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Hauts Grades

rituel d'Apprenti Elu Cohen

18 Juillet 2005 Publié dans #histoire de la FM

Tous les frères qui composent le Tribunal Souverain doivent se trouver à la réception d’un Profane, sauf des raisons légitimes.
Lorsqu’ils sont entrés dans le Tribunal d’après les usages ordinaires, le Frère proposant amène le candidat au Parvis. L’avant placé dans l’angle septentrional, il vient frapper deux coups détachés à la porte du Tribunal que le Frère Garde ouvre sur le champ avec les cérémonies ordinaires.

Le Frère Parrain répond à la question du F. Garde :

« Avertissez le M. Conducteur en chef du Tribunal que le Récipiendaire est au Parvis ».

Le F. Garde ferme la porte et dit, après s’être incliné : «T.V.M., je viens d’apprendre que le Récipiendaire est au Parvis.» Il s’incline et reprend son poste.

Le V. M. ordonne au Frère Vicaire d’envoyer un de ses Thuileurs préparer le candidat.

Le Frère Vicaire envoie le premier Thuileur au Parrain, qui fait entrer le proposant dans le Porche et conduit le Récipiendaire dans la chambre de retraite et à qui il dit : « Faites de sérieuses réflexions sur les démarches que vous faites. » Après ces mots, il ferme la porte à clef et y laisse un F. Garde, qui observe ce que fait le Récipiendaire par un clairvoie pratiqué en. haut de la porte.

Le Récipiendaire reste à faire ses réflexions jusqu’à ce que toutes les cérémonies du Tribunal soient observées.

Le premier Thuileur rentre dans le Tribunal, laisse la porte du Tribunal ouverte et place un Frère Garde à deux pas de distance d’eux dans le Parvis. Il salue le V. M. et ensuite le Frère Vicaire, à qui il dit : « F. M., le Profane est livré à ses réflexions. »

« Asseyez-vous, mon Frère », réplique le F. Vicaire, lequel salue le V. M. et lui dit que ses ordres sont exécutés ; ensuite il s’assied.

Garniture des Circonférences

Le Tribunal éclairé suivant l’usage, l’ouverture des travaux faite, on observe un moment de silence, que le Souv. M. rompt en faisant lancer un coup de foudre, après lequel tous les frères se lèvent debout, c’est-à-dire seulement depuis le R. M. jusqu’au V. M. avec leurs colonnes de droite et de gauche.

Le R. M. pose la branche de palme au bas de la circonférence extérieure vers l’orient ;

Le V. M., sa branche de cèdre de même vers l’occident ;

Le R.M. dit : «V. M. faites garnir les circonférences des emblèmes mystérieux de l’ordre. » Le V. M. après s’être incliné, ordonne aux Thuileurs de garnir les circonférences.

Fonctions du 1er Thuileur

Alors le premier Thuileur porte devant le R. M. une branche de palme, ou à son défaut une de coudrier ; et devant le V. M., une de cèdre, ou à son défaut, une de fresne ; devant le premier Surveillant du Tribunal une branche de saule ; et devant le second une branche d’olivier ; et au défaut de celle-ci une de houx.

Fonctions du 2e Thuileur

Le second Frère Thuileur porte devant le premier Surveillant du Tribunal une terrine pleine de feu ; et devant le Second une mer d’airain ; c’est-à-dire un vase de terre plein d’eau.

 

Fonctions du 3e Thuileur
Le Troisième Thuileur porte devant le frère Vicaire, un vase de terre dans lequel il y a de la terre paitrie.

Tout étant prêt, le R. M. frappe un coup qui est répété successivement par tous les Surveillants et par le V. M. ; ensuite celui-ci dit : «A l’ordre, mes frères ! » ; alors tous les F.F. qui sont debouts mettent la main droite à l’ordre et restent ainsi jusqu’à ce que les officiers aient placé les choses que les Frères Thuileurs ont apportées devant eux, autour des circonférences en cette manière :

Le R.M. pose la branche de palme au bas de la circonférence extérieure vers l’orient ;

Le V.M., sa branche de cèdre de même vers l’occident ;

Le Premier Surveillant du Tribunal pose sa branche de saule vers le midi ;

Le Second Surveillant, sa branche d’olivier vers le septentrion ;

Le Premier Surveillant du Tribunal place le feu élémentaire à un pied et demi de distance des circonférences, vis à vis la branche de saule ;

Le Second Surveillant, l’eau à la même distance, vis à vis la branche d’olivier ;

Enfin, le Frère Vicaire met la terre paitrie vis à vis la branche de cèdre.

Toutes ces choses doivent être faites promptement et ensemble.

Le R. M. frappe un seul coup de marteau ; à l’instant tous les frères reprennent leurs places ; et les Frères servants donnent à chacun des deux Surveillants du T. et au F. Vicaire une pipe à éclairs, pour s’en servir pendant la Réception.
Le
V. M. va au Parvis
Le Souv. M. fait lancer un coup de foudre, après lequel le R.M. frappe un coup de marteau, qui lui est rendu par le V. M., à qui il ordonne d’aller reconnaître le Profane actuellement livré à ses réflexions.

Le V. M. se lève, salue l’orient et va au Parvis, suivi de tous ses officiers, qui se placent à l’ordinaire, et du Frère qui sert de Parrain. Il ne reste dans le Tribunal que les apprentifs, les Compagnons et les Maîtres.

Présentation du Candidat au V. M.

Le V. M. fait ouvrir la porte de la chambre de retraite par le Frère Garde, à qui il ordonne de faire venir le profane et le placer devant lui ; ce qui étant exécuté, il lui dit :

« Avez-vous mûrement réfléchi, à ce que vous vous proposez de faire, persistez vous toujours ? » (.....)

« Connaissez vous bien celui qui vous a proposé ? » (...... )

Il s’adresse au F. proposant :

« Et vous Frère N..., êtes vous bien assuré des bonne vie et moeurs de cet homme que vous me présentez ? » (...... )

«Souvenez vous que vous devenez, dès ce moment responsable à l’ordre, de la conduite qu’il tiendra désormais, s’il est assez heureux pour V être aggregé.

(au Récipiendaire) 

«L’examen que vous avez subi a dû vous convaincre que l’ordre que vous vous proposez d’embrasser ne tend qu’à la vertu ; qu’il est l’ennemi des vanités de ce monde périssable. Si vous ne vous sentez pas assez de courage pour exécuter fidèlement ce que vous nous avez promis, et pour devenir tel que l’ordre l’exige, vous pouvez vous retirer, vous êtes libre ; jamais nous ne répéterons ce qui se passe ici aujourd’hui : voyez, que rien de vous retienne. L’engagement que vous serez dans le cas de contracter avec nous, doit être un acte libre.

Persistez vous fortement dans vos desseins ? » (......)

« Votre attente sera remplie ».

(aux Thuileurs )

« Disposez cet homme à retracer aux Veux des Frères qui sont dans le Tribunal, ce qui s’est passé au commencement des temps au centre de l’univers ».

Préparation du Candidat

Les Thuileurs font entrer le candidat dans la chambre de retraite ; ils le dénuent de tous métaux et ils le déshabillent de façon qu’il n’a que sa chemise et une culotte de laine blanche appartenant au Tribunal.

Ensuite ils le couchent sur les trois tapis noir, rouge et blanc : d’abord, le blanc ; ensuite, le rouge et le noir, le dernier, c’est-à-dire, couvrant le tout, lorsque le candidat y sera enveloppé. Ils l’enveloppent donc soigneusement dans tous ces draps et ils le portent au centre des circonférences, sur le dos, avant la tête à l’occident, les pieds à l’orient, les deux genous en l’air et les deux poings sur les yeux. Ils lui donnent une pierre triangulaire pour soutenir sa tête.

Les Chefs-colonnes du Tribual rentrent dans le Tribunal immédiatement après le Récipiendaire ; ils y reprennent leurs places. Le Frère Parrain en fait autant, et tout le monde observe le plus profond silence.

Le Candidat étant dans la position prescrite, on met tout de suite à côté de sa tête le feu élémentaire ; vers la partie du coeur, la terre paîtrie ; et du côté opposé, la mer d’airain.

Les Surveillants du Tribunal vont se placer sur la droite des officiers qui ont des à éclairs. On s’éloigne le plus qu’il est possible des circonférences pour qu’elles soient libres.

Avertissement aux R. et V. M.M.

Lorsque le Candidat est resté un certain espace de temps dans ce silence, le Souverain M. fait lancer, par intervalles, quatre coups de foudre ; après lesquels les R. et V. M.M. vont tous les deux aux pieds des circonférences. Y étant arrivés, ils s’inclinent respectivement ; et ils commencent le premier tour des six qu’ils doivent faire au tour du candidat : le R. M. va de l’orient à l’occident, tournant par le midi ; le V. M. va de l’accident à l’orient, tournant par le septentrion.

Le V.M. arrivé à l’orient, lève les mains en l’air, formant de la main droite une équerre qui regarde vers orient ; et de la main gauche, une autre équerre qui regarde vers midi ; ensuite la main droite descend en équerre sur le coeur ; et la gauche de champ sur la terre ; s’incline devant le P. M. qui le bénit de la bénédiction d’lsraël, à voix basse.

S’il n’est pas dans le cas de recevoir cette bénédiction, le Souv. M. tend seulement ses mains sur lui. Après cette cérémonie, il continue son tour.

Le R. M., revenu à l’orient, fait la même chose et reçoit la même bénédiction. Il continue seul les six tours, le V. M. s’étant retiré à un pas de distance du candidat. Chaque fois que le R. M. passe devant ceux qui ont les pipes à éclairs, il reçoit un éclair après chacun desquels la foudre gronde.

Les six tours avec les attitudes

Le R. M., en faisant les six tours commence le premier vers le midi ; le second vers le septentrion ; le troisième vers le midi ; ainsi des autres. Au premier tour, il tient le bras droit tendu, la main formant une équerre ouverte sur le candidat, sur lequel il jette les yeux ; la main gauche prend la position de la droite, et la droite de la gauche : ainsi de suite en alternant à chaque tour il prononce + à basse voix.

Avant de commencer les six tours, un Frère Thuileur va prendre l’encensoir des mains du Réau + de la droite du Souv. M. qui y a mis les parfums nécessaires et encense les circonférences à mesure que les tours se font : pour cet effet le R. M. a soin d’observer une petite pause après chaque tour. Les six tours finis, les R. et V. M. vont reprendre leurs places, tandis que le Frère Thuileur encense toutes les circonférences : ce qui étant fini, le Souv. M. fait lancer deux coups de foudre précipités et un détaché, tous les trois précédés d’un éclair.

Les R. et V. M.M. approchent immédiatement après le candidat.

Ordination

Le R. M. prend une baguette de bois de houx avec laquelle il touche les genoux du candidat qui allonge ses jambes, en faisant cette cérémonie le R. M. prononce + qui contient la matière.

Le V. M. prend la baguette de frêne avec laquelle il touche, en prononçant + la partie du coeur du candidat et lui fait allonger le bras gauche : Ensuite il touche de la même baguette en prononçant + + le côté droit, et lui fait allonger le bras droit.

Le R. M. touche, pour la seconde fois les genoux du candidat que le V. M. découvre tout de suite du Tapis noir ; le R. M. en fait autant des deux autres parties, que le V. M. a touchées de sa baguette ; ainsi le candidat se trouve découvert de tout le tapis noir. On observe de lancer des éclairs et un coup de foudre à chaque partie que l’on découvre.

Le R. M. touche, pour la troisième fois de sa baguette tout le corps du candidat, que le V. M. développe alors de tout le Tapis rouge : Par ce moyen le candidat se trouve seulement couvert du tapis blanc et allongé de tous ses membres. Le V. M. va se placer aux pieds, et le R. M. l’enjambe jusque près la tête : Là, il fait à haute voix la prière qui suit :

Prière

« Grand Architecte de l’Univers, Tu as bien voulu faire l’homme à ton image et à ta ressemblance, pour lui assujettir le grand Monde dont il sera la victime, si tu ne le combles de tes grâces ; ne permets pas que l’ouvrage de tes mains périsse ; fait au contraire que ses ennemis rougissent de honte des victoires qu’ils remporteront sur Lui ; rends plutôt leurs efforts inutiles, cependant que ta sainte volonté soit faite 1» Le V. M. répond : « Amen ».

Le R. M., en faisant cette prière, a la main droite en équerre en l’air ; la gauche aussi en équerre tendue horizontalement contre terre : il dépasse ensuite la candidat, s’incline devant l’Orient où il ferait face et, se tournant du côté de l’occident qu’il salue, il développe le candidat du tapis blanc à l’instant les éclairs et la foudre vont leur train, et tous les F.F. trépignent des pieds jusqu’à ce que le R. M. ait pris sa place et qu’il ait frappé un coup de marteau, pour faire faire silence. Alors tout le monde reprend sa place, excepté le V. M. qui reste seul aux pieds du candidat pour le relever.

Le P. M. fait lancer un coup de foudre, après lequel le V. M. prend le candidat par les mains, savoir : de la droite, la droite ; et de la gauche, la gauche, pour former le Réceptacle de la Nature extérieure ; ensuite il appuie ses pieds contre ses pieds, et il le relève debout. Il le conduit alors au R. M. qui appuie sur son front le pouce, l’index et le doigt majeur de sa main droite, ce qui forme un triangle, les autres doigts étant repliés sur la main. En appuyant ce triangle sur le front du candidat, le R. M. prononce + à basse voix. Il porte ensuite le même triangle sur la partie du coeur, où il prononce encore +. Il en fait autant sur le côté droit et au dessus de la tête, en prononçant de même sur chaque partie +. Tous les mots sont différents.

La cérémonie d’ordination ainsi faite, le V. M. conduit le candidat au centre des circonférences, par le pas d’app. ; Là il lui donne le mot + et il lui fait faire les sept signes d’apprentif. Cela fait, il lui montre les quatre branches mystérieuses, en lui disant : «Ces quatre branches qui s’offrent à tes yeux, te seront d’une grande utilité, si tu observes les commandements de celui qui t’a donné l’être ; mais tu mourras, si tu les transgresses. Tu peux jouir de tout ce que tu vois ; tout t’es soumis et tout doit contribuer à ta satisfaction ; mais garde toi de toucher à ces quatre branches (il lui montre la Branche de palme avec sa baguette) voilà le symbole de la puissance universelle du Dieu vivifiant ; (il lui montre la branche de cèdre) voilà l’emblème de la puissance universelle du Dieu vivant ; (il lui montre la branche d’olivier ) voilà l’emblème de la puissance universelle du Dieu de vie ; (il lui montre la branche de saule) voilà enfin, le symbole de la mort éternelle, (Ensuite il lui fait jeter les yeux sur la terre paîtrie, sur l’eau et sur le feu ) Vois, homme, lui dit-il, ce que tu es ; je t’ai tiré de là ; si tu ne veux pas rentrer dans les abvmes de la terre d’Egypte, observe fidèlement les défenses qui t’ont été faites et n’oublie jamais les engagements que tu contracteras avec l’ordre.

Le V. M. se retire à son poste, et laisse le candidat seul au centre de la circonférence. Tous les frères observent alors le plus profond silence. Quelques instants après le R. M. députe tel Frère qu’il juge à propos pour aller tenter le candidat.

Le R. M. frappe un coup de marteau ; alors le Frère Tentateur, qui tient à la main une baguette de coudrier ou de frêne, s’avance près du candidat avec un air doux et riant et, après avoir jeté les Veux à droite et à gauche, il lui dit : « Homme que fais tu là. Tu n’oses pas sortir du sein de ta circonférence. Tu crains de connaître les secrets que ces branches renferment ? (il les lui montre avec sa baguette) Si tu connaissais et si tu savais desseler ces hiéroglyphes que tu vois (il les lui montre de même) tu serais bien plus puissant que tu n’es, celui qui t’a défendu de toucher à l’arbre vivant et à l’arbre vivifiant, à craint qu’en apprenant la science du bien et du mal qu’ils renferment, tu ne devinsses plus fort et plus puissant que lui ; suis les conseils que je vais te donner, ta félicité en dépend absolument ; agis donc en ta qualité d’homme, fais sur cette terre les mêmes caractères que tu vois, tu sauras que tout ce qui est dans l’Univers t’appartient, puisqu’il dérive de toi ; attache toi surtout à connaître particulièrement ce que renferme l’arbre vivifiant (il le lui montre) parce qu’en lui est toute science et puissance, tu soumettras tout à ton empire et tu commanderas à tous les animaux tant visibles qu’invisibles ; prends cette baguette et ce crayon, va commencer à tracer devant l’olivier.

Le Frère Tentateur présente sa baguette et un crayon noir au candidat qui les prend ; et il le conduit devant la branche d’olivier, où il lui fait tracer la lettre A ; ensuite devant la branche de cèdre la lettre E ; devant celle de palme, la lettre I, et devant le saule, la lettre O. Après cela il le mène tracer la lettre H à côté de l’A ; la lettre B à côté de l’E ; la lettre V à côté de l’I ; et la lettre M à côté de l’O ; ensuite, il le fait rentrer dans le centre des circonférences, et il va se placer vers la branche de saule, il lui fait cependant tracer au milieu des circonférences les cinq lettres suivantes qu’il dispose ainsi :

A   E

 D

 C      B

 

Après que tout est fini de tracer, le F. Tentateur engage le candidat à toucher de sa baguette les lettres HA, qu’il prononce ; il en fait de même à l’égard des autres lettres et, à chaque fois qu’il les prononce, on lance des éclairs et on fait gronder le tonnerre. II prononce alternativement toutes les lettres pendant trois fois, et on a soin, à la troisième fois, d’enlever la branche et d’effacer les lettres qu’il a tracées devant, aussitôt qu’il les a touchées de sa baguette et prononcées ; ce qu’il faut faire subtilement et sans qu’il s’en apperçoive, lorsqu’il a tourné le dos pour aller à la branche suivante, de cette manière, on efface tous les caractères, excepté les cinq qui sont au centre ; et on ne laisse exactement que la branche de saule, que l’on renverse par terre, et à côté de laquelle on met la terre paîtrie, l’eau et le feu ; ces trois objets sont placés en triangle.
Alors le Frère Tentateur disparaît et le candidat reste seul livré à lui même. Tous les frères observent le plus profond silence.

Quelques instants après le V. M. se lève et s’approche à pas libres du candidat à qui il dit :

«Qu’as tu fait, malheureux ? Tu as oublié les commandements du M., vois d’où tu es sorti ; (il lui montre la terre paîtrie, l’eau et le feu ) tu n’es que poussière et tu retourneras en poussière ».

Le candidat se prosterne, la face en terre.

Le V. M. le couvre de la branche de saule et il continue :

« Tu vas être livré entre les mains de tes ennemis, qui te feront souffrir les peines de l’âme, du corps et de l’esprit ; sors de ma présence et vas t’en recevoir le prix de tes forfaits ».

A l’instant, les trois Thuileurs saisissent brusquement le candidat qu’ils entraînent au Parvis ; là, ils le lient avec des cordes et des chaînes, et ils lui font faire neuf tours chargé d’un fardeau.

Tandis qu’il fait ces neuf tours on jette sur lui de l’eau, de la terre et des éclairs, sans cependant le blesser, ni le mouiller beaucoup.

Tandis que le candidat souffre ces peines dans le Parvis, on change les décorations dans le Tribunal. On y figure un Escalier à vis, supposé que le T. n’en ait pas un en nature, sur lequel on met les nombres 3 - 5 - 7 ; et on enlève tout ce qui a servi aux premières cérémonies.

Le candidat ayant fait ses neuf voyages, le Frère premier Thuileur frappe la batterie d’apprentif à la porte du T. ; le F. Garde rend la batterie et ouvre la porte, il s’assure du Frère qui a frappé et l’introduit dans le Tribunal.

Lorsqu’il est entré, il se met à l’ordre, présentant bien la partie gauche à l’orient qu’il salue et il s’adresse au R. M..., en lui disant :

«Je viens implorer grâce et miséricorde pour l’homme votre créature, qui a eu le malheur de se laisser séduire et de transgresser vos ordres ; pardonnez lui son crime, il en est repentant ; j’ai été témoin de ses gémissements et de ses remords, vous l’avez été et vous l’êtes de même, puisque rien ne vous échappe ; daignez lui faire grâce ! »

«Allez, répond le R. M., que l’homme soit présenté devant moi.»

Le Frère premier Thuileur s’incline et retourne au Parvis, suivi du Maître des cérémonies, qui prend le candidat par la main, en disant aux Thuileurs : « Laissez cet homme en paix ; retirez vous et que désormais aucun de vous ne l’environne ; le P. M. lui a fait grâce ; retirez vous chacun dans votre région i obéissez à celui qui vous commande au nom du Maître. »

Les Thuileurs lachent le candidat en feignant de la difficulté ; l’un d’eux dit à haute voix ; «Ce n’est pas pour longtemps que tu nous quittes,» Le Maître des cérémonies répond, d’un ton brusque : « Paix ! »

Dès ce moment tous les Frères vont reprendre leurs places dans le Tribunal, la porte qui communique du T. au Parvis étant ouverte, le Maître des cérémonies et le Frère Vicaire restent seuls au Parvis avec le candidat à qui ils tiennent ce langage :

«Il est bien triste pour toi de t’être laissé séduire par ton plus cruel ennemi, qui t’a perdu en te faisant transgresser les commandements du Maître ! Réfléchis sur le danger où tu t’es précipité, afin de ne plus retomber dans la désobéissance ; car, à mon intervention, le M. vient de te pardonner ta faute ; mais tu seras à l’avenir délaissé ; et souviens toi que tu seras seul à te tirer des abîmes où tu te plongerais ; crains que les forces te manquent et que ton ennemi, qui ne cesse de roder autour de toi, ne te présente des dangers et des obstacles insurmontables ; veille donc et ne t’occupes dans cette vallée de larmes, qu’à te maintenir au sein de la circonférence. Amen».

Ce discours fini, le maître des cérémonies et le Frère Vicaire prennent le candidat par ses liens, le font entrer dans le Tribunal et le placent entre les deux colonnes du T. Le Maître des cérémonies se met sur sa droite, et le Frère Vicaire sur sa gauche. Tous les deux sont debouts et tous les trois font face à l’orient.

Lorsque le R :, M,.. se lève, le candidat se met à genoux et baisse la tête. Le R :, M ;, lui dit ;

« Te voila donc rentré dans la terre d’Egypte ? Comment as tu pu oublier mes défenses ? Ton crime t’a rendu l’esclave de la mort qui exercera son empire sur toi et sur toute ta postérité au lieu de jouir éternellement des délices qui étaient réservés pour toi et qui te sont maintenant prohibés. Lève toi, homme, ta faute t’est remise. C’est à toi maintenant à travailler pour gagner la vie éternelle. Va t’en au V.M. d’occident qui te fera monter l’Escalier à vis, afin que tu puisses rentrer dans le sein de ta circonférence. »

Le candidat fait une inclination, de concert avec ses accolites, qui le conduisent au V. M.. Celui-ci lui ôte ses liens ; ensuite il le prend par la main,. et il le conduit à la porte de l’Escalier à vis, qu’il lui montre, en lui disant :

« Voici, homme, le redoutable escalier qu’il faut que tu montes ; tu ne t’en serviras pas aussi facilement que tu l’aurais fait avant ton crime, ta prévarication l’a rendu, pour ainsi dire, inaccessible pour toi, puisque pour parvenir au dernier palier, que tu vois si élevé, tu courras des dangers que je ne saurais te dépeindre ; arme toi d’un courage invincible, mets ta confiance en celui qui t’a donné l’être, présente toi hardiment à cet escalier, qui se monte par trois, cinq, sept : ces trois différents nombres te préviennent des trois peines que tu souffriras dans la réintégration de ta personne avec son principe : ces peines sont celles du corps, de l’âme et de l’esprit ; couvres toi du bouclier de la foi ; celui qui est chargé de par l’Eternel de te conduire ne t’abandonnera pas. A l’ordre, mes Frères !»

A l’instant, tous les Frères du T. donnent les sept signes d’apprentif, ils ont tous les Veux sur le V. M. pour les donner ensemble. Cela fait, le Maître des cérémonies prend le candidat de la main gauche et lui met un poignard sur la gorge. A l’instant, les trois Thuileurs lancent tous ensemble un éclair sur le candidat et vont se placer chacun sur un des trois nombres qui sont sur l’escalier à vis. Lorsqu’ils y sont rendus, le Maître des cérémonies, sans changer d’attitude, fait monter l’escalier au candidat le dos tourné. Arrivés au palier où est le nombre trois, il fait mettre le genou droit en terre au candidat ; le premier Thuileur lance sur lui un éclair après lequel le Maître des cérémonies dit au candidat, lui tenant toujours la pointe du poignard sur la gorge : «Répétez avec moi un tiers de votre obligation. »

Obligation, 1er tiers

« Je N......, promets, sur ma parole d’honneur, de garder fidèlement toute ma vie les mistères de la franche maçonnerie des Elus-coêns que l’on me confiera ; de ne jamais les écrire, faire écrire, tracer, faire tracer, peindre, faire peindre ; graver, faire graver ; imprimer ou faire imprimer sur quelque matière que ce soit, ni en quelque lieu que ce puisse être visible à l’homme, pas même sur les sables mouvants de la mer ;et de ne jamais les lire ou faire lire. Je promets aussi de ne jamais perdre de vue les premiers engagements que j’ai pris lors de la préparation à mon admission. »

La Maître des cérémonies dit : « Amen. »

A l’instant le Frère Thuileur lance son éclair vers le candidat ; et il descend sous l’escalier à vis, gardant toujours sa pipe à éclairs.

Le Maître des cérémonies fait lever le candidat en transposant la pointe de son poignard vers son coeur et il lui fait monter les deux marches qui conduisent au nombre cinq, où la même cérémonie s’observe qu’au nombre trois. Le Maître des cérémonies lui demande quelle est sa religion et, sa réponse donnée, il lui fait prononcer l’autre tiers de son obligation.

Obligation, 2e tiers

« Je N......, promets d’être fidèle à la sainte religion catholique, apostolique et romaine, de même qu’à mon Roi et à ma Patrie, contre lesquels je ne prendrai jamais les armes. Je promets d’être fidèle à mes F.F. de les secourir de mon bras, de ma bourse et de mes conseils, autant qu’il me sera possible ; Je m’engage envers eux, comme ils se sont engagés envers moi. »

Le Maître des cérémonies répond : « Amen ».

A l’instant le second Thuileur lance son éclair et va joindre le premier thuileur sous l’escalier.

Ensuite, le Maître des cérémonies fait lever le candidat, qu’il prend par la main droite et vers les entrailles duquel il transporte son poignard. Dans cette attitude il lui fait achever de monter l’escalier à vis, toujours à reculons.

Arrivé au dernier pallier, où est le nombre sept, le troisième Thuileur lance son éclair sur le candidat qui se met à genoux pour prononcer le reste de son obligation.

Obligation, 3e tiers

« Je promets de ne jamais assister, sous tel prétexte que ce puisse être aux assemblées de ces sociétés qui prennent le type des Maçons sans le connaître, sans en avoir obtenu l’agrément ou reçu l’ordre du temple où je m’engage. Si je manque aux promesses que je viens de faire, je me soumets aux châtiments établis dans l’ordre, et je consents que mon corps soit divisé en cinq parties, pour être éparses sur la surface de la terre et des eaux et serve de monument à la postérité de mes prévarications.»

Le Maître des cérémonies répond : « Amen. »

Alors, le troisième Thuileur lance son éclair et va joindre les deux autres thuileurs qui sont sous l’escalier. lls se tiennent tous les trois prêts à lancer leur éclair.

Le Maître des cérémonies fait lever le candidat, le place au centre de l’escalier à vis, sur la trappe qui y est pratiquée ; ensuite il lui tient ce langage :

«Homme, qu’il te souvienne que le premier né des Maçons fit les mêmes protestations que toi au Dieu Vengeur et rémunérateur ; et qu’il ne fut pas longtemps sans les oublier : son orgueil le porta bientôt à vouloir s’élever au dessus du Maître qui lui avait donné l’être ; l’esprit malin s’empara de lui, et dès lors l’Esprit bienfaisant chargé de sa conduite s’éloigna de lui et le livra, seul, à ses opérations, qui attirèrent sur lui le feu du ciel, par lequel il fut précipité dans les plus profonds abîmes de la terre, pour y être dévoré par les flammes éternelles.

Frémis à cet exemple, et apprends que ce n’est que par là que tu es susceptible de rester après la mort. Pour en graver le souvenir plus profondément dans ta mémoire, tu vas passer par la flamme de la coupelle.»

A ces mots, le Maître des cérémonies frappe du pied, la trappe s’ouvre, le candidat disparaît et tombe au bas de l’escalier dans l’intérieur, où les Thuileurs, qui s’y sont rendus successivement comme il a été dit, lancent trois fois des éclairs sur lui, l’un après l’autre, mais sans intervalle entre chaque éclair ; et de manière que la flamme sorte par les trous de la trappe, qui sont pratiqués autour en triangle. Le Maître des cérémonies pendant ce temps descend l’escalier et va joindre le candidat dans l’intérieur. Les deux Frères Gardes qui ont fait jouer la trappe, reprennent leurs places immédiatement après.

Le Maître des cérémonies, avant rejoint le candidat, le fait placer au centre des trois Frères Thuileurs, qui ont quitté leurs pipes à éclairs et qui forment un triangle ; chacun armé de son poignard, ainsi que le Maître des cérémonies qui se met à leur tête. Tous font face à l’occident et dans cet ordre marchent jusqu’à l’autel du V. M. où étant arrivés, le Maître des cérémonies s’adresse au V. M. en lui disant :

«V. M., voici un nouveau prosélyte de l’ordre, qui vient de montrer le redoutable escalier à vis ; j’ai été témoin des trois stations qu’il y a faites, des peines qu’il a éprouvées et des dangers qu’il a courus. Le zèle, le courage et la fermeté qu’il a témoignées dans ces travaux, son désir de parvenir aux connaissances que l’ordre renferme, m’engagent à vous demander la grâce de lui accorder vos soins, »

Le V. M. répond :

« Que sa faute lui soit remise, au nom du Puissant Maître. »

Le Maître des cérémonies dit, à haute voix : «Frères Thuileurs, l’apprentif est libre, allez à vos places.»

Les Frères Thuileurs reprennent leurs places.

Le V. M. frappe un coup, qui est répété par ses deux surveillants ; ensuite tous les FF.-. du P. seulement se lèvent ; ceux du T. restent assis.

Le V. M. dit à haute voix au candidat : « Venez frère Apprentif recevoir de moi la marque authentique de mon amitié et de mon estime, sentiments que je n’accorde qu’à ceux qui, comme vous, m’ont témoigne leur vertu, leur zèle et leur persévérance. »

Il prend ensuite le candidat par la main droite, à qui il donne les signes, attouchements et mots d’apprentif ; et il ordonne au Maître des cérémonies de lui enseigner la marche et de la faire reconnaître du premier et du second surveillant du P. et de le proclamer.

La marche faite, le maître des cérémonies conduit le candidat au premier surveillant du P. à qui il adresse ces paroles :

«M. Premier surveillant, je vous présente, de la part du V. M., ce nouveau Frère, afin que vous aviez à le vérifier, à le reconnaître et à l’admettre parmi les ouvriers, aux travaux qui se font sur votre colonne. »

Le Premier surveillant demande au candidat, les attouchements, mots, paroles, signes et marche. Le candidat obéit ; tous les frères du T. sont debouts, la main à l’ordre, et le V. M. est assis. Lorsque le nouveau Frère est au signe, le maître des cérémonies dit à haute voix :

«A l’ordre, mes FF.. »

Alors tous les Frères du P. répètent les signes avec le candidat et se remettent après à l’ordre.

La même cérémonie se répète avec le second surveillant du P. ; ensuite avec le V. M., qui lui passe au col le sautoir bleu céleste, en lui disant :

« Je vous décore de la marque authentique qui doit vous rappeler votre innocence et la première couleur que vous vîtes au moment de votre création ; que cette couleur vous retrace sans cesse la chasteté, la soumission et la paix. »

Il lui donne un baiser sur le front, après quoi le Maître des cérémonies le place entre les deux colonnes du T, pour le procclamer.

Pour cet effet, le maître des cérémonies, après avoir salué l’orient et l’occident, porte son poignard en avant, la pointe en l’air, la poignée à la hauteur du menton ; la main gauche tendue formant une équerre, qui frappe la terre du côté du midi. Dans cette attitude, il dit à haute voix :

Proclamation

« De la part du Souv. M. T. H :, et T. P. Réaux + T. V :, et T. R. M.M. Commandeurs et Chevaliers d’Orient, T. R. M.M. Premiers et Seconds Surv. du T, et du P. T. R. M.M. Grands Architectes, Apprentifs, Compagnons et maîtres Coëns, T. V. M.M.

Grands Elus, T. Chers M.M. particuliers :

Vous reconnaîtrez de F. N....., pour apprentif de l’ordre ; et vous, Apprentifs, vous l’admettrez dans vos travaux, sans aucun doute de sa fermeté et de son courage ; et vous, F.F. servants, vous lui obéirez en tout ce qu’il vous commandera, pour le bien général de l’ordre, sous peine de punition.

Le R. M :, des cérémonies donne avec le V. M :, et tous les F.F. du T. seulement les applaudissements par trois fois trois. Ensuite il prend le nouveau Frère par la main, pour le présenter au F. Secrétaire du P., qui lui fait signer les statuts généraux. Cela fait ; il le conduit à la place qu’il lui assigne, laquelle est celle qu’il doit toujours occuper, tandis qu’il sera dans le grade qui vient de lui être conféré. Ensuite il s’incline devant l’orient et l’occident et devant le F. orateur, à qui il dit : «F. Orateur, entretenez quelques moments le Frère nouvellement initié, des circonstances mystérieuses qui ont accompagné sa réception.

Ils s’inclinent respectivement et, tandis que le Maître des cérémonies va reprendre sa place, le frère Orateur vient se placer entre les Frères du T. et ceux du P. qu’il salue. Ensuite il fait un discours pathétique sur l’ordre et sur les différents objets de la réception. Lorsqu’il a fini, il s’incline devant l’orient et l’occident et il reprend sa place.

Le Souv. M. fait faire la clôture lorsqu’il le juge à propos. Elle se fait à la manière accoutumée.

Signe attouchement et marche d’apprentif

Le signe d’apprentif se fait en sept temps.

1°/ Porter la main droite en avant en équerre, la paume de la main devant soi, les doigts verticalement en l’air et joints ensemble, l’équerre élevée environ de demi pied au dessus de la tête. Ce signe désigne Saturne.

2°/ Descendre l’équerre perpendiculairement sur le coeur, les ongles en bas. Ce signe désigne Vénus.

3°/ Relever l’équerre horizontalement, en la faisant tourner sur le bout du pouce, qui reste seul appuyé sur le coeur. Ce signe désigne Jupiter.

4°/ Porter la même équerre, toujours horizontalement à la gorge. Ce signe désigne Mercure.

5°/ Faire avec l’équerre le simulacre de se couper le col, après quoi l’on en éloigne un peu pour marquer le temps. Ce signe désigne Mars.

6°/ Présenter l’équerre en l’air, la main renversée, de manière que les ongles regardent la terre par derrière. Ce signe désigne le Soleil.

7°/ Laisser tomber la main sur la cuisse droite de toute son étendue. Ce signe désigne la Lune.
Nota
: ces signes ne se font que dans le T.
Attouchement

L’attouchement, qui est une convention établie, pour distinguer les classes, se fait en formant un triangle sur le première phalange de l’Index, en commençant du côté du pouce, et en disant PI au premier angle, ZETA au second, et au troisième LEBA en tirant du côté de l’ongle.

Marche

Trois pas d’équerre en avant, partant du pied gauche et étant à l’ordre. Ces trois pas font allusion à ceux que le premier homme fit au sein des circonférences, lorsqu’il était dans son état d’innocence.

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Fr cantave 27/04/2011 04:23



Moi personnelement je ne crois pas à la masonnerie. Servir Jésus devriat etre simple et sans mélange.