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Hauts Grades

Catéchisme de l'Etoile Flamboyante

4 Août 2005 , Rédigé par Baron de Tschoudy Publié dans #hauts grades

Catéchisme ou instruction pour le grade d'Adepte ou apprenti Philosophe sublime et inconnu.

D.1. Quelle est la première étude d'un Philosophe ?
R. C'est la recherche des opérations de la nature.

 

D.2. Quel est le terme de la nature ?
R. Dieu, comme il en est le principe.

 

D.3. D'où proviennent toutes les choses ?
R. De la seule et unique nature.

 

D.4. En combien de régions la nature est elle divisée ?
R. En quatre principales.

 

D.5. Quelles sont-elles ?
R. Le sec, l'humide, le chaud, le froid, qui sont les quatre qualités élémentaires, d'où toutes choses dérivent.

 

D.6. En quoi se change la nature ?
R. En mâle et femelle.

 

D.7. A quoi est-elle comparée ?
R. Au mercure.

 

D.8. Quelle idée me donnerez-vous de la nature ?
R. Elle n'est point visible, quoiqu'elle agisse visiblement, car ce n'est qu'un esprit volatil, qui fait son office dans les corps, et qui est animé par l'esprit universel, que nous connaissons en maçonnerie vulgaire, sous le respectable emblème de l'Étoile flamboyante.

 

D.9. Que représente-t-elle positivement ?
R. Le souffle divin, le feu central et universel, qui vivifie tout ce qui existe.

 

D.10. Quelles qualités doivent avoir les scrutateurs de la nature ?
R. Ils doivent être tels que la nature elle-même, c'est à dire, vrais, simples, patients et constants ; ce sont les caractères essentiels, qui distinguent les bons Maçons, et lorsque l'on inspire déjà ces sentiments aux candidats dans les premières initiations, on les prépare d'avance à l'acquis des qualités nécessaires pour la classe philosophique.

 

D.11. Quelle attention doivent-ils avoir ensuite ?
R. Les Philosophes doivent considérer exactement si ce qu'ils proposent et selon la nature, s'il est possible et faisable ; car s'ils veulent faire quelque chose comme la nature, ils doivent la suivre en tout point.

 

D.12. Quelle route faudrait-il tenir pour opérer quelque chose de plus excellent que la nature ne l'a fait ?
R. On doit regarder en quoi et par quoi elle s'améliore ; et on trouvera que c'est toujours avec son semblable : par exemple, si l'on veut étendre la vertu intrinsèque de quelque métal plus outre que la nature, il faut alors saisir la nature métallique elle-même, et savoir distinguer le mâle et la femelle en ladite nature.

 

D.13. Où contient-elle ses semences ?
R. Dans les quatre éléments.

 

D.14. Avec quoi le Philosophe peut-il produire quelque chose ?
R. Avec le germe de ladite chose, qui en est l'élixir, ou la quintessence beaucoup meilleure, et plus utile à l'artifice que la nature même ; ainsi d'abord que le Philosophe aura obtenu cette semence ou ce germe, la nature pour le seconder sera prête à faire son devoir.

 

D.15. Qu'est ce que le germe ou la semence de chaque chose ?
R. C'est la plus accomplie et la plus parfaite décoction et digestion de la chose même, ou plutôt c'est le baume du soufre, qui est la même chose que l'humide radical dans les métaux.

 

D.16. Qui engendre cette semence ou ce germe ?
R. Les quatre éléments, par la volonté de l'Etre suprême, et l'imagination de la nature.

 

D.17.Comment opèrent les quatre éléments ?
R. Par un mouvement infatigable, et continu, chacun d'eux selon sa qualité, jetant leur semence au centre de la terre, ou elle est recuite et digérée, ensuite repoussée au dehors par les lois du mouvement.

 

D.18. Qu'entendent les Philosophes par le centre de la terre ?
R. Un certain lieu vide qu'ils conçoivent, et ou rien ne peut reposer.

 

D.19. Ou les quatre éléments jettent-ils et reposent-ils donc leurs qualités ou semences ?
R. Dans l'ex-centre, ou la marge et circonférence du centre, qui, après qu'il en a pris une due portion, rejette le surplus au dehors, d'où se forment les excréments, les scories, les feux et même les pierres de la nature, de cette pierre brute, emblème du premier état maçonnique.

 

D.20. Expliquez-moi cette doctrine par un exemple ?
R. Soit donnée une table bien unie, et sur icelle, en son milieu, dûment assis est posé un vase quelconque, rempli d'eau ; que dans son contour on place ensuite plusieurs choses de diverses couleurs, entre autres qu'il y ait particulièrement du sel, en observant que chacune de ces choses soient bien divisées et mises séparément, puis parés que l'on verse l'eau au milieu, on la verra couler de ça et de là : ce petit ruisseau venant à rencontrer la couleur rouge, prendra la teinte rouge ; l'autre passant par le sel, contractera de la salaison ; car il est certain que l'eau ne change point de lieux, mais la diversité des lieux change la nature de l'eau ; de même la semence jetée par les quatre éléments au centre de la terre, contracte différentes modifications ; parce qu'elle passe par différents lieux, rameaux, canaux, ou conduits ; en sorte que chaque chose naît selon la diversité des lieux et la semence de la chose parvenant à tel endroit, on rencontrerait la terre et l'eau pure, il en résultera une chose pure, ainsi du contraire.

 

D.21. Comment et en quelle façon les éléments engendrent-ils cette semence ?
R. Pour bien comprendre cette doctrine, il faut noter que deux éléments sont graves et pesants, et les deux autres légers, deux secs et deux humides, toutefois l'un extrêmement sec l'autre extrêmement humide, et en outre sont masculin et féminin : or, chacun d'eux est très prompt à produire choses semblables à soi en sa sphère : ces quatre éléments ne reposent jamais, mais ils agissent continuellement l'un et l'autre, et chacun pousse de soi et par soi ce qu'il a de plus subtil ; ils ont leur rendez-vous général au centre, et dans ce centre même de l'Archée, ce serviteur de la nature, ou venant à y mêler leurs semences, ils les agitent et les jettent ensuite au dehors. On pourra voir ce procédé de la nature, et le connaître beaucoup plus distinctement dans les grades sublimes qui suivent celui-ci.

 

D.22. Quelle est la vraie et première matière des métaux ?
R. La première matière proprement dite est de double essence, ou double par elle-même ; néanmoins l'une sans le concours de l'autre ne crée point un métal ; la première et la principale est une humidité de l'air, mêlée avec un air chaud, en forme d'une eau grasse, adhérente à chaque chose, pour pure ou impure qu'elle soit.

 

D.23. Comment les philosophes ont-ils nommé cette humidité ?
R. Mercure.

 

D.24. Par qui est-il gouverné ?
R. Par les rayons du Soleil et de la Lune.

 

D.25. Quelle est la seconde matière ?
R. C'est la chaleur de la terre, c'est à dire, une chaleur sèche que les Philosophes appellent soufre.

 

D.26. Tout le corps de la matière se convertit-il en semence ?
R. Non, mais seulement la huit centième partie qui repose au centre du même corps, ainsi que l'on peut voir dans l'exemple d'un grain de froment.

 

D.27. De quoi sert le corps de la matière relativement à la semence ?
R. Pour la préserver de toute excessive chaleur, froideur, humidité et sécheresse, et généralement toute intempérie nuisible, contre lesquelles la matière lui sert d'enveloppe.

 

D. 28.L'artiste qui pretendait réduire tout corps de la matière en semence, en supposant qu'il put y réussir, y trouverait-il en effet quelque avantage ?
R. Aucun, au contraire son travail alors deviendrait absolument inutile, parce que l'on ne peut rien faire de bien, sitôt que l'on s'écarte du procédé de la nature.

 

D.29. Que faut-il donc qu'il fasse ?
R. Il faut qu'il dégage la matière de toutes ses impuretés : car il n'y a point de métal, si pur qu'il soit, qu'il n'ait ses impuretés, l'un toutefois plus ou mois que l'autre.

 

D.30. Comment figurons-nous dans la maçonnerie la nécessité absolue et préparatoire de cette dépuration ou purification ?
R. Lors de la première initiation du candidat au grade d'apprenti, quand on le dépouille de tous métaux et minéraux, et que d'une façon décente on lui ôte une partie de ses vêtements, ce qui est analogue aux superfluités, surfaces ou scories, dont il faut dépouiller la matière pour trouver la semence.

 

D.31. A quoi le Philosophe doit-il faire le plus d'attention ?
R. Au point de nature, et ce point il ne doit pas le chercher dans les métaux vulgaires, parce qu'étant déjà sortis des mains de la formatrice, il n'est plus en eux.

 

D.32. Quelle en est la raison précise ?
R. C'est parce que les métaux du vulgaire, principalement l'or, sont absolument morts, au lieu que les nôtres au contraire sont absolument vifs, et ont esprit.

 

D.33. Quelle est la vie des métaux ?
R. Elle n'est autre chose que le feu lorsqu'ils sont encore couchés dans leur mine.

 

D.34. Quelle est leur mort ?
R. Leur mort et leur vie sont un même principe, puisqu'ils meurent également par le feu, mais un feu de fusion.

 

D.35. De quelle façon les métaux sont-ils engendrés dans les entrailles de la terre ?
R. Après que les quatre éléments ont produit leur force ou leur vertu dans le centre de la terre, et qu'ils y ont déposé leur semence ; l'archée de la nature, en les distillant, les sublime à la superficie par la chaleur et l'action d'un mouvement perpétuel.

 

D.36. Le vent, en se distillant par les pores de la terre, en quoi se résout il ?
R. Il se résout en eau de laquelle naissent toutes choses, et ce n'est plus alors qu'une vapeur humide, de laquelle vapeur se forme ensuite le principe principié de chaque chose, et qui sert de première matière aux Philosophes.

 

D. 37.Quel est donc ce principe principié servant de première matière aux enfants de la science dans l'œuvre philosophique ?
R. Ce sera cette même matière, laquelle aussitôt qu'elle est conçue, ne peut absolument plus changer de forme.

 

D.38. Saturne, Jupiter, Vénus, le Soleil, la Lune, ... ont-ils chacun des semences différentes ?
R. Ils ont tous une même semence ; mais le lieu de leur naissance a été la cause de cette différence, encore bien que la nature ait bien plutôt achevé son oeuvre en la procréation de l'argent qu'en celle de l'or, ainsi des autres.

 

D.39. Comment se forme l'or dans les entrailles de la terre ?
R. Quand cette vapeur que nous avons dit, est sublimée au centre de la terre, et qu'elle passe par des lieux chauds et purs, et ou une certaine graisse de soufre adhère aux parois, alors cette vapeur que les Philosophes ont appelé leur mercure, s'accommode et se joint à cette graisse, qu'elle sublime après avec soi ; et de ce mélange résulte une certaine onctuosité, qui laissant ce nom de vapeur, prend alors celui de graisse, et venant puis après à se sublimer en d'autres lieux, qui ont été nettoyés par la vapeur précédente, et auxquels la terre est plus subtile, pure et humide, elle remplit les pores de la terre, se joint à elle, et c'est alors ce qui produit l'or.

 

D. 40. Comment s'engendre saturne ?
R. Quand cette onctuosité ou graisse parvient à des lieux totalement impurs et froids.

 

D. 41. Comment cette définition se trouve-t-elle au noviciat ?
R. Par l'explication du mot Profane qui supplée au nom de Saturne, mais que nous appliquons effectivement à tout ce qui réside en un lieu impur et froid, ce qui est marqué par l'allégorie du monde, du siècle et de ses imperfections.

 

D. 42. Comment désignons-nous l'œuvre et l'or ?
R. Par l'image d'un chef-d'œuvre d'architecture, dont au détail nous peignons la magnificence toute éclatante d'or et de métaux précieux.

 

D. 43. Comment s'engendre Vénus ?
R. Elle s'engendre alors que la terre est pure, mais mêlée de Soufre impur.

 

D. 44. Quel pouvoir à cette vapeur au centre de la terre ?
R. De subtiliser toujours par son continuel progrès, tout ce qui est cru et impur, attirant successivement avec soi ce qui est pur.

 

D. 45. Quelle est la semence de la première matière de toutes choses ?
R. La première matière des choses, c'est-à-dire, la matière des principes principiants ; naît par la nature sans le secours d'aucune semence, c'est-à-dire, que la nature reçoit la matière des éléments, de laquelle elle engendre ensuite la semence.

 

D. 46. Quelle est donc absolument parlant la semence des choses ?
R. La semence en un corps n'est autre chose qu'un air congelé, ou une vapeur humide, laquelle, si elle n'est dissoute par une vapeur chaude, devient tout à fait inutile

 

D. 47. Comment la génération de la semence se renferme-t-elle dans le règne métallique ?
R. Par l'artifice de l'Archée, les quatre éléments en la première génération de la nature, distillant au centre de la terre une vapeur d'eau pondéreuse, qui est la semence des métaux et s'appelle Mercure, non à cause de son essence, mais à cause de sa fluidité et facile adhérence à chaque chose.

 

D. 48. Pourquoi cette vapeur est-elle comparée au Soufre ?
R. A cause de sa chaleur interne.

 

D. 49. Que devient la semence après la congélation ?
R. Elle devient l'humide radical de la matière.

 

D. 50. De quel mercure doit-on entendre que les métaux sont composés ?
R. Cela s'entend absolument du mercure des Philosophes, et aucunement du mercure commun ou vulgaire, qui ne peut être une semence ayant lui-même en soi la semence comme les autres métaux.

 

D. 51. Que faut-il donc prendre précisément pour le sujet de notre matière ?
R. On doit prendre la semence seule ou grain fixe, et non pas le corps entier qui est distingué en mâle vif, c'est-à-dire, soufre et femelle vive, c'est-à-dire en mercure.

 

D. 52. Quelle opération faut-il faire ensuite ?
R. On doit les conjoindre ensemble, afin qu'ils puissent former un germe, d'où ensuite ils arrivent à procréer un fruit de leur nature.

 

D. 53. Qu'entend donc de faire l'Artiste dans cette opération ?
R. L'Artiste n'entend faire autre chose, sinon de séparer ce qui est subtil de ce qui est épais.

 

D. 54. A quoi se réduit conséquemment toute la combinaison philosophique ?
R. Elle se réduit à faire d'un deux et de deux un, et rien de plus.

 

D. 55. Y a-t-il dans la Maçonnerie quelque analogie qui indique cette opération ?
R. Elle est suffisamment sensible à tout esprit qui voudra réfléchir en s'arrêtant au nombre mystérieux de trois, sur lequel roule essentiellement toute la science maçonnique.

 

D. 56. Où se trouve la semence et la vie des métaux et minéraux.
R. La semence des minéraux est proprement l'eau qui se trouve au centre et au cœur du minéral.

 

D. 57. Comment la nature opère-t-elle par le secours de l'art ?
R. Toute semence, quelle qu'elle soit, est de nulle valeur, si par l'art ou par la nature elle n'est mise en une matrice convenable, ou elle reçoit sa vie en faisant pourrir le germe, et causant la congélation du point pur ou grain fixe.

 

D. 58. Comment la semence est-elle ensuite nourrie et conservée ?
R. Par la chaleur de son corps.

 

D. 59. Que fait donc l'Artiste dans le règne minéral ?
R. Il achève ce que la nature ne peut finir à cause de la crudité de l'air, qui par sa violence a rempli les pores de chaque corps, non dans les entrailles de la terre, mais dans la superficie.

 

D. 60. Quelle correspondance ont les métaux entre eux ?
R. Pour bien entendre cette correspondance, il faut considérer la position des planètes et faire attention que Saturne est le plus haut de tous, auquel succède Jupiter, puis Mars, le Soleil, Vénus, Mercure et enfin la Lune. Il faut observer que les vertus des planètes ne montent pas, mais qu'elles descendent et l'expérience nous apprend que Mars se convertit facilement en Vénus et non pas Vénus en Mars, comme étant plus basse d'unes sphère : ainsi Jupiter se transmue aisément en Mercure ; parce que Jupiter est plus haut que Mercure, celui-là est le second après le firmament, celui-ci est le second au-dessus de la Terre, et Saturne le plus haut ; la Lune la plus basse : le Soleil se mêle avec tous, mais il n'est jamais amélioré par les inférieurs. On voit clairement qu'il y a une grande correspondance entre Saturne et la Lune, au milieu desquels est le Soleil ; mais à tous ces changements le Philosophe doit tâcher d'administrer du Soleil.

 

D.61. Quand les Philosophes parlent de l'or ou de l'argent, d'où ils extraient leur matière, entendent-ils parler de l'or ou de l'argent vulgaires ?
R. Non, parce que l'or et l'argent vulgaires sont morts, tandis que ceux des Philosophes sont pleins de vie.

 

D. 62. Quel est l'objet de la recherche des Maçons ?
R. C'est la connaissance de l'art de perfectionner ce que la nature a laissé imparfait dans le genre humain et d'arriver au trésor de la vraie morale.

 

D. 63. Quel est l'objet de la recherche des Philosophes ?
R. C'est la connaissance de l'art de perfectionner ce que la nature a laissé imparfait dans le genre minéral et d'arriver au trésor de la pierre philosophale.

 

D. 64. Qu'est-ce que cette pierre ?
R. La pierre philosophale n'est autre chose que l'humide radical des éléments, parfaitement purifiés et emmenés à une souveraine fixité, ce qui fait qu'elle opère de si grandes choses pour la santé, la vie résidant uniquement dans l'humide radical.

 

D. 65. En quoi consiste le secret de taire cet admirable œuvre ?
R. Ce secret consiste à savoir tirer de puissance en acte le chaud inné, ou le jeu de nature renfermé dans le centre de l'humide radical.

 

D. 66. Quelles sont les précautions qu'il faut prendre pour ne pas manquer l'œuvre ?
R. Il faut avoir grand soin d'ôter les excréments à la matière, et ne songer qu'à avoir le noyau, ou le centre qui renferme toute la vertu du mixte.

 

D. 67. Pourquoi cette médecine guérit-elle toutes sortes de maux ?
R. Cette médecine a la vertu de guérir toutes sortes de maux, non pas en raison de ses différentes qualités, mais en tant seulement qu'elle fortifie puissamment la chaleur naturelle, laquelle elle excite doucement, au lieu que les autres remèdes l'irritent par un mouvement trop violent.

 

D. 68. Comment me prouverez-vous la vérité de l'art à l'égard de la teinture ?
R. Cette vérité est fondée premièrement sur ce que la poudre physique étant faite de la même matière dont sont formés les métaux, à savoir de l'argent vif, elle a la faculté de se mêler avec eux dans la fusion, une nature embrassant aisément une autre nature, qui lui est semblable ; secondement sur ce que les métaux imparfaits n'étant tels que parce que leur argent vif est cru, la poudre physique, qui est un argent vif mûr et cuit, et proprement un pur jeu, leur peut aisément communiquer la maturité et les transmuer en sa nature, après avoir fait attraction de leur humide cru, c'est-à-dire de leur argent vif, qui est la seule substance qui se transmue, le reste n'étant que des scories et des excréments, qui sont rejetés dans la projection.

 

D. 69. Quelle route doit suivre le Philosophe pour parvenir à la connaissance et à l'exécution de l'œuvre physique ?
R. La même route que le grand Architecte de l'univers employa à la création du monde, en observant comment le chaos fut débrouillé.

 

D. 70. Quelle était la matière du chaos ?
R. Ce ne pouvait être autre chose qu'une vapeur humide, parce qu'il n'y a que l'eau entre les substances créées, qui se termine par un terme étranger et qui soit un véritable sujet pour recevoir les formes.

 

D. 71. Donnez-moi un exemple de ce que vous venez de dire ?
R. Cet exemple peut se prendre des productions particulières des mixtes, dont les semences commencent toujours par se résoudre en une certaine humeur, qui est le chaos particulier, duquel ensuite se tire comme par irradiation toute la forme de la plante. D'ailleurs il faut observer que l'écriture ne fait mention en aucun endroit que de l'eau pour le sujet matériel, sur lequel l'esprit de Dieu était porté, et la lumière pour forme universelle.

 

D. 72. Quel avantage le Philosophe peut-il tirer de cette réflexion, et que doit-il particulièrement remarquer dans la manière dont l'Etre suprême créa le monde ?
R. D'abord, il observera la matière dont le monde a été créé. Il verra que, de cette masse confuse, le souverain Artiste commença par faire l'extraction de la lumière, qui, dans le même instant, dissipa les ténèbres qui couvraient la surface de la terre, pour servir de forme universelle à la matière. Il concevra ensuite facilement que, dans la génération de tous les mixtes, il se fait une espèce d'irradiation et une séparation de la lumière d'avec les ténèbres, en quoi la nature est perpétuellement imitatrice de son créateur. Le Philosophe comprendra pareillement comme par l'action de cette lumière se fit l'étendue, ou autrement le firmament séparateur des eaux d'avec les eaux ; le ciel fut ensuite orné de corps lumineux ; mais les choses supérieures étant trop éloignées des inférieures, il fut besoin de créer la Lune, comme flambeau intermédiaire entre le haut et le bas, laquelle, après avoir reçu les influences célestes, les communique à la terre ; le Créateur rassemblant ensuite les eaux, fit apparaître le sec.

 

D. 73. Combien y a-t-il de Cieux ?
R. Il n'y en a proprement qu'un ; à savoir, le Firmament séparateur des eaux d'avec les eaux : cependant on en admet trois : le premier, qui est depuis le dessus des nues, où les eaux raréfiées s'arrêtent et retombent jusqu'aux étoiles fixes, et dans cet espace sont les planètes et les étoiles errantes.
Le second, qui est le lieu même des étoiles fixes : le troisième, qui est le lieu des eaux célestes.

 

D. 74. Pourquoi la raréfaction des eaux se termine-t-elle au premier ciel et ne monte-t-elle pas au-delà ?
R. Parce que la nature des choses raréfiée est de s'élever toujours en haut, et parce que Dieu, dans ses lois éternelles, a assigné à chaque chose sa propre sphère.

 

D. 75. Pourquoi chaque corps céleste tourne-t-il invariablement comme autour d'un axe sans décliner ?
R. Cela ne vient que du premier mouvement qui lui a été imprimé, de même qu'une masse pesante mise en balan, et attachée à un simple fil, tournerait toujours également, si le mouvement était toujours égal.

 

D. 76. Pourquoi les eaux supérieures ne mouillent-elles point ?
R. A cause de leur extrême raréfaction ; c'est ainsi qu'un savant chimiste peut tirer plus d'avantage de la science de la raréfaction que de toute autre.

 

D. 77. De quelle matière est composé le firmament ou l'étendue ?
R. Le firmament est proprement l'air, dont la nature est beaucoup plus convenable à la lumière que l'eau.

 

D. 78. Après avoir séparé les eaux du sec et de la terre, que fit le Créateur pour donner lieu aux générations ?
R. Il créa une lumière particulière destinée à cet office, laquelle il plaça dans le feu central, et tempéra ce feu par l'humidité de l'eau et la froideur de la terre, afin de réprimer son action et que sa chaleur fût plus convenable au dessein de son Auteur.

 

D. 79. Quelle est l'action de ce feu central ?
R. Il agit continuellement sur la matière humide qui lui est la plus voisine, dont il fait élever une vapeur, qui est le mercure de la nature et de la première matière des trois règnes.

 

D. 80. Comment se forme ensuite le Soufre de la nature ?
R. Par la double action ou plutôt réaction de ce feu central sur la vapeur mercurielle.

 

D. 81. Comment se fait le sel marin ?
R. Il se forme par l'action de ce même feu sur l'humidité aqueuse ; lorsque l'humidité aérienne qui y est renfermée vient à s'exhaler.

 

D. 82. Que doit faire un Philosophe vraiment sage, lorsqu'une fois il a bien compris le fondement et l'ordre qu'observa le grand Architecte de l'univers pour la construction de tout ce qui existe dans la nature.
R. Il doit être, autant qu'il se peut, un copiste fidèle de son créateur ; dans son œuvre physique, il doit faire son chaos tel qu'il fut effectivement ; séparer la lumière des ténèbres ; former son firmament séparateur des eaux d'avec les eaux, et accomplir enfin parfaitement, en suivant la marche indiquée, tout l'ouvrage de la création.

 

D. 83. Avec quoi fait-on cette grande et sublime opération ?
R. Avec un seul corpuscule ou petit corps, qui ne contient, pour ainsi dire, que des fèces, saletés, abominations, duquel on extrait une certaine humidité ténébreuse et mercurielle, qui comprend en soi tout ce qui est nécessaire au Philosophe, parce qu'il ne cherche en effet que le Vrai mercure.

 

D. 84. De quel mercure doit-il donc se servir pour l'œuvre ?
R. D'un mercure qui ne se trouve tel sur la terre, mais qui est extrait des corps, et nullement du mercure Vulgaire, comme il a été dit.

 

D. 85. Pourquoi ce dernier n'est-il pas le plus propre à notre œuvre ?
R. Parce que le sage Artiste doit faire attention que le mercure Vulgaire ne contient pas en soi la quantité suffisante de soufre et que, par conséquent, il doit travailler sur un corps créé par la nature, dans lequel elle-même aura joint ensemble le soufre et le mercure, lesquels l'Artiste doit séparer.

 

 

 

 

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