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Hauts Grades

Ahiman Rezon : les devoirs du Franc-Maçon

20 Juin 2012 , Rédigé par L. DERMOTT Publié dans #histoire de la FM

Il me semble entendre certains lecteurs dire: si la Maçonnerie est telle qu'on la décrit ici, les membres de la fraternité sont certainement les plus heureux des hommes; et cependant, on en rencontre souvent, au contraire, les uns très malheureux, d'autres de parfaites canailles, et un grand nombre de sots ignorants, illettrés, et stupides; ou tout au moins qui voudraient le taire croire au monde. Cet aspect sera étudié et élucidé en temps voulu ensuite. En attendant, je suis bien certain que seuls des étrangers à la Maçonnerie, et des ennemis sans générosité de la Fraternité, douteront de la véracité de ce qui est dit ici de la Maçonnerie. Et afin de plaire à mes lectrices et à ceux des lecteurs qui n'ont pas l'honneur d'être initiés au mystère, je leur demande ici la per­mission de traiter des principes de l'Art (pour ce à quoi ma plume se limite): ils seront, je l'espère, justement admirés, parce qu'ils reposent sur la religion, la morale, l'amour fraternel, et l'esprit de compagnonnage. Un Maçon est tenu par son engagement d'adorer vraiment le Dieu éter­nel et de croire fermement en lui, comme en toutes ces archives sacrées que dignitaires et pères de l'église ont compilées et publiées à l'usage des hommes de bien. Donc, Il ne doit pas non plus être entaché des grossières erreurs de la superstition aveugle, mais il a la liberté d'embrasser la foi qu'il juge bonne, à condition qu'en tous temps il révère dûment son Créateur, et dans le monde agisse avec honneur et honnêteté, faisant toujours de ce précepte en or sa règle de conduite, qui engage à se conduire envers autrui comme il voudrait qu'autrui en fît envers lui: car l'Art royal, au lieu d'entrer dans de vaines et inutiles querelles concer­nant les différentes opinions et croyances des hommes, admet dans la fraternité tous ceux qui sont fidèles et loyaux; cela a amené la réconci­liation de personnes qui, sans ce secours, seraient restés ennemis per­pétuels. Un maçon aime la paix, est toujours paisible sujet du pouvoir civil tant que ce dernier ne dépasse pas les limites de la religion et de la raison; et on n'a encore jamais vu un vrai maçon entraîné dans aucuns noirs complot, intentions et machinations contre l'état, parce que le bien-être de la nation est son premier souci. Ainsi, vis-à-vis du plus haut au der­nier degré de la magistrature, il est toujours déférent et respectueux. Le fait que la Maçonnerie a plusieurs fois pâti des effets de la guerre, du carnage, de la dévastation, a engagé plus fortement les compagnons à agir conformément aux règles de paix et de loyauté; les nombreuses preuves de cette conduite ont amené les anciens rois et pouvoirs à les protéger et les défendre. Mais si un frère était assez malheureux pour se rebeller contre l'état, il ne trouverait aucun appui chez ses com­pagnons, qui ne lui adresseraient plus la parole: le gouvernement pourrait en prendre le moindre ombrage, ou être jaloux. Envers soi-même, un maçon a toujours soin d'éviter toute forme d'ex­cès et d'intempérance qui pourrait l'empêcher d'accomplir les devoirs nécessaires à sa louable activité, ou le mener à des crimes qui jette­raient le discrédit sur l'ancienne Fraternité. Il doit traiter ses inférieurs comme il voudrait que ses supérieurs le trai­tent, réfléchissant sagement à l'origine commune de l'humanité; et même si la Maçonnerie n'ôte nul honneur à quiconque, l'Art admet que s'en tenir strictement au sentier de la vertu est le seul moyen de conser­ver une conscience claire et d'ennoblir un homme. Un maçon doit avoir assez de bonté pour ne jamais faire la sourde oreille devant les plaintes de la pauvreté miséreuse; mais si un frère est oppressé par la pénurie, il doit écouter le récit de ses souffrances avec une attention particulière; et ensuite, la pitié doit couler de son cœur, et le secours venir sans préjudice pour lui-même, en fonction de ses pos­sibilités. Un maçon doit respecter l'autorité de son Maître et des officiers qui président, et se conduire humblement parmi ses frères; il ne doit ni négliger de vaquer à ses occupations pour l'amour de la compagnie, en courant de loge en loge; ni se quereller avec la masse des igno­rants en raison de leurs réflexions déplaisantes à ce sujet. Mais pendant ses loisirs on lui demande d'étudier les arts et les sciences d'un esprit diligent, afin qu'il accomplisse son devoir non seulement envers le grand Créateur, mais aussi envers son prochain et soi-même. Car che­miner humblement sous le regard de Dieu, faire œuvre de justice et aimer la charité sont les caractéristiques certaines d'un véritable Maçon franc ancien et accepté. J'espère que tous posséderont ces qualités jus­qu'à la fin des temps, et j'ose espérer que tout véritable frère se joindra à moi pour dire, Amen.L'avantage obtenu par le respect strict des principes de l'An royal est si évident qu'il faut croire que chaque homme de bien vou­drait les professer et les mettre en pratique ; car ces principes tendent à rendre la vie plus heureuse, étant fondés sur la sagesse et la vertu. D'abord, nos privilèges et enseignements, correctement utilisés, non seulement nous rendent heureux de ce côté-ci de la tombe, mais encore préparent notre félicité éternelle ensuite. Car l'Art repose sur une base si ferme qu'elle n'admettra jamais le blasphème, la licence, les jurons, la controverse ou la méchanceté; et si tous ne sont pas du même avis en matière de foi, ils sont tous una­nimes en matière de Maçonnerie : à savoir, travailler honnêtement, ne pas manger le pain de quelqu'un sans travailler mais de toutes nos forces nous aimer et nous servir, comme frères d'une maison; pensant sagement qu'il est aussi grandement absurde de se quereller avec un homme parce qu'il ne croit pas comme soi, que ce le serait parce qu'il n'a pas exactement la même taille et la même allure, ..Donc, secourir celui qui est dans la détresse, partager notre pain avec le pauvre qui travaille1, remettre le voyageur égaré sur la bonne voie sont des caractéristiques inhérentes de l'Art royal et conforme à sa dignité, et telles que les dignes membres de ce grand ordre se sont tou­jours efforcés de les mettre en pratique sans jamais se lasser. Une fois tout bien considéré, on trouvera que ce bénéfice, et bien d'autres, obtenus par le strict respect des principes de l'Art, (comme bon nombre de frères l'ont récemment éprouvé), non seule­ment égalent, mais dépassent largement ce qui existe en toute autre société. S'il en est ainsi, les dignes membres de cette société, importan­te et très utile, ne peuvent jamais être trop prudents dans le choix de leurs nouveaux membres ; j'entends par là, qu'ils doivent bien connaître le caractère et la situation d'un candidat qui sollicite d'être initié au mystère de la franc-maçonnerie. De ceci dépend la prospérité ou la disparition de l'Art royal; de même que régularité, vertu, harmonie sont les seuls ornements de la nature humaine, (trop souvent prompte à agir sous d'autres formes), de même le bonheur de la vie dépend, pour une grande partie, de notre propre élection et d'un choix prudent dans ces démarches. Car la société des hommes ne peut subsister sans concorde et l'échange de services mutuels ; il en est de même dans la construction d'une arche de pierre, qui s'écroulerait si une pierre n'en soutenait pas correctement une autre. Autrefois tout homme qui en faisait la demande n'était pas admis à l'Art royal (même s'il était homme de bien et de bonne renommée), ni admis à partager le bénéfice de notre noble et antique institu­tion s'il n'était suffisamment habile pour faire progresser la Maçonnerie, soit sur le plan théorique, soit dans la pratique ; ou s'il n'était pas suffisamment riche pour employer, honorer et protéger les Compagnons. Je ne voudrais pas qu'on se méprenne sur le sens de mes pro­pos: je n'ai pas dit qu'on ne devait admettre aucun commerçant de bonne réputation à partager nos privilèges ; mais je pense au contraire qu'ils sont membres utiles de la communauté, et qu'ils se sont souvent montrés de véritables ornements de leurs loges. Ceux que je vise sont les misérables des rangs inférieurs, (sou­vent amenés par des membres exclus*), certains d'entre eux ne sachant ni lire ni écrire; et quand avec l'aide de la maçonnerie ils sont admis en compagnie de leurs supérieurs par le rang, ils agissent sou­vent au-delà de leurs talents, et sous le prétexte de chercher la connais­sance, tombent en des scènes de gloutonnerie ou d'ivresse, négligeant ainsi leurs occupations indispensables et nuisent à leurs pauvres familles, qui s'imaginent qu'à bon droit elles peuvent déverser leurs exclamations et invectives contre la Maçonnerie toute entière, sans réfléchir, ou savoir que nos constitutions et principes sont exactement à l'opposé de telles pratiques aussi basses. Je crois nécessaire de donner ici un conseil à ceux qui pour­raient souhaiter devenir membres de cette ancienne et honorable insti­tution : ils doivent d'abord savoir que nul ne peut devenir franc-maçon régulier s'il n'est libre, d'âge mûr, sain de corps et des membres, jouis­sant de tous les sens de l'homme. C'est une coutume de tous les maçons à travers les âges et en tous lieux, dans le monde entier. Un mot encore, ou deux : ceux à qui je m'adresse maintenant sont hommes ayant de l'instruction, une honnête réputation, mais sans fortune; je leur dis donc, pensez à votre famille et à vos ressources, sachez que la Maçonnerie exige des capacités, de l'assiduité et une bonne présentation, pour préserver et soutenir son antique et honorable grandeur. Sur ce point il y aurait encore beaucoup à dire, mais je crois que les règlements suffiront, et je renvoie îe lecteur à leur découverte. Ensuite, il faut réfléchir au choix des Officiers qui dirigent et gouvernent la loge selon les bonnes et anciennes lois de notre consti­tution; c'est un sujet de grande importance car les officiers d'une loge ne doivent pas seulement améliorer la situation de leur propre loge, mais aussi tout ce qui touche au bien de la fraternité en général. En conséquence, nul ne doit être proposé ou soumis à élection s'il n'est jugé, par ses compétences et son mérite connus, digne d'agir; il doit donc bien connaître les règlements et les lois publics et internes de l'Art ; il doit être d'une honnêteté scrupuleuse, humain et bon, patient dans l'adversité, modeste dans ses propos, résolu dans ses déci­sions ou conseils et (surtout) fidèle en amitié et loyal dans le secret. De tels candidats méritent bien d'être choisis pour diriger et gouverner leurs loges respectives; envers eux les membres doivent faire preuve de courtoisie et d'obéissance et, par leurs antiques et sages mandements, apprendre à mépriser ces bavards impatients, querelleurs, méprisants, arrogants, et pleins de suffisance, qui sont le fléau de la société des hommes. Je ne peux m'empêcher de dire ici que j'ai connu des hommes aux intentions tout à fait honnêtes, qui sans aucune malice commettent de graves erreurs et parfois ont mené de bonnes loges à leur perte; ce fut lorsque des frères se précipitèrent sans retenue sur des postes où leurs maigres connaissances de la maçonnerie les rendaient incapables d'assurer la responsabilité de leur fonction, au détriment de l'ordre et pour leur plus grand déshonneur. Parmi les qualités et principes des pratiquants de l'Art royal, j'ai fait allusion à la conduite d'un maçon en loge ; je souhaite qu'il y ajou­te ces quelques lignes : il doit montrer le respect dû au Maître et aux officiers, et leur obéir en tout domaine raisonnable; il ne doit pas mau­dire, jurer, ni prendre des paris, faire usage de langage licencieux ou indécent, qui déshonore le nom de DIEU, et corrompe les bonnes manières; il ne doit pas se conduire de façon ridicule, ni bouffonne tant que la loge traite de sujets sérieux et solennels; il ne doit introduire, soutenir ou citer nulle querelle ou controverse sur des sujets reli­gieux ou politiques, ne doit pas forcer un frère à boire ou manger, ou à demeurer contre son gré; ni dire ou faire quoi que ce soit d'offensant, ou d'empêcher une innocente conversation libre, de peur de rompre l'harmonie et défaire les buts et intentions louables de l'ancienne et honorable fraternité. Et je recommande sincèrement la franc-maçonnerie comme le remède le plus souverain pour se purger de tout ce qui précède et autres défauts ; et les loges régulières comme les seuls séminaires où les hommes peuvent entendre, comprendre, et apprendre leurs devoirs envers Dieu, et envers autrui. Et ce, sans la surabondance de mots méprisants et méchants, d'arguments interminables ou de débats féroces, utilisés depuis plus de mille ans parmi les mortels dans l'erreur : au lieu d'unir les hommes en un seul groupe (comme serviteurs de Dieu et frères d'une même maison) tout cela les a divisés en autant d'opinions différentes qu'il y avait (non seulement de langues, mais même) d'hommes au moment de la confusion de Babel. Quant à la conduite des frères en dehors de la loge, j'espère que le court laps de temps entre deux réunions ne leur fera pas oublier la décence et la bonne tenue à respecter en loge, qui peut leur servir de règle infaillible de conduite et de comportement en tous autres compa­gnies et lieux; et de même que le Vénérable Maître le fait avec discré­tion en loge, ils devraient diriger, gouverner et instruire leurs familles chez eux dans la crainte de Dieu et l'amour du prochain, tan­dis qu'eux-mêmes imitent l'obéissance des membres de l'ordre, en res­pectant leur supérieurs. Ces quelques idées peuvent servir à rappeler aux frères les devoirs qui leur incombent en tant que francs-maçons et de même, la conduite qu'ils doivent observer de façon à plaire à Dieu, selon les principes de la Maçonnerie, et tout à leur honneur. Pour la plus grande satisfaction de mes lecteurs en général, je donne ici les divers anciens devoirs des maçons francs et acceptés.

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