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Hauts Grades

le Traité des Cinq Roues(l'Eau)

17 Juillet 2005 , Rédigé par M Musashi Publié dans #enseignements tactiques

  L'esprit de la tactique de notre école "Niten" se base sur la philosophie de l'eau d'où l'on tire les moyens les plus efficaces. C'est pourquoi j'appellerai ce chapitre : "Eau", car j'y exprime le maniement du sabre selon notre école. Il est difficile d'exprimer en détail cette Voie comme je le voudrais. Bien que les mots soient insuffisants l'essentiel ressortira de lui-même. Sur tout ce que j'écris dans ce livre, il faut s'arrêter à chaque mot, chaque lettre, afin de bien réfléchir. Si les lecteurs survolent alors ils s'éloigneront de la Voie. Même si la théorie de la tactique que j'expose s'applique à deux adversaires, il est très important de la considérer également dans son sens le plus large, c'est-à-dire en tant que théorie pouvant s'appliquer à dix milles individus faces à dix milles autres.

Toutes les erreurs de jugement et tous les égarements sur cette Voie, si minimes soient-ils, font irrémédiablement tomber sur un mauvais chemin. La simple lecture de ce livre ne saurait faire parvenir à la Voie de la tactique et il faut éviter d'en considérer le contenu comme un simple recueil de mots. Au contraire, il faut essayer d'adapter tout ce qui est dit à notre propre corps. Découvrez de vous-même ces théories en évitant l'imitation et le plagiat. Sans cesse réfléchissez selon votre corps.

Position de l'esprit au milieu de cette tactique

 Dans la Voie de la tactique l'esprit doit avoir la même position que dans la vie quotidienne. Dans la vie courante ou au moment d'appliquer la tactique rien ne doit changer. Conservez un esprit vaste, droit, sans trop de tension ni aucun relâchement, évitez qu'il soit unilatéral, maintenez-le au juste milieu, faites-le agir tranquillement de façon que cette agitation ne s'arrête même un seul instant: réfléchissez bien à tout cela. Même si le corps est en position tranquille l'esprit, lui, ne doit pas demeurer tranquille. Même si le corps agit très rapidement, l'esprit, quant à lui, ne doit pas du tout agir rapidement. L'esprit ne suit pas le corps et le corps ne suit pas l'esprit. Prêtez attention à l'esprit mais ne prêtez pas attention au corps. N'ayez pas l'esprit étroit mais ne débordez pas d'esprit. Même si la surface de l'esprit est faible, le fond de l'esprit doit être fort. Rendez votre esprit indécelable par les autres. Tous ceux qui possèdent un corps petit doivent avoir en esprit tout ce qui se passe dans un corps grand; tous ceux qui possèdent un corps grand doivent avoir en esprit tout ce qui se passe dans un corps petit. Qu'il s'agisse d'un corps grand ou d'un corps petit on doit posséder un esprit droit et il est important de conserver un esprit dégagé de tout sentiment de faiblesse vis-à-vis de soi-même. Il faut maintenir sans tache et large notre esprit, en même temps que maintenir vaste notre sagesse. Il est essentiel de polir assidûment la sagesse et l'esprit. Pourvu que l'on polisse la sagesse, que l'on sache discerner les avantages et inconvénients du monde, que l'on connaisse le bon et le mauvais côté des choses, que l'on pénètre tous les arts ou toutes les Voies, que l'on ne puisse plus être trompé par aucun, alors notre esprit est apte à aborder la sagesse de la tactique. Quant à la sagesse de la tactique (duel ou bataille), elle est très différente des autres. Même au plus fort de la mêlée d'une bataille, il faut rechercher les vérités de la tactique et bien réfléchir afin d'atteindre l'esprit immobile.

Position du corps au milieu de la tactique

La tête ne doit être ni inclinée en avant ni rejetée en arrière ni penchée sur le côté. Les yeux ne doivent pas errer de ci de là. Ne pas plisser le front mais froncer les sourcils. Eviter les mouvements de pupilles et les battements de paupières. Cligner un peu des yeux. Garder un visage décontracté, le nez non tiré. Redresser un peu le menton. Pour la nuque, elle doit être droite et il fait y concentrer sa force qui doit également être répartie des épaules à la totalité du corps. Epaules dégagées, maintenir toujours droite la colonne vertébrale. Le bas des reins ne doit pas être proéminent, mettre de la force dans les genoux et la pointe des orteils, tendre le ventre afin de ne pas avoir les reins courbés. "Fixer la clavette", c'est-à-dire bien appuyer le ventre sur la gaine du petit sabre afin de ne pas donner de lest à votre ceinture. En bref, dans l'attitude que l'on doit avoir dans la tactique, l'essentiel est que le comportement quotidien devienne comportement de la tactique et que le comportement de la tactique devienne comportement quotidien. Réfléchissez-y bien.

Au sujet de la position des yeux dans la tactique

La position doit permettre de voir largement et vastement. Entre voir et regarder, voir est plus important que regarder. L'essentiel dans la tactique est de voir ce qui est éloigné comme si c'était proche et de voir ce qui est proche comme si c'était éloigné. L'important dans la tactique est de connaître le sabre de l'adversaire, mais de ne pas regarder du tout ce sabre adverse. Méditez bien là-dessus. Cette position des yeux convient aussi bien dans la tactique du simple duel que dans une bataille. Le premier point est de savoir regarder de côté sans bouger les pupilles. Toutes ces positions ne peuvent être acquises d'un seul coup dans les moments d'urgences. Donc ayez bien en tête tout ce que j'ai écrit jusqu'ici, gardez bien cette position des yeux dans la vie quotidienne et en toutes occasions ne modifiez pas la position de vos yeux. Réfléchissez bien à tout cela.

Façon de tenir un sabre

Pour tenir un sabre en main, il faut que: pouce et index soient consciemment souples, le majeur ne doit être ni crispé ni relâché, l'annulaire et l'auriculaire doivent être consciemment serrés. Il n'est pas bon que l'intérieur des mains soit lâche.

Tenez votre sabre en pensant toujours qu'il doit couper votre adversaire. Au moment où vous êtes en train de pourfendre votre adversaire ne modifiez jamais l'intérieur de vos mains et maintenez votre sabre de telle façon qu'elles ne soient pas figées. Même si vous cinglez le sabre de votre adversaire ou bien l'interceptez sur le vôtre ou bien l'emprisonnez à l'aide du vôtre, ne modifiez que votre pouce et votre index selon votre volonté. Avant tout, ne manipulez le sabre qu'avec la ferme intention de pourfendre votre adversaire . Qu'il s'agisse d'un exercice sur un condamné à la peine capitale ou d'un combat réel la position de vos mains est la même pour pourfendre un homme. En bref, pour un sabre ou une main, le plus mauvais est de demeurer figé. La position figée correspond à une main morte. Ne jamais demeurer figé correspond à une main vivante. Il faut bien comprendre tout cela.

Les mouvements des pieds

Position des pieds: les pointes doivent être légèrement libres alors que les talons sont fortement appuyés au sol. Mouvement des pieds: bien qu'il y ait de grands pas ou de petits pas, des pas lents ou rapides, selon les cas, il faut toujours être comme en marche normale. Les trois plus mauvais mouvements sont: jambes toujours en l'air, jambes molles et pieds fixes. Dans cette Voie, les jambes "Yin" et "Yang" signifie ne pas actionner un seul des deux pieds. Que ce soit au moment de pourfendre, au moment de se reculer, même au moment d'intercepter, les deux jambes doivent être actives: droite-gauche, droite-gauche, c'est-à-dire "Yin" et "Yang". J'insiste encore une fois sur le fait qu'il ne faut jamais actionner qu'une seule jambe. Réfléchissez-y bien.

A propos des cinq façons de se mettre en garde

Il y a cinq façons de se mettre en garde: sabre au-dessus de la tête, sabre dirigé en face de soi, pointe du sabre dirigé vers le bas, sabre dirigé vers la droite, sabre dirigé vers le côté gauche. Bien que l'on ait divisé la façon de se mettre en garde en ces cinq parties toutes ont un même but: pourfendre l'adversaire. Il n'y a aucune autre façon de se mettre en garde que ces cinq là. Que vous soyez dans n'importe laquelle de ces cinq positions ne pensez jamais que cela est pour vous mettre en garde, mais que c'est uniquement pour pourfendre.

Il y a deux sortes de mises en garde: grande et petite. Choisissez la plus avantageuse selon les circonstances. Les trois premières des cinq positions citées ci-dessus: au-dessus de la tête, en face de soi et vers le bas sont des mises en garde substantielles. Les deux dernières, de chaque côté sont des jeux. Ces deux dernières mises en garde, à droite et à gauche, sont adaptées au cas où il n'y a aucun espace au-dessus de notre tête ou bien lorsque nous ne disposons d'aucun espace sur l'un des deux côtés. Il n'y a qu'à s'adapter aux circonstances: mises en garde à droite ou à gauche. L'essentiel de cette Voie réside dans la mise en garde, sabre dirigé en face de soi. Cette mise en garde, sabre dirigé en face de soi, est le fonds de toute mise en garde. Si vous étendez ce principe à la tactique de masse (bataille) alors cette mise en garde sabre dirigé en face de soi correspondra à la position d'un général en chef. A la suite de ce "général en chef" il y a les quatre autres mises en garde. Réfléchissez-y bien.

A propos de la Voie du sabre

Connaître la Voie du sabre signifie que si l'on connaît bien la trajectoire, même si l'on manie seulement de deux doigts le sabre que l'on a l'habitude de porter, on est capable de le  manier avec grande aisance.

C'est en voulant sabrer rapidement que l'on modifie sa trajectoire et que naissent les difficultés de maniement. Il est de beaucoup préférable de sabrer avec calme afin que ce maniement soit plus aisé. C'est en voulant manier rapidement le sabre comme s'il était un éventail ou un couteau que l'on contrarie sa trajectoire et que son maniement devient difficile. Ce mauvais maniement s'appelle "hacher au couteau" et il est impossible de pourfendre de cette façon qui que ce soit avec un sabre. Une fois un coup porté de haut en bas, il est préférable de relever le sabre selon la trajectoire la plus aisée pour ce relèvement. Si l'on porte un coup horizontal, il vaut mieux revenir à l'horizontale, ainsi l'on peut revenir à une trajectoire correcte. Dans tous les cas allongez bien le coude et mettez de la force dans votre maniement, c'est là la Voie du sabre. Si vous apprenez bien les cinq figures de maniement selon notre tactique, la trajectoire de votre sabre sera fixée et votre maniement deviendra aisé. Exercez-vous bien.

Le contenu des cinq figures, Figure I

La première figure correspond à la mise en garde sabre dirigé en face de soi. La pointe de votre sabre doit être dirigée sur le visage de votre adversaire. Lorsque son sabre vous attaque, passez le vôtre sur la droite, puis au-dessus du sien. Alors que votre adversaire vous attaque une seconde fois répliquez de la pointe de votre sabre, puis maintenez-le pointe en bas et à l'attaque suivante relevez vivement votre sabre afin de gifler les mains de votre adversaire. Voilà la première figure.

Or ma description des cinq figures est insuffisante à une bonne compréhension. Pour bien comprendre ces cinq figures il faut en même temps se saisir d'un sabre et rechercher la Voie du sabre en pratiquant. En s'exerçant selon ces cinq formes on peut connaître la trajectoire de son propre sabre et de plus on peut parvenir à deviner comme il faut la trajectoire attaquante du sabre adverse. Ainsi on comprend qu'il n'y a aucune autre mise en garde possible pour notre école "des deux sabres" en dehors des cinq que j'ai citées. Exercez-vous bien.

Sur le contenu de la figure II

La deuxième figure consiste à garder votre sabre au-dessus de la tête. Au moment de l'attaque adverse, abaissez brusquement le sabre sur l'adversaire. Si vous ne l'avez pas atteint, maintenez votre sabre dans la position dans laquelle il se trouve et au moment de la seconde attaque, relevez-le brusquement. Il en va de même pour l'attaque qui suivra.

Dans cette deuxième figure il y a plusieurs nuances et des rythmes divers, mais si l'on s'exerce suffisamment selon cette deuxième figure on sera capable de connaître en détail les cinq Voies du sabre. Ainsi on obtiendra la victoire d'une façon ou d'une autre. Etudiez bien tout cela.

Sur le contenu de la figure IV

Gardez le sabre sur le côté gauche et frappez les mains de votre adversaire de bas en haut tandis qu'il s'apprête à vous frapper lui-même. Il va tenter de faire tomber votre sabre qui s'apprête à le cingler. Alors tout en visant à frapper ses mains, interceptez la trajectoire de son sabre en le pourfendant obliquement en remontant jusqu'à votre épaule. C'est là la trajectoire d'un sabre selon cette figure IV qui est aussi un moyen d'obtenir la victoire en interceptant la trajectoire du sabre de l'adversaire au moment où il vous attaque. Etudiez bien cela.

Sur le contenu de la figure V

!La cinquième figure correspond à la mise en garde sabre dirigé vers la droite. Ripostant à une attaque de votre adversaire relevez obliquement votre sabre du côté droit jusqu'au dessus de votre tête et depuis le dessus de votre tête pourfendez tout droit. Cette façon de faire est aussi nécessaire à la bonne compréhension de la trajectoire du sabre. Si l'on s'accoutume bien à ce maniement du sabre alors on devient capable de bien manier même les sabres lourds. Je ne me perdrai pas dans les détails de ces cinq figures. Il faut qu'elles deviennent coutumières afin de bien connaître les divers maniements de sabres de notre école, d'apprendre les grandes lignes du rythme et de discerner la trajectoire du sabre adverse. Il faut s'habituer à ces façons de manier le sabre même au cours de combats. En discernant les intentions de l'adversaire et en utilisant des rythmes variés on obtiendra la victoire d'une façon ou d'une autre.  bien.

!Sur la recommandation "prendre garde sans prendre garde"

!"Prendre garde sans prendre garde" signifie, au sens le plus profond, qu'il n'y a pas de mise en garde pour un sabre. Cependant, si l'on divise en cinq positions la façon de se garder on peut appeler cela une mise en garde. L'essentiel dans la position du sabre est qu'elle soit adaptée à pourfendre dans n'importe quelle direction que ce soit car cela dépend de la condition de l'adversaire, du lieu, de l'ambiance. Lorsque l'on descend un peu le sabre que l'on tient au-dessus de la tête c'est déjà le sabre dirigé en face de soi; si l'on juge qu'il est plus avantageux de remonter un peu le sabre dirigé en face de soi c'est déjà le sabre au-dessus de la tête. Si, selon les circonstances, on remonte un peu le sabre la pointe dirigée vers le bas c'est déjà le sabre dirigé en face de soi. Les positions à droite et à gauche lorsqu'elles sont quelque peu modifiées vers le centre selon les situations se transforment déjà en sabre dirigé en face de soi ou en sabre la pointe dirigé vers le bas.  C'est ainsi que le principe prendre garde sans prendre garde fut établi. Une fois que l'on tient un sabre le but à atteindre est de pourfendre l'adversaire de quelque façon que ce soit. Même si l'on intercepte, cingle, érafle, colle et cogne le sabre adverse qui s'apprête à nous pourfendre, tout est occasion de pourfendre l'adversaire. Sachez bien cela. Si vous pensez à intercepter, cingler, érafler, coller et cogner le sabre de votre adversaire alors vous manquerez de le pourfendre. Il est important au contraire de penser que tout est moyen de pourfendre. Réfléchissez-y bien. La disposition des forces dans la tactique de masse (batailles) correspond à une mise en garde. Tout est moyen permettant d'atteindre la victoire dans les combats. Une position figée est mauvaise. Il faut bien y songer.

Coup selon un seul rythme pour pourfendre un adversaire

Parmi les rythmes utilisés pour pourfendre un adversaire, il y a le rythme unique où les deux adversaires sont exactement dans la même position pour s'atteindre. Sentant que notre adversaire n'a pas encore pris sa décision, sans mouvoir notre corps ni nos idées, pourfendons-le vite et directement. C'est en cela que consiste le rythme unique. Attaquez votre adversaire avant qu'il n'ait décidé dans sa tête de tirer son sabre, de le dégager ou bien de vous frapper; c'est cela le rythme unique. Apprenez bien ce rythme et exercez-vous bien à frapper vite selon un rythme rapide.

Sur le rythme secondaire des reins

Lorsque nous nous apprêtons à attaquer, l'adversaire se recule vite et reprend rapidement sa tension. Dans un tel cas, feignez d'attaquer. Alors, l'adversaire sera tout d'abord en tension mais il se relâchera ensuite. A ce moment-là il faut attaquer sans délai. C'est là le rythme secondaire des reins. Les lecteurs ne comprendront pas facilement ce que je viens d'écrire, mais si quelqu'un leur explique en pratiquant, ils saisiront vite.

Le coup "sans pensée, sans aspect"

Lorsque votre adversaire s'apprête vous attaquer en même temps que vous vous y apprêtez vous-même, votre corps prend la forme attaquante et votre esprit prend également une forme attaquante et vos mains frappent fort tout naturellement en partant du vide et à une vitesse allant 'accélérant. C'est le sans pensée, sans aspect et cela est très important. On rencontre très souvent ce coup. Il faut donc bien l'apprendre et s'y exercer.

Le coup du cours d'eau

Lorsque deux adversaires sont de force égale et au cours d'un corps à corps, l'un d'eux cherchera à vite reculer, à vite se dégager, ou bien à vite se débarrasser du sabre adverse en le cinglant. Dans ce cas, il faut élargir corps et esprit, manier le sabre après le corps, lentement et comme le flux. Ainsi, pourfendez largement et avec force. Une fois que vous connaissez ce coup, vous connaissez un très bon coup. Seulement, le plus important dans ce cas est de bien savoir estimer la position et la force de l'adversaire.

Eraflure au hasard

Lorsque vous vous apprêtez à attaquer votre adversaire, celui-ci essaie de passer à la contre offensive et tente d'écarter votre sabre en le cinglant. Alors, frappez-le d'un seul coup soit à la tête soit aux mains, soit aux jambes, au hasard. Selon la trajectoire de votre sabre, frappez n'importe où: c'est là l'éraflure au hasard. Il faut bien apprendre ce coup car on se trouve continuellement en présence de cette sorte d'attaque. Exercez-vous minutieusement à ce coup afin de bien le comprendre.

 

 

 

 Eraflure rapide comme une étincelle.

L'éraflure rapide comme une étincelle au cas où les lames des deux sabres adverses sont entremêlées. Alors, donnez un coup fort sans relever votre sabre. Pour cela, il faut mettre de la force dans les jambes, le corps et les mains. Il faut porter un coup rapide grâce à la force ainsi répartie. On ne peut atteindre à ce coup sans exercices assidus, mais si on est bien forgé alors on est capable d'assener un coup fort.

Coup de feuille d'érable

Ce coup de feuille d'érable consiste à faire tomber le sabre adverse et à reprendre notre position de mise en garde avec notre sabre. Tout d'abord votre adversaire était en garde, face à vous, en train de penser à vous atteindre ou à vous cingler ou bien à se défendre. Alors vous frappez fort son sabre soit selon le coup sans penser, sans aspect, soit selon l'éraflure rapide comme une étincelle, puis ne cessez de coller à son sabre la pointe du vôtre frappant vers le bas, alors le sabre de votre adversaire ne manquera pas de tomber. Si vous vous exercez bien à ce coup il vous sera facile de faire tomber le sabre adverse. Exercez-vous bien.

A propos du corps qui remplace le sabre

Le corps qui remplace le sabre pourrait être appelé aussi le sabre qui remplace le corps. En général on dit que lorsque l'on porte un coup à l'adversaire, le corps et le sabre ne manoeuvrent pas ensemble. Selon les formes d'attaque de l'adversaire notre corps prend d'abord la forme attaquante, ensuite notre sabre porte son coup à l'ennemi indépendamment de notre corps. Ou bien dans certains cas, notre corps ne bouge pas et seul notre sabre passe à l'attaque de l'adversaire, mais dans les grandes occasions, c'est le corps qui attaque tout d'abord et le sabre suit. Réfléchissez-y bien et apprenez ces coups.

Au sujet des coups et éraflures

Les coups sont une chose et les éraflures en sont une autre. Toutes les sortes de coup sont portés sciemment et avec certitude. Les éraflures ne sont que des touches. Même si les éraflures sont profondes au point que l'adversaire en meure sur le coup, ce ne sont encore que des touches. Tandis que les coups sont portés sciemment. Réfléchissez-y bien.

Erafler les mains ou les jambes de l'adversaire signifie les toucher d'abord en vue de porter un coup plus fort ensuite. Donc éraflure ne signifie que toucher. Si l'on s'exerce bien on comprendra facilement la différence entre les deux. Méditez bien là-dessus.

 

 

 

Position du singe de l'espèce aux mains courtes

La position du singe de l'espèce aux mains courtes signifie ne pas avancer les mains. Lorsque vous avancez votre corps vers votre adversaire, n'ayez jamais l'idée d'avancer vos mains et avant que votre adversaire n'ait eu le temps de vous porter un coup rapprochez vite votre corps de lui. Si vous avez l'intention d'avancer les mains alors votre corps restera sûrement en arrière. Plutôt, remuez vite votre corps tout entier. Si deux adversaires sont à portée de mains, il est facile d'arriver au corps à corps. Réfléchissez-y bien.

Position des corps adverses comme s'ils étaient laqués ou collés

Laqués ou collés signifie que les corps des deux adversaires sont très rapprochés et ne se séparent plus. Lorsque nous approchons du corps de notre adversaire collons-nous fort à lui par la tête, le tronc et les jambes. Bien qu'en général les gens approchent vite leur visage et leurs jambes, leur corps est sujet à demeurer en arrière. Il faut donc bien coller son corps à celui de l'adversaire et y adhérer de façon à ce qu'il n'y ait aucun espace. Réfléchissez-y bien.

Concours de taille

Lorsque vous approchez de votre adversaire, ne vous ratatinez en aucun cas, mais dressez-vous sur vos jambes, sur vos reins et redressez votre cou. Rapprochez-vous fort de lui et juxtaposez votre visage au sien, puis redressez-vous comme si vous vouliez gagner par votre hauteur à un concours de taille. Il est important de vous rapprocher fortement de votre adversaire de cette manière. Méditez bien là-dessus.

 Adhérez-bien

Lorsque votre adversaire vous attaque et que vous aussi portez un coup de sabre qu'il intercepte, alors fixez votre sabre sur le sien auquel il doit adhérer et par le fait rapprochez-vous bien. L'adhérence doit se faire avec l'intention de ne plus détacher votre sabre. Vous devez vous approcher de votre adversaire sans y mettre trop de force. Votre propre sabre doit être bien fixé au sien et y adhérer. Si vous vous approchez très calmement de votre adversaire ce n'est pas mal du tout.

L'adhérence est une chose et l'enchevêtrement en est une autre: l'adhérence est forte tandis que l'enchevêtrement est faible. Il faut bien les distinguer.

Foncer sur l'adversaire avec votre corps.

Cela signifie foncer sur l'adversaire en s'approchant tout près de lui. Détournez un peu la tête, mettez votre épaule gauche de face et lancez-la dans la poitrine de votre adversaire. Pour vous élancer, il faut mettre le plus de force possible. Il faut bondir avec souplesse, sur un rytme vivace. Si vous apprenez bien ce bond, il peut devenir tellement fort que votre adversaire sera projeté de quatre à six mètres. Ou bien vous pourrez cogner tellement fort que votre adversaire en mourra sur le coup. Exercez-vous-y bien.

Trois sortes d'interception

Les trois sortes d'interception sont les suivantes:

-1) pour intercepter le sabre de votre adversaire qui vient vers vous au moment où vous vous rapprochez de lui, il faut viser ses yeux comme si vous vouliez les piquer de la pointe de votre sabre, puis faire dévier sur la droite le sabre adverse.

-2) La seconde est appelée "interception en fente". Interceptez à l'aide d'une fente le sabre adverse qui vient vers vous. Agissez comme si vous visiez l'oeil droit de votre adversaire et comme si vous vouliez pincer son cou.

-3) Si au moment où votre adversaire vous attaque, vous vous approchez de lui avec un sabre court, ne cherchez pas à intercepter son sabre, mais approchez-vous de votre adversaire comme si vous vouliez fendre de votre main gauche son visage.

Ce sont les trois sortes d'interception. Dans tous les cas, il fait serrer le poing gauche avec lequel vous voudriez atteindre le visage de votre adversaire. Exercez-vous-y bien.

Piquer le visage de l'adversaire

Lorsque votre sabre et celui de votre adversaire sont de même force et bloqués, dans leur enchevêtrement il est important de toujours rechercher à piquer le visage de votre adversaire de la pointe de votre sabre. Si vous recherchez à piquer son visage, alors il rejettera sa tête et son corps en arrière. Si vous parvenez à ce que votre adversaire rejette sa tête et son corps en arrière, alors vous aurez plusieurs occasions de parvenir à la victoire. Méditez bien là-dessus. Au cours du combat, si votre adversaire est sujet à rejeter son corps en arrière, la victoire sera déjà à vous. Ainsi n'oubliez pas de rechercher à piquer son visage. Exercez-vous bien selon ces moyens avantageux au cours de l'exercice de la tactique.

Piquer le coeur de l'adversaire

Dans les cas où, au cours de combats, il vous est impossible de pourfendre votre adversaire parce que votre champ d'action est fermé au-dessus et sur les côtés, cherchez à piquer votre adversaire. Placez le dos de votre sabre horizontalement face à lui, en faisant un petit mouvement en arrière de votre sabre afin de ne pas dévier et piquez la poitrine de votre adversaire. Ainsi vous pourrez faire dévier son sabre attaquant. Ce moyen convient bien aux cas où vous vous sentez fatigué ou lorsque votre sabre n'est pas très tranchant. Sachez bien discerner cela.

Au sujet de "Kâtsu !"

Les cris "Kâtsu !" et "Tôtsu !" sont utilisés dans les cas suivants: lorsque vous portez un coup à votre adversaire et que vous le dominez, votre adversaire s'apprête à passer à la contre-offensive, alors relevez votre sabre depuis le bas en cherchant à le piquer, puis pourfendez-le d'un second coup. Ces deux mouvements doivent être exécutés à un rythme très rapide: piquez depuis le bas "Kâtsu !", puis pourfendez "Tôtsu !". Ces rythmes se rencontrent dans tous les échanges de coups. Pour procéder à "Kâtsu !" et "Tôtsu !": élevez la pointe de votre sabre en recherchant à piquer votre adversaire et en même temps que vous élevez votre sabre pourfendez d'un seul coup. En pratiquant bien, examinez bien tout cela.

Interception en claquant

Lorsqu'au cours d'échanges de coups avec votre adversaire le rythme devient piétinements, claquez tout d'abord le sabre attaquant adverse à l'aide du vôtre, puis portez-lui un coup. Ce claquement n'a pas besoin de se produire avec force et n'a pas la signification d'une interception. Vous adaptant au sabre de votre adversaire qui vous attaque, vous le claquez, et aussitôt portez un second coup. Il est important que vous preniez l'initiative tout d'abord par le claquement et de la conserver ensuite par ce coup. Si vous devenez habile au rythme du claquement, si fort que soit le coup de votre adversaire, la pointe de votre sabre ne s'inclinera pas quand bien même votre claquement serait petit. Apprenez bien cela et réfléchissez-y bien.

Au centre d'une mêlée

 

Je veux parler ici du cas où vous êtes seul face à plusieurs adversaires. Tirez votre sabre et votre petit sabre et mettez-vous en garde en étendant largement et à l'horizontale vos sabres de chaque côté de votre corps. Même si vos adversaires vous attaquent sur quatre côtés cherchez à les pourchasser dans une seule direction. Sachez bien discerner parmi vos adversaires les premiers attaquants de ceux qui suivent et passez à la contre-offensive vivement en commençant par ces premiers attaquants. Que vos regards embrassent le tout et saisissez le plan d'attaque de vos adversaires. Portez des coups à la fois de votre sabre droit et de votre sabre gauche. Une fois les coups portés il est très mauvais de sa figer dans l'attente. Immédiatement retournez à votre position de mise en garde, vos sabres de chaque côté. Pénétrez fort parmi vos assaillants, renversez-les, sans relâche foncez sur les nouveaux et écrasez-les également.

Il est important de rechercher par tous les moyens à pourchasser les adversaires en les ayant en file indienne comme des poissons enfilés les uns derrière les autres sur un même fil. Si vous voyez que vos adversaires sont l'un derrière l'autre, portez fort des coups sans répit.

Si vous ne vous préoccupez que de pourchasser vos adversaires groupés, ce n'est pas bien. Si vous ne vous préoccupez que de répliquer au fur et à mesure à chaque adversaire qui vous attaque, ce n'est pas bien non plus car il y a attente. Après avoir trouvé le rythme de vos adversaires, recherchez leurs points faibles afin de pouvoir les abattre et ainsi, parvenez à la victoire.

Au cours de vos exercices essayez de rassembler plusieurs personnes pour vous servir d'adversaire et rechercher le moyen le meilleur de les pourchasser. Alors vous deviendrez capable de combattre sans aucune inquiétude, seul face à un unique aussi bien qu'à dix ou vingt adversaires. Exercez-vous bien et réfléchissez bien.

 

Sur l'efficacité des échanges de coups

 

Grâce à des échanges de coups l'on peut comprendre d'où vient la victoire dans la tactique et le sabre. Il est impossible de le relater en détail. C'est après une étude assidue que l'on peut comprendre d'où vient la victoire. Cette efficacité des échanges de coups est en somme le maniement des sabres qui exprime la vraie voie de la tactique. L'explication ne peut en être que verbale.

 

 Au sujet "d'un seul coup"

On peut être certain de la victoire grâce à ce moyen "d'un seul coup". Sans bien étudier la tactique on ne peut y parvenir. Si on s'exerce bien à ce coup unique, la tactique devient familière et ce moyen deviendra la Voie menant à une victoire aisée. Etudiez-le bien.

Sur la position de l'esprit pénétrant

L'esprit pénétrant est transmis par le Voie véritable de notre école "des deux sabres". Exercez-vous bien et il est important de bien adapter au corps cette tactique. L'explication ne peut en être verbale.

 Tout ce que j'ai écrit plus haut était une explication en grandes lignes, en un seul chapitre, de l'escrime selon notre école.

 Pour parvenir à une victoire, dans la tactique du maniement du sabre, il faut passer par les processus suivants:

 - tout d'abord, bien connaître les cinq mises en garde grâce aux cinq figures, assouplir le corps entier par la connaissance approfondie des trajectoires du sabre, bien saisir le rythme de la Voie sous l'effet d'un jugement correct, perfectionner le maniement du sabre jusqu'à ce qu'il devienne tout naturel, le corps et les jambes doivent évoluer en toute liberté, ainsi au fur et à mesure que l'on vainc une personne après l'autre, on parvient à comprendre ce qu'il y a de bon ou de mauvais dans la tactique. Pratiquez selon chaque paragraphe de ce livre et combattez chacun de vos adversaires. Ainsi vous comprendrez progressivement les principes (avantages) de la Voie. Il faut que tout cela soit toujours présent dans votre tête et il ne faut pas vous hâter. Selon les circonstances, apprenez de temps à autre les vertus de la tactique. Il faut que vous combattiez contre toutes sortes de gens et ainsi vous pourrez connaître leurs pensées. Sur le chemin le plus long, on avance pas à pas. Réfléchissez-y sans vous hâter. Prenez la pratique de ces règles pour fonction de samouraï. Aujourd'hui vainquez le "moi" d'hier et demain vainquez celui qui vous est inférieur, puis un autre jour vous vaincrez ceux qui vous sont supérieurs. Agissez comme il est dit dans ce livre et faites attention de ne pas dévier de votre chemin. Lorsque vous avez vaincu un adversaire quelconque, si vous l'avez fait contrairement aux principes, ce n'est pas la Voie véritable.

 

 

 

 

 

 

 

 

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