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Hauts Grades

Atelier,Loge,Temple

25 Avril 2012 , Rédigé par Pierre Lengyel Publié dans #Planches

Trois mots pour définir un espace temps très précis ; mots que l'on emploie d'une façon incorrecte, tant l'habitude est grande chez les Maçons, emploi qui ne fait plus, la différence des nuances de chacun d'eux.
J'ai donc repris le dictionnaire du F LITTRE, afin d'en savoir plus, sur le sens du mot atelier
Je cite donc : " lieu où travaille un certain nombre d'ouvriers, mais aussi lieu de travail d'un peintre, d'un sculpteur , mais encore suivant l'étymologie, c'est le lieu où l'on prépare les attelles, qui sont de petites planches ! ".
Faut il prendre à la lettre cette fabrique d'attelles, et la transposer dans le monde des symboles maçonniques ? On le peut si l'on considère qu'une attelle aide, en cas d'incident, d'accident, aide donc à marcher. C'est que l'on doit apprendre, au profane, à faire les trois pas, en considérant qu'une fois initié, il " marchera droit ! ". Toujours dans le Littré, une attelle est utilisée dans l'attelage des chevaux, en flamand une attelle devient un copeau. Cette définition est intéressante à double titre, au cheval fou qu'est l'impétrant dans sa vie profane, dans l'atelier, la Maçonnerie, va lui mettre des guides, en lui imposant le silence , et il va laisser sur le parterre de l'atelier non pas des copeaux, mais des morceaux de pierre. Ainsi guidé et raboté, l'apprenti va progressivement s'intégrer dans la Loge. Cet apprenti comme dans la vie professionnelle, va changer de vêtements (sur le plan symbolique s'entend), et il va se taire pour mieux prendre en compte l'expérience des ouvriers confirmés. Par l'observation, il apprendra, et il préparera son avenir.
Pour la Loge : même source de renseignements, de notre F Littré : entre autre, cabinet dans lequel on enferme chaque concurrent pour les prix de peinture, de sculpture et d'architecture, les concurrents entrent en Loge, nom de petit cabinet rangé par étages au pourtour d'une salle de spectacle, mais aussi être aux premières loges, être bien placé pour voir, pour jugé quelque chose, cabinet où les acteurs s'habillent. Le Littré, précise que c'est aussi le nom de lieux de commerce pour les Européens, en Afrique et en Asie. Etant entre deux étapes de son initiation, je pense que le compagnon est aux premières loges pour comparer et faire un constat sur sa vie comme apprenti et sur son devenir comme futur maître, d'autre part le grade de compagnon est aussi celui des Arts et des sciences, et s'il est enfermé temporairement dans le grade de compagnon, c'est pour mieux parfaire ses connaissances, à ceci près qu'en maçonnerie, il n'y a pas de concours ni de concurrents. Si l'on constate que le commerce profane est basé sur des échanges, le compagnon, nanti de la Parole peut lui aussi maintenant, échanger ses expériences maçonniques avec les autre Frères de sa Loge.
En passant de l'atelier à la loge, l'initié a franchi un seuil, celui du spectateur passif, à l'acteur actif, pouvant prendre part aux travaux de la Loge d'une manière plus efficace. C'est donc que les Maîtres lui ont fait confiance, en lui confiant des outils plus élaborés. IL devient son propre acteur, tout en ayant encore des contraintes, puisque les Maîtres, l'observent et le jugent. C'est si vrai que l'on dit souvent que les Maçons reconstituent et vivent un psychodrame, dans le but de modifier leur personnalité, tout comme l'acteur qui endosse suivant les pièces, les différents habits des personnages mis en scène. C'est valable pour le compagnon qui de part son changement de point cardinal, du Nord au Midi, est mis en scène, afin de participer au psychodrame maçonnique. Dans l'atelier comme dans la Loge, il n'y a pas de Colonnes. La marche du Compagnon, est encore mal assurée, si l'on reprend le langage théâtral, le compagnon ne tient pas son rôle. Dans la Loge comme dans l'atelier, les protagonistes, ne sont pas encore au fait du métier, ils doivent donc, rester à leur poste de " travail ", sans avoir la possibilité de bouger. Ce n'est pas une brimade, mais dans la vie professionnelle, le savoir faire ne vient pas comme par enchantement, cela demande des efforts, et avant d'abaisser la bavette du tablier, il faut travailler et encore travailler, comme dans le monde profane, c'est l'effort qui est récompensé .
Le Temple. Il faut donc pour parvenir au Temple faire des efforts et non y parvenir à l'ancienneté. Notre Littré, donne les définitions suivantes : chez les Romains, lieu découvert d'où la vue pouvait s'étendre à l'horizon, et consacré par les augures, édifice public consacré à la divinité chez les peuples qui ont un culte (dans le Littré, il y a deux pages de définitions, c'est d'une façon arbitraire que j'ai choisi ces deux définitions).Dans l'histoire de l'Humanité et des religions, de tous les temps, l'Homme a consacré des lieux, à ses différents cultes. Sédentaire ou Nomade, l'homme ressent l'utilité de consacré sur Terre, un espace spécialement réservé, à l'irrationnel, à ce qui n'entre pas dans les habitudes et préoccupations journalières, à ses questions sans réponses sur le sens de la vie. Chose aisée, pour les peuples sédentaires, en construisant un Temple, en bois, comme en pierre, mais chose aussi aisée et même plus facile et plus rapide, pour les nomades, on délimite, avec une corde un simple espace à terre, comme cela l'espace est consacré à la divinité. C'est maintenant, le champ d'activité des archéologues, qui puisent dans les ruines des TEMPLES détruits, matière à supputations et à comparaisons.
De nos jours, il est bien rare que l'on élève des Temples à la Vertu. L'homme contemporain, comme dans l'ancienne Babylone, élève des Temples, à la chanson, au commerce, au sexe, quelque fois aux sciences, mais c'est plutôt rare, nous sommes passés du divin et du spirituel qui en découle, au matériel et au profane qui en résulte. Mais cela a le mérite de montrer que l'Homme a besoin d'un espace sacré, même si les temples modernes sont loin de leur destination première. Dans ce Chaos profane, il est des Femmes et des Hommes, qui malgré toutes les possibilités offertes par le monde profane, ne sont pas satisfaits de leur vie. Ils frappent à la porte, on ouvre cette porte, mais ils n'accéderont, dans un premier temps, que dans l'Atelier, puis peut être dans la Loge. Et suivant leurs efforts et leur travail, ils pourront transformer, leur soif de savoir et de vivre autre chose, en pénétrant dans le Temple, ils apercevront deux Colonnes l'une que l'on nommera BOAZ, en hébreu MISHPAT, ou pouvoir royal, et plus loin à l'opposé l'autre que l'on nommera JAKIN, en hébreu TSEDEK, ou pouvoir sacerdotal.
Les deux Colonnes montrant aux Maçons le chemin à suivre, en associant le matériel et le spirituel, la marche du Maçon deviendra stable et sans faux pas. Plus question de trébucher, en revenant aux erreurs de l'apprenti, comme du compagnon.
Mais qu' y a-t-il dans ce temple ? Il y a la rencontre avec le sacré, car non seulement, nous ne sommes plus dans un espace profane, mais en pénétrant dans le Temple, nous avons banni le temps profane ; en éliminant ces deux contraintes, notre regard peut envisager l'infini, notre imaginaire, lui aussi peut aborder des régions impensables auparavant, mais chose beaucoup plus importante et lourde de conséquences pour notre devenir spirituel, la petite flamme, qui nous a guider, vers la porte du Temple, petite flamme insignifiante et invisible pour les autres, et quelquefois pour nous même, devient une flamme vivace, une lueur perceptible, pour les profanes et un Phare, pour les Initiés en devenir, un guide pour tout ceux qui ont décidés de gravir la Montagne . Dans le Temple nous sommes nus devant nous-mêmes, nous ne sommes plus dans la Caverne de Platon. La Caverne, étant l'illusion de nos propres insuffisances, et si nous croyons distinguer de la lumière, dans le fond de la Caverne, trop souvent, ce n'est que le reflet de nos défauts, mais ce n'est pas la Lumière. Dans le Temple la Lumière étant très vive, il n'y a pas d'Ombre, il est difficile de dissimuler nos défauts. Et si nous sommes parvenus dans le Temple par simple curiosité, notre déception n'en sera que plus grande, car nous serons face à nous-mêmes .
Bon maintenant, notre travail, nos efforts, nos désirs, sont récompensés ; mais est ce pour autant que tout est terminé ? Non, il reste à parvenir au Saint des Saints, mais cette approche est une autre Histoire.
Dans cet espace temps, avec les trois noms d'un même espace, mais avec un temps différent, le Triangle devient actif. Constitué d'êtres vivants, cet espace est lui aussi vivant, et c'est pourquoi, lorsque des SS et des FF décident d'allumer les feux d'une nouvelle Loge (pour faciliter la compréhension, j'utilise le terme le plus employé), elles ou ils la nomment avec un titre qui porte les espérances, les projets et les rêves, des créateurs. Les exemples sont multiples, entre la Loge " Robespierre " et la Loge la " Tradition Initiatique ", le chemin initiatique est forcément différent, mais dans les deux cas respectable. La Loge comme entité vivante, est elle aussi soumis à la Loi des Cycles, à savoir qu'elle naît, qu'elle croit , comme tout être vivant, elle attrape des " maladies ", elle déprime, elle vieillit et même quelquefois meurt . D'autre fois elle oublie que son nom de " baptême " n'est pas innocent, qu'il n'est pas gratuit, qu'il implique obligatoirement, un axe de recherche et de travail, elle perd de vue son acte fondateur, se contentant de vivoter sur un passé glorieux, oubliant le sens des trois termes qui fondent son existence, l'Atelier, la Loge et le Temple. Les angles s'écartent les uns des autres, et finissent par devenir une ligne droite ; sans s'en rendre compte la Loge devient un club, utilisant, sans plus savoir, sans plus comprendre le sens du rituel, ni l'utilité des symboles.
Mais à l'inverse, il y a des Loges où l'Egrégore renaît à chaque Tenue, redonnant aux participants, Force et Vigueur, montrant aux App, et aux Comp, que le travail débouche sur du concret, que leur espoir ne sera pas déçu et qu'à leur tour et au moment donné, eux aussi pourront accéder à la vie spirituelle, et qu'eux aussi pourront transmettre, l'espoir initiatique, et qu'eux aussi seront aussi des Phares pour le monde profane. Que la coupe d'amertume, ne sera bue qu'une seule fois. Pour que vive cet espace/temps unique, il faut que les SS et les FF, n'oublient pas pourquoi, un jour, ils ont frappé à la porte du Temple, pourquoi ils viennent régulièrement dans ce lieu et ce à quoi ils travaillent ? La Loge vit par le souffle de l'Esprit, souffle entretenu par les SS et les FF de la Loge, conscients de leur responsabilité. On dit que cela est notre Chaîne d'union, nous reliant aux MM Passés, avec cette obligation, cette responsabilité, que nous avons tous, redonner ce flambeau que l'on nous a confié, suffisamment lumineux, pour attirer des profanes vers nos Temples, comme les vestales nous sommes les gardiennes et les gardiens, d'un savoir initiatique, qui ne doit pas mourir ! En sombrant dans la facilité, et en baissant les bras face au chantier en cours.

J'ai dit

Pierre LENGYEL GLF La Rose des Vents Orient de Coutances

Source : http://www.franckbailly.fr/deh/www/Documents/planches/1/atelier/atelier.htm

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