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Hauts Grades

Approche et compréhension du symbolisme

18 Décembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Un certain 26 avril 2002 , je naissais sans vraiment encore le savoir à travers le symbolisme… Pour être totalement transparent avec vous mes frères, jusqu’à ce moment précis le symbole ne représentait pas grand-chose dans ma vie. Du moins quelque chose de difficile à cerner, à appréhender. Depuis je travaille dessus, ou du moins devrais je dire avec ou encore à travers… Lors de mon initiation, une phrase a particulièrement retenu mon attention :

  • "Ici tout est symbole"

Dans le rituel d'initiation au premier degré, celui d'apprenti Franc-Maçon, cette phrase décrit la voie symbolique : "Ici, nous apprenons à regarder la modalité symbolique de tout ce qui existe". Ce jour là, je n’ai pas réussi à la comprendre ni même à lui donner un sens. Dès lors, j’ai voulu déterminer précisément ce que pouvait être le symbole. Voici des définitions données dans le dictionnaire :

  • Ce qui représente autre chose en vertu d’une correspondance analogique.

Ou encore

  • Objet ou fait naturel de caractère imagé qui évoque par sa forme ou sa nature, une association d’idées spontanée avec quelque chose d’abstrait ou d’absent.

Je me pose alors une question, est il si facile est si évident de définir le ou les symboles ? Est ce que les mots suffisent à eux seuls à décrire, à exprimer, à définir le contenu pour d’un symbole? Certains disent que définir le symbole, c’est le limiter. Lui donner une signification particulière, c’est le détruire. Le symbole constitue un processus de connaissance. Chaque symbole n’a de sens qu’en fonction de la personne qui le conçoit. Bachelard disait, je cite :

  • Quand un symbole puise ses forces dans le cœur même, combien grandissent les visions !

Je me rends compte aujourd’hui que le symbole est présent dans le langage, les gestes, les rêves… Ils constituent un mode d’expression millénaire. Il serait vain de penser que, dans son évolution, l’humanité a passé par le stade du symbole pour atteindre ensuite un stade ultérieur qui serait celui du langage. Nous ignorons comment les choses se sont passées dans le temps et nous ne disposons d’aucun moyen pour en comprendre le mécanisme. Ils sont présents depuis toujours, depuis que l’homme habite cette terre. Mais le symbole n’est sans doute pas si simple! Faut il encore réussir à se l’approprier. Savoir qu’un signe ou qu’un symbole se prête à de multiples interprétations ne suffit pas toujours. Il faut là encore savoir leurs donner un sens, savoir les faire vivrent en nous. Il s’agit là d’une véritable démarche personnelle. Car chacun traduit avec ses mots, sa sensibilité, son cœur ce que peuvent représenter images ou symboles. Le langage fait choix d’un certain nombre de signes qu’il associe par quelques règles simples, afin de permettre à chacun de parler, d’échanger des pensées avec d’autres. Il s’agit de faciliter des échanges à propos de choses apprises, comprises, connues, de choses qui existent déjà. Par contre le symbole est lié à la création, à l’invention, à la découverte. C’est peut-être dans ce sens qu’il précède le langage. Si un symbole peut avoir plusieurs significations, il peut alors arriver qu’elles paraissent incompatibles et même contradictoires. En fait c’est une question. Aujourd’hui je suis persuadé que le symbole peut s’entrevoir, s’imaginer en trois étapes :

  • Découvrir
  • Comprendre
  • Créer

Le symbole est donc l’outil qui facilite la découverte du monde de l’inconscient et qui de ce fait ouvre la voie vers l’épanouissement de la personnalité et offre l’agrandissement du moi et le passage au soi. Lorsqu’il est perçu, le symbole agit comme un voile que l’on lève. Les symboles donnent un visage à nos désirs, ils peuvent aussi paraît-il nous révéler à nous même... Ils nous incitent à l’action, ils modèlent notre comportement, ils amorcent nos succès comme nos insuccès.Je retiendrai cette expression :

  • Le symbole est un lien entre ce qui ne signifie rien pour nous et ce qui peut signifier quelque chose.

La perception d’un symbole est donc personnelle autant que l’interprétation d’un rêve d’ailleurs. Cela ne signifie pas que le symbole porte un sens variable d’individu à individu, mais bien que seule l’expérience vécue par la personne ouvre l’accès au sens du symbole. Le cheminement doit avant toute chose être personnelle. Je crois qu’il ne suffit pas de mettre en œuvre l’intelligence, la mémoire, le raisonnement l’imagination. C’est un véritable travail sur soi même qui débute alors. Ce travail ne s’harmonise qu’autour d’une certaine sensibilité, une certaine perception sans nul doute, mais aussi à pressentir et à deviner. Bref, c’est donc bien la totalité de la personne qui doit être engagée. Le sens du symbole est perçu par des approches successives. On le trouve dans des textes, des images, des rituels, des monuments, des poèmes, des épopées, des mythes, des œuvres d’art, et même dans de simples flaques d’eau... Encore convient-il pour y parvenir de disposer de quelques fils conducteurs. Une première règle peut s’énoncer sous la forme : « Aucun emblème n’enseigne rien. » Le symbole n’est rien par lui-même. Les signes ne sont porteurs de sens que si nous les avons chargés de sens nous même. Apprenti, je me suis trouvé face à deux symboles : l’équerre et le compas. Symboles qui m’ont demandé un temps, d’observation et de réflexion. Puis il m’a fallu comprendre, saisir le rôle du symbolisme. J’ai alors découvert son caractère traditionnel en Franc-Maçonnerie. Caractère traditionnel qui permet la transmission à travers l’utilisation d’un « matériel » symbolique déterminé constitué d’objets, de paroles, de gestes et d’actes. J’ai ensuite découvert les différentes fonctions du symbole. Fonctions au nombre de cinq. Fonction anti-dogmatique, qui se caractérise par la diversité des interprétations possible du symbolisme. Fonction représentative, image représentative de l’idéal moral de la franc-Maçonnerie, unit par le beau et le bien. Fonction projective, la signification seconde de chaque symbole, offre la possibilité à chacun de faire appel à son inconscient et donc ouvre un passage à l’introspection. Fonction éducative, à travers un rituel le symbolisme propose à chacun l’échange serein d’idées, aide et accompagne le développement bénéfique de son comportement. Fonction égalitaire, instrument de culture, le symbolisme permet à chacun et ce quelque soit son niveau d’accéder aux différents domaines de la connaissance. Cette partie ma sans doute énormément aidé dans ma démarche. Puis est venu mon passage au grade de compagnon. Alors que les symboles du premier degré, ne m’avaient livré qu’une infime partie d’eux... voici que je vivais maintenant à travers cinq voyages une fois encore un moment émouvant, intimidant, et suscitant en moi une multitude de questions... Cette fois je me trouvais face à cinq nouveaux symboles... maillet et ciseau... équerre et compas... règle et levier... niveau... truelle... Et leur sens...

  • Symbole de l’amélioration pour le premier voyage
  • Symbole de la recherche de la Justice et de la Vérité pour le 2è
  • Symbole de l’étude de la Nature pour le 3 è
  • Symbole de l’égalité pour le 4 è
  • Et enfin Symbole de la glorification du travail pour le 5 è et dernier voyage

A la différence de mon initiation, les cinq voyages d’initiation du grade de compagnon n’avaient plus le caractère d’épreuves, mais de figure représentant les étapes de connaissance. Je découvrais aussi l’étoile flamboyante... ou le pentagramme. Elle est notre étoile polaire, l’astre de la pensée libre. Elle est le symbole essentiel de notre grade. Elle nous indique à nous Compagnon que nous devons devenir à notre tour source de chaleur, de lumière, de compréhension. L’étoile flamboyante a cinq pointes, ainsi elle figure les quatre membres de l’homme et la tête qui la gouverne. Représentant ou plutôt symbolisant l’homme se tenant debout. Ce symbole correspondrait-il à un certain moment dans la vie d’un homme ? L’étoile flamboyante symbole des facultés intellectuelles les plus nobles, elle est l’emblème du pouvoir et de la Volonté. Placée entre le Soleil et la Lune, elle forme avec eux le triangle en unissant leurs lumières combinées. C’est le symbole même de la réunion de toutes les vérités conciliées par la Lumière, en même temps que la clarté personnelle de la voie intérieure. Ainsi chacun crée son Etoile flamboyante par ses pensées, ses sentiments, sa conscience et ses actes. L’Etoile flamboyante est le résultat du travail matériel et du travail intellectuel, elle indique alors que le grade de Compagnon est celui du travail. En parcourrant mon livret de compagnon, un passage a retenu mon attention, je vous le lis :

  • « Il faut donc insister sur la dimension sociale et fraternelle du grade de Compagnon. Le travail sur soi et avec les autres est au centre de l’aventure de ce grade. »

Le travail est en soi l’effort constant de l’homme pour se délivrer progressivement des fatalités qui pourraient le diminuer. Il est donc le moyen de la liberté. Presque tout, en réalité dépend donc de notre courage, et nous sommes les artisans de notre destin. L’Etoile flamboyante est composée de la lettre G en son centre. Lettre G que nous pouvons décomposer en cinq mots :

  • Gravitation
  • Géométrie
  • Génération
  • Génie
  • Gnose

Gravitation : Pour la force qui régie le mouvement et l’équilibre de la matière. Cette loi qui régit le domaine physique devient symboliquement l'image de la cohésion entre les opinions de personnes qui possèdent des aspirations communes. Celle qui rapproche les cœurs et assure la solidarité de l’édifice maçonnique par l’union de la Fraternité. Géométrie : Pour le maçon la géométrie c'est en tout premier lieu cultiver l'esprit de géométrie. C'est travailler sur les symboles, les outils (l'équerre et le compas) afin de former des hommes libres. Pythagore avait inscrit au dessus de la porte de son temple : « Que nul n’entre ici s’il ne connaît la géométrie... que nul n’entre s’il n’est que géomètre ». Génération : Je vous crée, reçois et constitue Apprenti Franc-Maçon. Considérée comme force vitale dont le but est de perpétuer la série des individus. Génie : Le génie évoque l'effort que le compagnon devra sans cesse fournir. Pour cela le compagnon travaille à l'obtention d'une pierre parfaitement cubique. Il doit se servir de la perpendiculaire représentant la profondeur dans l'observation, du niveau représentant la sérénité dans l'application, de l'équerre représentant la rectitude dans l'action. Le génie suppose la continuité dans l'action et la persévérance dans l'effort, il doit être solidaire du travail et Buffon la définit comme une longue patience. Il doit éclairer l'Humanité et se mettre au service des nobles causes. Gnose : La connaissance de soi et le travail intérieur afin de parvenir à l’éveil de la conscience. La gnose maçonnique n'est ni religieuse, ni antireligieuse, elle possède sa propre conviction, la foi en l'Homme. Pour la maçonnerie il n'existe pas de donnée révélée mais un cheminement symbolique vers ce qui pourrait être appelé Vérité. La maçonnerie considère que le profane chemine longuement, parvient devant un seuil, bute contre une porte qu'il franchit, en recevant de ceux qui l'ont franchie avant lui, la clé nécessaire. Tous ces symboles représentent le chemin, lignes géométriques qui servent au Franc-Maçon pour donner à sa pensée la cohérence d'une forme équilibrée laquelle sert à son tour d'armature à l'oeuvre maçonnique afin qu'elle soit harmonieuse solide et indestructible. Mon chemin à travers les symboles est encore long, difficile, avec un questionnement permanent. Je ne cherche vraisemblablement pas à mettre une réponse en face de chaque point d’interrogation. Ma démarche est véritablement tournée vers une réflexion de fond. Réflexion qui je le reconnais me bouscule assez. Alors, c’est avec une certaine patiente et les yeux grands ouverts que je poursuis mon chemin, mon aventure dans le monde des symboles.

Source : http://reveil.anicien.free.fr

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