Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

le traité des Cinq Roues(le Feu)

17 Juillet 2005 , Rédigé par M MUSASHI Publié dans #enseignements tactiques

Comparons la tactique de notre école "des deux sabres" et le combat, à un feu. Dans ce chapitre "feu", je traite de tout ce qui concerne le combat, la victoire et la défaite.

En général, les gens prennent toujours le principe de la tactique pour du bricolage. Ou bien certains veulent connaître les mouvements des doigts et des poignets, ou bien, d'autres, un éventail à la main, voudraient décider de la victoire ou de la défaite selon le mouvement des avant-bras exécuté trop tôt ou trop tard. Ou bien, d'autres encore, un sabre de bambou à la main, voudraient acquérir une micro-rapidité de mouvement, la manoeuvre des mains et des pieds et obtenir ainsi l'avantage sur leurs adversaires grâce à la rapidité.

Mais dans ma tactique, on combat en risquant sa vie au cours de plusieurs combats, on discerne les deux principes de la vie et de la mort, on apprend la Voie du sabre, on jauge la force ou la faiblesse des coups de sabre de nos adversaires, on saisit bien la trajectoire du tranchant et du dos des sabres, et ainsi forgé on devient capable d'abattre ses adversaires. En conséquence bricolage et faiblesse sont hors de question. Surtout dans un combat avec port d'armure, un bricoleur ne sert à rien. De plus dans un combat où l'on risque sa vie, il arrive que l'on soit seul contre cinq ou dix adversaires. La tactique selon ma Voie doit connaître avec certitude le chemin de la victoire même en ce cas-là. En conséquence, quelle différence dans le principe pourrait-il y avoir entre un combat à un contre dix et un combat à mille contre dix mille ? Réfléchissez-y bien.

Cependant, au cours de l'exercice quotidien, il est impossible de réunir mille ou dix mille personnes afin d'étudier cette Voie. Donc, même si l'on se trouve seul lorsqu'on saisit un sabre, il faut découvrir les stratagèmes d'un adversaire supposé, juger sa force ou sa faiblesse de moyens, comprendre quels sont les moyens d'avoir la victoire sur tout le monde grâce à l'intelligence de la tactique et ainsi on devient un expert en cette Voie. Que votre coeur affirme bien: "Qui au monde, en dehors de moi, pourrait obtenir la Voie véritable de la tactique de notre école et l'approfondir jusqu'à son point ultime ?". Forgez-vous bien du matin au soir et polissez-vous bien. Et ainsi vous obtiendrez l'aisance, parviendrez sans effort au prodige, à l'extraordinaire. Tout cela est à la base de l'exécution de la Loi par la tactique.

 Au sujet de la topographie des lieux de combat

Le choix de la configuration des lieux de combat est important. Par exemple, il faut choisir un emplacement où on aura le soleil dans le dos, c'est-à-dire que nous procéderons à notre mise en garde en ayant le soleil dans le dos. Si, selon les circonstances vous ne pouvez avoir le soleil dans le dos, tâchez de l'avoir sur votre droite. Il en va de même à l'intérieur d'une salle: ayez la lumière dans le dos ou sur votre droite. Evitez d'avoir une impasse derrière vous et il sera préférable de vous mettre en garde en ayant un espace plus vaste sur le côté gauche et un espace plus étroit sur le côté droit. Même dans l'obscurité, si votre adversaire est visible, il faut vous mettre en garde de même en ayant la clarté dans le dos ou sur le côté droit.

On dit qu'il faut regarder de haut ses adversaires. Prenez soin de vous mettre en garde dans un endroit élevé, si peu que ce soit. Dans une pièce, prenez la place d'honneur pour l'endroit le plus haut.

Or, une fois que le combat a débuté, pourchassez vos adversaires sur votre gauche. Efforcez-vous de les faire reculer vers l'endroit le plus difficile. En tout cas, il est très important de les faire reculer vers l'endroit le plus difficile. Aussi, il faut empêcher l'adversaire de regarder et de voir les caractéristiques d'un endroit difficile. Il faut donc éviter que les regards de l'adversaire puissent se promener alentour: assaillez-le sans cesse. Dans une pièce, poursuivez votre adversaire vers un seuil, sous des linteaux de portes, portes, portes coulissantes, galeries ou piliers. Dans ces cas-là aussi, il faut éviter que les regards de l'adversaire puissent se promener alentour. Dans tous les cas, il faut pourchasser vos adversaires vers les endroits où leurs pieds ne trouveront pas un bon appui, ou bien dans les endroits où ils seront gênés sur le côté. En toutes occasions, utilisez le terrain le plus avantageux pour vous, et dès le début ayez la supériorité sur votre adversaire au point de vue topographie des lieux. Réfléchissez-y bien et exercez-vous bien.

Trois façons de prendre l'initiative

 Il y a trois façons de prendre l'initiative:

 - 1) prendre l'initiative d'attaquer le premier l'adversaire. C'est l'initiative de provocation.

- 2) l'initiative à prendre lorsque l'adversaire attaque. C'est l'initiative d'attente.

- 3) Initiative à prendre lorsque l'adversaire attaque en même temps qu'il est attaqué. C'est l'initiative mutuelle.

 Ce sont là trois façons de prendre l'initiative. Dans tout combat, au début, il n'y a que ces trois façons de prendre l'initiative. Selon la façon de prendre l'initiative on peut déjà parvenir à la victoire. Donc, prendre l'initiative est la première chose à faire dans la tactique. Plusieurs détails apparaissent dans la manière de prendre l'initiative. Selon les circonstances et l'occasion, en épiant les intentions de l'adversaire, prendre l'initiative. Ainsi, l'on parvient à la victoire grâce à la sagesse de la tactique. Je ne puis décrire ici chaque cas en détail.

  1) initiative de provocation: elle est de plusieurs sortes. Si vous voulez attaquer le premier, demeurez calme et, brusquement, attaquez avec rapidité et ainsi, prenez l'initiative. Attaquez extérieurement fort et avec rapidité, tandis que le fond de votre esprit reste stagnant. Ou bien mettez de la force coûte que coûte dans votre esprit, et manoeuvrez vos jambes un peu plus rapidement qu'à l'habitude, et aussitôt que vous approchez du côté de votre adversaire, passez à l'assaut d'un seul coup. C'est là l'initiative. Ou bien laissez votre esprit dans le vague et ayez constamment la ferme volonté de passer à l'assaut de votre adversaire du début à la fin du combat. Mettez votre force jusqu'au fond de votre esprit afin de parvenir à la victoire. Tout cela est "initiative de provocation".

 - 2) Initiative d'attente: lorsque votre adversaire passe à l'assaut et arrive vers vous, demeurez indifférent et faites semblant d'être faible. Lorsqu'il se rapproche encore plus, reculez fort et faites semblant de bondir en arrière. Lorsque vous découvrez que votre adversaire ralentit quelque peu son assaut, passez d'un seul coup à la contre-offensive et enlevez la victoire. C'est le premier cas. Lorsque votre adversaire passe à l'assaut, vous aussi passez encore plus fort à l'assaut. Et si le rythme de l'assaut de votre adversaire change, utilisez bien cette occasion et enlevez la victoire. C'est aussi un principe de l'initiative d'attente.

 - 3) Initiative mutuelle: si votre adversaire a un assaut rapide, alors, que le vôtre soit tranquille mais fort. Puis, lorsque votre adversaire s'approche encore plus de vous, prenez une mise en garde décisive et saisissant un instant d'hésitation chez votre adversaire attaquez-le fort immédiatement et enlevez la victoire. Lorsque votre adversaire passe à l'assaut tranquillement, vous passez aussi à l'assaut un peu rapidement, le corps un peu décontracté. Et lorsque votre adversaire s'approche un peu plus, corrigez-le un peu, et selon ses actions, emportez fortement la victoire. Ce sont les moyens de l'initiative mutuelle. Je ne puis décrire tout en détail.

Sur la base de tout ce que je viens d'écrire, réfléchissez bien. On adopte l'une de ces trois initiatives selon les circonstances et l'avantage qu'elles présentent sur le moment. Je ne dis pas qu'il faut que vous passiez toujours le premier à l'assaut, mais tout de même, il vaut mieux avoir l'assaut de votre côté afin de manoeuvrer l'adversaire. Dans tous les cas, prendre l'initiative signifie parvenir à la victoire sous l'effet de l'intelligence de la tactique. Exercez-vous bien.

Pressez l'oreiller de l'adversaire

"Presser l'oreiller de l'adversaire" signifie l'empêcher de relever sa tête. Dans un combat de la tactique, il est mauvais d'être manoeuvré par un adversaire et d'agir en retard. Il faut vouloir par tous les moyens manoeuvre notre adversaire selon notre volonté.

En conséquence, comme vous-même, votre adversaire en a aussi l'intention. On ne peut y parvenir sans avoir au préalable saisi ses intentions. Dans la tactique, on arrête tous les coups que s'apprête à porter l'adversaire, on déjoue toutes les fentes qu'il s'apprête à exécuter, et on sait se dégager avant qu'il n'exécute une prise. Tout cela est contenu dans l'expression presser l'oreiller de l'adversaire. Lorsque nous sommes face à un adversaire, il faut que, basés sur notre tactique authentique, nous sachions déceler le plus petit bourgeon qui germe dans sa tête avant qu'il ne passe à son exécution. Si votre adversaire s'apprête à vous porter un coup, pressez la tête de la lettre "c", et ne le laissez pas continuer. C'est cela "presser l'oreiller de l'adversaire". Si votre adversaire passe à l'assaut, pressez la tête de la lettre "a", si votre adversaire s'apprête à bondir, pressez la tête de la lettre "b", et si votre adversaire s'apprête à vous pourfendre, pressez la tête du la lettre "p". Tout revient au même.

Lorsqu'un adversaire s'active contre nous, il faut le laisser procéder aux actes inutiles et réprimer ses actes utiles afin de l'empêcher de continuer. C'est très important dans la tactique. Mais si vous êtes uniquement préoccupé de toujours réprimer les actes de l'adversaire, c'est déjà "après coup". L'essentiel est que vos actions quelles qu'elles suivent la Voie de la tactique et que vous comprimiez au fur et à mesure les germes d'intention qui naissent dans le cerveau de l'adversaire. Rendez-les inutiles et ainsi manoeuvrez votre adversaire. C'est ce que les experts de la tactique sont capables de faire. On y parvient en se forgeant. Réfléchissez bien sur ce "presser l'oreiller de l'adversaire".

Dépasser le courant critique

Pour passer en pleine mer, il faut parfois franchir des détroits ou bien de vastes mers de cent ou deux cent kilomètres et au long de ce parcours on aura à traverser des courants critiques. De même dans notre traversée du monde, nous aurons à traverser des courants critiques dans notre vie. Pour qu'un bateau puisse bien suivre son chemin, il faut connaître les courants critiques, bien connaître la position du bateau et la météorologie. Ainsi, ce bateau peut naviguer par ses propres moyens, sans l'aide d'aucun autre bateau-compagnon. Selon les circonstances, on navigue grâce à des vents de bâbord ou de tribord, ou bien avec le vent en poupe. Si parfois le vent change, ayez la ferme volonté d'arriver au port, même s'il vous faut ramer sur dix ou quinze kilomètres. En naviguant ainsi, vous pourrez franchir les courants critiques.

Pour traverser le monde humain, il faut avoir cette philosophie. Ayez le ferme volonté de traverser le courant critique dans les moments de crise.

Au cours des combats de la tactique, il est important de franchir ce courant critique. De même façon que le bon navigateur franchit les mers, traversons les courants critiques en saisissant la position de nos adversaires, en connaissant bien les qualités de notre technique et en nous basant sur les principes de la tactique. Si l'on dépasse le courant critique, on se trouve déjà en sécurité. Une fois le courant critique dépassé, on fait naître des points faibles chez l'adversaire, on prend l'initiative et on a atteint une grosse partie de la victoire. Ce passage du courant critique est important dans la tactique qu'elle soit de masse (bataille), ou individuelle. Réfléchissez-y bien.

Conjecture du cours

Dans la tactique de masse (bataille), la conjecture se décompose en: sentir le degré de vitalité des adversaires, deviner les intentions des troupes ennemies, savoir saisir les conditions offertes sur le moment et savoir tirer les conjectures se rapportant aux ennemis, savoir choisir quelle attaque nos troupes devront effectuer. D'où certitude d'obtenir la victoire sur la base de la tactique. Il est important de combattre en sachant prendre l'initiative.

Il en va de même pour la tactique individuelle. Il faut comprendre l'école à laquelle appartient l'adversaire, juger de son caractère, discerner ses points faibles de ses points forts. Utiliser des moyens d'assaut différents de ceux que l'adversaire attend. Sentir les hauts et les bas dans la cadence de l'adversaire, et connaître ses rythmes. Ainsi, il est important de prendre l'initiative.

Si votre intelligence est forte, vous ne sauriez manquer de conjecturer toutes choses. Si vous obtenez la liberté de manoeuvrer dans la tactique, vous devinerez bien toutes les intentions de votre adversaire d'où vous tirerez plusieurs moyens d'avoir la victoire. Méditez bien là-dessus.

Fouler le sabre

L'expression "fouler le sabre" est spécialement utilisée dans la tactique. Tout d'abord, en ce qui concerne la tactique de masse (bataille), lorsque les ennemis tirent des flèches ou au fusil ou n'importe quoi, leur intention est, après ce tir, de passer à l'assaut. Donc, si nous passons une flèche dans l'arc ou mettons une balle dans le fusil, nous ne pouvons pas passer à la contre-offensive. Pendant que l'ennemi tire flèches ou balles, passez vite à la contre attaque. Si vous contre-attaquez vite, l'ennemi ne peut utiliser ni flèches ni balles. Cela signifie que, prenant les assauts de l'adversaire comme ils viennent, on obtient la victoire en "foulant" tout ce qu'il fait.

Il en va de même pour la tactique individuelle. Si nous passons à la contre-attaque après un coup de sabre de notre adversaire, le combat devient pêle-mêle et ne marche pas bien. Ayez en tête l'idée de fouler aux pieds le sabre attaquant adverse. Et ainsi portez un coup dès que votre adversaire s'apprête à vous attaquer et empêchez-le de mener à bien une seconde attaque. Lorsque je dis "fouler", cela ne signifie pas nécessairement fouler avec les pieds. Foulez même avec votre corps, avec votre esprit, et, naturellement, avec votre sabre. Ainsi, faites toujours attention d'empêcher toute seconde attaque de votre adversaire.

 Tout cela suit le même principe que prendre l'initiative en toute chose. Bien que j'ai dit "une seule fois", cela ne signifie pas de foncer sur l'adversaire, mais de continuer de coller à lui. Réfléchissez-y bien.

 Savoir faire effondrer

En toute chose il y a effondrement: la maison s'effondre, le corps s'effondre, et un adversaire s'effondre. Le moment venu; le rythme change, et ainsi l'effondrement de produit.

Dans la tactique de masse, il faut connaître le rythme afin que les adversaires s'effondrent. Il est important de les pourchasser immédiatement sans laisser s'écouler aucun temps. Si vous perdez du temps à souffler pendant cet effondrement, alors vos adversaires auront le temps de se restaurer.

Dans la tactique individuelle, au cours d'un combat, le rythme de l'adversaire devient désordonné et son effondrement apparaît. Si vous laissez passer cette occasion, il se restaurera, aura une énergie nouvelle, et le combat ne marchera pas bien. Il est important de poursuivre à coup sûr au moment des premiers symptômes d'effondrement, afin que l'adversaire ne puisse se restaurer. Il faut poursuivre d'une manière directe et forte et lui porter un coup décisif afin qu'il ne puisse se restaurer. Réfléchissez bien à ce coup décisif. Si votre coup n'est pas décisif, le duel sera tiède. Méditez bien là-dessus.

 Devenez votre adversaire

 "Devenez votre adversaire" signifie vous mettre complètement à sa place. Si nous voulions placer cela dans la vie quotidienne, nous pourrions le comparer à des gens qui s'imaginent qu'il est fort bien qu'un voleur soit enfermé dans une bâtisse après son méfait. Ils pensent qu'il est féroce, mais mettez vous à la place du voleur. Seul, il tient tête à tout le monde et il est plutôt terrifié de se voir encerclé sans découvrir aucune issue. Celui qui est encerclé est comme le faisan et ceux qui lui donnent l'assaut sont comme des faucons. Méditez bien là-dessus.

Dans la tactique de masse, on a tendance à penser que les ennemis sont forts, et on devient trop prudent. Mais si on dispose d'un nombre d'hommes suffisants, connaît bien toutes les théories de la tactique et sait bien saisir la chance de la victoire, l'on a rien à craindre. Dans la tactique individuelle, il faut se mettre à la place de l'adversaire afin qu'il se sente déjà battu face à quelqu'un qui connaît bien la tactique, est fort en théorie et expert en arts martiaux. Réfléchissez-y bien.

Séparer les quatre mains

"Séparer les quatre mains" signifie que lorsque votre adversaire et vous même avez les mêmes idées, que vous êtes à égalité et que vous stagnez dans un piétinement, votre combat n'avance plus. Si vous vous trouvez dans cette situation, abandonnez vite votre intention première. Enlevez la victoire par quelque autre moyen efficace.

Dans la tactique de masse, si le combat piétine comme quatre mains immobilisées (les vôtres et celles de votre adversaire), on ne fait que perdre des hommes. En ce cas, abandonnez vite l'idée première: il est important d'enlever la victoire selon un moyen efficace, inattendu de vos adversaires.

De même dans la tactique individuelle, si vous vous trouvez dans une position de quatre mains immobiles, modifiez vite votre pensée. Il est important d'enlever la victoire en saisissant la position de votre adversaire et en utilisant ainsi un moyen spécialement efficace et inattendu. Sachez bien discerner tout cela.

Faire bouger l'ombre

"Faire bouger l'ombre" est applicable au moment où l'on ne peut parvenir à discerner les intentions d'un adversaire. Dans la tactique de masse, lorsque vous ne réussissez par aucun moyen à discerner les intentions de vos ennemis, faites semblant de passer fortement à l'assaut et ainsi vous pourrez voir ce qu'ils veulent faire. Une fois que vous aurez saisi leurs intentions il vous sera facile d'enlever la victoire à l'aide d'un moyen efficace convenant aux circonstances.

Dans la tactique individuelle aussi, lorsque votre adversaire maintient son sabre derrière lui ou bien à son côté, vous ne pourrez pas deviner ses intentions. Alors, si vous feignez de lui porter brusquement un coup, il trahira sa pensée, ses intentions par son sabre. Une fois que vous connaîtrez ses intentions, il est certain que vous emporterez la victoire en poursuivant les avantages dus aux circonstances. Mais si vous êtes distrait, votre rythme se relâchera. Réfléchissez-y bien.

Comprimer l'ombre

"Comprimer l'ombre" est adapté au moment où vous sentez chez votre adversaire l'intention de manoeuvrer.

Dans la tactique de masse, on dit qu'il faut comprimer l'idée de manoeuvrer qui germe dans la tête dans la tête des ennemis. Si vous laissez voir explicitement à vos adversaires votre compression de leur tactique, pressé par votre force, ils changeront d'idées. Alors, de votre côté, changez aussi d'idées, prenez une initiative issue d'un esprit vide et enlevez la victoire.

Dans la tactique individuelle, selon le rythme qui vous est avantageux, empêchez qu'une intention forte ne germe dans l'esprit de votre adversaire et au moment où son intention est abandonnée par lui, prenez l'initiative sur le chemin de la victoire. Méditez bien là-dessus.

Sur la transmission

Chaque chose obéit à un phénomène de transmission. Ou bien c'est le sommeil qui se communique, ou bien c'est un bâillement qui se communique. Les temps se succèdent.

Dans la tactique de masse lorsque vos adversaires sont encore sous le coup de l'excitation et qu'ils vous semblent se précipiter, prenez au contraire un air nonchalant comme si vous étiez indifférent. Alors, ils seront contaminés, et leur attention se relâchera. Lorsque vous saisissez le moment où ce relâchement s'est transmis à vos ennemis, de votre côté, l'esprit vide, passez à l'assaut rapidement et fortement. Ainsi vous pourrez avoir l'avantage sur le chemin de la victoire.

Dans la tactique individuelle aussi, que votre corps et votre mentalité semblent nonchalants. Sachez saisir le moment de relâchement de votre adversaire et prenez alors l'initiative fortement et rapidement. Il est important d'obtenir ainsi la victoire.

L'expression "enivrer" et cette action ont un sens similaire qui consiste soit à attirer des ennuis à l'adversaire, soit à rendre son action superficielle, soit à affaiblir son esprit. Méditez bien là-dessus.

Faire perdre à l'adversaire son équilibre mental

On peut trouver en toutes choses ce manque d'équilibre. L'équilibre mental se perd en cas de danger, de difficultés ou de surprise. Réfléchissez-y bien.

Dans la tactique de masse, il est important de faire perdre leur équilibre mental à vos ennemis. Par surprise, passez à un assaut acharné de vos ennemis et avant qu'ils n'aient eu le temps de décider quoi que ce soit, prenez l'initiative de telle façon qu'elle soit avantageuse pour vous. Il est important d'obtenir ainsi la victoire.

Aussi dans la tactique individuelle, paraissez nonchalant au début, et tout à coup passez fortement à l'assaut. Continuez selon les hauts et les bas et selon les actions de votre adversaire, ne le laissez pas souffler, et conservez jusqu'au bout votre avantage. Il est important d'obtenir ainsi la victoire. Réfléchissez-y bien.

Effrayer

Effrayer existe en toutes choses et signifie provoquer une frayeur par surprise.

Dans la tactique de masse, effrayer des ennemis ne consiste pas uniquement à le faire visuellement, car on peut effrayer des ennemis par un bruit, ou bien en leur faisant croire que le petit nombre de combattants dont on dispose est plus important qu'il n'est en réalité, ou bien en les effrayant par une attaque surprise de côté. Tout cela peut être cause de frayeur. Sachez saisir le rythme de la frayeur de vos ennemis et parvenez à la victoire grâce à cet avantage.

Aussi dans la tactique individuelle, effrayez votre adversaire à l'aide de votre corps, de votre sabre, ou bien de vos cris. Attaquez par surprise d'une façon que votre adversaire n'a pu imaginer, et tirez avantage de sa frayeur, puis parvenez à la victoire. Cela est important, réfléchissez-y bien.

Sur l'enchevêtrement

Si votre adversaire et vous-même êtes proches l'un de l'autre et que votre résistance mutuelle est très forte, que vous trouvez que rien ne marche bien, enchevêtrez-vous avec votre adversaire et pendant cet enchevêtrement sachez saisir une occasion avantageuse et enlevez la victoire.

Dans les tactiques de masse et individuelle, si vos adversaires et vous-mêmes êtes écartés et que votre et que votre résistance mutuelle est forte, alors vous ne trouverez aucune issue débouchant sur la victoire. Alors enchevêtrez-vous avec vos adversaires à tel point que l'on ne puisse vous distinguer les uns des autres, puis, pendant ce temps, saisissez l'occasion avantageuse et enlevez avec force la victoire. Cela est important, réfléchissez-y bien.

Toucher son adversaire dans un coin

Parfois il est impossible de pousser un objet quelconque lourd directement de face. A ce moment-là, il vaut mieux le pousser de biais.

Dans la tactique de masse, sachez évaluer le nombre de vos ennemis et menez votre attaque contre la partie forte qui se trouve la plus en avant. Ainsi vous pourrez avoir l'avantage. Au fur et à mesure que la partie adverse qui se trouve en avant se relâche, tous les ennemis se relâchent aussi. Même pendant qu'ils sont en train de se relâcher, recherchez sans cesse à les attaquer de biais. Il est important d'enlever ainsi la victoire.

ême dans la tactique individuelle, si vous touchez le corps de votre adversaire de biais, son corps s'affaiblira petit à petit, tant soi peu, et finira par s'écrouler. A ce moment-là, il vous est facile d'avoir la victoire. Réfléchissez-y bien et comprenez bien les moyens d'avoir la victoire.

Faire naître une certaine tension nerveuse chez l'adversaire

Faire naître une certaine tension nerveuse chez l'adversaire consiste à l'empêcher d'être sûr de lui.

 Dans la tactique de masse, sur les champs de bataille, sachez déceler tout d'abord les intentions de l'ennemi et grâce à votre connaissance de la tactique, égarez votre adversaire afin qu'il ne reconnaisse plus "ici ou là", "ceci ou cela", "tôt ou tard". Puis saisissez l'occasion de l'instant où il tombe en tension nerveuse et ainsi vous aurez la victoire.

 Aussi dans la tactique individuelle, selon les cas, essayez différentes sortes d'assaut: ou vous semblez sur le point de frapper, ou bien de porter une botte, ou bien d'engager un corps à corps, ainsi vous ferez naître une certaine tension nerveuse chez votre adversaire et parviendrez aisément à la victoire. C'est là l'essentiel de tout combat. Réfléchissez-y bien.

 Sur les trois sortes de cris

Il y a trois sortes de cris:

 - le premier cris,

 - le cris du milieu,

 - le cri final.

Ils correspondent exactement à un moment du combat. Le cri est un signe de force. Donc on crie face à un incendie. On crie pour vaincre le vent ou la vague. Le cri montre la force.

Dans la tactique de masse, le cri poussé au début doit être le plus exagéré possible, tandis que le cri poussé au cours du combat doit être d'un ton plus grave et venir de la profondeur du ventre. Après avoir enlevé la victoire, on pousse un grand cri fort. Ce sont là les trois sortes de cris.

Aussi dans la tactique individuelle, pour faire bouger l'adversaire on fait semblant de lui porter un coup en poussant un cri, et on porte le coup de sabre, après ce cri. Il arrive aussi qu'après avoir porté le coup on pousse un autre cri: c'est le cri de la victoire. Ces deux cris sont appelés "cris précédant et suivant". Il faut éviter de pousser un grand cri en même temps que l'on porte un coup de sabre. Si l'on pousse un cri durant le combat c'est afin de se fixer sur un rythme. A ce moment-là on pousse un cri sur un ton grave. Réfléchissez-y bien.

Sur le zigzag

Le zigzag est appliqué dans la tactique de masse où deux armées sont face à face. Dans le cas où vos ennemis sont forts, portez vos assauts sur un angle de l'armée ennemie et si vous constatez que cette partie adverse s'est relâchée, abandonnez-la et reportez vos assauts sur un autre angle fort, puis un autre, c'est-à-dire attaquez en zigzag.

Dans la tactique individuelle, si vous êtes seul face à plusieurs adversaires, ce moyen est très important. Si une partie de vos adversaires est vaincue ou bien prend la fuite, passez à l'assaut de la partie forte. Selon le rythme de vos adversaires, attaquez tantôt à gauche, tantôt à droite, avec un rythme en zigzag. Faites-le sans perdre de vue l'état de vos adversaires. Si vous parvenez à saisir le degré de force de votre adversaire, alors passez fortement à l'assaut. Dans ce cas-là, n'ayez aucune restriction et parvenez à la victoire avec force. Lorsque vous n'avez qu'un seul adversaire à transpercer et si cet adversaire est fort, il faut garder cet état d'esprit. Connaissez bien ces assauts en zigzag, zigzag sans aucune idée de recul, même d'un pas.

Neutraliser

Neutraliser, ici, signifie s'imaginer que les adversaires sont faibles, et ainsi se comporter avec force pour parvenir à les neutraliser.

Dans la tactique de masse, si vous jugez que vos ennemis sont peu nombreux, ou bien, s'ils sont nombreux et que vous découvriez chez eux une certaine tension nerveuse ou quelque autre point faible, neutralisez-les en rassemblant d'un seul coup toutes vos forces. Si votre neutralisation est faible, il peut arriver que vos ennemis se redressent. Ayez bien en tête cette idée de neutralisation de l'ennemi comme si vous écrasiez quelque chose entre vos doigts.

Dans la tactique individuelle, lorsque vous vous trouvez face à un adversaire qui vous est inférieur, ou bien lorsque le rythme de votre adversaire est perturbé, ou bien lorsque votre adversaire est sur le point de reculer, il est important de le neutraliser directement, sans le laisser souffler, en évitant de croiser son regard. Le plus important est de l'empêcher de pouvoir se restaurer. Réfléchissez-y bien.

Passage de la montagne à la mer

Passer de la montagne à la mer signifie qu'il est mauvais de répéter les mêmes choses au cours d'un même combat. Répéter deux fois la même chose est encore passable, mais jamais trois. Si vous ne réussissez pas une première fois un certain coup, alors, même si vous le tentez une seconde fois, son efficacité sera douteuse. Appliquez plutôt un coup inattendu, chaque fois d'une façon assez différente, et si cela est inefficace, tentez une autre tactique.

Si votre adversaire imagine la montagne, vous appliquez la technique de la mer, et si votre adversaire pense à la mer, vous appliquez la technique de la montagne; c'est là la Voie de la tactique. Réfléchissez-y bien.

Oter le fond

Oter le fond s'applique au cas suivant: à l'issue d'un combat, bien que pratiquement vous ayez enlevé la victoire grâce à votre technique efficace des arts martiaux, l'esprit combatif de votre adversaire n'est pas encore complètement mort. Donc, il est vaincu superficiellement, mais pas encore au fond de son coeur. Dans ce cas, changez vite d'idées. Il faut déraciner la volonté combative de votre adversaire. Il est important que vous sachiez découvrir chez lui la destruction de toute trace d'esprit combatif.

Ainsi, on doit ôter le fond soit par le sabre, soit par le corps, soit par l'esprit. Il n'y a aucune façon précise d'y parvenir. Dans le cas où votre adversaire s'est écroulé à fond, il est inutile de conserver en vous un esprit combatif. Dans le cas contraire, vous devez le conserver. Si votre adversaire conserve encore un esprit combatif, il y a encore de la difficulté pour vous à le faire s'écrouler. Dans les tactiques, qu'elles soient de masse ou individuelle, exercez-vous à "ôter le fond".

Se rénover

Lorsque, au cours d'un combat qui reste à l'état de mêlée, rien n'avance plus, abandonnez l vos idées premières, rénovez-vous en tout et prenez un nouveau rythme. Ainsi découvrez le chemin de la victoire. Chaque fois que vous jugez qu'entre votre adversaire et vous tout grince, changez d'intentions immédiatement et parvenez à la victoire en recherchant d'autres moyens avantageux pour vous.

Il est très important de savoir se rénover dans la tactique de masse. Ceux qui sont perspicaces dans la tactique peuvent juger facilement l'instant de cette rénovation. Réfléchissez-y bien.

Tête de rat et tête de bovin

Lorsque, au cours d'un combat, votre adversaire et vous-même vous attardez à des choses insignifiantes et que vous êtes mêlés l'un à l'autre, ayez en tête constamment le proverbe de la tactique "tête de rat et tête de bovin", et remplacez vos idées petites par des grandes, comme si elles passaient d'une tête de rat à une de bovin. C'est un principe de la tactique.

Il est important que les samouraïs aient toujours en tête, même dans leur vie quotidienne, "tête de rat et tête de bovin". Dans la tactique, qu'elle soit de masse ou individuelle, n'oubliez pas cet esprit. Réfléchissez-y bien.

Le général connaît ses soldats

Dans la bataille, le général doit naturellement connaître ses soldats. Mais s'il acquiert une intelligence de la tactique, il est capable de prendre ses adversaires pour ses soldats. Il doit s'efforcer de tenter de les manoeuvrer librement selon sa volonté. Alors il est général, et ses adversaires seront ses soldats. Méditez bien là-dessus.

Lâcher la poignée

Lâcher la poignée peut avoir plusieurs significations. Il y a moyen d'obtenir la victoire sans sabre. Il y a aussi des cas où on ne peut parvenir à la victoire même avec un sabre. Je ne puis exposer toutes mes pensées en détail. Exercez-vous bien.

Le corps comme un rocher

Une fois que vous connaissez la Voie de la tactique, soyez comme un rocher. Soyez intouchable et immuable en toutes choses. L'explication ne peut en être que verbale.

J'ai exprimé plus haut ce à quoi j'ai pensé sans cesse au cours des exercices d'escrime de notre école. C'est la première fois que j'écris tous ces avantages, c'est pourquoi ils sont exposés sans ordre et que chaque explication ne ressort pas clairement. Néanmoins ce livre sera une sorte d'index pour ceux qui voudront étudier cette Voie. 

 

 

Partager cet article

Commenter cet article