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Hauts Grades

Cosmogonie des Elus Coëns

15 Juillet 2005 , Rédigé par R AMADOU Publié dans #hauts grades

Dieu en son immensité 

L'immensité a pour centre la Divinité. Cette immensité semblable à un cercle, la Divinité en occupe le centre, et ce cercle, ou cette circonférence, n'existe que par son centre. C'est de ce centre d'où rejaillissent sur toutes les parties de la circonférence, et de ces mêmes parties sur leur centre, les vertus et la puissance. Mais les plus approximées de ce centre et, de proche en proche, à celles-ci jusqu'aux plus éloignées, leurs vertus et leurs puissances sont plus grandes ou moindres, à raison de leur distance du centre. Cette immensité existait uniquement avant la prévarication du Pervers ; ce n'est que depuis l'instant de sa prévarication qu'il y a eu un espace et un temps.

Le Grand Emanateur

L'Etre suprême, l'Eternel a toujours existé en lui et par lui, il ne peut se concevoir sans penser, vouloir et agir, depuis qu'il existe, depuis l'éternité passée jusque dans l'éternité future. Il pense, veut et agit continuellement, ou par puissance ou par acte.

Par puissance, en absorbant en lui-même, depuis toute éternité, tous les êtres, tous les produits qui en doivent résulter par émanation, mais dont les facultés ne peuvent, en tant qu'elles sont encore en lui-même, être personnelles à ces êtres, pour ne leur devenir personnelles que par l'émanation qu'en fait la Divinité par son acte.

Par acte, en émanant, par le résultat de sa pensée, volonté et action, des êtres doués de puissances et de vertus, pour agir eux-mêmes par leurs propres facultés, qui sont, à son image, de penser, vouloir et agir, et par leurs propres attributs, qui sont, à sa ressemblance, d'avoir la participation, la puissance, la force, la justice, la miséricorde, etc.

Tels sont tous les esprits innombrables qui sont dans l'immensité de la Divinité , qui participent tous de ses facultés, de ses attributs et de ses perfections et qui sont comme elle indestructibles, lui rendent un culte, la louent, la glorifient, l'adorent, etc., continuellement ; qui, lisant tous dans sa pensée, n'ont qu'une même volonté et ne forment avec leur principe qu'une unité.

C'est à ce centre que réfléchit leur amour et c'est de ce centre que leur amour s'y épure pour rejaillir continuellement en eux.

Mais, comme l'Eternel, par sa puissance et sa sagesse infinie, varie à l'infini ses œuvres, tous ces esprits purs émanés de lui diffèrent tous dans le degré de leur vertu et puissance, selon qu'ils sont, dans l'immensité, plus rapprochés ou plus éloignés du centre d'unité qui fait rejaillir sans cesse en eux ses attributs infinis.

Des esprits émanés

Tout être émané de l'Eternel participe à ses facultés et à ses attributs ; il est son image et sa ressemblance, comme faisant portion de l'essence même de son principe. Les êtres par leurs facultés sont son image et par leurs attributs sa ressemblance, différents de leur principe en qui ces mêmes facultés sont infiniment parfaites et en qui ces mêmes attributs sont infinis en vertu et en puissance, comme diffère le principe du résultat, le générateur de son produit, l'Eternel, qui a eu et qui aura tout en lui et par lui, de l'être libre individuel, qui a été émané de son sein et n'existe que par lui.

L'Eternel a sa loi en lui et par lui et a, par là même, loi éternelle et immuable comme son être même ; l'être émané reçoit la loi de son principe et, participant à sa propre essence, il a, à son image, les mêmes facultés, c'est-à-dire la pensée, la volonté et l'action, et conséquemment la liberté et la volonté pour penser, vouloir et agir.

Il a aussi, à sa ressemblance, ses mêmes attributs de puissances, de vertus, de forces, etc., avec la différence expliquée ci-dessus, non seulement par rapport à ses facultés et à ses attributs avec son principe, mais relativement à tous les autres êtres émanés.

1, 3, 4, 10 : la Divinité et le divin

La Divinité , par sa nature, porte effectivement le nombre 1, mais à cause que cette vérité renferme 3 facultés inhérentes en elle, le nombre 4 lui convient pareillement.

Les êtres émanés de l'unité universelle, n'ayant reçu leur individualité que par les 3 facultés de cette unité et en étant le résultat, portent aussi le nombre 4. Ce nombre se trouve encore dans leur image, avec leur principe générateur, en ce qu'ils ont comme lui 3 facultés renfermées dans leur unité.

Le quaternaire de la Divinité est un nombre parfait, en ce qu'il renferme, avec les trois facultés de l'unité, leur opération. Aussi renferme-t-il tous les nombres, puisqu'en les additionnant progressivement de 1 à 4 : le résultat est le dénaire, ou l'unité dans sa circonférence et au-delà de laquelle rien n'existe.

2 : le Pervers et la perversité.

Le chef d'une classe, d'un cercle d'esprits purs, en se complaisant dans le degré éminent de ses vertus et puissances, voulant s'égaler à son principe et se former une unité opposée à son unité éternelle, les esprits de la classe de son cercle et les esprits des autres cercles, ou classes, lurent dans sa pensée. La volonté du chef acquiesça à sa pensée. Les esprits des quatre classes, avec leur chef, ou adhérèrent à sa volonté ou la rejetèrent en restant unis à l'unité suprême.

A cette prévarication commença le temps. A l'instant, pour séparer le pur d'avec l'impur, le mal du bien, l'unité éternelle et bonne de l'unité temporelle et mauvaise, l'Etre supérieur créa l'espace.

Les esprits même de ces quatre classes qui n'avaient que lu dans la pensée mauvaise du chef, se trouvant souillés en quelque manière (parce que, dans l'immensité de la sainteté et de la pureté, la pensée seule du mal est une souillure), furent les ministres mêmes de la justice suprême, pour contenir et molester l'esprit pervers et ses complices.

Le nombre 2 ne pouvant s'adapter, en quelque manière, personnellement à aucun être, en ce que 2 est une unité opposée à une autre unité, ce nombre caractérise donc tout être dont la volonté perverse et impure se détermine au mal et rejette le bien, et qui viole par là la loi, les préceptes et les commandements qu'il a reçus de son principe.

Espace, temps, formes

Le mal s'étant manifesté par son opposition au bien, le temps, l'espace et les formes furent aussitôt établis et, pour leur formation, les esprits, ou intelligences, de l'axe central furent émancipés d'émaner hors d'eux les essences élémentaires constitutives de tous les corps et de toutes les formes ; et toutes les formes y furent combinées, chacune d'une essence pure et simple et relative à l'élément qui était propre pour l'incorporisation, ou la forme, de chaque être.

Ces essences élémentaires n'ont pu être qu'au nombre de 3, relativement aux trois facultés.

Tous les pervers étant renfermés dans l'espace et le temps, leur chef fut jeté dans le plus profond abîme de la région sensible ; les plus coupables de ses complices furent placés dans des espaces ténébreux de cette région et tous les autres pervers, dont la pensée seule s'était complue dans celle de leur chef, furent jetés sur la surface de la même région.

Les esprits impurs, comme êtres intelligents lisant dans la pensée les uns des autres, les moins criminels, qui étaient sur la surface de leur région, devinrent les agents de leurs chefs, et tous nécessités également à n'avoir qu'une volonté mauvaise, à ne pouvoir former que des actes impurs, leurs productions, leurs résultats tendent constamment à s'opposer à la volonté de leur principe et à vouloir rabaisser la gloire et la puissance de l'Eternel.

Tous résultats du ternaire sacré ayant la pensée, la volonté et l'action, à l'image de leur Créateur, et des attributs de puissances et de vertus, à la ressemblance de leur principe, ces trois facultés devaient être toujours en eux actives et produire par leur action des opérations, ou résultats ; mais ils étaient tenus de les produire conformément à la loi que leur Créateur avait prescrite.

Le démoniaque, 5, et le temporel, 6.

Le chef de tous ceux qui prévariquèrent dans les classes, ou cercles, des esprits qui avaient été émanés ou émancipés pour la gloire de l'Eternel, en contrevenant à la loi qu'il avait reçue, son opération, ou plutôt sa pensée et sa volonté mauvaise, ou perverse, se trouvant en opposition à sa loi et par là même au bien, il ajouta à son quaternaire 1, qui produisit son nombre quinaire, qui est le nombre démoniaque de lui et de tous ses complices ; lequel, même après le temps, les constitue toujours êtres quinaires, comme restant entachés, en quelque sorte, de leur opération mauvaise.

C'est ce quinaire qui, nécessitant la création de l'espace et du temps, produisit le sénaire, c'est-à-dire que les 3 facultés de l'unité y concoururent, si l'on peut ainsi parler, chacune par leur résultat mort, comme n'en dérivant que médicalement ; et de ce concours des 3 facultés de l'unité avec aussi les 3 opérations qui en résultèrent est provenu le sénaire, qui est le nombre de la création de l'espace et du temps.

Le sénaire temporel comme résultat de ces deux ternaires, l'un des 3 essences élémentaires constitutives des formes corporelles, l'autre du véhicule, ou principe de vie, tel que les principes des 3 classes d'animaux ou des 3 règnes corporels.

Derniers émanés, les hommes

Aussitôt que le chef des pervers avec tous ses complices furent renfermés dans l'espace et le temps, ils furent séparés de leur principe et, ne pouvant plus lire dans son sein, n'ayant plus de communication avec la vérité ni de connaissance du bien, condamnés par l'Etre suprême, par analogie à la pensée mauvaise et à la volonté impure qui les avaient fait déchoir de leur gloire, à n'avoir constamment que la pensée et la volonté perverses et à ne produire que des actes d'impureté ou d'iniquité.

Mais le grand Etre, dont la sagesse et la puissance concilient toujours sa justice avec sa miséricorde, émana de son sein des êtres purs et intelligents, revêtus de puissance pour opérer dans le temps sur les formes et, conséquemment, avec les facultés de s'incorporer à leurs volontés, mais nécessités, par la loi même de leur émancipation, à y agir et opérer conformément à celle que chacun d'eux avait reçue pour sa mission et à raison de laquelle ils furent émancipés par le nombre 7, nombre du sabath.

Adam émancipé, le premier médiateur

Pour contenir avec encore plus de puissance ce Pervers et tous ses complices, l'Eternel émancipa une de ces intelligences qui fut l'homme et lui donna son verbe de puissance, pour régir l'espace et le temps et y dominer sur tous les êtres intelligents qui avaient été émancipés pour agir et opérer sous son autorité supérieure à tous ces agents en puissances et en vertus. Par le nombre de son émancipation, il fut huiténaire.

Ce chef fut incorporé par la puissance de l'Eternel dans un corps simple et glorieux et impénétrable dans tous les combats que le Pervers pouvait lui livrer. Cette incorporisation s'opéra par l'action de l'esprit majeur, qui le nécessita d'opérer ses 3 actes résultant de ses 3 facultés. Il reçut aussi la puissance d'incorporer les puissances de son cercle, qui étaient hors de l'espace et du temps, pour y être ses agents, ses ministres et ses coopérateurs.

L'homme et ses agents, régissant l'espace et le temps, devaient y contenir et y molester le Pervers, pour manifester sur lui et sur ses complices la justice et la miséricorde de l'Eternel, pour être pour ces esprits pervers l'agent bienfaisant de sa miséricorde, le ministre de sa justice et un être intermédiaire, parce que le Pervers, par l'opposition de son unité mauvaise à l'unité bonne, avait rompu toute correspondance avec son principe. Tous ces êtres intelligents, ainsi que le Pervers même, étaient les seuls êtres existant dans l'espace. Tous les corps dont les intelligences se revêtaient et toutes les formes qui distinguaient ces différentes régions n'étaient que d'essence simple et incorruptible.

Sa liberté

L'homme, pour agir, tenait toute sa puissance, sa force et ses vertus de la correspondance, ou de la perpendiculaire, qui subsistait de lui à son principe, et par cette liaison il lisait continuellement dans la pensée de son principe et en opérait la volonté avec une telle puissance qu'il pouvait varier sa forme ou la changer, en réintégrant en lui la première et en en produisant une autre, ce qui s'opérait par le changement d'action.

L'homme, après avoir opéré les 3 actes par lesquels sa volonté était nécessitée et par lesquels il venait de manifester sa puissance dans la création, il lui en restait un 4e à faire, qu'il devait opérer avec la liberté de sa volonté : bon, si sa volonté s'y portait conformément à sa loi ; abominable, si sa volonté s'écartait de cette loi. Dans le premier cas, le résultat de son acte devait accomplir son quaternaire, dans le second cas son résultat allait être un ternaire.

Sa tentation

Sa loi lui prohibait de toucher à l'arbre de vie et de mort et à l'arbre de la science du bien et du mal. L'arbre de vie était la puissance même de l'Etre suprême, comme seul principe, seul générateur de tous les êtres ; l'arbre de mort était la peine que sa loi lui infligeait. L'arbre de la science du bien était pour lui son acte, conformément à sa loi, d'unir sa volonté à celle de son principe, pouvant à tout instant lire dans la pensée même de son principe.

Les allégories de ces arbres de vie et de mort, de bien et de mal n'étaient pour lui qu'une allusion de l'abus et du bon usage qu'il ferait pour opérer le 4e acte. Si l'homme l'avait opéré selon sa loi, il aurait été toujours heureux ; il se serait conservé toutes ses vertus, toute sa puissance, parce qu'il aurait toujours lu dans la pensée de l'Etre suprême et qu'il n'aurait conséquemment agi que selon sa pensée et que par la volonté de ce souverain Etre. Malheureusement pour lui, il se complut dans les 3 actes de puissance qu'il venait d'opérer, au lieu d'en glorifier uniquement son principe.

Cette pensée mauvaise fut en opposition à celle de la loi que lui avait donnée son principe, relativement à son 4e acte. Il voulut, en quelque manière, créer par sa puissance douée de vertus pour reconnaître son ennemi, pouvant, en recourant à sa perpendiculaire, lire dans la pensée de l'Etre suprême. Sa complaisance dans sa pensée mauvaise parvint à le distraire de tous les secours qu'il dépendait de lui d'avoir pour rectifier sa pensée, et il négligea tous les moyens qu'il avait pour reconnaître son ennemi.

Sa prévarication et sa chute

L'homme, par sa pensée mauvaise, donna lieu au Pervers d'y pouvoir lire, par la raison même qu'elle était mauvaise. Il s'approcha de lui sous la forme d'une intelligence et s'annonça comme étant envoyé de l'être bon. Cette forme sous laquelle il s'approcha de l'homme le séduisit ; l'aveuglement qu'opérait en lui sa volonté mauvaise lui empêcha de reconnaître son ennemi, qui le trompa par sa forme même et son action démoniaque.

Enfin, il détermina sa volonté à adhérer à sa pensée mauvaise, il agit en conséquence. Il ajouta une unité à son nombre huiténaire, ce qui produisit le nombre neuvaire, nombre qui lui retrace sans cesse son crime, son premier état, celui de gloire, dont il est déchu, etc., son état actuel de mort et de corruption et sa prochaine dissolution, ainsi que celle de l'espace, du temps et de toutes les formes qui y sont contenues.

Par ce second crime, le Pervers perdit un médiateur, un être intermédiaire par lequel il pouvait se réconcilier. Le succès de sa séduction ne servit qu'à éloigner de lui la manifestation de la miséricorde de l'Etre suprême et à appesantir sur lui sa justice.

Sa mort spirituelle

L'homme, par son acte abominable, ayant opéré une production sensible, un assemblage impur, l'incorporisation d'un mineur dans un corps élémentaire, perdit aussitôt sa perpendiculaire et, par là même, sa puissance et toutes ses vertus. Il fut aussitôt précipité avec sa production dans la région des pères et des mères, où il est mort spirituellement, n'étant plus qu'un être pensif et non pensant, n'ayant plus qu'une volonté affaiblie, qui est la seule faculté par laquelle il a à expier et se purifier sur cette région terrestre, après avoir été réconcilié temporellement par l'esprit en suite de son repentir.

Le verbe de Dieu, médiateur pour de bon

La prévarication de l'homme, chef de son cercle, nécessita également de la justice et de la miséricorde de l'Eternel un médiateur bien plus puissant, pour contenir les esprits pervers et pour fortifier la faible volonté de l'homme contre les séductions de leur volonté mauvaise, pour les secourir dans tous les dangers où ils allaient être exposés dans les combats continuels que lui livreraient ces esprits impurs ; qui pût vivifier ses facultés, pénétrer de sa lumière sa pensée, épurer sa volonté, lui aider même à expier son crime ; qui le réconciliât avec son principe et qui tînt de sa propre essence ses vertus, sa puissance, sa loi, pour perfectionner et finir l'œuvre de sa miséricorde et de sa médiation.

Ce sage médiateur, cet agent puissant fut le verbe, cette volonté procédant de la pensée éternelle, qui est la vie et la lumière et par qui tout a été créé. Ses agents et ses ministres furent des esprits intelligents, des êtres spiritueux nécessités par leur loi à faire et à accomplir l'œuvre pour laquelle l'Etre suprême les a émanés et destinés.

Les pervers, condamnés à persévérer dans leur volonté mauvaise et par là contraints à répéter leur premier crime de s'opposer continuellement à la pensée éternelle, à sa volonté, à son verbe, constituent, dans l'espace et le temps, en raison inverse de l'œuvre que le verbe y opère par ses ministres et ses agents, cette double loi d'action et de réaction, d'où résulte le contraste effrayant de pur, de saint, de lumière et de vie, et par là même toujours stérile, tandis que l'autre vivifie tous les êtres, dispense sa lumière sur toutes les facultés spirituelles et, par son action puissante, y fait germer toutes les vertus.

L'espace recréé

Après la prévarication de l'homme, l'Eternel fut nécessité de faire force de loi sur ses agents, pour leur faire opérer des actes analogues à celui par lequel l'homme, par un abus déplorable de sa volonté, venait de contrevenir à sa loi.

Cet être, qui avait été émancipé et qui avait reçu le verbe de puissance pour régir et gouverner l'espace, par lui-même directement ou par des intelligences secondaires, ses agents et ses ministres, pour maintenir cet espace et toutes les formes qui y étaient contenues dans leur nature vierge, pure, simple et incorruptible, ayant par sa prévarication fait un acte d'incorporisation terrestre, impur, corruptible et, par là même, abominable, tout cessa d'être pur et vierge. Les trois éléments devinrent composés, mixtes et impurs et, par là même, neuvaires. Dès lors, les formes des corps tendirent à la corruption et à la dissolution, par le combat et la réaction réciproque de ces éléments les uns sur les autres.

Cette prévarication nécessita aussi la force de loi pour la production des véhicules des germes des corps, attendu qu'étant pour un temps corruptibles et impurs, ils ne pouvaient plus exister qu'en succédant les uns aux autres par une génération qui, se propageant, par cet acte même de propagation rappelle continuellement l'origine et la cause de la corruption des corps et des formes. Tel fut l'état constitutif des corps terrestres et élémentaires.

Les corps n'ayant qu'une existence momentanée dans leur forme, ils ne se renouvellent que successivement les uns aux autres, par la génération. Ne pouvant naître, croître, se conserver pour un temps que par action et réaction, il a fallu les alimenter par des éléments qui eussent en eux la force de la réaction. Il fallut des influences continuelles sur cette terre, la matrice des corps, pour produire et former les formes qui, par leur action et réaction, devinssent la plupart propres pour alimenter les formes corporelles. Il se fit enfin, par la prévarication de l'homme, une seconde création, ou plutôt cet espace changea de nature et d'objet physique.

Contagion du crime paternel

Lorsque le premier homme commit son crime, tous les mineurs de son cercle, comme étant ses agents, y participèrent, pour ainsi dire, d'une manière, et par là ils ont contracté une souillure. Tous les mineurs qui ont été incorporés et tous ceux qui le seront successivement auront donc pour tâche de se purifier de cette souillure, et encore de la tache qu'ils ont contractée par les actes impurs de leur père corporel.

Mais, s'ils négligent les secours qui leurs sont offerts par l'esprit majeur et les intelligences préposées pour l'assister, le diriger, l'inspirer et le fortifier et qu'ils se livrent aux actes de leur volonté impure et au dérèglement de leurs sens, ils auront encore à expier ces mêmes erreurs, ce qui augmentera leur tâche infiniment.

Nous, ici-bas

L'homme dans cette région sensible et sous le fléau de la justice éternelle, sa carrière corporelle y est pour lui une continuelle expiation. Il y souffre par l'intellect et le sensible et a toujours à combattre contre le Pervers qui l'actionne et le moleste et à repousser ses illusions.

Mais, au milieu de ses maux, de ses souffrances et de ses combats, lorsque sa volonté se porte au bien, il est soutenu par l'esprit majeur, vrai réceptacle des bénédictions et des miséricordes de l'Eternel dont il est l'agent puissant pour manifester sa gloire, sa puissance, sa justice et sa miséricorde, et qui a autorité sur tous les êtres contenus dans l'espace et le temps, qui sont ou comme agents, ou comme expiants, ou comme en pâtiment. Il est consolé par les intelligences préposées pour le diriger, qui actionnent et vivifient ses facultés intellectuelles et épurent sa volonté désordonnée en lui faisant opérer le bien.

Ainsi, d'un côté, s'il est actionné par le mal, de l'autre il l'est par le bien. Etant placé au milieu, c'est à lui de choisir. S'il choisit mal, il se rend coupable de son mauvais choix.

Nous, dans l'au-delà

L'homme détaché de sa forme, son être intellectuel a à expier ses souillures, ses iniquités et son premier crime. Sa pensée, pour lors, ni distraite par les sens ni asservie par les organes, y répand toute son énergie. C'est pour lors qu'elle n'est occupée ni affectée que de son crime et de ses souillures et, combattue sans cesse par le Pervers, elle a de plus grands efforts à surmonter, comme lisant dans la pensée même du Pervers. Ce combat continuel est purement spirituel, cette expiation est plus ou moins forte et a plus ou moins de durée, selon qu'il y est entré souillé ou impur et selon les efforts qu'il fait, qui peuvent avancer ou retarder son expiation.

De ce cercle sensible l'être éternel de l'homme passe dans le cercle visuel et là, où il doit se purifier, son état y est moins pénible et y reçoit plus de secours.

Enfin, du visuel il passe au rationnel pour se réconcilier, où il restera jusqu'au dernier avènement du Christ et d'où, après la dissolution de l'espace et la fin des temps indiquées par le neuvaire et auquel le dénaire procédera, il rentrera avec tous les autres êtres intelligents dans l'unité comme dans le centre de toute félicité.

Mais l'homme qui, en quittant sa forme, est uni par ses souillures abominables, par son orgueil, son incrédulité, avec le mauvais principe, qui en a été l'agent vis-à-vis de ses frères, va dans l'abîme où il porte sa pensée et sa volonté mauvaise, pour y souffrir la privation de tous biens et s'y unir dans le centre de l'unité mauvaise jusqu'à la fin des temps.

 

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