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Hauts Grades

Je suis(extrait)

7 Février 2007 , Rédigé par AJT Publié dans #hauts grades

  

 Je suis celui qui suis, Je suis ce que je suis ,Je suis

 Sorties de leur contexte, ces trois affirmations en forme de charade de rébus ou de parabole semblent répondre à une question , la seule question importante qui se pose à chacun d’entre nous : qui suis-je et dans quel état erre-je ? Et force est de constater qu’à première lecture, la réponse telle qu’elle nous est livrée, dans notre rituel, ne semble pas faire avancer considérablement le Schmilblick. Pour corser notre affaire, nous ne disposons pas de beaucoup de renseignements sur celui qui a tenu ces propos, ou inscrit ces mots dans un contexte d’apparence labyrhintique et archéologique, mais qui pourrait être  séphirotique.

 Il  n'a échappé à personne que ces trois affirmations commençent par " je ", et avant toute disgression arrêtons nous un instant à celà.

 Seule , à ma connaissance, le langue française permet de jouer avec le Je, comme si une légèreté naturelle de notre langue, donc de notre civilisation, autorisait à prendre le  MOI comme un JEU, à créer l 'ambiguité qui sied à ceux qui pratiquent la subtilité du double langage c'est à dire à ceux qui ont conscience que le MOI est aussi un Je voire un double Je en SOI . ( danke schön Sigmund )

Notons aussi que le JE, suffit à lui même pour mettre en évidence l'existence de celui qui le prononce. Il est le plus petit commun dénominateur de l’expression de l'être, ou parfois de la conscience d'être. Nous verrons plus tard que la conscience de notre existence n’est pas la conscience de notre essence. Cette conscience d’être ne vient sans doute que tardivement et progressivement, raison pour laquelle l’enfant utilise en premier lieu son prénom pour se désigner lui-même, puis il dit MOI, et enfin plus tard JE.

Ceci suggère déjà toute la complexité de la relation de l’individu avec lui même, relation qui ne cesse de se construire, ce qui nous ramène, une fois encore, au fameux « connais toi, toi même ».

  " je suis "  constitue une forme de redondance, une double affirmation gratuite qui tient de l’évidence puisqu’on existe tant qu’on peut exprimer  par soi même : je . D’ailleurs pour choquante qu’elle soit, en apparence, j’adhère à la thèse qui affirme que la parole précède la pensée. Ainsi pourrait-on dire, « je parle donc je suis »  Ce n’est pas très novateur puisque Descartes le suggérait aussi dans ses méditations métaphysiques : « Je suis, j’existe est nécessairement vrai toutes les fois que je le prononce ou que je le conçois dans mon esprit » écrivait-il.

Prenant cette direction dans la réflexion, il apparaît clairement que nous n’avons pas engagé le pari d’analyser le texte proposé dans l’optique du verbe suivre. Cette piste mérite pourtant, même sommairement d’être empruntée.

Suivez-moi bien... En effet si nos trois affirmations avaient du être analysées dans le sens du verbe suivre, notre explication eut été la suivante :

-je suis celui qui suis, serait la définition de la progression à la queue leuleu émise par celui qui ferme la marche pour éviter les surprises désagréables ; en quelque sorte un cri de victoire autant que de libération...

A un autre degré d’analyse, celà signifie aussi que L’homme conscient de ses limites et de sa finitude, participe dans un élan d’aspiration , à l’oeuvre commune. Il a conscience d’appartenir à un groupe dans la suite de la longue lignée de ses ancêtres qui le précédaient hier, et de n’être qu’un maillon de la chaîne.   Dernier maillon de cette chaîne, the last but not the least, il suit celui qui suit, et refuse qu’on ferme le cercle, qu’il soit ou non vicieux, considérant qu’il faut en toute chose un début et une fin, ce que le cercle ne permet pas .  Cette affirmation ,  met aussi en évidence  que le cercle demeure une construction intellectuelle, abstraite et symbolique en forme d’ idéal . En tant que telle, cette figure rappelle par ailleurs, que la perfection, si elle existe, n’est pas de ce monde.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 -Toujours dans l’optique du verbe suivre, je suis ce que je suis, signifierait : circulez il n’y a rien à voir et si vous voulez en savoir davantage, allez en tête de train, quelqu’un sait peut-être où nous allons.  

Au second degré, ou au quatorzième si vous voulez, celà veut dire aussi que l’homme s’identifie à l’action qui le transcende et donne ainsi un sens à son existence. Ce serait aussi reprendre le thème d’un vieux proverbe asiatique qui affirme que l’important n’est pas   le but que l’on s’est fixé, mais le chemin parcouru pour y parvenir. On perçoit dès lors, combien ce proverbe encourage à progresser, et pour nous, plus spécialement  dans la voie initiatique.   

-enfin , je suis, annoncerait, un principe doublé d’un mécanisme bien connu dans le monde animal, surtout chez les chenilles processionnaires, et qui chez les êtres humains a trouvé son incarnation littéraire, grâce à Panurge et ses moutons qui se suivaient de prés salés, puisqu’à cette époque on ne suivait pas encore le boeuf.   

En d’autres termes, et par nature, l’homme, même apparamment isolé suit ou poursuit toujours quelqu’un ou quelquechose, il se projette, il tend vers l’avenir, ce qui le différencie une fois encore de l’animal. Les plus déterministes auront conscience de suivre au plus près   leur destin  , les autres chercheront toutes les voies qui permettent d'y échapper, et tous penseront qu’ils sont dans la bonne voie. Dans une seconde acception du verbe suivre, celle de comprendre, je vous suis bien, je vous comprends bien, je suis, veut dire aussi j’aime. En effet cum prendere en latin,  qui a donné comprendre, signifie littéralement prendre avec  et prendre avec, c’est aimer. Vous me suivez j’espère... 

 

Même sommaire, cette lecture moins orthodoxe que de coutume de notre texte se devait d’être faite. Elle pouvait donner lieu   à bien d’autres développements. Il était enfin possible, par exemple,  d’opérer un mixage entre le verbe être et le verbe suivre. Je n’ai pas poursuivi dans cette voie, malgré tout l’agrément   qu’elle laissait entrevoir.

Revenons plus sérieusement à nos trois affirmations  .

Il convient avant tout de planter le décor qui justifie qu’un grand vizir ait «  suggéré » une recherche sur ce thème.   

Ces trois affirmations sont prononcées au début de l'initiation au 14° grade par le Gd Mtre des Cér ( en lieu et place de Guibulum Chev de Royal Arche), un des trois mages mis en scène au cours de l'initiation au 13° degré. La légende de l’arche royale connait quelques variantes selon les rites et à l’intérieur d’un même rite selon les obédiences. J’ai compulsé pour la circonstance, plusieurs versions du REAA,  le rite d’York et le RER avec celui de maître de St André, et autres rituels collectés au rythme des rencontres.  Si leur nom peut varier, le nombre de personnages mis en scène, l’endroit et la topologie du lieu où ils évoluent et enfin la découverte d’un nom sacré quelqu’en soit le support, restent constants.  

Il semble bien que cette légende ait pour origine les écrits de l’historien grec Philostorge ( IV° V° siècle) . L’empereur Julien (entre 355 et 363) aurait entrepris la reconstruction du temple de Jérusalem. Alors qu’on préparait les fondations, une pierre se détache et laisse entrevoir une grotte très sombre dans laquelle on fait descendre un ouvrier qui y découvre un document très ancien, mais intact. Les premiers mots inscrits sur ce rouleau, tels que décrits dans le texte de l’auteur précité, étaient :  

 

       « au commencement était le verbe et le verbe était Dieu.. »  

La légende de notre rituel met en scène trois mages dans les ruines du temple de Salomon. Alors qu’ils sont parvenus à la neuvième arche, comme d’autres plus symboliquement, auraient atteint, de Malkouth vers Kether  la neuvième sephira, le premier d’entre les mages dans sa quête d’un absolu, et dans son ultime progression vers l’infini... découvre, sous une lumière éblouissante, un bijou en agate, pierre qui est parfois assimilée à Saint-Jean, sur lequel apparaissent en lettres d’or : IOD  HE VAU HE

Ces quatre lettres introduisent notre sujet qui est   Je suis, comme il sera montré plus tard. Notre rituel donne la signification de ces trois affirmations, est-ce pour éviter une mauvaise interprétation ?   Elles signifient dit le rituel qu’une part de ma conscience participe à la conscience universelle et se fond dans le flot de toutes les consciences. Il précise ensuite, pour ceux très rares en ce lieu qui ne s’en souviendraient pas :   

-je suis celui qui suis  signifie une part de moi même se sépare du tout et affirme mon ego ; -je suis ce que je suis : mais j’aspire à l’ultime initiation qui me permettrait d’aller au delà de cette dualité ; Enfin pour -je suis, le texte du rituel dit : en attendant ( sans doute cette ultime initiation), j’ai un nom et un titre.  

 

Comme disait Coluche, un humoriste du siècle dernier : nous étions au bord du goufre et nous avons fait un grand pas en avant.  Mais profitons de l'occasion qui est donnée, avec une parcimonieuse générosité de temps de parole, pour esquisser une analyse plus personnelle pour laquelle votre plus grande tolérance est requise. Dailleurs il n’est pas absurde de penser que, puisque le rituel nous donne une signification de ces 3 affirmations, c’est certainement qu’elle en cache quelques autres. Il y a du jeu de piste dans la maçonnerie... Ces trois affirmations ont un point commun. Il s'agit de l'être dans la complexité de son essence et de son existence. S'agissant de l'homme, il vient immédiatement à l'esprit la trop célèbre phrase de Descartes " je pense donc je suis " mais aussi sur un registre plus biblique celui là, le ECCE HOMO. Les initiations successives qui mènent du 4° au 14° et dont la cohérence de l’enchaînement échappe à ma piètre sagacité, sont truffées de noms hébraïques. Il sera donc probablement opportun d’effectuer quelques fouilles dans ce domaine...  

A survoler les deux premières affirmations, on perçoit rapidement deux aspects complémentaires voire antinomiques qui se caractérisent par " celui qui suis et ce que je suis " Individuation et objectivation semblent s'opposer mais peuvent se compléter, comme esprit et matière, mouvement et pause, film et photo. La première affirmation, celui qui suis, pourrait faire référence à l'être conscient, sans que nécessairement cette conscience englobe la totalité de l'être. En effet la conscience d'être n'implique pas de facto la conscience de tout son être dans sa globalité. Je ne suis que ce que j’ai conscience d’être. La conscience de soi présuppose en ce sens la connaissance de soi et inversement. Je suis parce que je me pense comme sujet, comme substance pensante dirait Descartes. La pensée sert alors d'identification de l'être à lui-même . Elle prend conscience de son essence qui devient action constructive d'intériotité mais aussi qui transcende les formes étroites, au moins en apparence, du JE. C'est peut-être cette transcandantalité qui permet l'existence de l'idée abstraite de l'être , et de l'idée d'être. 

Mais " je suis celui qui suis " tient aussi probablement de l'intuition de soi même. Cette intuition pourrait naître du fait qu'on se construit soi-même, mais aussi sur un plan externe, de l'obligation, dans laquelle nous nous trouvons de nous situer dans le temps comme dans l'espace et confronté à autrui. Je suis celui qui suis exprimerait donc , par ce biais aussi, la conscience d'être et l'idée d'être. Cette idée d'être devrait se présenter à notre conscience comme étant concrète, puisqu’il s’agit d’une expérience vécue, et universelle, car elle est commune à l’humanité. Mais elle n'en reste pas moins confuse. En effet l'idée d'être pour concrète et innée qu'elle soit n'en demeure pas moins un concept. A l'opposé de la constatation expérimentale, l'idée d'être , pourrait être ce que certains auteurs appellent " l'expérience ou la superactualité du moi profond dans l'exercice même de notre moi ". Nous touchons à la question de l'essence de notre existence... et à la perception que nous pouvons en avoir aussi fugace soit-elle, voire trompeuse et illusoire si on en croit notre ami Freud.  

 

Expérience pure, elle, ne peut être constatée ; elle ne peut être saisie que par et dans l'action qui la constitue. Or être et agir ne sont pas la même chose, sauf à considérer que les constituants essentiels de l'être sont l'intelligence et la volonté. En effet par l'intelligence l'être se constitue présent à soi, se révèle à soi, devient objet pour la conscience.  La volonté, elle, se présente comme une puissance de décision infinie, même si son efficacité reste souvent à démontrer. Volonté et velléité flirtent ensemble de façon constante. La volonté oriente l'être vers le réel, le potentiellement réalisable. Intelligence et volonté deviennent ainsi co-existentielles pour ne pas dire co-essentielles de l'être ou à l’être . 

Reste une question essentielle : Suis-je le mieux placé pour savoir qui je suis ?

Hume et Kant finissent par en douter et par admettre que rien ne peut permettre d’être sûr que nous sommes comme nous avons conscience d’être.

Freud renforcera plus tard   ce doute et démontrera que la conscience reste émimamment trompeuse, et que, celui que je suis est définitivement inaccessible ou presque.

Sartre, enfin, ira un peu dans le même sens. Pour lui la conscience de soi peut être conscience de l’illusion sur soi. Je peux mieux me connaître en prenant conscience que je ne suis pas ce que j’ai conscience d’être . Nous l’avons déjà évoqué, la première affirmation semble s’opposer à la seconde qui est : Je suis ce que je suis   

Après Qui suis-je vient la deuxième interrogation : Que suis-je ? Ce que je suis se réfère à quelque   chose et non plus à quelqu’un. Le sujet devient objet même si cet objet est notre sujet. Quelle est cette chose ? Une  convention, un être humain comme l’homo sapiens, un animal social mais pas comme le termite, un cousin du singe mais pas n’importe lequel et très évolué de préférence, un peu de chimie avec beaucoup d’eau comme dans le pastis, une architecture complexe d’atomes qui peut se regarder dans la glace, une machine qu’on graisse à l’huile de coude, et puisqu’on parle de la machina, pourquoi pas un deus...qui s’ignore pour les plus humbles ou qui feint de s’ignorer pour les autres...  

 

Etre de chair et de sang, l’homme est constitué de matière, d'un nombre très important de cellules reliées entre elles et qui donnent forme et vigueur à un corps. En effet on ne peut pas dire, comme le démontre bien Spinoza : « j’ai un corps » mais « je suis mon corps » Les sciences ne cessent de découvrir les constituants et les processus internes de notre être, machine prodigieuse dont la complexité de fonctionnement et les dérèglements alimenteront ad vitam, les recherches de toutes natures. Ce que je suis c'est mon corps qui donne forme humaine à mon apparence. C'est aussi tout ce qui compose notre être, tant sur le plan physique, génétique que par les apports culturels, sociologiques, psychologiques et psychanalitiques, c'est à dire le cumul de l'inné et de l'acquis même si ces deux termes sont très réducteurs. Il n’est pas plus aisé d’en définir les contours, ni même d’en percer les secrets, tant l’apparente clarté peut cacher une multiplicité de facettes constitutives du même être qui a par ailleurs parfaitement le droit d’être en accord avec ses propres contradictions.  

 

Ce que je suis est une personne, non pas un individu seulement, même si l’individualité recouvre, mais de façon parcellaire, la personnalité. Personna, désignait le masque des tragédiens de l’antiquité ; caricature, elle projette à l’extérieur une image infiniement réductrice de ce qu’est   réellement une personne, mais il la rend lisible pour le spectateur. Ainsi, Ce que je suis, bien en deça de la réalité, est ce que l’autre peut ou veut identifier ou ce qui lui est laissé en pâture pour satisfaire son éventuelle curiosité mais aussi la petite partie émergée de l’iceberg. Ainsi, L’enfer, ce peut être les autres. De l’enfer au paradis il n’y a qu’un pas, et celui-ci nous ramène à JE SUIS. On ne peut faire plus court pour se désigner soi même, ni plus élyptique, voire plus prétentieux. En effet, sauf si ce verbe se faisait chair , on hésite à l’interprèter comme une recherche d’anonymat ou au contraire de notoriété. Il peut en effet tomber dans l’oubli et la banalité ou bien au contraire rester dans l’histoire si une seule personne se désigne comme telle. C’est probablement l’interrogation qui s’est imposée à Moïse dans un premier temps . Il n’est pas dans une grotte souterraine, comme Gibulum, mais comme il est écrit dans le livre de l’exode, il s’est retiré dans le désert où l’objet brillant de notre rituel est remplacé par un buisson ardent mais qui ne se consume pas : une lumière en somme. Curieuse similitude ! Dieu s’adresse à Moïse et lui dit : « je suis celui qui suis » et en réponse à Moïse qui lui demande légitimement des précisions, il ajoute « c’est ainsi que tu répondras aux enfants d’Israël : celui qui s’appelle JE SUIS m’a envoyé vers vous ». Re-similitude ! ! C’est du copié-collé. ..et d’une clarté biblique...  

 

Bien sûr nous retrouvons là le thème de l’innommable qui a certainement agacé Moïse, lequel attendait avec une impatience contenue, le nom de son interlocuteur, le nom de Dieu . Non seulement il ne voit qu’un buisson, ardent et bavard, mais de plus celui qui parle à Moïse n’a pas de véritable  nom. Pourtant, Dire qu’il est l’ineffable n’est ce pas déjà le nommer ? A  l’innomable s’ajoute l’invisible, l’impalpable donc l’impossibilité de décrire et de représenter comme il est recommandé dans quantité de traditions religieuses ou païennes. Il reste une lumière et un nom , mais quel nom... on dirait dans le langage d’aujourd’hui un pseudo : Je suis. Et un abîme de perplexité... dans lequel Moïse ne semble pas tomber... mais il est bien le seul.  

 

JE SUIS contient en soi une notion d’infinitude et de permanence. J’étais , je suis , je serai, ou je serai toujours. Ce terme recouvre et concentre en lui, à la fois le passé le présent et l’avenir à moins qu’il ne se situe hors du temps. Il n’a pas de début et ne semble pas avoir de fin. Nous pourrions dire qu’il est permanence quand d’autres affirmeraient qu’il est permanence immanente. Il est donc tout naturel que ce dieu   ait été appelé l’Eternel dans la suite du même texte de l’exode comme Hénoch l’inité initiant qui ne mourut point.  

 

Il est probablement utile de remonter aux sources hébraïques pour mieux comprendre ce que cache cette affirmation toute simple. Je vous, remercie de noter, mais ce sera très vite une évidence, que celui qui s’exprime devant vous n’est ni un kabbaliste, ni un spécialiste de la langue hébraïque, et il le regrette. 

 

JE SUIS en hébreu se dit EHYEH, c’est la première personne du verbe Etre. Donc si nous voulons parler d’une personne qui se nomme : JE SUIS, nous qui sommes extérieurs à lui, nous devons dire « il est ».  En hébreu, il est, se dit YAHAVEH qu’on représente aussi sous la forme d’un tétragramme YHVH  quatre consonnes sur lesquelles furent placées des voyelles, consonnes qui se trouvaient gravées sur l’agate découverte par Guibulum. 

 

Le verbe être se dit HAVAH qui signifie aussi vivre ou faire exister en un mot ce verbe désigne l’activité exercée par le créateur, le grand architecte...et pourquoi pas l’initié initiant et pour d’autres tout simplement  Dieu. Et la boucle est bouclée...

Je ne reviendrai pas sur Pythagore dont je vous avais longuement abreuvés, mais, Permettez moi une petite disgression supplémentaire sur le tétragramme. Les recherches en génétique ont permis de séquencer, c’est à dire recenser trois milliards d’unités chimiques dans le grand livre de l’hérédité humaine. Ce séquençage  définit un « code génétique »  que certains appellent « le verbe de vie » et celui ci est constitué de quatre lettres qui sont A,T,G,C, qui se combinent à l’infini. C’est ce qui a amené un auteur contemporain, docteur en pharmacie et en philosophie, Grégory Bénichou, dans son excellent livre : »le chiffre de la vie », à parler de « Mystique de  l’ADN » Pour cet auteur, Genèse et Génétique qui sont tirés du même flanc étymologique , symbolisent deux faces d’une même réalité. L’une, exlique-t-il, renvoie au livre des Ecritures, l’autre au livre de la Nature qui « s’entre-glosent ».   De même il fallait Quatre lettres pour donner vie au Golem, é m e t, qui signifie vérité, en hébreu, et il suffisait d’éffacer la première lettre, pour créer un autre mot, m e t, qui signifie « mort » et oter ainsi la vie au Golem.

Revenons à notre texte initial.   

Le rituel écossais pratiqué par d’autres obédiences, diffère quelque peu du nôtre et laisse moins de place à l’imagination : il précise en effet : « aucun de nous ne peut dire : je suis, puisque nous n’apparaissons que pour disparaître. Considerez simplement que le mot sacré qui ne doit pas être prononcé se compose de 4 lettres Jod, He, Vau, He » Le même texte du rite écossais ancien et accepté  précise plus tard que 

 

- « Le Jod initial est la cause agissante, le sujet pensant, personnifié    dans l’artiste, l’ouvrier , le créateur. 

 

-         Le He traduit le souffle qui sort de l’ intérieur pour se répandre à l’extérieur : la lumière de gloire, la splendeur d’en haut ; c’est l’activité exercée par le principe actif ( Jod) sans laquelle il ne serait pas actif. 

 

-         Le Vau figure le rapport qui relie la cause à l’effet. C’est la raison en Dieu, sa pensée agissante. 

 

-          Enfin le second He manifeste le résultat de l’action. C’est la lumière créee, la lumière de Dieu dans son royaume. » Sic.

Tel n’est pas le texte de notre rituel, celà ne vous a pas tout à fait échappé, mais il m’a semblé intéressant de le mentionner car il ne peut pas ne pas y avoir de filiation, même par un improbable cousinage, reconnu ou non, entre ces différents textes qui relatent par ailleurs les mêmes événements. Il est vrai que traduction et trahison ont la même étymologie mais pouvons nous toujours éviter de traduire... ? De là est née une contreverse qui semble ne pas devoir prendre fin et qui pour des raisons qui ne sont pas uniquement et strictement linguistiques opposent la pensée sémitique, la pensée gréco-romaine et la lecture chrétienne du texte sur lequel nous réfléchissons aujourd’hui. Les premiers mots prononcés par Dieu, dans la lecture hébraïque disent « je serai qui serai » ,( Ehiè ashèr èhiè, ) avant même que ne soit prononcé le tétragramme, ce qui introduit une notion d’inaccompli, laquelle ne recouvre pas du tout l’idée plus chrétienne cumulant le présent et le futur, mais exprime un résultat qui n’est pas encore là. Luther emprunte la vision hébraïque pour la circonstance avec « ich werde sein » qui figure dans sa traduction. Cet inaccompli disparaît complètement chez les grecs qui traduisent de leur coté « egô eimi ho ôn » donc « je suis celui qui est » tandis que la version latine « sum qui sum, je suis qui/celui qui (je) suis » confirme mais avec des nuances, notre texte. Ces différentes traductions opèrent un glissement considérable du sens qui selon Ouaknin, notamment dans Concerto pour quatre consonnes sans voyelles ( Payot) et peuvent aboutir à un contresens absolu.   

La seule constante de ce débat reste qu’il porte sur un nom, lequel est un verbe et comme l’écrit astucieusement un spécialiste de cette question, c’est lui, le verbe qui a le pouvoir.  

 

Il reste dans tout celà bien des interrogations pour le pauvre bédouin qui s’exprime devant vous ! L’explication donnée dans notre rituel des 3 affirmations proposées pour cette étude, bien que cohérente, n’est pas très convaincante, surtout dans le contexte kabbalistique dans lequel il est noyé. Mais peut-être y a-t-il avant le 33° des compléments d’informations susceptibles d’éclairer ma petite lanterne en sus d’un travail personnel qui s’avère de plus en plus indispensable. Ne gémissons pas puisque la maçonnerie ne me semble pas faite pour donner des solutions mais plutôt des moyens de les chercher et accessoirement de les trouver, donc espérons...  

 

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Eric Boscq-Ducros Delmas-Marsalet 01/03/2007 19:46

Bonjour
En effet, l\\\'espoir fait naître à d\\\'autres vérités ou devrait-on dire : à d\\\'autres nivaux de vérité.
Chaque chose, donc chaque solution à l\\\'énigme posée, arrive en son temps.
Travail de patience, méditation de tous les instants, vertu d\\\'attente ouverte à l\\\'oportunité qui se présente... juste là où il faut à l\\\'instant requis pour "la" solution.
"La" solution ?
 En tout cas l\\\'une des solutions possibles.
33, vous avez dit "33" ? Dites 33 (Humour : J\\\'ai exercé le métier difficile de médecin omnipraticien !) et respirons des deux côtés.
J\\\'ai eu plaisir à échanger avec vous et tiens en réserve quelques propos discibles que je garde pour la bonne bouche !    Si le coeur vous en dit !! 
P.S.: Le "Jje", énigmatique en apparence, "le" je suis, essayons de ne pas le confondre avec je suis ceci ou cela (ce pour quoi nous nous prenons).  Le sujet n\\\'est pas l\\\'objet, dis-je.
 
 
 

Champion maurice 17/02/2007 13:52

Thèmes des religieux.
 

Les dogmes qui figent la société sont partis intégrantes des révélations schizophréniques interprétées, tout un monde binaire sans positions intermédiaires : Pureté et chasteté, bien et mal, bons et méchants, enfer et paradis...
 

La position cléricale ne peut donc que rester intangible (avortement, euthanasie, prévention du sida...et tout dernièrement son opposition au téléthon).
 

Alors ce n’est pas par la discussion, les débats, que l’on peut changer les symptômes d’une maladie.
 

Psychose hallucinatoire, délires mystiques, croyances, religions.
 

Ni Dieu, ni Diable, seulement et totalement une maladie psychiatrique.
 

D’un autre âge, ceux qui se disaient en communication avec Dieu étaient et sont encore appelés «prophètes» avec leurs écrits indiscutables.
 

De nos jours, ceux qui entendent des voix et qui ont la certitude que Dieu leur parle ; nos jeunes en psychose hallucinatoire paranoïde (schizophrénie) sont traités en psychiatrie.
 

La psychose hallucinatoire, cette « maladie universelle » que l’on vous a appris à ne pas comprendre.
 

Ce qui est inscrit sur la notice pharmaceutique d’un antipsychotique de dernière génération : «... est utilisé pour traiter une maladie qui s’accompagne de symptômes tels que entendre, voir et sentir des choses qui n’existent pas, avoir des croyances erronées...». 
 

Cette relation vous semble inadmissible, alors je vous mets au défi de citer une seule autre manifestation qui soit à la fois l’œuvre présumée de l’Au-delà et également les symptômes d’une maladie. 
 

- Peut-on croire que Dieu parle toutes les langues ; NON, c’est votre psychose qui se manifeste de jour à la manière de vos rêves et cauchemars de nuit.
 

- Peut-on croire réellement que Jeanne d’Arc ait reçu un portable et que l’on lui ait parlé en Lorrain ? NON, uniquement une psychose hallucinatoire auditive qui a fait d’Elle une héroïne puis une victime à l’aube de sa vingtième année.
 

- Peut-on avoir la certitude qu'un Saint-Esprit et une Vierge puissent créer un enfant ; NON c’est l’un des délires mystiques psychotiques le plus répandu.
 

- Peut-on aussi remettre en cause la médication antipsychotique bien claire sur ce sujet.
 

Sur un forum connu : Extrait du thème : les schizophrènes célèbres.
 

Si le christ était vivant aujourd'hui, que dirait-on de lui hein?
 

A son époque, les gens entendant les voix de "dieu" était considérés comme des prophètes immortels mais les temps changent.
 

Naïfs sont ceux qui pensent que le Christ était sain d'esprit.
 

Pas convaincu, c’est normal la manipulation mentale fonctionne de cette manière sur les thèmes de l’irréalité ; un psychiatre connu a écrit : « On doute de la réalité, on ne doute jamais de son délire ».
 

La schizo source du mysticisme, il est aussi interdit d’en parler... même sur certains forums.
 

Question : thème « schizophrénie et mysticisme ».
 

Je m'appelle ..., je réalise actuellement dans le cadre de mes études, et pour moi même une enquête sur la schizophrénie et le mysticisme. Plusieurs de mes proches sont schizophrènes et " le délire mystique" est et était omniprésent dans leur vie, j'ai choisi d'approfondir mes connaissances et ma compréhension de cette facette de la maladie. J'ai bien lu la charte qui interdit ces propos mystiques...  cependant, auriez vous des conseils à me donner, des personnes qui je pourrai contacter?
 

Et réponse du Docteur... administrateur du site.
 

Il est impossible de parler de délires mystiques ici, et déconseillé d'interviewer un schizophrène à ce sujet. En revanche, les psychiatres connaissent bien ces délires et c'est avec eux qu'il faut discuter.
 

En clair, allez voir ailleurs, demandez à un psychiatre qui ne vous répondra pas car il a son devoir de réserve.
 

Aussi, croyez-vous que les religieux expliqueront un jour à leurs jeunes disciples que : si eux entendent des voix ou voient l’inexplicable, ils doivent se rendre, en urgence, en consultation pour « maladie mentale.» ?
 

Il est temps de ne plus vénérer cette maladie extrémiste.
 

Que diriez-vous si l’on vénérait le cancer, le sida... toutes ces maladies qui rongent le malade, la famille et la société.
 

En terminer avec la schizo : même si l’on n’a pas encore le vaccin, lorsque l’on a la clé du fonctionnement cérébral lié aux croyances maladives psychotiques, va-t-on rester dans cette irréalité encore deux mille ans ?
 

Seule réponse des religieux : « Vous avez été banni de ce forum ».
 

Le poids des religions, l’omerta sur la schizo.
 

Maurice Champion - http://monsite.orange.fr/champion20