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Hauts Grades

Feu

17 Août 2005 , Rédigé par Dom Pernety Publié dans #symbolisme

Feu. En termes de Physique, matière de la lumière. C’est le feu proprement dit. Le feu ordinaire, tel que celui de nos fourneaux et de nos cheminées, est un liquide compose de la matière de la lumière et de l’huile du bois, du charbon, ou des autres matières combustibles et inflammables.
Le feu du soleil n’est que la simple matière de la lumière répandue dans l’air, sans le mélange d’aucune matière huileuse du bois, ou semblable, poussée par le soleil. Cette matière étant réunie par un verre ardent, et poussée en assez grande quantité contre quelque corps que ce soit, le pénètre, le traverse, et en désunit les parties à peu près de la même manière que nous voyons agir le feu ordinaire. Ces deux feux n’agissent pas par le même moyen. Le feu du soleil agit par lui-même, il est poussé par cet astre seul, il agit également dans le vide comme dans l’air libre. Notre feu ordinaire n’agit que selon les lois de l’équilibre des liqueurs. L’air plus pesant que la flamme la pousse, selon ces lois, sans quoi elle serait sans mouvement, et peut-être sans action; car elle ne saurait subsister ni agir dans un lieu vide d’air. Les effets de ces deux feux sont en conséquence un peu différents. Un métal fondu avec un verre ardent, et coagulé après, a les porcs et les interstices plus serres que le même métal qui aurait été mis en fusion par notre feu ordinaire, parce que les parties de celui-ci qui se sont engagées et qui ont pénétré dans les interstices de ce métal, sont plus grossières et ont laisse des passages plus ouverts. De-là vient aussi que les dissolvants ordinaires des métaux agissent moins sur ces métaux mis en fusion par le feu du soleil, que sur ceux qui l’ont été par le feu commun.
FEU. En termes de Chymie, se dit également de tout ce qui fait l’office du feu élémentaire. Ils le réduisent cependant à plusieurs sortes, qui sont : Le feu naturel inné dans la matière, dont chaque individu a une portion, qui agit plus ou moins, selon qu’il est excité par le feu solaire, ou le feu de cendres, qui consiste à mettre des cendres dans un vase, où l’on met le vaisseau qui contient les matières sur lesquelles on fait des opérations, et l’on entretien le feu vulgaire dessous, qui échauffe les cendres, et les cendres le vaisseau avec la matière contenue. Le feu de cendres a une chaleur moyenne entre le feu de sable et le bain-marie.
Le feu de sable n’est autre que le sable substitué à la cendre. Sa chaleur tient le milieu entre le feu de sable et le suivant.
Le feu de limailles, que l’on met au lieu de sable, quand on veut avoir une chaleur plus vive. Ce feu approche beaucoup de celui qu’on appelle feu ouvert ou feu libre, c’est-à-dire, qui agit immédiatement sur le vase qui contient la matière sur laquelle on opère; tel est le feu de fusion, qui est de deux sortes :
Le feu de charbons et celui de flammes. L’un et l’autre servent aux fusions, cémentations, épreuves, calcinations, réverbères. Celui de flammes se nomme feu vif; il sert particulièrement pour les réverbères.
Quelques-uns emploient aussi des mottes de Tanneurs pour avoir un feu doux et égal.
Les Philosophes Hermétiques ont aussi leur feu, auquel ils dorment des propriétés tout à fait opposées au feu élémentaire dont nous venons de parler.
Riplée distingue quatre sortes de feux : le naturel, l’inaturel, le feu contre nature, et le feu élémentaire.
Raymond Lulle ne le divise qu’en trois : le feu naturel, le non naturel, et le feu contre nature; mais tous disent que le feu qu’ils appellent philosophique n’est pas le feu vulgaire; et que tout le secret de l’art consiste dans la connaissance de la matière de l’œuvre et dans le régime du feu.
Pontanus dit qu’il ne se tire point de la matière de la pierre; qu’il est ingénieux, et qu’il a travaillé trois ans sur la vraie matière, sans pouvoir réussir, parce qu’il ignorait le feu philosophique, dont il a été instruit par la lecture du livre d’Artephius (Clavis major). Christophe Parisien, dans son traité de Arbore Solari, fait un parallèle du feu vulgaire et du feu philosophique, où il en marque toutes les différences.
Bernard, Comte de la Marche Trévisanne, connu sous le nom du bon Trévisan. dit dans son traité de la
Parole délaissée : faites un feu non de charbons, ni de fient, mais vaporant, digérant, continuel, non violent, subtil, environné, environnant, aëreux, clos, incomburant, altérant.
Pontanus dit que ce même feu est métallique et qu’il participe du soufre.
Il faut distinguer chez les Sages deux sortes de feu, le feu inné de la matière, et le feu externe et excitant. Ils donnent aussi le nom de feu à leur mercure ou eau céleste; et quand ils parlent de ce dernier, ils disent comme Van-Helmont : les Chymistes vulgaires brûlent et calcinent avec le feu, et nous avec I’eau. C’est ce feu en puissance qui ne brûle pas les mains, et qui manifeste son pouvoir lorsqu’il est excité par l’extérieur.
Ce feu est celui qu’ils ont appelé naturel, parce qu’il est dans la matière;et contre nature, parce que c’est une eau qui fait de l’or un esprit, ce que le feu vulgaire ne saurait faire. Les Philosophes nomment aussi feux contre nature toutes les eaux-fortes vulgaires, par opposition à leur eau qui vivifie tout, au lieu que les eaux-fortes détruisent la nature.
Le feu des Sages gradue comme celui des Chymistes vulgaires, mais dune maniere bien différente. Le premier degré est celui du soleil en hiver; c’est pourquoi ils disent qu’il faut commencer l’œuvre sur la fin de l’hiver; le second est celui d’Aries ou du printemps; le troisième est celui du mois de juin; et le quatrième celui du mois d’août. Ils ont donné divers noms à ces degrés de feu : Feu de Perse, Feu d’Egypte, Feu des Indes, etc. Ils semblent même se contredire ouvertement entre eux. Lorsque l’un dit, il faut augmenter le feu à chaque mutation de couleurs (Arn. de Villeneuve); l’autre dit, il faut toujours un feu du même degré. Mais on doit savoir que l’un parle du feu extérieur, et l’autre du feu interne.
Chaque règne de la Nature a son feu analogue, dont il faut faire usage dans les opérations philosophiques. Lorsqu’ils se servent du terme Popansis, ils entendent la coction qui mûrit la matière par la chaleur naturelle;
Epsesis ou Elixation, c’est par leur mercure et leur chaleur humide: Optesis ou Assation, c’est la coction qui se fait par la chaleur sèche Gaston le Doux.
FEU DE SUPPRESSIONS OU AZOTIQUE.
C’est celui qui environne tout le vaisseau.
FEU MATÉRIEL. C’est celui de cendres.
FEU VÉGÉTAL. C’est le tartre. FEU INFERNAL. C’est un lieu médiocrement chaud.
FEU AZOTIQUE. Voyez FEU DE SUPPRESSION FEU SECRET. C’est celui du mercure des Sages.
FEU Humide. C’est l’azot.
FEU DIT SIMPLEMENT. C’est le soufre.
FEU ET EAU. C’est le soufre et le mercure.
FEU CENTRAL. C’est le soufre de la matière.
Après avoir rapporté quelques-uns des feux dont parlent les Philosophes pour s’accommoder à la maniere de penser et d’agir des Chymistes vulgaires, il est bon d’avertir qu’il ne faut pas se laisser tromper par leur ingénuité apparente sur cet article, et quoique Basile Valentin nous dise que le feu des Philosophes est le feu vulgaire, on ne doit cependant l’entendre que du feu commun à tout le monde, c’est-à-dire, du feu de la Nature qui est répandu dans tous les individus, et qui leur donne la vie. Il est aisé de s’en convaincre quand on suit les Philosophes pas à pas, et qu’on !es lit avec attention; deux exemples suffiront pour cela. D’Espagnet dit, en parlant de l’extraction du mercure des Sages : Plusieurs ont cherché notre mercure dans le vitriol et le sel, quelques-uns dans la matière du verre, parce qu’elle a une humeur radicale si opiniâtrement attachée et adhérente aux cendres, qu’elle ne cède qu’à la plus grande violence du feu; mais notre mercure se manifeste par le doux feu de la Nature, qui, à la vérité, agit beaucoup plus lentement. Il ajoute même : fuyez le fratricide, fuyez le tyran du monde, de qui il a tout à craindre dans tout le cours de l’œuvre.
Philalethe s’explique ainsi, dans son ouvrage qui a pour titre : Enarratione methodica trium Gebri medicinarum, seu de vera Lapidis philosophici confectione. Après avoir parlé des différens régimes qu’on doit observer pendant les quatre saisons philosophiques, on voit clairement par ce que nous venons de dire, que quoiqu’il n’y ait qu’une seule opération pour la confection de notre pierre, savoir, une seule décoction avec le feu naturel, l’état de la chaleur varie cependant de trois manieres.
Il est bon de remarquer qu’il y a un feu extérieur excitant, c’est-à-dire, que la matière doit être conservée dans un degré de chaleur continuelle; mais que ce feu ne doit être, comme le dit le Trévisan, qu’un garde froidure, et l’Auteur du Grand Rosaire recommande un feu extérieur d’une chaleur si tempérée, qu’elle ne doit point excéder la chaleur intérieure de la matière
Que l’on fasse donc un feu administré proportionnellement à celui de la Nature, un feu subtil, aérien, clos, envitronné, persévérant, constant, évaporant, digérant, humide, pénétrant, altérant, propre à mêler les matières et à exclure le froid.
FEU ARTIFICIEL. C’est le mercure dissolvant des Philosophes.
FEU CORRODANT. Mercure dissolvant des Sages.
FEU CONTRE NATURE. C’est le
même que Feu corrodant.
FEU HUMIDE. Voyez FEU ARTIFICIEL.
FEU. Très-souvent les Chymistes donnent ce nom aux huiles, et aux liqueurs fortes, ardentes et brûlantes. Le Feu de Vénus est l'huile extraite du soufre du cuivre. On l’appelle aussi
Être ou Essence de Vénus.
FEU . (SC. Herm.) Mercure des Sages. Il faut l’entendre aussi de la matière au noir. Feu étranger, Feu de charbons, Feu de fumier, Feu innaturel, Feu de putréfaction. Toutes ces expressions sont allégoriques, et Philalethe dit qu’elles ne signifient autre chose que la matière des Philosophes poussée au noir.
FEU SAINT-ANTOINE. Quelques Chymistes se sont encore servi de ces ter-mes pour exprimer la chaleur naturelle. Johnson.
FEU ÉTRANGER. Mercure des Sages après la réunion du corps et de l’esprit.
FEU INNÉ. Voyez FEU ÉTRANGER FEU HUMIDE. S’entend aussi de la chaleur du fumier et du bain de vapeur. Il se prend quelquefois pour le
Bain-Marie.
F EU DE FUTREFACTION. V. F EU HUMIDE.
FEU DE FIENT ou DE FUMIER. C’est
lorsqu’on enterre le vase où est la matière dans du fumier chaud de cheval. Cette chaleur est d’un grand usage pour la digestion des matières, et leur putréfaction.
FEU DIGÉRANT. Chaleur douce, soit tache, soit humide, à laquelle on expose la matière qu’on veut faire digérer, renfermée dans un vaisseau clos ou non.
FEU DE CHARBONS. C’est lorsqu’on met la matière seule, ou dans un vase, sur des charbons allumés.
FEU DE FLAMMES. Chaleur la plus violente de toutes, particulièrement si on l’excite avec des soufflets. C’est lorsqu’on expose la matière nue, ou dans un vase, à l’ardeur de la flamme. Elle est d’usage pour les calcinations, fusions des matières dures et compactes. Elle est la plus usitée pour le réverbère.
FEU DE ROUE. C’est lorsqu’on ensevelit le vase dans du charbon, de maniere qu’il en soit environné dessus, dessous et par les côtes. On l’allume peu à peu dessous, et on l’entretient lorsque les charbons sont tous enflammes, en y ajoutant de nouveaux, à mesure que les autres se consument, si l’opération le demande.
FEU LIBRE. Est celui dont la chaleur frappe immédiatement la matière ou le vaisseau qui contient cette matière C’est en quoi il diffère des bains.

 

FEU EMPÊCHÉ ou DE MILIEU. Est celui qui ne se fait sentir à la matière, ou au vase qui la renferme, qu’au moyen d’un autre vase dans lequel celui-ci est contenu. Les bains de sables, de cendre-s, etc. sont des Feux de Milieu, ou empêchés.
FEU DE NATURE. Racine ou principal ingrédient du composé philosophique. Riplée l’appelle Père du troisième menstrue. C’est proprement le soufre mûr et digéré de l’or des Sages.
FEU DE LA TERRE. C'est le soufre ou phlogistique.
FEU CONTRE NATURE. C’est un des principes matériels du composé des Philosophes. C’est par la réunion de ce feu avec celui de nature, qu’il en résulte un troisième appelé Feu innaturel.
FEU INNATUREL. Résultat de la réunion du feu de nature et du feu contre nature des Philosophes. Ce feu innaturel est la cause de la putréfaction, de la mort du composé, et de la vraie et parfaite solution philosophique. Ces feux ne sont donc point, comme les Philosophes l’assurent avec raison, un feu de charbons, de cendres, de sable ou de lampe, et ce sont proprement ce feu de nature, etc. qu’ils appellent leur Feu secret, leur Feu philosophique. C’est de ces feux qu’il faut entendre tout ce qu’en ont dit Artéphius, Pontanus, Riplée et tous les autres Philosophes; et lorsque Pontanus dit qu’il se tire d’ailleurs que de la matière, il faut l’entendre du feu de nature minéral et sulfureux qui se trouve dans le principe essentiel, dont le poids de la matière n’est pas augmenté.
FEU DE LAMPE. Eau ou mercure des Philosophes, et non le feu d’une lampe ordinaire, comme quelques-uns l’ont conclu des paroles d’Artéphius, lorsqu’il dit : Nous  avons  proprement  trois  feux, sans lesquels 1’Art ne peut être parfait. Le premier est le Feu de Lampe, qui est un feu continuel, humide, vaporeux, aérien, et il y a de l’artifice à le trouver. Il s’explique peu après en ces termes : le second est le feu de cendres... ou, pour mieux dire, ce feu est cette chaleur fort douce, qui vient de la vapeur tempérée de la lampe. Philalethe le dit encore plus clairement dans son traité qui a pour titre : Manuductio ad rubinum cœlestem. Notre eau, dit-il, n’est pas le mercure vulgaire, c’est une eau vive, claire, brillante, blanche comme la neige, chaude, humide, aérienne, vaporeuse et digérante. C’est cette chaleur de la lampe qui étant administrée avec douceur, et étant tempérée, entourera la matière et la cuira, jus-qu’à ce que, par la calcination, elle produise le feu de cendres. C’est dans ces feux que la vase est scellé hermétiquement. Cette eau est notre vase, et dans elle se trouve notre fourneau secret, la chaleur duquel doit être modérée et administrée en proportion géométrique pour que l’œuvre réussisse.
FEU DE CENDRES. Second feu requis, selon Artéphius, pour la perfection du magistère. Mais on ne doit pas l’entendre du Feu de Cendres de bois ou autre matière, tel qu’est le Feu de Cendres des Chymistes. Les Philosophes Hermétiques l’entendent de la vapeur douce, tempérée du Feu de Lampe, dont voyez l’article.
FEU EXTERNE. Le feu des Philosophes qu’ils appellent externe, ne s’entend pas du feu extérieur, mais du feu étranger à celui de la matière du magistère. C’est de ce Feu externe qu’ils parlent, lorsqu’ils disent qu’il faut donner le feu au feu, et le mercure au mercure. Ce que Majer a re-présenté dans ses Emblèmes, par un homme tenant un flambeau allumé qu’il approche d’un feu allumé dans une forge, et par un Dieu Mercure qui va joindre un autre Mercure. Ce feu est appelé par quelques-uns Feu occasionné, Ignis occasionatus. Ce feu sert aussi de nourriture à l’enfant philosophique.
FEU ALGIR. En termes d’Alchymie, est le feu le plus vif qu’on puisse avoir.
FEU ELÉMENTAIRE. Est quelquefois pris par les Chymistes pour le soufre.
Rulland.
FEU SANS LUMIÈRE. C’est le soufre des Philosophes.
FEU DE CHASSE. C’est en Chymie, un feu continué jusqu’à œ que la matière ne distille plus rien.
FEU DE RÉVERBÈRE. Voyez RÉVERBÈRE
FEU DE GÉNÉRATION. C’est le feu Philosophique.
FEU CÉLESTE. C’est le mercure des Philosophes, quand il s’agit de Science Hermétique. En Physique, c’est le feu solaire.
FEU CÉLESTE ENCLOS DAM UNE
EAU. C’est le mercure philosophique.
FEU DRAGON. Voyez FEU CÉLESTE.
On l’appelle Dragon, parce qu’il dévore tout ce qui est corrompu.
FEU DE LA MATIERE. Est ce qu’ils ont appelé leur Or vif, leur Feu secret, leur Agent, etc.
FEU DE LION. C’est l’élément du Feu, appelé AEher.
On distingue ordinairement dans le feu quatre degrés de chaleur. Le premier est celui du bain, du fumier, ou de digestion. C’est le plus doux, et ce que nous appelons tiède. Il se connaît par le tact, et par ses effets. Il faut pour le tact, que la main puisse soutenir l’effet du feu sans une sensation vive; elle ne doit faire qu’une douce et légère impression. Le Feu vaporeux des Philosophes est de ce genre; ils le comparent à la chaleur qu’éprouvent les œufs lorsque la poule les couve, ou à celle que l’on sent lorsqu’on applique la main sur la peau d’un homme sain. Le second degré est celui du bain de cendres; il est plus vif que celui du bain d’eau tiède, ou du bain vaporeux; mais il doit être néanmoins si modéré, qu’en se faisant sentir plus virement, les organes n’en soient point altérés.
Le troisième est une chaleur qu’on ne doit pas pouvoir supporter sans se brûler, telle que celle du bain de sable, ou de limaille de fer.
Le quatrième est une chaleur aussi violente qu’on puisse la donner; c’est celle des charbons ardents et de la flamme, qui sépare, désunit les parties des mixtes, et les réduit en cendres ou en fusion. Tel est le feu de réverbère.
Tous ces degrés ont cependant encore chacun leurs degrés d’intensité, et lorsqu’on les compare entre eux relativement aux corps sur lesquels la chaleur agit, ce qu’on regarderait comme le quatrième degré par rapport à une plante, ne serait que le premier eu égard aux métaux. Lorsqu’on dit aussi que le premier degré est celui du bain d’eau, il faut encore faire attention que l’eau s’échauffe par différens degrés : le premier est lorsqu’elle commence à tiédir; le second, quand elle fume et se fait notablement sentir; le troisième, lorsqu’elle altère les organes; et le quatrième lorsqu’elle commence à bouillir, qui est son plus grand degré de chaleur, qui, selon les observations, n’augmente plus pendant l’ébullition. Ces degrés sont encore plus aises à observer dans l’huile que dans l’eau.
FEU PHILOSOPHIQUE. Les propriétés de ce feu sont telles : c’est avec lui que les Sages lavent leur matière, ce qu’ils ne disent que par similitude, parce que ce feu purifie leur mercure. Il fait tout et détruit tout. Il congèle le mélange de la pierre. Il corrige le froid de la terre et de l’eau, et leur dorme une meilleure complexion. Il lave les impuretés de l’eau, et ôte l’humidité superflue de la matière Lui seul change la nature et la couleur de l’eau et de la terre. Il vivifie et illumine le corps, lorsqu’il se mêle avec lui. Ce feu putréfie, et fait ensuite germer de nouvelles et différentes choses. 11 ferme les pores du mercure, lui donne du poids, et le fixe. Sa vertu aiguë et pénétrante est si active, que rien ne l’égale quand il s’agit de purifier les corps. Il conduit à maturité tout le compôt, il le subtilise et le rubéfie. Il ôte tout le venin et la mauvaise odeur de la matière Il change la qualité de la pierre et en augmente la quantité. Il est enfin comme un juge qui discerne et sépare le bon du mauvais. Il faut remarquer, suivant Philalethe, que tout ce que nous venons de dire du feu, regarde la médecine du premier ordre.
FEU SACRÉ. Les Chaldéens adoraient le Feu, et la ville d’UR prit son nom de là : ils y entretenaient perpétuellement un feu. Les Perses étaient encore plus superstitieux sur ce sujet que les Chaldéens; ils avaient des temples qu’ils nommaient Pyrées, destinés uniquement à conserver le Feu sucré. Les Grecs, les Romains, les Gaulois avaient aussi une grande vénération pour le Feu. Son culte subsiste même encore aujourd’hui dans les Indes et en plusieurs pays de l’Amérique. Quelques Auteurs ont prétendu que ce n’était qu’à cause du soleil, dont la chaleur vivifiante animait toute la Nature. Les noms les plus connus sous lesquels le Feu était adoré, sont Vulcain et Vesta. On peut voir ce qu’on entendait chez les Égyptiens et les Grecs par ce Dieu et cette Déesse, dans les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées. Fève. Est le nom que quelques Chymistes ont donne a la troisième partie du poids d’un scrupule.

 

 

 

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