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Hauts Grades

A propos du Grand Architecte

19 Novembre 2012 , Rédigé par Paul Q Publié dans #Planches

Mes Frères, dans un premier temps, je vous présenterai l'apparition du vocable puis son évolution, avant de relever la position des diverses obédiences maçonniques en ce qui le concerne. Nous verrons, à cette occasion, en quoi il constitue un motif de discorde relevant plus du politique que du symbolique.
Ceci posé, je m'efforcerai de vous communiquer mon ressenti, ma conviction sur ce concept de Grand Architecte. Pour cela, je le situerai aussi bien philosophiquement, spirituellement, que par rapport aux diverses acceptions de la valence symbolique.
Pour aborder la première partie du développement, je note que les rituels du Rite Ecossais Ancien et Accepté ouvrent et ferment les Travaux des ateliers de notre obédience, la Grande Loge de France, à la gloire du Grand Architecte de l'Univers. De même, au début de la cérémonie d'Initiation, le rituel fait dire à l'Orateur : La Franc-Maçonnerie proclame, comme elle a proclamé dès son origine, l'existence d'un principe créateur, sous le nom de Grand Architecte de l'Univers. Plus loin, le Vénérable Maître crée, constitue et reçoit le néophyte, de nouveau, à la gloire du Grand Architecte de l'Univers et sous les auspices de la Grande Loge de France. Enfin, au cours de l'instruction au premier degré, suite à la question : Que représente le Delta rayonnant ? Il est répondu : Le Grand Architecte de l'Univers.
Deux points importants sont, à ce stade, énoncés. Une date de naissance : l'origine de la Franc-Maçonnerie et un qualificatif : celui de principe créateur. Voyons ce qu'il en est.
En ce qui concerne l'apparition du terme, il faut savoir qu'il n'a jamais fait partie de la tradition opérative. Ceux-ci se référaient soit à l'un des noms sublimes du Créateur, soit à Dieu tout simplement. Bien sûr, au cours des temps, aussi bien en religion qu'en philosophie on trouve des expressions telles que : " Dieu artisan de l'ordre du monde ", " le divin artisan du monde ", le " grand horloger " de Voltaire ou même dans la Bible : " ... la cité aux fondements éternels dont Dieu est l'Architecte et le Maçon. " Hébreux Ch. II versets 9 et 10. Mais quoi de plus normal que les religions monothéistes paraphrasent leur Dieu en l'assimilant à l'horloger, l'architecte ou l'artisan.
J'ai relevé la première occurrence maçonnique dans le manuscrit référencé Dumfries n°4 et daté de 1710, avec la phrase suivante : " ... adorer le grand architecte du ciel et de la terre, fontaine et source de toutes les bontés... " C'est ensuite, avec les Constitutions du Pasteur Anderson, contre-signées par Désaguliers Grand-Maître adjoint de la Grande Loge d'Angleterre, en leur version de 1723, que l'on relève au premier chapitre : " Adam, notre premier parent, créé à l'image de Dieu, le Grand Architecte de l'Univers... " Le terme est même acquis par les " Anciens ", partisans du recours à la rigueur opérative. On le trouve par exemple, sous la forme : " Le Grand Architecte de l'Univers est notre Maître Suprême ", dans le document à tendance opérative intitulé " Ahiman Rezon " de 1756.
Dans tous les cas, avec ces textes fondateurs de la Franc-Maçonnerie Anglaise, il n'y a aucune ambiguité : Le Grand Architecte de l'Univers représente le Dieu monothéiste des Pasteurs et croyants Anglo-Saxons. La version des Constitutions d'Anderson, reprise et modifiée en 1813, précise : " Un maçon doit comprendre que Dieu ne voit pas comme les hommes...Quelle que soit sa religion ou son culte, pourvu qu'il croie au glorieux architecte du ciel et de la terre... "
Sur le continent, le discours fondateur de Ramsay, dans sa première version de 1736, présentée par lui-même devant la loge Saint Thomas N°1, fondée à Paris par une dizaine d'Anglo-Saxons et quelques Français minoritaires, fait référence. Je cite : Le goût suprême de l'ordre de la symétrie et de la projection ne peut être inspiré que par le Grand Géomètre, architecte de l'Univers dont les idées éternelles sont les modèles du " vrai beau ". Vrai beau, en référence à une pensée platonicienne qui désigne ici, les principes ontologiques symbolisés par le Grand Géomètre, Architecte de l'Univers.
Un an plus tard, en 1737, Ramsay propose une deuxième version de son discours en tant que Grand Orateur de l'Ordre. Il la prononce, dit-on, devant des Frères majoritairement français et peu au fait de la pensée de Francis Bacon et de la tradition maçonnique des anciens devoirs. Dans cette version il ne fait pas allusion au Grand Architecte de l'Univers. Faut-il en tirer une conclusion ? Je ne le pense pas. Cependant, la Franc-Maçonnerie française va, peu à peu, au fil du temps, s'éloigner du concept britannique de la déité omniprésente dans le domaine initiatique, pour s'imprégner de la philosophie des Lumières et plus tard encore de la tendance révolutionnaire puis républicaine laïque. Cet écart se creusera encore, en 1813, lorsque les tenants des " anciens " et des " modernes " de la Maçonnerie britannique feront l'unité en créant la Grande Loge d'Angleterre, sur la base des conceptions ultra croyantes des " anciens " et en désaveu avec la version la plus tolérante des constitutions d'Anderson.
Après de multiples péripéties, une résolution sera prise par la Franc-Maçonnerie française, lors du Convent de 1877. Il s'agissait de supprimer à l'article 1er des Constitutions, les deux termes : " existence de Dieu " et " immortalité de l'âme ". Cet amendement fut voté en adoptant un texte très proche de celui actuellement en vigueur. Pour éviter l'exclusion d'un certain nombre de Frères, il fut adjoint la mention suivante : " ...la Maçonnerie n'exclut personne pour ses croyances ".
L'après Convent de 1877 conduisit à des retouches encore plus hardies. En 1879, le Grand Collège des Rites, mandaté par les instances du Grand Orient, fit disparaître des rituels les formules trop ouvertement religieuses comme, en particulier, la référence au Grand Architecte de l'Univers. Il n'y eut rien d'obligatoire, mais suppression de l'obligation de référence.
Après ce bref survol historique, j'en viens à la situation actuelle, que je vais encore devoir schématiser. Sont pratiqués, dans la Maçonnerie française, des rites qui ne reconnaissent pas le Grand Architecte et d'autres qui travaillent à sa gloire. Mais, le plus important, sans doute, réside dans l'acception qui entoure la notion de Grand Architecte. Là, les positions sont tranchées. Il y a la conception " Anglaise " qui, soit au rite Ecossais Rectifié ou au rite Français traditionnel, pour ne citer que les plus répandus, affiche la proclamation de la foi de leurs Initiés en Dieu, Grand Architecte de l'Univers. Il y a, d'autre part, l'autre conception plus libérale, pour laquelle cette expression désigne la Vérité, la connaissance spirituelle ultime vers laquelle tend tout Franc-Maçon. Chacun est alors, libre d'interpréter l'expression Grand Architecte de l'Univers comme il le veut, pour autant qu'il n'impose pas son interprétation aux autres et qu'il se rende bien compte que toute recherche initiatique implique de façon évidente la croyance dans une vie spirituelle.
Le décor est ainsi campé. Il provoque la non reconnaissance mutuelle des deux partis et se concrétise par l'interdiction rigoureuse, assortie de la peine de radiation, pour les Frères des Loges dites " anglaises " qui visiteraient des Ateliers non " réguliers "..
Notre obédience qui ne travaille qu'à un seul rite est incluse dans cette interdiction car :
1 - Les Loges de la Grande Loge de France entretiennent des relations "concordataires" donc coupables avec le Grand Orient, qui représente le " grand Satan " pour les " Anglais ".
2 - La Grande Loge de France, bien qu'elle travaille avec Les Trois Grandes Lumières dont l'une est la Bible (depuis le Convent de 1953), ne requiert pas de ses membres la proclamation de leur foi en Dieu, Grand Architecte de l'Univers.
Il en va de telle manière, que le rite dit : Ecossais Ancien et Accepté est conjugué en trois versions, seulement pour la Maçonnerie masculine. Donc, trois Suprêmes Conseils administrant chacun une version :
* Le Suprême Conseil de France qui est souché sur la Grande Loge de France.
* Le Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté ou Grand Collège des Rites, souché sur le Grand Orient de France.
* Et le Suprême Conseil pour la France qui, depuis 1965, administre le Rite Ecossais Ancien et Accepté des Frères de la Grande Loge de France qui ont quitté notre obédience, pour s'affilier à la Grande Loge Nationale de France. Ces Frères schismatiques, avec leur nouveau rattachement, ont dû être Initiés, à nouveau, dans tous les grades précédemment acquis. C'est de cette époque, récente, que date l'exercice du Rite Ecossais Ancien et Accepté à la Grande Loge Nationale de France. Remarquons enfin, que les deux Suprêmes Conseils souchés, l'un sur la Grande Loge de France et l'autre sur le Grand Orient de France, ont une date commune de naissance : 1804. Ces juridictions revendiquent toutes deux la pureté des rituels par rapport aux écrits provenant des Amériques, et donc les prérogatives de la perpétuation du rite.

  Notre obédience, la Grande Loge de France propose un point d'équilibre entre deux positions extrêmes. Avec la première, le principe du Grand Architecte de l'Univers, pour la Grande Loge Nationale de France, n'appelle aucun questionnement puisque la réponse imposée, exclut toutes les autres. Quant à la seconde, ce même principe, pour bon nombre de Frères du Grand Orient de France, n'a aucun sens puisqu'il est ignoré... Eh bien ! Pour ma part, je dirai que c'est bien dommage pour eux ! Dommage pour l'immense majorité des Initiés, de part le monde, qui se réfèrent à Dieu en Loge et qui, de fait, donnent un sens exotérique à une démarche proprement initiatique et donc ésotérique. Dommage également, pour une grande majorité de Francs-Maçons français qui ont tendance à confondre pratique maçonnique avec engagement syndical ou politique.   Ainsi, pour nous, Francs-Maçons de la Grande Loge de France, le champ de réflexion est ouvert, il peut s'adapter à de multiples interprétations, envers les Initiés qui se posent des questions existentielles. En fait, même si j'étais pratiquant convaincu d'une religion, je crois que je préfèrerais encore notre alternative qui n'exclut rien, ni personne quelle que soit sa confession religieuse ou philosophique.  A bien observer, je constate que les points de vue extrêmes ne sont pas irréductibles. Je relève en effet, sous la plume de Bruno Etienne, Franc-Maçon du Grand Orient de France, chercheur et universitaire bien connu dans notre région, la remarque suivante : je cite " Nous ne pouvons pas échapper à une réflexion approfondie sur la reprise et la réintroduction du Grand Architecte de l'Univers dans les rituels du Grand Orient de France, non point comme capitulation à l'égard de la Grande Loge d'Angleterre qui a ses propres problèmes et contradictions, mais comme restitution d'un capital spécifiquement maçonnique dont l'abandon a appauvri notre patrimoine. Il ne s'agit ni d'un symbole ni d'une hypothèse mais de l'affirmation que nous adhérons à un principe qui soutient, que tout n'est pas mathématiquement réductible à la matière. Là, est le nœud de la spiritualité maçonnique et ensuite seulement, chacun peut crier si cela l'enchante, le slogan de son choix y compris " Liberté, égalité, Fraternité " ! C'est en effet en tant que centre spirituel que nous pouvons répondre à l'attente de nos contemporains et non en tant que club politique car sur ce plan, il y a plutôt saturation et méfiance en France et a fortiori beaucoup de réticences à l'égard de la Franc-Maçonnerie qui donne quelques verges pour se faire battre... "  A bien observer encore, mais cette fois-ci dans l'autre camp, j'en viens à penser que l'intransigeance de la Grande Loge Nationale Française et des " Anglais " n'est pas dépourvue d'une bonne dose d'hypocrisie. Je connais suffisamment dans leur intimité, quelques Frères de cette obédience, pour attester que le dogme du Dieu révélé et la croyance imposée en Dieu, Grand Architecte de l'Univers et en sa volonté Divine, n'a guère de sens pour eux. " Circulez, il n'y a rien à voir ! "
Alors, dans ce contexte, qu'est pour nous, le Grand Architecte de l'Univers ? Mais, tout d'abord, que représente pour moi le Grand Architecte de l'Univers ? Ainsi je peux répondre à l'attente que m'avait exprimé notre Vénérable Maître. A savoir : Le Grand Architecte de l'Univers principe créateur ou fondement de la loi morale et universelle ? Mais, mon cher Président, je pense qu'il représente les deux ou plus. Précisément, il est ce que chacun de nous privilégie comme valence symbolique. A la Grande Loge de France, nous n'érigeons pas le Grand Architecte de l'Univers en un objet de croyance mais nous le considérons symbole comme tout ce qui est dans l'enceinte du Temple. Symbole majeur puisque nous l'assimilons au Delta rayonnant qui est au plus haut de l'Orient et que nous travaillons à sa gloire.  Tout Frère, en cette enceinte est partagé, me semble-t-il par deux fondements de son être. Le premier réside dans sa position (actuelle) vis-à-vis de la déité et le deuxième, indépendant du précédent, dans ce qu'il privilégie comme valeur qui constitue sa vérité symbolique et qui la fonde. Explorons, sommairement je vous rassure, ces deux alternatives.
Pour ce qui est de notre conviction face à la déité, question majeure s'il en est, les philosophes, orfèvres en réflexion sur les savoirs disponibles, s'y sont penchés ! Voyons cela.     
- Considérons le Théisme d'abord, évolution ou aboutissement de l'animisme, du panthéisme ou du polythéisme, en une croyance unitaire, en un monisme. C'est une option personnelle qui prône l'existence d'un Dieu unique comme cause transcendante du monde ; extérieur, mais qui agit sur lui. Il est généralement décrit comme animé d'une volonté propre, qui aime, récompense ou punit. En ce qui concerne nos civilisations du livre, les trois monothéismes s'expriment de manière théiste par leur croyance en un Dieu révélé et leur foi inébranlable en cette croyance, les différences entre ces trois options provenant des prophètes ou de leur absence. - Descendant l'échelle des certitudes, les philosophes ont défini le Déisme représentant la croyance en un dieu unique, suprême, créateur de l'univers, mais qui, contrairement au théisme, n'interagit pas avec le monde et n'intervient pas dans la destinée des hommes. C'est une philosophie sans dogme, ni religion qui rejette toute révélation. - Un barreau plus bas, se situe l'Agnosticisme. Les tenants, ni ne croient, ni ne croient pas : ils doutent, s'interrogent, hésitent ou bien ils refusent de choisir en cochant la case " sans opinion " du grand sondage métaphysique : " Croyez-vous en Dieu ? "
- Au pied de l'échelle - ne voyez en ces termes, aucune notion de valeur entre le haut et le bas. Soyez persuadés de ma conviction que : ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Au pied de l'échelle donc, est situé l'Athéisme. L'athée lui, sait que Dieu n'existe pas et nous retrouvons là un dogme, une forme de conviction comme au plus haut de notre échelle. Les philosophes cependant y voient une forme d'humilité. Comte-Sponville nous dit que : C'est se prendre pour un animal, comme nous sommes en effet, et nous laisser la charge de devenir humains. En fait, l'athéisme, s'il est un dogme, reconnaît et respecte le droit de chacun à croire, si cela peut l'aider à mieux vivre sa courte existence humaine.       Ainsi mes Frères, se dresse l'échelle des valeurs exotériques qui animent l'homme en général. Pour leur exercice, dans notre pays et dans quelques autres de la vieille Europe, des hommes et des femmes se sont combattus jusqu'à la mort. Aujourd'hui encore, dans bien des continents, ne pas croire en une version quelconque de Dieu est proprement impensable. L'athée y est regardé avec une certaine répugnance, comme une espèce de monstruosité, d'ébauche humaine, à qui il manque une faculté essentielle. Certes, il n'est pas aisé d'accepter des opinions divergentes, quand on croit soi-même posséder, non seulement la Vérité, mais encore la manière de s'en servir sous forme de règles morales intangibles. A cela, nous Francs-Maçons, connaissons la réponse : l'esprit de tolérance. L'esprit de tolérance qui se nourrit de doute mais qui, dans le fond, respecte infiniment l'intimité de l'autre.  En référence au titre que j'avais donné, initialement à ce travail : " Mon Grand Architecte de l'Univers " et pour clore ce chapitre, je vous dirai que ma conviction, actuelle, en ce domaine, n'a strictement aucun intérêt. N'étant ni prophète, ni missionnaire, ni prosélyte, je n'ai pas vocation à m'étendre sur le sujet, d'autant que, la Franc-Maçonnerie m'a appris les valeurs du doute. Si ! Quand même une idée force ! Quelle que soit ma conviction, en aucun cas je ne désirerai la lier, par la voie du Grand Architecte, à mon intimité maçonnique que j'entends préserver de toute discorde stérile. Après l'exploration des convictions religieuses qui ont été, malencontreusement, associées au concept qui nous occupe, j'en viens à ce qui caractérise la grande sagesse de notre Obédience qui, attribuant une valeur symbolique au Grand Architecte, respecte ainsi la croyance de chacun.   Valeur symbolique certes, mais symbole bien singulier puisqu'il échappe à toute matérialisation. Ainsi chaque Franc-Maçon peut créer pour lui-même une représentation qui lui soit propre. C'est celle, me concernant, que je vais vous communiquer, en espérant ensuite, un débat riche de vos propres sentiments. Au début de mon apprentissage maçonnique, j'ai été tenté de penser que c'était réduire le concept, que de l'assimiler à un symbole mais j'ai ressenti ensuite que, bien au contraire, le symbole était la base même de la méthode maçonnique, la " matière première " sur laquelle travaillent sans cesse les Initiés, comme ceux qui les ont précédés et ceux qui les suivront.   Par la suite, j'en suis venu à accorder une attention toute particulière à l'harmonie universelle qui règne dans la nature et bien au delà, dans le cosmos. Pénétré de l'importance du symbole du Grand Architecte, j'ai eu tendance à penser qu'il représentait ce miracle de l'existence. En écrivant cela, je pense à la constatation de Stephen Hawking qui écrit : " Il semble clair qu'il y ait relativement peu de variations de valeur pour les nombres qui auraient permis le développement de toute forme de vie intelligente... Le fait remarquable est que la valeur des nombres semble avoir été finement ajustée pour rendre possible le développement de la vie. " Ensuite, j'ai lu beaucoup de choses, personnelles mais convenues et participant d'un catéchisme maçonnique qui nous est propre et que je n'apprécie guère - le Charpentier céleste, le Potier divin, le Forgeron mythique, le Géomètre, que sais-je encore ? Enfin persuadé, au fil du temps que pour moi, le Grand Architecte devait représenter un régulateur de l'évolution de l'humanité, j'en suis venu à penser qu'il pouvait symboliser l'esprit de l'homme, ce qui le hausse par rapport à son animalité, sa matière et son corps. Ne pensez pas, mes Frères, qu'en cela, j'oppose l'esprit à la matière. J'incline plutôt pour l'idée, que si tout doit tendre vers l'esprit, se résoudre en esprit, il y a une gradation sans discontinuité entre la matière ou le physique et l'esprit. Dans cette optique, si les perceptions demeurent uniquement d'ordre sensoriel et si elles s'acheminent vers l'esprit alors, elles ne sont ni à fuir, ni à réprimer. Elles me paraissent haïssables que si l'on s'y borne. Ce que j'entends par le mot " esprit " n'est donc pas quelque chose d'immatériel, s'opposant à ce qui est matériel, ni en lutte avec lui, comme l'idée est assez répandue. Cependant, j'ai lu quelque part, et j'adhère à l'idée, que plus une forme de vie est évoluée, plus elle est éloignée de la matière et rapprochée de l'esprit. La lecture de Teilhard de Chardin, m'a fait penser, que l'évolution ne se fait que dans un sens... Puisqu'il faut conclure, c'est avec joie et humilité que je ferai appel à notre glorieux aîné, Henri Tort-Nouguès qui a écrit ceci dans Point de Vue Initiatique : Le Grand Architecte de l'Univers apparaît bien comme le Principe initiatique fondamental. Ainsi, en travaillant à sa gloire, les Francs-Maçons affirment la valeur d'un Idéal, d'une Idée, d'un Principe et la valeur d'une conscience humaine libre... à même de justifier leur engagement et de nourrir leur espérance.

Source : http://www.stella-maris-gldf.com/gldf/

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choisir une mutuelle 21/11/2012 16:23


l'heure est a la reconnaissance mutuelle


 


Perrine