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Hauts Grades

À mon Frère Égyptien

15 Décembre 2012 , Rédigé par Émile Di Mattéo, Publié dans #Planches

« Ce livre révèle les secrets des Demeures mystérieuses du Duat (1)» ; il sert de guide d'initiation aux Mystères du Monde Inférieur ; il te permettra de passer à travers des montagnes et de pénétrer dans les vallées mystérieuses où n'aboutit aucun chemin connu ; il monte la garde auprès de l'Esprit Sanctifié, élargit ses enjambées, lorsqu'il marche ; élimine sa surdité et lui permet d'entrer en contact avec les Dieux. [ ... ] Ce livre t'enseignera les Métamorphoses par lesquelles passe l'Âme sous l'effet de la Lumière. En vérité, ce Livre est un Mystère très grand et très profond. Ne le laisse jamais entre les mains du premier venu ou d'un ignorant.
Extrait du Livre de L'au-delà de la Vie,
Chapitre CXC
Traduction de Grégoire Kolpaktchy.

 

Je te connais mieux que tu ne me connais mon Frère. Tu es celui qui est entré par la porte basse, et pas n'importe laquelle ; ce jour là, par-dessus la puissante stature de l'archonte qui semblait t'en interdire l'accès, et malgré le bandeau qui obscurcissait ta vue, tu eus comme moi le temps de lire sur le fronton de cette porte l'acronyme mystérieux de Memphis et de Misraïm. Tu vois bien mon Frè­re Égyptien que je te connais!...
puisque depuis tu n'as de cesse de te poser la même question: Suis-je sur le vrai chemin?... Cette question sous-entend bien entendu qu'après la porte “basse”, existent plusieurs chemins! ... (2)
Ce doute revient souvent hanter ta conscience et tu constates dès lors combien il est dur de s'éloigner du fleuve tranquille de la masse “moutonnante” et de ceux qui pré­tendent chercher la vérité plutôt que d'emprunter le boyau étroit des vrais adeptes de l'Art Royal (3). Il faut
que tu saches, mon Frère, que dé­sormais tu portes un sceau inalté­rable; celui des Caïnites transmis par le feu et que le redressement, s'il doit s'opérer de ton vivant, ne pourra se traduire que par “l'allumage” simultané de tes sept cen­tres de compréhension (4). Il est vraisemblable que si tu étais resté parmi les marchands du temple, tout cela t'aurait paru plus simple, par d'espèces sonnantes, de titres ronflants, d'autoproclamations et de reconnaissances métalliques qui éclairent le chemin des illu­sions. Mais au lieu de cela, tu as choisi un autre chemin !...

Celui du serpent (5) !... Ce chemin, ou plutôt ce sentier, n'est pas jalonné de candélabres d'or, il est même très obscur et escarpé, et tu te de­mandes parfois pourquoi les autres (francs-maçons) ne l'ont-ils pas vu avant toi ?... Je te rassure, ils l'ont bel et bien vu, mais celui-ci leur demandait trop d'efforts pour l'emprunter. Je te connais mieux que tu ne me connais mon Frère, car moi aussi j'ai osé écarter les bran­chages d'acacias qui cachaient ce chemin à la masse. J'ai vu comme toi les précipices sans fins qui le bordaient, les falaises abruptes où plongeaient des cascades écumantes et qu'il fallait contourner et escalader pour accéder au point de vue suivant (6). Comme toi, je me suis consumé dans le feu de l'orgueil, de l'ambition, de l'ignorance (7), et je suis mort sur ce che­min, pour me relever quelque temps plus tard par une sorte “d'aspire”, et me suis retrouvé de l'autre coté de la porte d'ivoire sans serrure. Tu as tressailli comme moi lorsque la nuit t'a enveloppé de ces larmes d'argent, et dans un silence profond que tu apparentais à la solitude, tu doutais une fois de plus.

Et pourtant !... Et pourtant, si tu ouvres bien tes oreilles, et sur­tout ton entendement aux choses supérieures, tu entendras certai­nement à coté de toi un doux bruissement d'ailes (8) qui t'arrachera et t'élèvera au-dessus du plan par­fait ou tu pourras contempler l'éten­due du chemin qu'il reste à accomplir pour accéder à la cita­delle des Bienheureux. Je te connais mieux que tu ne me connais mon Frère. Au point du jour, Te voici arrivé enfin sur un “style” de pro­montoire où tu peux observer au loin l'agitation des égarés puisque la route qu'ils ont choisie se termine par un précipice obscur et sans fond où ces âmes perdues dans le “cône sublunaire” tombent avec d'effroyables cris de tour­mentes. Ne vois-tu pas s'agglutiner ces âmes qui attendent vainement le Soleil et qui recomposent à l'infini cet Adam-Kadmon ?... Que de temps perdu sur le chemin de l'ignorance.

Pourtant c'est par la même porte du Temple que nous sommes passés!... – Ainsi, tour­nant le dos à cette désolation, tu distingues au-dessus du firmament l'Étoile du matin (9), qui dans sa course éternelle t'indique invariablement le chemin de la citadelle, et dans la clarté lunaire, tu perçois au pied de la croix, un pélican nourrissant de ses entrailles des petits. Devant cette vision, comme toi, je fus assailli par une sorte de compassion indé­finissable et prégnante (10). Tu te consumes et tu renais entre l'envie de continuer le chemin et celle de retourner sur tes pas pour aider les égarés à retrouver le chemin. Mais tu te sens bien seul pour prendre une telle décision, et pour­tant, en respectant un profond silence et humant à pleins pou­mons, tu pourras sentir le parfum de “Sainteté” de ceux qui t'ont précédés (11). Et si tu regardes avec un peu plus d'attention, tu verras le
long du chemin de petits lampions que les “veilleurs” ont laissés à ton intention.

Va, cours dans cette direc­tion mon petit Frère – Le corps d'OSIRIS n'est pas loin!... L'aigle bicolore t'aidera de sa vue perçante à retrouver derrière les idées tous les morceaux de ta vraie Nature. Tu vois bien dans le fond, mon Frère, que tu me connais. Car comme toi, au début, mon pas a hésité, par peur du vide, par peur de l'inconnu. Mais dans le fond, est-ce plus effrayant que les horreurs qui jalonnent et croisent notre vie courante ?... Est-ce si dif­ficile de comprendre que la GNOSE appartient dans toute sa simplicité à celui qui la cherche ?... Et somme toute, n'est-ce pas plus simple de pressentir qu'enfin arrivés sur l'esplanade du Temple de l'Éternelle.

Sagesse, magnifique et resplendissant au zénith de la Vérité. Les cœurs des sept anges réunis avec nous, s'unissent dans un concert immense, où mêlant enfin le travail à l'ardente prière, nous pourrons, toi et moi, dorer au feu divin notre argile grossière ?...

Voici la Clé, mon Frère. Je te la transmets, tel qu'on me l'a transmise.
Cherche l'Adepte sur les vallées Égyptiennes et transmet à ton tour.
C'est à ce prix-là que l'Égypte ne sera plus veuve d'Hommes et de DIEU.

1. Douat : Terme égyptien désignant l'autre monde où l'initié doit se rendre après la mort.
2. Il existe en fait deux principaux Rites tous deux issus de l'Égypte au travers de l'école pythagoricienne. Le rite Écossais et celui de la Maçonnerie Égyptienne issu, pour sa part, de l'Italie à travers divers courants ésotériques et Gnostiques. Les autres Rites ne sont que des traductions et interprétations plus ou moins fidèles aux origines.
Voir l'excellent ouvrage de Gérard Galltier, La Maçonnerie égyptienne, Rose Croix et néo­chevalerie.
3. Il suffit de lire les quotidiens où s'affichent assez souvent des francs-maçons où leurs propos nous rappellent que la Véritable Initiation n'est plus dispensée dans ces structures. C'est ainsi que nous pouvons lire dans LE POINT du 22 janvier 2009, une interview du Bibliothécaire d'une Grande
Obédience Française qui nous dit “[ ... ] la Franc-maçonnerie est l'unique façon de se faire des amis d'enfance à 40 ans”.
4. Comprendre que le serpent Cabalistique n'est que le chemin qui doit passer par les sept chakras fondamentaux. Dont les cinq points de la maîtrise ne sont qu'une figura­tion simplifiée du relèvement de l'Adam Kadmon qui représente en fait les cinq niveaux de l'arbre de vie doublé sur un autre plan en Syzygies. Les Séphirothes sont au nombre de 10 – l'une étant le miroir de l'autre.
5. Ici le serpent est défini comme étant l'initiateur “initié”. Une légende Cabalistique nous explique que si nous prenons le serpent par la queue, celui-ci nous entraînera inexorablement sur le vrai chemin qui passera par toutes les Séphirothes, et cela jusqu'à Kether. Ce n'est pas sans raison, que le serpent se mordant la queue est un symbole primordiale de notre Rite.
6. Les différents degrés jalonnant le chemin initiatique ne sont que des “haltes” permet­tant à chacun de prendre un certain recul, d'évaluer, de comprendre et de cristalliser les degrés précédents, ainsi que leurs liai­sons ésotériques. Suivant notre expérience, on comprend aisément que l'on ne devient réellement Apprenti que lorsque l'on accède au grade Compagnon, de Compagnon au grade Maitre, etc., etc. etc.
7. “Voici les vrais Noms des meurtriers d'Hiram”, nous scandait un Frère (Réflexion en mémoire de notre regretté Frère Georges BENYAMIN).
8. Lire ou écouter l'excellent texte de notre Frère Raymond Devos, L'ange qui passe.
9. Cette étoile est appelée VÉNUS – On l'appelle aussi l'“étoile du berger”, car elle peut être visible dans le ciel du matin, avant le lever du Soleil, ou dans le ciel du soir.
Moins fréquemment, on parle de la “planète ardente” à cause de la température élevée qui règne à sa surface. Vénus est associée à vendredi parmi les jours de la semaine. Nous noterons aussi, pour les spécialistes d'astrologie ésotérique, que Venus, en tant qu'étoile du matin, est associée à Lucifer (le porteur de Lumière) et a sa contrepartie, l'ange Mikaël.
10. Le Chevalier Rose-Croix, celui qui porte la croix et la rose en son centre, est un être altruiste doté d'un courage incroyable. Les Chevaliers Rose-Croix ont la capacité de se libérer de la souffrance, mais ils préfèrent assumer en premier la tâche d'en libérer les autres. La compassion de tels êtres est sans bornes et transcende toute pensée de division. Le Chevalier Rose-Croix est l'ami, le serviteur et le parent spirituel de tous sans distinction.
11. Ce sont ceux qui ont contribué à préserver de l'ignorance notre Rite, et qui nous ont transmis les filiations dont nous nous récla­mons. Certains nous sont connus: Bricaud, Chevillon, et bien d'autres sont Anonymes.
Certains ont même tellement “travaillés” pour le Rite que la grandeur de leurs Âmes s'apparente à de la Sainteté. D'après vous, qui entretient la Lumière Éternelle présente sur les Naos de notre Rite ?...

Émile Di Mattéo,
Très Puissant Souverain Grand Commandeur,
Membre du Souverain Sanctuaire Mixte pour la France et les pays associés

Publié dans le Khalam - Bulletin N° 29 - Octobre 2009

Source : www.ledifice.net

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