Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Apprentif des loges de Lyon (1772)

9 Décembre 2012 , Rédigé par Rituel 1772 Publié dans #Rites et rituels

Lorsque le jour de réception d'un profane est arrivé et que l'heure indiquée a sonné, le Vénérable entre en Loge, précédé de ses deux Surveillants, qui doivent examiner si personne ne s'est glissé et caché dans la Loge. S'en étant bien assuré, ils disent au Maître des Cérémonies de faire entrer tous les Frères en commençant par les plus hauts grades. Lorsque toute la Loge est assemblée, le Vénérable frappe un coup et dit :

« Mes Frères, aidez-moi à ouvrir la Loge. Frère premier Surveillant, quel est le devoir des Surveillants ?»

Le premier Surveillant : « C'est de voir si la Loge est couverte ».

Le Vénérable : « Frère premier Surveillant, assurez-vous de l'intérieur, tandis que le Frère deuxième Surveillant s'assurera de l'extérieur de la Loge.»

Le premier Surveillant dit au deuxième Surveillant :

« Frère deuxième Surveillant, tandis que je vais tuiler l'intérieur, ayez soin de tuiler l'extérieur de la Loge, écartez-en les profanes.»

Le Frère deuxième Surveillant ayant mis la Loge à couvert, frappe trois coups sur l'épaule du premier Surveillant et lui dit :

« Frère premier Surveillant, la Loge est couverte à l'extérieur.»

Le premier Surveillant dit :

« Vénérable, la Loge est parfaitement couverte, tant en dehors qu'en dedans, nul profane ne peut voir ni entendre nos mystères, nous pouvons commencer.»

Le Vénérable frappe trois coups et dit :

« A l'ordre, mes Frères.»

Le premier et le deuxième Surveillants répètent et tous les Frères en apprentif.

     

OUVERTURE DE LA LOGE  

Le Vénérable : «Frère premier Surveillant, que venez-vous faire ici ? »

Le premier Surveillant : «Vénérable, vaincre mes passions, soumettre mes volontés et faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.»

Le Vénérable : «Etes-vous Maçon ? »

A. : «Mes Frères et compagnons me reconnaissent comme tel.»

D. : «A quoi connaîtrai-je que vous êtes Maçon ? »

A. : «Au signe, au mot et à l'attouchement.»

D. : «Qu'entendez-vous par signe ?»

A. : «Tout ce qui a rapport à mon obligation, ou bien toute équerre, niveau ou perpendiculaire. »

D. : «Qu'entendez-vous par attouchement ?»

A. : «Certaines manières réglées et mystérieuses prendre la main pour se reconnaître.»

D. : «Qu'entendez-vous par le mot ?»

A. : «Une parole consacrée et mystérieuse qui sert à nous faire reconnaître.»

D. : «Donnez-moi le signe d'appr\ »

On le donne

D. : «Que signifie-t-il ?»

A. : «Il me rappelle mon obligation et la peine à laquelle je me suis soumis qui est d'avoir la gorge coupée au cas que je devienne parjure.»

D. : «Donnez l'attouchement au Frère le plus voisin de colonne pour qu'il me parvienne par le midy. Le Frère deuxième Surveillant fera de même de son côté pour qu'il me parvienne par le septentrion.»

On le fait

Le Vénérable : «Quel est le mot d'app\ ?»

Le premier Surveillant : «Je vous le donnerai comme je l'ai reçu.»

On le donne

Le Vénérable : «Où se tient le Vénérable en Loge ?»

Le premier Surveillant : «A l'Orient.»

Le Vénérable : «Pourquoi ?»

Le premier Surveillant : «Comme le soleil commence sa carrière de ce côté, de même le Vénérable s'y tient pour ouvrir la Loge, I'éclairer et mettre les ouvriers au travail.»

Le Vénérable : «A quelle heure s'ouvre la Loge d'appr\ ? »

Le premier Surveillant : «A midi» (dans quelques Loges, on dit à la première heure).

Le Vénérable : «Quelle heure est-il ?»

Le premier Surveillant : «Midi plein» (la 1ère d'un jour très brillant).

Le Vénérable : «Pourquoi dites-vous cela ?»

Le premier Surveillant : «Parce que le grade d'apprentif est le premier.»

Le Vénérable frappe en app. et dit : «Puisqu'il est midi plein, Frères premier et deuxième Surveillants, avertissez chacun sur votre colonne que la Loge d'app\ est ouverte. »

En disant cela, le Vénérable et tout l'Orient font le signe d'app\

Le premier Surveillant interpelle les Frères qui sont sur sa colonne, chacun par ses qualités et grades, et dit que la Loge d'app\ est ouverte. En disant cela, il fait le signe d'app\ et tout le midy le fait en même temps que lui.

Le Vénérable Surveillant fait de même, ainsi que la colonne du Septentrion.

Le Vénérable et tous les Frères ayant fait ensemble la triple acclamation, s'écrient\\\ ...

 

FORMULE DE RECEPTION

Le Vénérable : «Mes Frères, nous sommes assemblés pour procéder à la réception au grade d'apprentif, de M. N. qui a été admis unanimement par le tenu de la dernière assemblée de laquelle le Frère secrétaire va vous lire le verbal.»

Le Frère secrétaire fait lecture dudit verbal.

Le Vénérable : «Mes Frères je vous prie de réitérer votre consentement si vous persistez dans la même intention. Si quelqu'un de vous a quelques raisons valables d'opposition, qu'il les dise hardiment, nous sommes tous Maçons, par conséquent discrets.»

Le Vénérable frappe un coup pour avertir les Frères de donner leur consentement en étendant la main droite sur le tracé de la Loge. Le consentement étant donné, le Vénérable députe un Frère pour préparer le profane, avant que le Frère Terrible sorte de la Loge.

Le Vénérable dit au Frère proposant : «Le discernement que cette Loge a toujours connu en vous, et le zèle que vous avez témoigné pour le service de l'art royal, nous sont garantie que le sujet proposé vous est parfaitement connu, et que vous nous répondez foi de Maçon des bonnes qualités du récipiendaire. C'est sur votre témoignage qu'il va être introduit, mais souvenez-vous que vous vous engagez formellement pour lui, et que vous nous répondez personnellement de ce profane. N'oubliez pas que vous vous engagez de plus à l'instruire de notre doctrine et de nos mystères. Je vous déclare au nom de cette Loge qu'il ne sera point admis à aucun autre grade, qu'il ne nous ait donné des preuves de sa condition, de sa sagesse, de son zèle. C'est à ces conditions m. c. f. que la Loge vous accepte pour répondant. Allez donc avec le Frère Préparateur le mettre dans l'état convenable à sa réception.»

Le Surveillant Proposant et le Frère Préparateur sortent ensemble et vont auprès du récipiendaire dans la Chambre des réflexions ; ils doivent l'aborder d'un air sérieux et poli. Le proposant lui fait une exhortation et lui dit qu'il espère n'avoir point à rougir de ce qu'il l'a proposé à la Loge. Il lui demande la rétribution prescrite par les règlements et le laisse entre les mains du Frère Préparateur. Il rentre en Loge et remet au Frère Trésorier les droits de réception de la part du Profane.

Le Surveillant Préparateur ayant fait quelques questions au récipiendaire, relatives à la démarche qu'il fait de se présenter pour être reçu, il doit lui présenter le danger des épreuves auxquelles il va être soumis et l'importance des obligations qu'il va contracter. Que la démarche qu'il fait est de la plus grande conséquence ; une fois engagé, il ne pourra plus s'en dédire, qu'il examine sérieusement ses dispositions, ses forces et son courage ; il est encore libre de se retirer, s'il a le moindre regret.

S'il le voit dans une ferme résolution, il lui dira d'un ton ferme :

« Monsieur, êtes-vous déterminé à obéir aveuglément et sans résistance, sur tout ce que je vais exiger de vous ? »

Si le récipiendaire répond OUI, le Surveillant Préparateur poursuit :

« Donnez-moi donc votre épée (s'il en a une), votre argent, votre montre, votre tabatière si elle est en métal, vos bagues, tous vos bijoux, vos boucles de souliers, de jarretière, même ceinture de culotte enfin tout ce que vous avez sur vous de métal sans oublier même les épingles. Cette précaution est absolument nécessaire.

Il ajoute, après avoir fait tout cela :

«Ce n'est pas encore assez Monsieur, il faut ôter vos jarretières, mettre votre soulier gauche en pantoufles, découvrir à nu votre genouil droit, quitter votre habit et votre veste, sortir votre bras gauche hors de la chemise, découvrir votre poitrine et votre mamelle gauche, vous voilà actuellement dans l'état où vous devez vous présenter. Voyez à présent, Monsieur, le cas que nous faisons des parures et des ajustements profanes. En ouvrant sur votre situation actuelle les yeux de l'âme, fermez ceux du corps, vous allez en être privé pour quelque temps. Heureux si le premier usage que vous en ferez est pour apercevoir la véritable lumière. Le bandeau mystérieux dont je vais les couvrir, va vous faire perdre de vue tous les objets qui ont jusqu'à présent fixé vos regards profanes. Etes-vous dans la ferme résolution de faire ce sacrifice à notre ordre ? Vous devez bien sentir que toutes ces préparations nous rendent absolument maîtres de vous. Vous êtes en notre pouvoir. c'est vous-même qui vous y êtes livré de votre propre mouvement, nous sommes assez généreux pour vous remettre en liberté si vous vous repentez de cette démarche. Nous n'exigerons pas même le secret de votre part sur ce qui s'est déjà passé. Ainsi, consultez-vous et ne faites rien dont vous dussiez vous repentir.»

Si le récipiendaire persiste, on lui met le bandeau sur les yeux en lui demandant sa parole d'honneur qu'il ne voit pas. En fait, le Frère Préparateur, le laissant en cet état à sa réflexion, rentre en Loge et vient rendre compte au Vénérable des dispositions du récipiendaire en lui apportant tous ses métaux.

Le Vénérable ayant donné ordre au Frère Préparateur d'aller chercher le profane, il va le prendre dans la Chambre des Réflexions par la main droite, lui fait appuyer de la gauche la pointe de l'épée sur la poitrine, en cet état le conduit jusqu'à la porte de la Loge à laquelle il frappe en Maçon. Le deuxième Surveillant en avertit le premier et celui-ci le Vénérable qui dit de voir ce que c'est. Le Vénérable Surveillant entrouvre et demande qui frappe ? Le Surveillant Préparateur répond : « C'est un gentilhomme profane qui demande à être reçu Maçon ». Le deuxième Surveillant referme et rend cette réponse au Vénérable par le premier Surveillant.

Le Vénérable dit :

«Demandez-lui son nom, son surnom, son pays, son âge, sa profession et sa religion.»

Le Frère Préparateur rend réponse à toutes ces questions.

Le Vénérable : «Demandez-lui encore s'il est dans les dispositions d'être fidèle à la Religion, à son Prince, à l'Etat, à l'Ordre du Maçon, d'aimer et de secourir ses Frères »

On rend réponse  

Le Vénérable : « Demandez au Frère Préparateur si ce profane est en état décent et s'il est soumis à toutes les épreuves que nous lui avons proposées.»

Le deuxième Surveillant lui ayant rendu réponse, le Vénérable frappe en Maçon et dit : «Introduisez le profane en la manière accoutumée.»

Le deuxième Surveillant ouvre la porte. Le Frère Préparateur ayant introduit le récipiendaire entre les deux Surveillants, lui dit : « C'est dans ce moment terrible M. , que vous devez vous armer de courage, j'ai fait tout ce qui a dépendu de moi pour vous mettre en état d'être reçu Maçon, c'est à vous d'achever par votre fermeté et votre constance, la carrière que vous avez commencée. Je vous abandonne à présent pour ne vous plus revoir de ma vie, à moins que vous ne vous rendiez digne de devenir mon Frère. Adieu, Frère Surveillant, je vous remets ce profane, vous en répondez à présent ». Le Frère deuxième Surveillant lui met la main sur l'épaule gauche et lui saisit le bras gauche, il dit alors :

«Frère premier Surveillant, le profane est entre nos mains.»

Le premier Surveillant met sa main gauche sur l'épaule droite du récipiendaire et lui saisit le bras droit. Il dit alors :

«Vénérable, le profane est entre nos mains, nous sommes Maîtres de lui.»

Le Vénérable ayant frappé en Maçon, tous les Frères se lèvent et se tiennent debout sans remuer, cracher ni moucher. Alors, le Vénérable, s'adressant au récipiendaire, lui dit d'un ton ferme et imposant :

«M. N. N., que pensez-vous faire ici ?»

«N'est-ce point la fin de curiosité qui vous amène ici, parlez vrai ?»

«Quel autre motif a pu vous déterminer, vous qui n'avez aucune idée de nos mystères ?»

«Vous sentez-vous assez de force et de courage pour supporter les épreuves par lesquelles il vous faudra nécessairement passer, quelque violente qu'elles puissent être ?»

«Etes-vous dans la disposition sincère d'aimer vos Frères, de les secourir dans leur besoin, les aider de vos lumières et de vos conseils, de votre bourse même, autant que vos moyens vous le permettront et de risquer votre vie pour secourir un de vos Frères en danger de perdre la sienne ?»

«Pouvez-vous, sans indiscrétion et sans nommer personne, ni la donner à connaître, nous confier en nous racontant quelque trait de bienfaisance de votre part ? Vous ne devez pas comprendre sous ce titre l'aumône faite à un pauvre, dont l'importunité a été peut-être l'unique cause, il nous faut des faits réels et que vous puissiez accorder avec la discrétion d'un galant homme.»

Si le récipiendaire a cité quelque action bienfaisante de sa part, le Vénérable lui dira :

«Nous n'attendions par moins, Monsieur, de votre grandeur d'âme et de la noblesse des sentiments qui vous ont ouvert ce Temple de la bénéficience ; ce que vous venez de nous dire est d'un augure très flatteur pour notre Loge, voilà Monsieur, des actions qui nous assurent des qualités de nos candidats. Après une action d'humanité aussi belle, nous ne devons plus avoir de méfiance à votre égard, nos craintes commencent déjà à s'évanouir. Les épreuves qui vous restent à subir vont pour jamais nous attacher à vous par des liens indissolubles. Mais, avant d'aller plus loin, je dois vous assurer que la fausseté des imputations que des ennemis jaloux nous font chaque jour, les foudres du Vatican injustement lancées contre nos temples, en ont respecté les murs : une fausse prévention ayant fait élever des orages contre nous, la sagesse du Maçon les a dissipés, notre conduite et nos œuvres nous ont fait connaître. Etre fidèle à la Religion, à son Prince, à l'Etat, aimer ses Frères, les aider dans leurs besoins, étendre nos vues de bienfaisance jusque sur le profane, fuir et détester le vice, plaindre les vicieux sans les haïr, voilà en abrégé Monsieur quels sont nos devoirs, nos lois, notre morale, si dans la suite vous apercevez le contraire de ce que je vous dis vous pouvez vous devez même le révéler, le publier : ainsi, n'ayez aucun regret de vous engager dans un Ordre respectable, cet honneur et cette faveur insigne sont recherchés tous les jours par des princes, des nobles et des roturiers. Ils se font gloire de se donner le doux nom de Frère. Selon ce que vous venez d'entendre, quelles sont vos dispositions ? Parlez librement, nous ne demandons que des sujets sincères et vrais. Qu'une fausse honte de vous désister de votre entreprise, ne vous engage pas à faire une démarche qui put vous causer un repentir. Vous êtes libre de profiter de ce moment de liberté qui vous reste, elle va expirer et il ne nous sera plus possible de vous la rendre ; voulez-vous vous retirer, partir ? »  

On laisse le profane à ses réflexions pendant un moment, après lequel, s'il persiste, le Vénérable ordonne au Frère deuxième Surveillant de le faire voyager.  

Le deuxième Surveillant prend alors le récipiendaire et le fait voyager trois fois autour de la Loge, en commençant par le Septentrion et finissant par le Midi. Après chaque tour, les Frères secouent leur tablier. Le récipiendaire ayant fini ses voyages, le Vénérable Surveillant dit : « Frère premier Surveillant, je vous remets le profane, commencez vos fonctions, les miennes sont finies.»  

Le Vénérable dit alors au premier Surveillant de reconduire le profane à l'Orient. Le récipiendaire étant alors au pied du trône, le Vénérable lui dit : « Monsieur, les épreuves que vous avez subies sont légères en comparaison de celles que vous avez à essuyer, je vous en avertis afin que vous puissiez agir en pleine liberté ; persistez-vous avec le même courage que vous avez témoigné jusqu'à présent ? »  

Après la réponse du candidat, on le fait asseoir sur un tabouret et le Vénérable lui adresse le discours suivant :

« Monsieur, I'empressement que vous avez montré pour entrer dans le très ancien, très respectable et illustre Ordre des Frères Maçons et le témoignage authentique que notre cher Frère, votre proposant, nous a rendu de vos qualités, nous font un présage heureux que vous possédez les vertus nécessaires pour parvenir au Temple de la Vérité. Mais, avant de vous dévoiler nos mystères sacrés, il faut qu'au nom de cette respectable société, dont j'ai l'avantage d'être le chef, j'entre avec vous dans le détail des qualités qui doivent caractériser un vrai Maçon. Sans chercher à combattre les préjugés répandus contre notre Ordre, préjugés dont la fausseté se démontre au premier examen, je vais m'attacher uniquement à vous rappeler les dispositions que nous exigeons de vous et les règles auxquelles il faudra nécessairement vous soumettre pour arriver à la perfection dont il est le but. Tous les législateurs politiques n'ont pu former des établissements durables ; quelque sages qu'aient été leurs lois, elles n'ont pu s'étendre dans tous les pays et dans tous les siècles. Comme elles avaient dans chaque Etat des vues particulières, elles n'ont pu devenir universelles, ni convenir au goût et au génie de chaque nation. L'amour de la patrie mal entendu et la diversité des intérêts, détruisant bientôt chez les uns et les autres, l'amour de l'humanité. Dès lors, le monde entier, qui dans sa primitive institution ne devait former qu'une république universelle, dont chaque nation était une famille et chaque particulier un enfant, vit la discorde, la haine, la jalousie, l'orgueil, le vil intérêt lui déchirer le flanc ; tous les membres épars de ce grand corps sanguinolent et se détruisant bientôt par eux-mêmes. Ce fut pour faire revivre et répandre ces anciennes maximes, prises dans la nature même de l'homme, que notre Ordre fut établi. Voulant par là, réunir tous les hommes d'un esprit éclairé et d'une humeur douce et agréable, non seulement par l'amour des beaux arts, mais encore plus par les principes de la vertu la plus éprouvée. Telle a été Monsieur, l'intention de nos ancêtres, quelle obligation n'avons-nous pas à ces hommes supérieurs, qui uniquement guidés par le désir d'un bien général, ont imaginé un établissement dont le seul but est la réunion des esprits et des œuvres cimentée par les liens de la plus solide vertu ? La saine morale est l'étude la plus essentielle de notre société. Les beaux arts et la contemplation de la nature viennent ensuite nous distraire agréablement en élevant notre esprit vers le Créateur. Si les Ordres religieux furent établis pour rendre les hommes plus parfaits, les Ordres militaires pour inspirer l'amour de la gloire ; l'Ordre des Francs-Maçons fut institué pour former des hommes aimables, de bons citoyens et de bons sujets, inviolables dans leurs promesses, fidèles observateurs des lois de l'amitié et plus amateurs de la vertu, que des récompenses qui lui sont dues. Nous bannissons de nos Loges toutes disputes pouvant altérer la tranquillité de l'esprit, la douceur des mœurs et les sentiments d'amitié que nous devons à nos Frères. C'est là qu'uniquement occupés du soin de nous instruire, nous pratiquons le bien et démasquons le vice. C'est là que l'orgueil est forcé de plier et qu'une aimable égalité est substituée aux vains titres de grandeur et de noblesse. C'est là enfin, que la Charité, la mère et le principe des autres vertus, y brille dans tout son éclat et embellit un Ordre dont elle est le soutien et le fondement. Loin de rien entreprendre contre les intérêts de la Religion, du Prince et de l'Etat, nos vœux les plus sincères ne tendent qu'à la gloire du suprême architecte de l'univers, qu'à la prospérité du souverain qui nous gouverne et à la splendeur de l'Etat dans lequel nous vivons. Mais un profond silence sur des matières si respectables nous est expressément ordonné, sous peine d'exclusion irrévocable. Enfin, les dernières qualités que nous exigeons encore de vous, sont une discrétion à toute épreuve sur tous les secrets qui vous ont été révélés, une volonté ferme et constante d'aimer vos Frères, de les protéger, de les secourir dans leurs besoins, de les éclairer de vos lumières, de les édifier par vos bons exemples, de sacrifier tout ressentiment personnel, et de rechercher en un mot, tout ce qui peut contribuer à la paix, à la concorde et à l'union de la Société. Je ne sais Monsieur, si j'aurai réussi dans le plan que je viens de vous offrir des obligations que vous allez contracter, mon dessein a été de vous frayer la voie que vous devez suivre, j'espère que l'ardeur que vous témoignez suppléera à tout ce qui me reste à vous dire. Puisse le Grand Architecte de l'Univers, nous accorder toute la satisfaction que nous nous promettons, et que votre initiation s'accomplisse pour la plus grande gloire, la prospérité de l'Ordre et votre avancement dans la perfection. Selon ce que je viens de vous dire, Monsieur, êtes-vous résolu de prononcer avec toute la liberté d'esprit, l'engagement et l'obligation que je vais vous dicter ? Etes-vous dans la ferme résolution et la signer et sceller de votre sang ? En ce cas-là, Monsieur, mettez-vous à genoux, pour venir vous-même, découvrez la place de votre cœur, à nu ; la pointe de ce compas doit reposer dessus, tandis que vous prononcerez le serment redoutable qui va vous ouvrir la porte de notre Temple. Levez la main droite vers le trône de l'Etre Suprême qui vous voit et vous entend, répétez avec moi.»  

A l'instant où le profane va prononcer son engagement, le Vénérable frappe le coup de silence, tous les Frères s'approchent en tournant sur lui la pointe de leurs épées. Le premier Surveillant dit alors brusquement au récipiendaire :

«Arrête, téméraire ! Tu vas prononcer l'arrêt de mort. Tremble dans ce moment redoutable. Si ton cœur n'est pas d'accord avec ta bouche, retire-toi.»

Le Vénérable lui fait répéter mot à mot la formule suivante :

 

FORMULE

«Oui ! grand Dieu, je promets d'être fidèle à ta sainte religion, à mon souverain et à ma patrie, d'aimer et de secourir mes Frères dans leurs besoins, autant que mes facultés et la providence me le permettront. Je promets un attachement et une fidélité inviolables à l'Ordre respectable du Franc-Maçon. Je promets, en homme d'honneur, de garder très étroitement le secret sur les mystères qui me seront confiés, étant résolu fermement, de perdre plutôt la vie que de révéler à un profane, rien de ce qui a rapport à la Maçonnerie. Plutôt que de manquer à ma parole, je préférerai avoir la gorge coupée, mon corps brûlé et mes cendres jetées au vent. Que le Grand Architecte de l'Univers soit à mon aide et me préserve d'oublier mes engagements.»

Le Vénérable dit ensuite :

«Vous voilà maintenant engagé d'une manière irrévocable, il n'est plus en votre pouvoir de vous rétracter, vous nous appartenez bien légitimement, puisque vous vous êtes donné volontairement à nous. Je compte qu'en répétant avec moi, vous avez senti la force et l'étendue des obligations que vous contractiez et que vous êtes bien dans l'intention de les exécuter. Voyons à présent si votre sang est aussi pris que votre volonté.»

En donnant trois coups de maillet sur la tête du compas qui repose sur son cœur, il lui dit :

«Par le pouvoir dont cette respectable Loge m'a revêtu, je vous reçois Maçon. Levez-vous. Le titre de Frère va désormais vous appartenir et je vais proclamer votre admission aux quatre parties de ce Temple.»

«Frères premier et deuxième Surveillants, Vénérables passés Maîtres, Vénérable en exercice, Off. Dign\ M en F\ G\ qui composez cette R\ L\ reconnaissez le F\ N pour apprentif Maçon et applaudissons à son admission.»

On fait la triple acclamation.

«Frère premier Surveillant, reconduisez le Frère à l'Occident et mettez-le en état de voir la Lumière.»

Le premier Frère l'emmène à l'Occident, lui ôte les bandeaux et ne les laisse tomber que lorsque le Vénérable a frappé le troisième coup du signal, à l'instant deux Frères placés aux deux côtés du récipiendaire jettent sur une bougie allumée une pincée de poix résinée, pour faire une grande flamme au moment où il voit le jour. Lorsque le bandeau est levé, le premier Surveillant dit au Vénérable : «Tout est prêt». Les Frères ont eu soin de tourner la pointe de leurs épées contre le récipiendaire et le Vénérable dit : «Mon Frère, ces épées dont vous voyez la pointe dirigée contre votre cœur, vous annoncent le châtiment qui vous serait réservé si jamais vous deveniez indiscret, de même qu'elles vous assurent du secours que vous devez attendre de vos Frères, si vous étiez dans le cas d'en avoir besoin.»

Le Vénérable frappe ou remet les épées : le Patron du récipiendaire vient l'embrasser et le conduit hors de la Loge pour le faire habiller. Il le conduit ensuite entre les deux Surveillants, lesquels avertissent le Vénérable que le récipiendaire demande à être revêtu en Maçon. Le Vénérable ordonne à son Frère premier Surveillant de faire monter les trois marches d'escalier et de faire avancer le récipiendaire par trois pas d'app\. Le récipiendaire étant en face du Vénérable, le Vénérable dit :

« M\ C\ F\ vous entrez dans un nouveau monde, bien différent de celui dont vous sortez. Il faut vous dépouiller de toutes les passions qui pourraient affaiblir les heureuses dispositions que nous avons remarquées en vous, décoré des ornements maçonniques dont nous allons vous revêtir. Faites-nous connaître de plus en plus votre zèle et votre attachement à vos devoirs, que vous êtes digne de la faveur signalée que nous allons vous faire, et justifier notre choix par votre exactitude à les remplir. Je vais commencer à vous dévoiler nos mystères, mais ne croyez pas parvenir tout d'un coup dans le sanctuaire de la vérité. Un voile épais vous la cachera encore longtemps (ou pendant quelque temps), ce n'est que dans le dernier des hauts grades, que vous la verrez toute nue ; nous allons seulement vous confier quelques objets de la Maçonnerie qu'on appelle allégorique, méritez par votre conduite que nos emblèmes vous soient expliqués.»

 

HISTOIRE DU GRADE

«Quoique notre Ordre soit fort ancien, pour des raisons que vous saurez ensuite, nos ancêtres ont jugé à propos de fixer la première époque de la Maçonnerie à la construction du Temple, sous le règne de Salomon. Comme cet édifice était considérable, il était nécessaire d'établir un Ordre pour faire exécuter sans confusion tous les différents ouvrages. Le sage roi établit donc différentes classes d'ouvriers à qui il confia les différents travaux. La première classe était celle des apprentifs. Leur devoir était d'aider les compagnons et de dégrossir les pierres brutes, enfin on les chargea des ouvrages plus aisés, comme de porter les matériaux dont on pouvait avoir besoin. On leur donna un tablier, qui est la marque de tout Maçon, un signe, un attouchement et un mot pour se faire reconnaître, car sans cette précaution, il aurait été impossible de les distinguer des autres pour payer chaque fois le salaire convenu.

«Il fut assigné à chaque classe un lieu où ce payement devait leur être fait. Les apprentifs se rendirent auprès d'une colonne nommée JAKIN, qui était à gauche du parvis du Temple. Là, après avoir donné le signe, le mot et l'attouchement convenus, ils recevaient leurs salaires. Ce sont ces mêmes signes, attouchement et mot qui sont parvenus jusqu'à nous sous le secret le plus inviolable et que je vais vous communiquer.»

Le Vénérable la lui donne

« Je vous revêts de ce tablier, plus noble et plus ancien que le cordon de la Toison d'Or et que vous devrez toujours, porter en Loge. Sa blancheur vous dénote la conduite d'un vrai Maçon. Je vous donne aussi ces gants, symbole de la pureté des mœurs d'un Maçon dont les mains ne doivent jamais se prêter à aucune action malhonnête. Quoique dans nos Loges nous n'admettions pas de femmes, cependant le cœur d'un Maçon est sujet à des faiblesses attachées à notre nature. Il peut aimer, il doit estimer le beau sexe. Je vous remets donc ce gant de femme, M\ F\ R\ à condition que vous ne le donniez qu'à une personne estimable par ses mœurs et en qui vous aurez remarqué des qualités dignes de fixer le cœur d'un galant homme. Etant assuré à présent de la générosité de votre âme, je n'hésite plus à vous rendre vos métaux et vos bijoux, persuadé de la disposition où vous êtes à les sacrifier au soulagement de vos Frères dans le besoin.

«Je vous félicite (en l'embrassant) à présent M\ C\ F\ du bonheur que vous avez d'être Maçon. C'est un avantage bien grand pour vous et vous le reconnaîtrez un jour. Allez vous faire connaître à vos Frères.»

Le Surveillant des Cérémonies conduit le récipiendaire à tous les Surveillants de la Loge auxquels il donne le signe, le mot et l'attouchement. Il revient ensuite le dire au Vénérable qui lui dit : « Il me reste à vous donner le mot de passe pour entrer dans nos Loges : allez vous placer M\ C\ F\ pour entendre l'instruction que va vous donner le C\ F\ orateur, au nom de la Loge».

 

DISCOURS DE L'ORATEUR

Le discours fini, on ramène le récipiendaire entre les Surveillants pour lui expliquer le tableau, ensuite le Vénérable ordonne au Frère premier Surveillant de le faire travailler sur la pierre brute. Il le fait en apprentif, après quoi on applaudit au travail du N\ Récipiendaire.

Le Vénérable ordonne ensuite au Frère Surveillant de faire la lecture des règlements que le N\ doit signer.

S'il n'y a plus de travail à faire, on ferme la Loge de la manière suivante, cependant le Vénérable invite auparavant le récipiendaire à signaler son entrée dans l'Ordre, par quelque aumône en faveur des pauvres ; le récipiendaire ayant donné l'exemple, on fait courir le tronc des pauvres.

     

INSTRUCTION

Le Vénérable D. : «Etes-vous Maçon ?»

Le 1er Surveillant : « Mes Frères et compagnons me reconnaissent pour tel.»

D. : «Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon ?»

N. : «Parce que j'étais dans les ténèbres et que j'ai voulu voir la lumière.»

D. : «Qui vous a engagé à vous faire recevoir Maçon ?»

N. : «Mon propre désir et ma sincère volonté.»

D. : «Que vous en a-t-il coûté ?»

N. : «La Lumière et mes métaux.»

D. : «A quoi connaîtrai-je que vous êtes Maçon ?»

N. : «Au signe, au mot et à l'attouchement.»

D. : «Donnez-moi le signe ; on le donne »

D. : «Que signifie-t-il ?»

N. : «Il me rappelle mon obligation par laquelle j'ai consenti à avoir la gorge coupée, si je deviens parjure à mes engagements.»

D. : «Donnez-moi l'attouchement.»

N. : «On le donne au Vénérable Surveillant.»

D. : «Donnez-moi le mot.»

N. : «Je vous le donnerai comme je l'ai reçu» (on l'épelle).

D. : «Que veut dire ce mot ?»

N. : «Le Seigneur est mon espérance.»

D. : «D'où vient ce mot ?»

N. : «D'une colonne qui était à la gauche du parvis du Temple auprès de laquelle les Apprentifs allaient recevoir leur salaire.»

D. : « Quel est le mot de passe d'Apprentif ?»

N. : « TUBALCAIN.»

D. : «Que veut dire ce mot ?»

N. : «C'est le nom du premier ouvrier dont il soit fait parler dans l'écriture.»

D. : «Qu'entendez-vous par signe ?»

N. : «Tout équerre, niveau ou perpendiculaire.»

D. : «Qu'entendez-vous par attouchement ?»

N. : «J'entends la façon de se prendre la main pour se reconnaître entre Frères.»

D. : «Qu'entendez-vous par parole ?»

N. : «Un mot sacré et mystérieux qui sert à me faire reconnaître pour Apprentif.»

D. : «Quel est le point parfait de votre entrée ?»

N. : C'est la manière de se camper et de marcher en Maçon.»

D. : «Qui vous a introduit en Loge ? »

N. : «Un gentilhomme de mes amis, que j'ai ensuite reconnu pour Maçon.»

D. : «Comment avez-vous été annoncé en Loge ?»

N. : «Par trois grands coups.»

D. : «Que signifient-ils ?»

N. : «Trois passages de l'Ecriture Sainte : Demandez et vous recevrez ; Cherchez et vous trouverez ; Frappez et on vous ouvrira.»

D. : «Que vous ont produit ces trois coups ?»

N. : «Le deuxième Surveillant qui m'a fait voyager 3 fois d'Occident en Orient par le Septentrion et 3 fois d'Orient en Occident par le Midy.»

D. : «Quand êtes-vous entré en Loge, qu'avez-vous vu ?»

N. : «Rien que l'esprit humain puisse comprendre.»

D. : «Pourquoi ?»

N. : «Parce que j'étais privé de la véritable Lumière.»

D. : «Comment étiez-vous habillé, quand on vous a introduit en Loge ?»

N. : «J'étais nu, ni vêtu, ni chaussé, ni déchaussé mais cependant d'une manière décente et séparé de tous métaux.»

D. : «Pourquoi étiez-vous séparé de tous métaux ?»

N. : «Parce que dans le temps où l'on construisit le Temple de Salomon, tous les matériaux étaient taillés et prêts à être mis en œuvre, de sorte que l'on n'entendit frapper aucun coup de marteau.»

D. : «Pourquoi dans ce voyage mystérieux, vous faisait-on lever le pied et baisser la tête ? »

N. : «Parce que lors de la construction, il fallait lever le pied pour passer sur les matériaux et baisser la tête pour passer sous les échafauds.»

D. : «Qu'avez-vous fait après vos voyages ?»

N. : «J'ai contracté une obligation à laquelle je serai fidèle même au péril de ma vie.»

D. : «Où vous a-t-on conduit après cette obligation ?»

N. : «Aux extrémités des ouvrages pour voir la Lumière.»

D. : «Quand on vous a donné la Lumière, qu'avez-vous vu ?»

N. : «Trois grandes Lumières le soleil, la lune et l'étoile flamboyante ou le Vénérable »

D. : «Expliquez-moi cela ?»

N. : «Comme le soleil éclaire pendant le jour et la lune pendant la nuit, de même l'étoile flamboyante ou le Vénérable, préside à la Loge pour l'éclairer de ses sages conseils et de ses lumières.»

D. : «Comment êtes-vous parvenu au Temple ?»

N. : «Par un escalier à 3 marches et par 3 pas en équerre, à la manière des Maçons.»

D. : «Que signifient ces 3 marches et ces 3 pas ?»

N. : «Les 3 voyages mystérieux, ou l'épreuve que l'on m'a fait subir.»

D. : «Comment voyagent les Apprentifs ?»

N. : «D'Occident en Orient pour chercher la Lumière.»

D. : «Comment vous appelez-vous ?»

N. : «HORUS, qui veut dire silence.»

D. : «Quel âge avez-vous ?»

N. : «Trois ans et plus.»

D. : «Qu'est-ce que cela veut dire ?»

N. : «Les années d'épreuve que l'on exigeait jadis avant d'être reçu Maçon.»

D. : «Dans quelle Loge avez-vous été reçu ?»

N. : «Dans une Loge juste et parfaite.»

D. : «Qu'appelez-vous une Loge juste et parfaite ?»

N. : «Trois la forment - Cinq la composent - Sept la rendent juste et parfaite.»

D. : « Comment appelez-vous votre Loge ?»

N. : «La Loge Saint-Jean.»

D. : «Ou est-elle située ?»

N. : «Dans un lieu saint et sacré, tel que la Vallée de Josaphat.»

D. : «Sur quoi est-elle fondée ?»

N. : «Sur trois grandes colonnes : SAGESSE, FORCE et BEAUTE ; sagesse pour entreprendre, force pour exécuter, beauté pour orner.»

D. : «Quelle est la forme de votre Loge ?»

N. : «La même que celle d'un globe.»

D. : «Quelle est sa longueur ?»

N. : «De l'Orient à l'Occident.»

D. : «Quelle est sa largeur ?»

N. : «Du Septentrion au Midi.»

D. : «Quelle est sa profondeur ?»

N. : «Depuis la surface jusqu'au centre.»

D. : «Sa hauteur ?»

N. : «Un espace immense.»

D. : «Qu'entendez-vous par là ?»

N. : «Que le globe terrestre renferme tous les Maçons, lesquels ne composent qu'une seule et même Loge.»

D. : «Où se tient le Vénérable en Loge ?»

N. : «A l'Orient.»

D. : «Pourquoi ?»

N. : «Comme le soleil ouvre sa carrière de ce côté, de même le Vénérable s'y tient pour ouvrir la Loge, mettre les ouvriers en œuvre et les éclairer de sa Lumière.»

D. : «Où se tiennent les Frères Surveillants ?»

N. : «A l'Occident.»

D. : «Pourquoi ?»

N. : «Comme le soleil termine sa carrière de ce côté, de même les Surveillants s'y tiennent pour fermer la Loge, payer les ouvriers et les envoyer contents.»

D. : «Où se tiennent les Apprentifs ?»

N. : «Au Septentrion.»

D. : «Pourquoi ?»

N. : «Afin que de ce côté obscur ils puissent considérer les travaux des compagnons.»

D. : «Avez-vous reçu des gages ?»

N. : «Oui, Vénérable.»

D. : «Où les avez-vous reçus ?»

N. : «A la colonne J.»

D. : «A quelle heure se ferme la Loge ?»

N. : «A minuit.»

D. : «Quelle heure est-il ?»

N. : «Minuit plein.»

Le Vénérable frappe trois coups et dit : «Puisque la Loge se ferme à minuit, et qu'il est minuit plein, Frères premier et deuxième Surveillants, avertissez chacun sur votre colonne que la Loge d'Apprentif est fermée » , en disant cela, le Vénérable et tout l'Orient font le signe d'apprentif.

Le premier Surveillant frappe et annonce que la Loge est fermée. Il fait le signe, de même que la colonne du midy.

On fait la triple acclamation.

Le deuxième Surveillant fait de même avec le Septentrion.

 

(Bibliothèque de Lyon. Fonds Costes. ms 5937 (307)

Partager cet article

Commenter cet article