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Hauts Grades

le Traité des Cinq Roues(le Vent)

17 Juillet 2005 , Rédigé par M Musashi Publié dans #enseignements tactiques

Dans la tactique, il est important de connaître la voie des autres écoles. Ainsi, j'expose dans ce chapitre les diverses pratiques des autres écoles.

Sans connaître les voies des autres écoles, on ne peut comprendre à coup sûr la nôtre. Lorsque j'observe les tactiques des autres écoles, j'en vois qui utilisent le grand sabre et ne font appel exclusivement qu'à la force musculaire. D'autres ne se préoccupent que de la manoeuvre du petit sabre. D'autres encore ne se préoccupent que des nombreuses techniques du sabre et divisent même la garde du sabre en superficielle et profonde.

J'expose clairement dans ce chapitre pourquoi elles ne sont pas la vraie Voie. J'y explique aussi ce qu'elles ont de bon et de mauvais, de correct et d'erroné vis-à-vis de la Voie. La vérité dans notre école est très différente de la leur. Les gens des autres écoles utilisent leur tactique pour gagner leur vie. Ainsi, ils donnent de l'éclat à leur apparence, enjolivent et commercialisent leur tactique et ils se trouvent complètement en dehors de la vraie Voie. Pour ces gens, la tactique est bornée à l'escrime et ils pensent parvenir à la victoire uniquement par la seule manipulation du sabre, la discipline du corps et l'habileté manuelle, mais ce ne sont pas là des voies sûres. Je vais énumérer et expliquer séparément chacun des points faibles des autres écoles. Réfléchissez-y bien, et comprenez bien les avantages de notre école "des deux sabres".

 

 

Sur l'école qui préfère les sabres de grandes dimensions

 

 

Certaines écoles préfèrent des sabres de grandes dimensions, mais du point de vue de ma propre tactique je trouve que ces écoles sont faibles, parce que les tactiques de cette sorte ignorent la possibilité de parvenir à la victoire par n'importe quel moyen. elles s'appuient sur la longueur du sabre et cherchent à obtenir la victoire à distance. C'est pourquoi elles préfèrent les sabres longs.

D'après un dicton, "un centimètre de longueur en plus, la main est déjà plus efficace". Si on pense appliquer cela dans la tactique, c'est qu'on ignore celle-ci. Si l'on veut obtenir la victoire de loin, avec un sabre plus long, sans connaître les principes de la tactique, ce n'est là qu'une faiblesse de l'esprit et je la considère comme une tactique faible. Lorsque l'on combat au corps à corps, plus long est le sabre, plus grande est la difficulté de porter des coups. Les moulinets de sabre deviennent impossibles et le sabre lui-même devient encombrant. Ainsi, on est plus désavantagé que celui qui manie un petit sabre.

Ceux qui préfèrent les sabres longs ont leurs raisons mais elles ne sont que personnelles. Du point de vue de la Voie véritable du monde, leurs raisons ne reposent sur rien. Si l'on n'a pas un sabre long, pourquoi perdrait-on forcément avec un petit sabre ?. Par exemple, dans le cas où vous ne disposez d'aucun espace libre au-dessus de vous, au-dessous de vous, ni sur aucun côté, ou bien dans le cas où vous ne disposez que d'un petit sabre, si vous vous entêtez à préférer un sabre long, alors votre esprit s'égare au point de vue de la tactique et ce sont des idées mauvaises. Aussi, les gens doués de peu de force éprouvent des difficultés à manier un sabre long.

Un vieux proverbe dit: "Qui peut le plus peut le moins", et moi aussi je ne suis pas absolument contre la longueur. Seulement, je rejette la pensée qui ne prend en considération exclusive que la longueur.

Dans la tactique de masse, le grand sabre long est comparable à une troupe importante tandis que le petit sabre peut être comparé à une petite troupe. Une petite troupe ne pourrait-elle pas combattre contre une troupe importante ?. On retrouve plusieurs fois des exemples de petites troupes ayant vaincu des troupes importantes. Notre école rejette cette pensée unilatérale et étroite. Réfléchissez-y bien.

 

 

Ce que les autres écoles entendent par "sabre fort"

 

 

Les sabres ne peuvent être classés en sabres forts ou faibles. Lorsque l'on porte un coup de sabre en obéissant à une volonté forte, ce coup est grossier et on ne peut parvenir à une victoire uniquement par lourdeur.

Aussi, si l'on s'obstine à vouloir pourfendre uniquement par la force un adversaire, on ne parviens pas, au contraire, à le pourfendre. Lorsque l'on s'essaie au sabre en coupant quelque chose, il est mauvais de couper avec force. Personne ne songe à mettre ou non de la force en ferraillant avec un adversaire. Lorsque l'on veut tuer quelqu'un en le pourfendant, on ne songe pas à le faire fortement ou faiblement. On ne songe uniquement qu'à parvenir à le tuer.

!!Ou bien si vous voulez porter un coup fort de votre sabre sur celui de votre adversaire, ce sera trop pour être bien et attirera un mauvais résultat. Si votre sabre heurte fortement le sabre de votre adversaire, le réflexe de votre sabre sera moins vif. Manier un sabre avec force est donc un non-sens. Dans la tactique de masse (bataille), si vous voulez avoir des gens forts dans votre troupe et obtenir la victoire par la force, votre ennemi aussi voudra avoir des gens forts dans sa troupe et obtenir la victoire par la force tout comme vous. Les choses seront identiques des deux côtés. En toutes choses on ne peut obtenir de victoire sans obéir à la raison.

Dans notre école nous ne pensons rien de déraisonnable. Nous essayons d'enlever la victoire par tous les moyens grâce à l'intelligence de la tactique. Méditez bien là-dessus.

 

 

Utilisation du sabre court d'autres écoles

 

 

Si l'on pense parvenir à la victoire uniquement à l'aide d'un sabre court, ce n'est pas la Voie véritable. Depuis les temps anciens jusqu'à aujourd'hui on a toujours dit "sabre et petit sabre" afin de distinguer le sabre long du sabre court.

Un homme physiquement puissant peut manier avec facilité un sabre même très grand et par là donc personne n'est obligé de préférer un sabre court. Si l'on veut utiliser les avantages de la longueur on peut tout aussi bien prendre une lance ou une hallebarde. Si on a l'intention, avec un sabre court, de pourfendre, de bondir en s'approchant, ou bien de s'emparer d'un adversaire en saisissant l'occasion d'un intervalle dans les mouvements de son sabre, cela est mauvais parce qu'unilatéral.

Si l'on est tout occupé à guetter l'occasion d'un intervalle chez l'adversaire, toutes nos actions viendront après coup. Ainsi on agira d'une façon désordonnée, ce qu'il faut éviter. Aussi, essayer de pénétrer dans les rangs ennemis et tenter de s'emparer d'eux à l'aide d'un sabre court est totalement inutile avec des adversaires en nombre.

Ceux qui ont l'habitude d'un sabre court, même s'ils ont l'intention de porter plusieurs coups à de nombreux adversaires, de voler librement d'un adversaire à l'autre et de ferrailler en tous sens, tout cela n'est que sabre passif. Le combat devient embrouillé et l'issue n'en est pas certaine. Si possible, rester fort et droit, pourchasser les adversaires, les faire voltiger çà et là, faire naître en eux la précipitation et trouver le chemin qui mènera à la victoire à coup sûr.

!Pour la tactique de masse (bataille) c'est le même principe. Si possible, attaquer brusquement avec une troupe nombreuse et écraser les ennemis d'un seul coup. C'est là l'essence de la tactique. Si, dans le monde en général, pour faire quelque chose les gens ne se préoccupent que de parer les coups, de les éviter, d'y échapper, de plonger pour se garer, ils seront toujours victimes de ces habitudes et seront toujours tiraillés par autrui. La Voie de la tactique est droite et juste. Il est donc essentiel de pourchasser les adversaires et de les dominer en obéissant à des principes véritables. Réfléchissez-y bien.

 

 

!Autres écoles du sabre aux techniques variées

 

 

Dans d'autres écoles on enseigne des techniques variées de maniement du sabre. Elles commercialisent la Voie et le font certainement dans le but de faire croire aux débutants qu'elles connaissent un grand nombre de techniques du sabre. C'est contraire à la tactique.

Tout cela parce qu'elles pensent qu'il y a plusieurs façons de 'pourfendre quelqu'un. C'est là leur erreur. Il n'y a pas 36 façons de pourfendre un homme. II n'y a pas plusieurs manières de porter un coup, de frapper et de trancher qu'il s'agisse d'un spécialiste ou non, d'une femme ou d'un enfant. Si l'on veut en chercher d'autres, il n'y a qu'à porter une botte ou faucher. Tout se résume à vouloir couper l'adversaire, donc il est tout naturel qu'il y ait peu de façons de le faire.

Cependant selon le lieu et les circonstances, par exemple dans un endroit où vous ne disposez d'aucune place au-dessus de vous ou sur le côté, il faut que vous teniez votre sabre de telle façon qu'il ne soit pas gêné. En ce cas on pourrait dire qu'il y a cinq façons de tenir un sabre.

En dehors de ces façons, si l'on veut s'étendre encore plus et aborder la question de fendre les gens à l'aide de quelque artifice, par exemple par un tour de poignet ou en tordant notre corps, ou bien à l'aide de grands bonds, tout cela n'est pas la Voie véritable. On ne peut pourfendre des gens à l'aide d'un tour de poignet ou en tordant notre corps, au contraire, cela est inutile.

Dans la tactique de notre école, il faut garder le corps et l'esprit tout droit, mais faire biaiser et dévier l'adversaire. Puis il est important d'enlever la victoire en découvrant le moment où l'esprit de l'adversaire biaise et dévie. Réfléchissez-y bien.

 

 

Préoccupation de 1a garde du sabre dans les autres écoles

 

 

Se préoccuper trop de la garde du sabre est une grave erreur, car se figer dans des règles de garde du sabre n'est applicable que lorsque l'on ne se trouve pas face à un adversaire. Etablir des règles parce que c'est la coutume depuis l'antiquité ou parce que c'est la mode aujourd'hui, n'a aucune valeur sur le chemin de la victoire ou de la perte. En bref ce chemin consiste essentiellement à réfléchir à tout ce qui peut nuire à l'adversaire.

En toutes choses, garde signifie immobilité. Dans le langage courant, lorsqu'il est question de garder un château ou de garder une place, le mot « garder o signifie que l'on demeure fortement immobile malgré les attaques de l'ennemi. Tandis que dans la Voie de la tactique, de la victoire ou de la perte, tout revient à essayer de prendre l'initiative, l'initiative à chaque pas. L'esprit de garde est un esprit d'attente de l'initiative de l'adversaire. Méditez bien là-dessus.

La Voie de la tactique et de la victoire ou de la perte consiste à provoquer une émotion chez l'adversaire en garde, agir d'une façon inattendue de lui, provoquer une certaine précipitation chez lui, lui faire monter la moutarde au nez, l'effrayer et enlever la victoire en utilisant son rythme perturbé. Donc il faut rejeter la pensée arrivée après coup qui existe dans la garde. En conséquence notre école recommande d'être sur ses gardes mais sans garde. Dans la tactique de masse, il faut savoir dénombrer les ennemis, reconnaître le terrain du champ de bataille, connaître l'état et le nombre de ses propres soldats, organiser ses troupes selon les qualités de chacun. Ainsi on peut entamer un combat. C'est là le principe de la bataille. Le cas où je suis attaqué par un adversaire obéissant à son initiative et le cas où je l'attaque en obéissant à mon initiative sont doublement différents. Si l'on se préoccupe de se bien mettre en garde avec un sabre et de bien intercepter le sabre adverse, ou d'en cingler la lame, étant donné que l'on n'a pas l'initiative, tout cela équivaut à fabriquer une haie de lances et de hallebardes. En revanche si l'on passe à l'assaut en prenant l'initiative on pourrait utiliser même des haies aussi efficacement que des lances et des hallebardes. Réfléchissez-y bien.

 

 

Les yeux fixés selon d'autres écoles

D'autres écoles conseillent de tenir les yeux fixés. Les unes conseillent de les fixer sur le sabre adverse, d'autres de les fixer sur les mains adverses, d'autres encore de les fixer sur le visage ou bien les pieds adverses. Si l'on fixe spécialement ainsi les yeux, l'esprit s'égarera et cela deviendra une maladie dans la tactique.

Je m'explique: bien qu'un joueur de balle n'ait pas les yeux obstinément fixés sur sa balle, il peut néanmoins shooter tout près de son chignon, poursuivre la balle, shooter en rond. Fixer les yeux est inutile pour lui parce qu'il est accoutumé. Aussi, les acrobates habitués à leurs numéros peuvent porter une porte sur le bout de leur nez, jongler avec plusieurs sabres à la fois. Tous n'ont pas les yeux fixés sur les objets qu'ils traitent car leurs mains y sont habituées et exercées tout au long des jours. Ils les voient sans les regarder.

Dans la Voie de la tactique aussi, si l'on parvient à s'accoutumer à combattre face à un adversaire, à saisir la finesse ou la balourdise d'un esprit humain et si l'on peut pratiquer la Voie de la tactique, alors on parvient à tout voir, éloignement ou rapprochement, lenteur ou rapidité d'un sabre. Les yeux fixés, dans la tactique, sont pour ainsi dire des yeux fixés sur les pensées adverses.

Dans la tactique de masse (bataille), il faut avoir les yeux fixés sur les capacités de la troupe ennemie. Dans le chapitre de l'Eau j'ai distingué "voir" et "regarder". Ici, voir est plus important que regarder. Il faut voir l'esprit des ennemis, voir l'ambiance, avoir les yeux fixés "vastement", voir le processus de combat et voir la force et la faiblesse de chaque instant. Il est important d'obtenir ainsi la victoire.

Dans la tactique, qu'elle soit de masse ou individuelle, il ne faut jamais avoir les yeux fixés étroitement. Comme je l'ai dit plus haut, si l'on a les yeux fixés étroitement et avec des oeillères, on oublie les choses les plus importantes, des égarements apparaissent dans l'esprit et on laisse échapper une victoire certaine. Réfléchissez bien à ces vérités et exercez-vous bien.

 

 

La façon de tenir ses pieds dans d'autres écoles

 

 

Certaines écoles appellent les différentes façons de tenir les pieds : pieds flottants, pieds bondissants, pieds sautants, pieds foulants et pieds "corbeaux". Tous ces qualificatifs s'appliquent à des pieds aux mouvements rapides, mais au point de vue tactique de mon école tous sont insuffisants.

Nous rejetons les pieds flottants, car une fois sur le terrain du combat, tout le monde a tendance à avoir les pieds flottants. Donc, il vaut mieux avoir les pieds sûrs.

Aussi nous n'aimons pas les pieds bondissants, car ceux qui ont les pieds bondissants en prennent l'habitude et s'y attachent. Il n'y a aucune raison de bondir plusieurs fois, donc les pieds bondissants sont mauvais.

Au sujet des pieds sautants, si l'on est préoccupé de sauter, le combat ne pourra être décisif.

Quant aux pieds foulants, ils sont appelés aussi "pieds d'attente", ce qui est à rejeter entre tout.

De plus, en dehors de ceux-là, il y a les pieds "corbeaux" et toutes sortes de mouvements rapides de pieds.

Selon les circonstances, il nous faut combattre nos adversaires soit dans des mares, des marais, des montagnes, des vallées, des champs pierreux, des sentiers, etc., donc selon les lieux il est impossible de bondir ou de sauter, impossible d'utiliser des mouvements rapides de pieds. Dans la tactique de notre école, les mouvements de pieds n'ont rien de différent des mouvements ordinaires. Ils sont comme la marche sur un chemin ordinaire. Selon le rythme de l'adversaire, les pieds doivent correspondre aux mouvements du corps, soit dans les moments mouvementés soit dans les moments de tranquillité. Ni trop ni trop peu, les pieds ne doivent être agités.

Dans la tactique de masse aussi, ce mouvement des pieds est important, car si l'on passe à l'assaut trop tôt sans connaître l'esprit de l'adversaire, le rythme devient contrariant et l'on ne peut parvenir à la victoire. Mais, si le pas d'assaut est lent, on ne peut découvrir le moment de confusion et d'effondrement de l'ennemi, on laisse échapper la victoire et l'on ne peut parvenir à une issue rapide qu'elle soit victoire ou perte. Il est important de savoir discerner l'occasion de confusion et d'effondrement de l'ennemi et de provoquer notre victoire en empêchant tout redressement chez lui. Exercez-vous bien.

 

 

Préférence pour la rapidité dans d'autres écoles de la tactique

 

 

La préférence pour la rapidité dans la tactique n'est pas la vraie Voie. En toutes choses, tant que l'on n'est pas en harmonie avec les rythmes, on tergiverse sur rapidité ou lenteur. Lorsque l'on est devenu expert dans toutes les voies, on ne semble pas rapide aux regards des autres. Par exemple, on appelle "bons marcheurs" ceux qui peuvent parcourir 160 à 200 km par jour, mais cela ne veut pas dire qu'ils courent vite du matin au soir.

Bien que les non-experts aient l'air de courir toute la journée, leur rendement n'est pas grand. Je prendrai pour exemple les choeurs accompagnant des danseurs: si un non-expert chante en suivant le chant d'un expert, il craint sans cesse un retard de sa part et il sera sous tension. Lorsque l'on tambourine l'air des "Vieux Pins" si l'on est non-expert, bien que cet air soit très tranquille, on est sans cesse inquiet de savoir si l'on est en mesure. "Takasago" est un chant au rythme rapide, mais il est mauvais de le rythmer avec précipitation. Un proverbe dit: "Ceux qui vont trop vite tombent". Aller trop vite fait perdre le rythme. Naturellement le retard est mauvais aussi. L'action d'un expert semble lente, mais il ne s'écarte jamais du rythme. Pour n'importe quoi, ce qui est fait selon une habitude ne semble pas rapide. Avec ces exemples, connaissez bien les vérités de la Voie.

La précipitation est nuisible surtout dans la Voie de la tactique. En voici les raisons: selon le lieu (une mare, un marais, etc.), il est impossible de mouvoir corps et jambes avec rapidité. Quant au sabre il est inutile qu'il tranche vite. Le sabre n'est pas comme un éventail ou un couteau. Si l'on veut trancher vite alors le sabre ne tranche pas du tout. Sachez bien discerner tout cela. Dans la tactique de masse aussi, l'esprit de précipitation, de hâte est mauvais. L'idée de "presser l'oreiller de l'adversaire" n'arrive pas du tout en retard. Lorsque quelqu'un se précipite pour rien il vaut mieux le contrarier, rester tranquille et ne pas s'occuper de lui. Il faut bien s'exercer dans cet état d'esprit.

 

 

Au sujet de ce que d'autres écoles entendent par profondeur et superficialité

 

 

Au sujet de la tactique que pourrait-on qualifier de profond? Que pourrait-on qualifier de superficiel? Selon l'art ou le cas on dit "principe ultime" ou "transmission secrète" et il existe une profondeur inconnue du débutant. Mais en ce qui concerne les principes au moment d'échange de coups avec un adversaire, il est inutile de dire que l'on combat en superficiel ou que l'on tranche avec profondeur. Dans la tactique de notre école, les principes enseignés sont les suivants : à ceux qui apprennent pour la première fois la Voie, nous enseignons les techniques qui sont à leur portée et en premier les principes qu'ils peuvent comprendre vite. Puis nous découvrons le moment où leur esprit s'ouvre et ils atteignent ce qui n'était pas à leur portée à l'origine. Par nos enseignements ultérieurs ils avanceront de plus en plus vers des vérités plus profondes. Mais en général nous les faisons étudier à l'aide d'exemples pratiques et ainsi nous ne parlons ni de profondeur ni de début.

Prenons l'exemple d'une région montagnarde, si l'on veut s'y enfoncer plus profondément, on se retrouve dans la même situation qu'au début. Dans toutes les voies, il y a des cas où la profondeur est valable et d'autres cas où l'état de début convient bien. Au sujet des principes des combats, que cacherais-je ? Et qu'exprimerais-je ?

En conséquence, pour transmettre ma Voie, je n'ai pas besoin de serment écrit, de règle de discipline. Enseigner une Voie droite en sondant l'intelligence de l'étudiant de cette Voie, faire disparaître les défauts de cinq ou six écoles de tactique, introduire l'étudiant tout naturellement dans la Voie réelle de la Loi des samouraïs et lui donner un esprit sans doute, c'est là la Voie de l'enseignement de notre tactique. Exercez-vous bien. Je viens d'exposer les grandes lignes des tactiques des autres écoles, dans ce chapitre du "Vent", en les classant en neuf cas. j'aurais dû exposer en détail le caractère de chaque école, depuis ce qu'elles ont de plus simple jusqu'à ce qu'elles ont de plus profond, mais c'est avec intention que je n'ai pas indiqué le nom de ces écoles ni celui de leurs techniques essentielles.

J'ai agi ainsi car les jugements portés par chaque école et les théories propres à chaque Voie sont au libre arbitre de chacun selon sa mentalité. De plus, l'interprétation de chacun est différente dans une même école. Ainsi en pensant au futur je n'ai pas osé nommer telle école ou telle lignée.

C'est pourquoi j'ai séparé les grandes lignes des autres écoles en neuf cas : préférence exclusive pour le sabre long, préférence pour le sabre court, ne se préoccuper que de la force ou de la faiblesse et ne voir que lourdeur ou finesse. Mais su point de vue de la Voie véritable du monde et de l'humanité tout cela n'est que voie unilatérale. Même si je n'ai pas avancé de la partie la plus simple à la partie la plus profonde des autres écoles on comprendra malgré tout. Dans notre école il n'y a pas distinction entre profondeur et début pour un sabre. Il n'y a pas de borne pour la garde. Atteindre à la vertu par l'esprit c'est là l'essence de la tactique.

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