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Hauts Grades

Chevalier d'Eloquence

28 Juin 2007 , Rédigé par Discours de 1938 Publié dans #hauts grades

 

Nouveaux Chevaliers, mes Vénérables Frères, je serai bref, de crainte d’altérer les leçons qui se dégagent de la cérémonies que vous venez de vivre. Laissez-moi vous dire mon admiration pour nos anciens qui ont su créer ce ...ème Degré, le premier degré des Grades Chevaleresques, passage à un plan supérieur de conscience où l’Homme est invité à faire un pas décisif vers la pure lumière Maçonnique. Par une intuition géniale, nos prédécesseurs ont placé l’action de ce rituel dans cet extraordinaire sixième siècle avant Jésus-Christ, siècles qui a vu l’humanité faire une sorte de mutation dont on reste confondu.

 

 Le monde alors connu est dans le chaos : en Chine, aux Inde, au Moyen-Orient, en Grèce. La violence est maîtresse ... et les effroyables tyrans de Nidive et de Babylone semblent incarner les forces du mal .Au nom de divinités sanguinaires, ce ne sont que rapines, massacres, déportations, cruautés. Songez au traitement infligé par Nabuchodonosor au Roi Juif Coniah : ce dernier, enchaîné, doit assister à la décapitation de ses fils; puis on lui crève les yeux afin qu’il garde ce spectacle comme dernière vision du monde. C’est le Roi de Médie, Astyage qui pour punir son courtisan Harpagos, l’invite à un banquet et lui fait partager un rôti, pour lui dévoiler quelques instants après que ce rôti n’est autre qu’un morceau de la cuisse du fils d’Harpagos que le Roi a fait égorger le matin ! 

 Et c’est alors qu’apparaît Cyrus qui pratiquera les vertus de la tolérance et proclamera l’identité de tous les Dieux. Le Roi de Perse fait preuve d’une si parfaite magnanimité à l’égard des peuples vaincus que, comme le dira Hérodote, : “il leur inspire un tel désir de lui plaire, qu’ils ne demandaient qu’à être gouvernés selon sa volonté”. 

Que se passe-t-il donc qui provoque un tel renversement des valeurs ? Cyrus est tout imprégné de la religion qu’avait réorganisé Zoroastre, un siècle auparavant, cette religion qui lui avait inculqué un très grand idéal spirituel, l’amour de la vérité et de la justice ! Mais il est bien évident que quelque chose d’autre permettait cette prise de conscience nouvelle, une sorte d’imprégnation particulière, dont les interprètes allaient donner au monde des messages dont nous vivons encore : 

C’est en Chine - Confucius, Lao-Tseu et Mo-Ti; aux Inde - Bouddha, Samkhia et les rédacteurs des Upanischad; en Grèce - Thalès de Millet, Solon et Pythagore. 

Ainsi donc le rituel du 15ème degré nous rappelle cette période où l’humanité fit un bond prodigieux. Par là; il nous invite à faire sur nous-mêmes un effort nouveau, et pour cela, nous n’avons qu’à suivre Zorobabel. 

Ce dernier, de souche royale, vit à Babylone, dans l’aisance; comme beaucoup des siens, il est prêt à tout abandonner pour adopter la religion des vainqueurs; mais il va rencontrer Isaïe qui lui fera comprendre la valeur de la tradition et la grandeur de la mission des Juifs. Lui, à qui toutes les facilités sont données, comblé de richesse et d’honneurs il va consacrer sa vie à son nouvel idéal. Il saura lutter, convaincre pour enfin reconduire sont peuple vers la terre promise. Et ses luttes, ses désespoirs, ses doutes sont l’image de ce qui se passe en nous si nous voulons aller plus loin sur le chemin de la connaissance. Ce n’est que lorsque nous aurons su arriver à une connaissance suffisante de nous-mêmes pour élaguer les acquits non harmonisés avec notre vrai moi, qu’il nous sera permis de franchir la rivière, En un mot accéder à un degré supérieur de l’initiation. 

 Alors se présente le gué ou le pont emblème de maturation spirituelle. Ce pont franchi, nous atteindrons le désert, nous passerons sur le plan informel et intemporel; nous pourrons manier à la fois l’épée et la truelle. Et ici, comme le dit si bien le rituel, “ne relevant que de vous mêmes, vous aurez une valeur en proportion de votre travail personnel. Vous ne saurez rien, vous ne vous élèverez en rien que dans la mesure de votre propre méditation, de la rectitude de votre jugement, de votre volonté de trouver votre vérité”. Aussi, Chevaliers, je vous félicite au nom de ce Conseil d’être arrivés jusqu’à nous. Je vous souhaite de trouver dans l’initiation de ce jour force et enthousiasme pour suivre la voie qui vous appelle. 

Au nom de tous les Chevaliers présents, je vous réitère la promesse qu’ils vous ont faite de vous aider dans votre démarche. Soyez forts, soyez libres, soyez tolérants, mais rappelez-vous que nous vous avons confié une épée pour défendre les trésors de notre Rite et une Truelle pour construire le Temple de cette Force, de cette Liberté et de cette Tolérance. J’ai dit, Grand Maître.

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