lui donne la lumière, après quoi, frappez et que son sang rejaillisse sur l'autel ! »; à cet ordre du Sublime, tous les Frères Chevaliers de la Tribu étendent les bras vers le ciel, en signe d'invo­cation, l'Introducteur vient derrière le récipiendaire et lui débande les yeux; à peine reçoit-il la lumière que le Sublime, se levant précipitamment, dit aux Sacrificateurs : « Frappez la victime ! ». Les Sacrifica­teurs font un grand mouvement comme pour le frapper, tout doit se faire à la fois; aussitôt que les Sacrificateurs vont porter leur coup, l'Orateur s'écrie

« Suspendez vos glaives, trop zélés Chevaliers, le sang de la victime déplairait à l'Eternel, Il ne veut que le coeur et Il a en horreur tout autre sacrifice. Il est vrai qu'Il veut ce cour sans partage, Abraham et Isaac ne Lui furent pas moires agréables et ne furent pas moins dignes de Sa Promesse, quoi­que le sacrifice ne fut pas sanglant. L'épreuve du feu étant le symbole, l'holocauste a été purifié, c'est assez ! »

L'Introducteur le mène aux pieds du Sublime, qui lui coupe un peu de cheveux, lui disant : « De l'aveu de toute la Tribu assemblée, je vous reçois Lévite, pour être, à l'avenir, employé au service des autels ». Il le relève ensuite et lui dit d'aller chercher la robe de pureté; l'Intro­ducteur le conduit à l'autel des parfums où les Lévi­tes lui ôtent la robe noire et lui en remettent une blanche, ainsi qu'une ceinture de même; ils lui font aussi ôter ses pantoufles lèprées et remettre ses sou­liers . Après quoi, l'introducteur l'amène vers le Sublime, qui lui donne le cordon, qui est fait en ro­sette et qui s'attache sur le coeur, il lui donne le si­gne, qui est de passer la main droite dans la manche du bras gauche et de la retirer après en la regardant en dedans et en dehors, ce qui signifie que la lèpre affligeait l'Egypte; l'attouchement est de pren­dre réciproquement par le petit doigt en forme de crochet, pour marquer que les Lévites, étant encore éloignés du Sublime, il faut peu pour le devenir.

 

 

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