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Hauts Grades

Amour et Foi

29 Septembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Planches

A quoi pouvais-je bien penser en choisissant un tel thème ? Encore aujourd’hui, je me le demande, tant les questions que cette association amènent sont nombreuses et procèdent de réponses difficiles.

Au-delà des sens même d’Amour et de Foi, que répondre à ces interrogations élémentaires:

· Peut-il y avoir Amour sans Foi ?

· Peut-il y avoir Foi sans Amour ?

· Amour et Foi sont-ils compatibles ?

Et tant d’autres encore, comme, par exemple, le bien fondé d’un travail sur cette relation avec le grade de Rose Croix.

En premier lieu, à ce sujet, on observera que le rituel évoque à de multiples reprises l’Amour et la Foi

Des aspects historiques, dans la devise initiale « guérir les malades, instruire les ignorants, soulager les malheureux. »

 Aux aspects symboliques formels, le mot FOI à la col\ .J ? Entre les col\, avec l’Espérance et la Charité

 À l’expression même dans les rituels : Le temple mystique, le 3ème, qui sera fondé sur la nouvelle loi : l’autorité et la justice y seront tempérées et sanctifiées par l’Amour.

La foi qui est la confiance dans nos principes et dans notre idéal ; l’ardeur dans la recherche du vrai, du juste, du beau, du bien.

Sur le plan initiatique, elle est la confiance en l’homme, dans toutes ses possibilités, manifestées ou virtuelles. Ainsi, la Foi nous donne le courage d’affronter les épreuves, de surmonter toutes les difficultés. la charité est la flamme où s’allume notre Foi qui réchauffe notre Espérance la vie du Chevalier Rose Croix est désormais consacrée à l’amour de ses semblables, CAR CEST CELA QUI A ETE PERDU. Le banquet rituel du retour du printemps, symbole du retour de l’homme à la Vérité et à l’Amour, ivresse qui s’empare de tous les êtres animés, éclosion d’amour dans l’air, dans le sein de la terre, dans les bois, dans les fleurs, dans les cœurs. La sublime parole. (extension et rallumage des lumières) : « Aimons-nous les uns les autres. »

Nonobstant la réflexion à approfondir sur des interprétations symboliques :

Du Pélican, qui nourrirait ses petits de son sang.

De l’acclamation du Rite, qui signifie « sauveur. »

De la Cène qui, pour le F\ M\ passe de « Dieu est en nous » à « la Lumière est en nous » (Emmanuel)

Ce qui ne manque pas de bordurer sans cesse la trilogie FOI AMOUR DIEU, que nous interprétons sans doute FOI AMOUR LUMIERE.

Ce qui à priori entend qu’il existe une correspondance, et non une similitude, bien entendu, entre le DIEU des croyants et la LUIMIERE des maçons.

Je pourrais tout autant vous dire que quand je me suis décidé à entrer dans mon propre labyrinthe, je me suis proposé de sortir des analyses habituelles.

Au début de mon chemin, je retenais l’idée de découvrir l’humain derrière ses mots, humain dans ses aspérités et ses contradictions.

C’est pourquoi, bien que le voyage soit difficile, pour peu qu’on accepte qu’il ne soit pas convenu, il est possible de s’inviter dans l’union de l’Amour et de la Foi.

A priori, une telle entame est aisée, quoi de plus noble que cette association toute l’histoire romanesque, et notre histoire, en particulier, s’attache à associer ces deux aspects d’une conscience. Il convient de noter par ailleurs que l’histoire de la Maç.. ayant une communauté avec un Etat religieux, il était naturel qu’à l’origine, à travers Dieu, tout puissant, Amour et Foi se conjuguent.

Nous nous sommes engagés dans une recherche qui utilise, dorénavant, les obligations d’Amour et de Foi.

En effet, avant même de rechercher les aspects positifs dans ces concepts, on sait que le Chev. Rose Croix les a intégrés à sa réflexion.

Bien sur, l’Amour et la Foi déterminent l’individu à un niveau qui le transcende.

Quand l’individu envisage l’humanité, Amour et Foi se vivent tranquillement. Ils se réfléchissent et s’analysent.

S’ils sont vécus, il en va différemment : le sentiment d’affection, d’attachement qu’on ressent pour un être, s’accompagne de sincérité, de franchise, d’exactitude à tenir sa parole.

Mais s’ils sont obligés ……… comme le Chev. Rose Croix ???????

Cette relation particulière à l’autre définit l’image que l’on détermine de soi. L’Amour et la Foi ou l’objet de l’Amour et de la Foi, n’engagent que celui qui ressent.

Il peut être admis que le devoir, particulièrement maç, soit obligatoire au F.M., s’il se respecte. En revanche, comment imposer Amour et Foi, à quiconque. Pour autant, sans Amour, il n’y a pas de Rose Croix

Quelle est la part de l’abnégation dans notre construction ?

Car, en outre, les formes de l’Amour et de la Foi peuvent être insidieusement détournées de leur objet, tel que nous l’observons. L’Amour peut être de concupiscence, et la Foi de raison.

L’Amour peut être passion, tournée vers soi, sans développement possible vers l’Autre, vers la compréhension de l’Autre. N’oublions pas que le F\ M\ bâtit aussi son Temple Intérieur. Quand il ne fait que se taire en Loge, quel amour délivre t’il ?

Dans cette approche d’Amour passion, la Foi en soi, narcissique n’est pas obligatoirement objet d’égoïsme.

La valorisation de soi amour foi peut se matérialiser par l’altruisme, aussi étonnant que cela paraisse.

Car le don de soi, dans l’amour, peut être simplement l’affirmation de sa propre importance, par l’abnégation qu’on espère que l’autre reconnaîtra. Dés lors, dans ce cynisme plus ou moins avéré, qui correspond souvent à une réalité, comment reconnaître, au-delà des mots, cette association non dogmatique, entre Amour et Foi.

Et pourtant, l’Amour engendre l’Eternité bienheureuse : je me souviens de ce film « les visiteurs du soir », remarquable exemple symbolique. Souvenez-vous de ces cœurs qui continuent à battre, dans des corps transformés en statues de pierre ; l’Amour plus fort que la Mort.

Si l’Amour engendre l’Eternité bienheureuse, la Foi assure l’Eternité bienheureuse.

Et quand tout se vit dans l’absolu, on se tue par Amour, (cf. Roméo et Juliette); on se tue pour la Foi. (cf les terroristes d’aujourd’hui.)

N’oublions pas les bordures évoquées tout à l’heure ! ! !

Ce qui est intriguant à priori résiderait ainsi dans l’absolu que suppose l’amour et la foi. Absolu, qui peut se comprendre comme absence de raison.

Un absolu qui fait de l’amour un ferment perturbateur, anarchique, antisocial, voire un égoïsme à deux (comme l’a écrit quelqu’un dont le nom m’échappe), mais aussi une aspiration vers le bien (cf PLATON dans le Banquet et dans Phèdre), une voie vers le monde des valeurs ; valeur, répétons le d’ABSOLU.

Un absolu qui, du coté de la Foi, nous amène, chez certains auteurs à la considérer, en Philosophie, comme la croyance aux principes premiers qui ne sont pas susceptibles d’une démonstration proprement dite.

Par extension, la Foi serait une attitude d’adhésion totale et de confiance absolue qui engagerait la conduite de chacun, qui s’affirmerait, qui se professerait, au-delà, bien évidemment de sa signification pour les doctrines religieuses.

Pour ces dernières, en effet, le présupposé évite tout conflit puisque la Foi est un sentiment qui s’impose aux croyants avec une certitude qu’ils justifient comme une adhésion, réveillée en eux, qui en étaient porteurs, par les Ecritures ou l’enseignement de l’Eglise.

Ainsi, l’adhésion entraîne l’acquiescement de l’intelligence et la soumission de la volonté en dépit de l’insuffisance de preuves d’ordre rationnel, preuves, qui, de toutes façons, sont considérées à priori comme définitivement déficientes pour établir ce qui transcende. Je n’insisterais pas sur ce point, tout en soulignant le danger considérable que cette approche fait peser sur les esprits puisque au bout de cette démarche se situe l’idée que la Foi surclasse la Raison, Raison qui coordonnerait les apparences, alors que la Foi nous donnerait l’intuition de la réalité profonde.

Comment concilier ces réflexions avec celles du Chevalier Rose Croix, issu, bien que nous nous en défendions, d’une tradition religieuse

Il est au moins clair que cette adhésion, au fond, cette révélation, n’a rien à faire ici. C’est d’autant plus vrai qu’on voit mal comment on pourrait ainsi retrouver la Parole Perdue, à savoir l’Amour de ses semblables, que j’évoquais à l’instant.

Beaucoup plus grave encore : si Amour et Foi sont hors la Raison, que faisons-nous ici ?

Alors, cherchons, quelques pistes, en ce qui me concerne

On peut trouver un semblant sinon de raison, du moins de raison d’être, si on admet, avec SHOPENHAUER, que l’amour est un piège tendu par la nature pour parvenir à sa fin, la reproduction de l’espèce. Ou, plus obscurément, en tout cas pour moi, avec FREUD, si on considère que l’amour est un instinct irrépressible en liaison avec la Mort.

De même que la Foi engagerait l’homme à tenir sa parole, à remplir ses promesses et ses engagements.

Plus loin, pour d’autres, la Foi est entachée d’affectivité et de subjectivité et ne pourrait nous procurer un savoir positif qui égalerait, voire surpasserait, celui que seule l’activité rationnelle peut fournir. Même si cette dernière interprétation peut paraître encore excessive, elle se rapproche assez de mon idéal maç\ ni appartenance à une doctrine imposée, ni froide raison. Car si la Raison était dominante en tout, quelle place pourrions nous accorder à l’Amour ?

C’est ainsi que l’approche de Blondel m’interroge: « la Foi n’est ni anti-raisonnable, ni non raisonnable ; un amour peut être fondé en raison sans pour autant se démontrer par-devant la raison raisonnante; la Foi repose sur des raisons qui sont telles que la-Raison, une fois consultée, laisse la place à une attestation de confiance, qui justifie un serment de fidélité. »

Que faisons-nous d’autre, à chaque étape de notre vie maç, sinon prêter serment. Et chaque serment nous permet de nous engager à remplir fidèlement les devoirs.

N’est ce pas ainsi que l’entendent tous ceux qui ont une foi, foi religieuse ou foi laïque, voire foi politique. Kant, pour le peu que j’en sache, qui pensait avoir démontré l’impossibilité de la physique dogmatique, appelait néanmoins foi morale la croyance, qu’il estimait rationnelle, en des postulats de la raison pratique aussi divers, et pour certains incompatibles, tel que la Liberté, l’existence de Dieu, l’immortalité de l’Ame

L’Amour est si contradictoire : le bon sens populaire rappelle que l’agneau n’est pas aimé de la même manière par le loup qui le mange et par la brebis qui l’allaite : d’où la distinction entre l’amour de concupiscence, captatif et possessif, contre l’amour de bienveillance, dévoué et oblatif Ce serait si simple si tous deux ne pouvaient subsister dans un même amour concret, subsister par compromis ou entrer en conflit

Ainsi, peut-on concevoir qu’Amour et Foi puissent se penser de manière relative et non absolu.

Comme si, dans notre cheminement, nous prenions conscience de l’Amour, nous apprenions l’Amour, notre Devoir, et, qu’au fil du temps, nous aimions de mieux en mieux, et que nous ayons de plus en plus Foi en l’Homme.

Comme si, à force de travail, nous pouvions arriver à la Sagesse, au pur désintéressement Comme si notre engagement nous offrait la possibilité de lutter contre les tendances insidieuses au repli sur soi, à la négation de l’autre, à la misanthropie qui gagnent souvent ceux qui ont été trompés, c’est à dire presque t out le monde.

Comme si, enfin, notre engagement nous aidait nous mêmes à surmonter les périodes de découragement face aux réalités du monde.

Il me paraît, au terme de mon propos, que, contrairement à la réalité religieuse, qui lie totalement Amour et Foi, il est parfaitement loisible de les dissocier, et de les vivre indistinctement; on peut avoir la Foi et point d’Amour, et inversement En revanche, on peut vivre les deux ensemble, sans rapport aucun avec une réflexion dogmatique.

Même si dans son histoire, on peut penser qu’Amour et Foi sont issus des principes religieux, la réflexion maçonnique a su donner une autonomie de la foi par rapport à l’amour

Je ne sais si j ai su faire passer mon avis qui consiste à dire que le F\ M\ est avant tout un homme de devoir, qu‘il n’est pas illuminé par une révélation, mais qu’il s’impose, sans cesse, des obligations.

Et si la Foi et l’Amour ne sont pas nécessairement liés, le F\M\ s’aide de l’une pour essayer d’appliquer l’autre : en aucun cas on ne lui impose rien.

C est en ce sens qu’il est à la fois libre et fort et surtout courageux.

Il s agit, certes d un idéal, mais magnifique : s’obliger à aimer sans autre espérance et sans certitude que de recevoir de l’amour et non autre chose, telle qu’une Eternité véritable; cette abnégation à laquelle je ne suis pas parvenue me transporte ; il ne s agit pas de croire, il s agit de faire, et je sais ce que je dois faire et je sais que je vais le faire sans contrepartie, sauf à me grandir à mes propres yeux

Devenir humain avant de disparaître.

Car, soulignons le encore: il existe une merveilleuse phrase dans notre rituel quand le Très Sage ARTHISATA fait et constitue un nouveau Chev\ R\C\ « Les degrés précédents t’ont appris à épurer la Connaissance et à sanctifier le Travail. Que ta vie soit désormais consacrée à l’Amour de tes semblables, car C EST CELA QUI A ETE PERDU. » 

Source : http://esmp.free.fr/Bbilio-Numerique/Amo-Amour.Foi.htm

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