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Hauts Grades

les Hérésies(Sabellius, Arius)1

18 Juillet 2005 , Rédigé par St Jean Chrysostome Publié dans #spiritualité

 Hérésie de Paul de Samosate. — Réfutation d'Arius, de Sabellius, de Marcellin, de Photin et de Marcion.

Créer le monde est une oeuvre moins grande que de le conserver. — Le Fils de Dieu est tel, non-seulement par la grâce, mais par la nature.

Cela étant, voyez comme Paul va plus loin, comme il donne au Fils l'autorité. Ces mois « par « qui » se trouvent maintenant supprimés. Comme il a fait par lui-même ce qu'il a voulu; Paul le sépare du Père, et que dit-il? « Dès le commencement du monde, Seigneur, vous avez créé la terre, et les cieux sont l'ouvrage de vos mains ». Il ne dit plus « par qui », il ne dit plus : C'est par lui que Dieu a fait les siècles. Et pourquoi donc? Est-ce que les siècles n'ont pas été faits par lui? Certainement; mais ce n'est pas comme vous le dites, comme vous le croyez. Il n'a pas été réduit au rôle d'un instrument incapable d'agir par lui-même, si son Père n'avait mis la main à l'oeuvre. De même que le Père ne juge personne et juge, dit-on, par la bouche de son Fils, parce qu'il a engendré en lui le souverain Juge, de même c'est, dit-on, par son Fils qu'il crée, parce qu'il a engendré en lui le créateur. ,Car si le Fils est engendré du Père, c'est le Père qui a'engendré à plus forte raison tout ce qui a été fait par le Fils.

Lors donc que Paul veut montrer que le Fils est engendré du Père, il est obligé de baisser le ton. Mais lorsqu'il veut parler un langage plus élevé, il donne prise aux attaques de Marcellus et de Sabellius. Mais entre ces deux excès qu'elle fuit, l'Eg lise suit une ligne intermédiaire. Elle ne se renferme pas dans un humble langage, pour ne pas donner lieu à Paul de Samosate; elle ne plane pas toujours. dans les hautes régions et elle nous montre un Dieu qui se rapproche beaucoup de l'humanité, pour éviter les assauts de Sabellius. Paul dit « le Fils » et aussitôt Paul de Samosate l'arrête, en s'écriant : Le Fils soit ! comme tant d'autres. Mais Paul a porté à l'hérétique un coup mortel, avec un seul mot, le mot « d'héritier ». Alors Paul de  Samosate s'allie sans rougir à Arius, car tous les deux s'emparent de ce mot ; l'un pour dire que c'est un témoignage de faiblesse, l'autre pour attaquer ce qui suit. D'un seul mot, en disant : « Par qui il a fait les siècles », Paul a terrassé l'hérétique de Samosate; mais Arius semble encore être fort. Voyez pourtant comme Paul renverse à son tour cet adversaire, en disant:«Qui étant la splendeur de sa gloire ». Mais voici de nouveaux assaillants, Sabellius, Marcellus et Photin. À tous ces adversaires il porte un seul coup. Il dit : « Il est le caractère de sa puissance et soutient tout par la puissance de sa parole ». Ici c'est encore Marcion qu'il frappe, légèrement il est vrai , mais toujours est-il qu'il le frappe; car, dans tout le cours de cette épître, il le combat. Mais, je l'ai dit plus haut, il appelle le Fils « la splendeur de la gloire » et avec raison. Ecoutez en effet le Christ, parlant de lui-même: « Je suis », dit-il, « la lumière du monde ». Voilà pourquoi Paul appelle le Christ « la splendeur de la gloire « divine », pour montrer que c'est là aussi le langage du Christ qui est évidemment lumière de lumière. Il ne s'en tient point là; il montre que cette lumière a illuminé nos âmes. Ces mots «splendeur  de sa gloire » veulent dire égalité de substance, propinquité du Fils avec le Père. Pensez à la subtilité de ces paroles. Il ne prend qu'une essence et une substance, pour nous présenter deux hypostases. Il fait de même pour la science de l'Ésprit-Saint. Selon. lui, la science du Père et celle du Saint-Esprit forment une science unique; car elles ne sont en vérité qu'une seule et même science. De même en ce passage, il se sert d'un seul. mot; pour désigner les deux hypostases.

Il ajoute le mot « caractère ». Le caractère est autre chose que le prototype; il n'est pas tout autre, il n'en diffère qu'en ce qui regarde l'hypostase. Car ici le mot a caractère» annonce une similitude, une ressemblance parfaite.. Lors donc que Paul, emploie ces dénominations de forme et de caractère, que peuvent dire les hérétiques? Mais l'homme aussi a été appelé une image (Gen. I, 26). Quoi donc! Est-ce de la même manière que le Fils? Non, vous dit-on, sachez que l'image n'implique pas la ressemblance. parfaite : le mot image appliqué .à l'homme signifie une ressemblance compatible avec l'humanité. Ce que Dieu est' dans le ciel, l'homme l'est sur la. terre, quant à l'autorité. Si sur la terre l'homme est le maître, Dieu est le souverain maître de la terre et du ciel. D'ailleurs l'homme n'a pas été appelé figure, splendeur, forme, ce qui indique l'essence ou une ressemblance essentielle. De même que le terme «la forme d'esclave » veut dire un homme ayant tous les attributs de l'humanité, ainsi le terme «la forme de Dieu » ne peut rien signifier autre chose que Dieu. « Qui étant là splendeur de sa gloire», dit Paul. Voyez comment l'apôtre s'y prend. Après avoir dit : « Etant la splendeur de sa gloire », il a ajouté : « Il est assis à la droite de la souveraine Majesté ». Examinez les mots dont il se sert; ici il n'est plus question d'essence. Ni le mot de majesté, en effet, ni le mot de gloire ne rendent bien, son idée. Mais il ne trouve pas de mot, pour l'exprimer. Voilà ce que je disais. en commençant. Il y a bien des choses que nous comprenons, sans pouvoir rendre notre pensée. Car le mot Dieu ne désigne pas l'essence. Mais comment désigner l'essence divine ? Et qu'y a-t-il d'étonnant à ce qu'on ne trouve pas un nom pour cette essence? Le mot ange en lui-même n'a dans sa signification aucun rapport avec l'idée d'essence. Peut-être en est-il de même du mot « âme », qui, selon moi, a la signification de « souffle ». Ame, coeur, pensée, sont termes synonymes. « Mets en moi un coeur pur, mon Dieu », dit le psalmiste. Il y a :même des cas où le mot « âme » s'emploie dans l'acception. « d'esprit». «Et soutenant tout par la parole de sa puissance ». Entendez-vous ce qu'il dit ?

Comment donc, hérétiques, pouvez-vous vous armer de cette parole de l’Ecriture : « Dieu dit que  la lumière soit », pour soutenir que lé Père seul a ordonné, que le Fils n'a fait qu'obéir? Mais voilà le Fils qui agit ici par sa parole. « Soutenant tout », dit l'apôtre ; c'est-à-dire gouvernant tout, arrêtant l'édifice dans sa chute. Ah ! c'est une oeuvre aussi grande, que dis-je ? c'est une oeuvre plus grande de soutenir le monde que de le créer. Créer, c'est faire quelque- chose de rien. Mais arrêter dans sa chute ce qui va tomber dans le néant, rattacher entre eux tant d'éléments, voilà qui est grand, voilà qui est admirable, voilà qui révèle un grand pouvoir. Et comme l'apôtre montre que cette oeuvre est facile au Fils par ce seul mot « soutenant». Il n'a pas dit, gouvernant; il a emprunté une image; c'est l'être fort qui remue et porte un fardeau avec un seul doigt. Il montre la pesanteur du fardeau c'est le monde, et ce fardeau n'est rien pour celui qui le porte. Cette dernière vérité est encore exprimée en ces mots : « Par la parole de sa puissance ». C'est bien dit : car c'est montrer la puissance de cette parole divine différente de la parole humaine qui est si peu de chose. Mais en 'nous disant que la parole divine soutient le monde, il ne nous dit pas comment; car il est impossible de le savoir. Il passe à la majesté divine. Et c'est ce qu'a fait saint Jean, qui, après avoir parlé de l'existence de Dieu, parle de la création. Ce que l'évangéliste a fait entendre en disant : « Au commencement était le Verbe et tout a été fait par lui» (Jean, I, 1, 3), l'apôtre le dit à son tour et l'exprime clairement en ces termes: « Parce qu'il a même créé les siècles ». Voilà l’ouvrier qui a fait les siècles et qui subsistait avant tous les siècles. Que dire en présence de ces paroles du Prophète, à propos du Père : « Tu existes depuis le commencement des siècles jusqu'à la fin des siècles » (Ps. LXXXIX, 2), si on les compare à ces paroles de l'apôtre, à propos du Fils: « Il existait avant tous les siècles et il a fait tous les siècles ? » Ne se hâtera-t-on pas d'appliquer au Fils ces mots qui ont été dit du Père: II existe avant les siècles? « En lui était la vie », dit saint Jean, pour faire voir qu'il a la force et le pouvoir de soutenir l'univers, puisqu'il est la vie universelle. Saint Paul tient le même langage: « Il soutient tout par la parole de sa puissance ». Il ne fait pas comme les philosophes grecs, qui, autant que cela dépend d'eux, le dépouillent de sa force créatrice et de sa Providence, et qui renferment son pouvoir dans un cercle qui s'arrête à la. lune.

« Nous ayant par lui-même purifiés de nos péchés ». Après avoir parlé de ses oeuvres, si grandes, qui sont autant de suprêmes merveilles, Paul nous parle de sa sollicitude pour les hommes. Ce mot : « Soutenant tout» était bien vaste et embrassait tout. Le mot suivant est plus grand encore, car lui aussi il embrasse tout. En tant qu'ira dépendu de, lui, le Fils nous a tous sauvés. Jean, après avoir dit: : « En lui était la vie», pour marquer sa providence, ajoute . « Et il était la lumière », ce qui revient à ce que dit saint Paul. « Nous ayant par lui-même purifiés de nos péchés, il est assis à la droite de la majesté suprême ». Il y a là deux preuves éclatantes; de sa sollicitude pour nous: il nous purifie de nos péchés, et il le fait par ses mérites. Que de fois ne le voyons-nous pas se glorifier de cet événement, non-seulement parce que Dieu s'est réconcilié avec les hommes, mais parce que le Fils a été le médiateur de cette réconciliation devenue ainsi de sa part un plus éclatant bienfait. Après avoir dit qu'il s'est assis à la droite du Père, et qu'il nous a purifiés de nos péchés, après avoir rappelé la croix, 'l'apôtre nous parle de sa Résurrection et de son Ascension. Et voyez ici sa prudence ineffable. Il ne dit pas : On l'a fait asseoir; il dit : « Il s'est assis ». Puis, pour qu'on ne pense pas qu'il se tient debout, il ajoute: « Qui est fange à qui le Seigneur ait jamais dit : « Asseyez-vous à ma droite? » —  « Il est assis à la « droite de la majesté suprême, au plus haut des cieux ». Que signifie « au plus haut des cieux ? » Veut-il donc renfermer Dieu dans un espace limité? Loin de là. Il ne veut pas nous donner de Dieu une semblable idée. Quand il a dit: « Il est assis à la droite du Père », il a voulu seulement faire allusion à la dignité de Fils qui égale celle du Père; et, quand il a dit: « Au plus haut des cieux», il a voulu non pas renfermer Dieu dans ces limites, mais nous montrer ce Dieu dominant l'univers, et s'élevant jusqu'au trône de son Père ! Comme son Père, il est au plus haut des cieux, et ce trône qu'ils, partagent montre qu'ils sont égaux eu dignité. Mais, poursuivent les hérétiques, le Père a dit au Fils : « Asseyez-vous à ma droite ». Eh bien ! cela prouve-t-il que-le Fils se tenait debout? Voilà ce que les hérétiques eux-mêmes ne sauraient prouver. D'ailleurs Paul ne dit pas que le mot précédent soit un ordre ou une injonction ; il n'a d'autre but que de nous faire voir que le Fils procède d'un principe et d'une cause. Et la preuve, c'est la place à laquelle ce Fils est invité à s'asseoir. Elle est à la droite du Père... Pour désigner l'infériorité, le Père aurait dit: Asseyez-vous à ma gauche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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