Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Bref guide pour obtenir le rubis céleste(Philalèthe)

21 Janvier 2010 Publié dans #Alchimie

La Pierre Philosophale est une substance, céleste, spirituelle, pénétrante et fixe, qui amène tout métal à la perfection de l'or et de l'argent (en fonction de la qualité de la Médecine), et ceci par méthodes naturelles, qui dans leurs effets transcendent la Nature.

 

Elle est préparée à partir d'une substance, avec laquelle l'art de la chimie est familière, à laquelle rien n'est ajouté, et de laquelle rien n'est retranché, excepté que ses superfluités lui sont enlevées. Personne ne se demandera l'utilité de notre Art, si il croit qu'il nous permet de transmuter les métaux communs en or. Il est clair que les métaux communs sont capables d'une telle transmutation ; la Nature les a tous prédestinés à devenir de l'or, mais ils n'ont pas été parfaitement mûris. Si l'on enlève par conséquent ce qui retarde leur parfaite digestion, ils deviendront tous or, car le Mercure crud et froid est la commune première substance de l'or aussi bien que celle des autres métaux. Par conséquent, tous les autres métaux peuvent être perfectionnés en or, par l'aide de notre Divin Magistère, qui étant projeté sur les métaux imparfaits, a le pouvoir de vivifier le processus de maturation afin qu'ils excèdent la maturité normale de l'or. Combien spéciale, doit donc être alors la nature spirituelle de notre Pierre, pour effectuer en  une heure, par simple projection, plus que la Nature au cours des âges. Si cette substance que la Nature fourni doit être prise en main par l'Art, coagulée, et digérée, sa perfection est accrue d'une vertu monadique à une vertu dénarique ; et en répétant le même procédé, elle accroît sa puissance par cent, puis par mille, etc. Cette merveilleuse Médecine pénètre chaques plus petites parties des métaux communs (dans la proportion de un pour mille) et les teint de part en part de sa propre nature noble : votre arithmétique échouera plutôt que tout son pouvoir dominant. Chaque partie la plus petite qui est dominée par le pouvoir vitalisant de l'Elixir, à son tour teint la partie la plus proche d'elle, jusqu'à ce que toute la masse soit transformée par sa magnifique influence et amenée à la perfection de l'or. Ceci s'effectue en très peu de temps, vu la nature spirituelle de l'agent, et comme le feu commun réchauffe les parties de tout objet qui ne sont pas en contact immédiat avec le feu, de même cet Elixir pénètre les métaux dissous et fondus en un instant telle la vertu d'un levain ou ferment qui fermente même les parties du métal qu'il ne peut atteindre. Il s'élève parfois un reproche contre notre Art, car comme il prétend de créer l'or ; tout lecteur attentif ; de notre précédent traité saura qu'il ne s'arroge qu'à lui-même le pouvoir de développer en enlevant tous les défauts et superfluités avec cette substance métallique hautement digérée, la nature dorée que tous les métaux vulgaires possèdent en commun.

 

Ecoutez donc, alors que je vous dévoile le Grand Arcane de cette active Pierre merveilleuse, qui en même temps n'est point une pierre, qui existe en chaque homme, et qui peut être trouvée à sa place en tout temps. Sa connaissance, je déclare, n'est point faite pour ceux qui n'en valent pas la peine, et ne sera point entendue par eux. Mais à vous laborieux étudiants de la Nature, Dieu à son Heure vous révélera ce glorieux secret.

 

J'ai montré que la transmutation des métaux n'est point un rêve chimérique, mais une réalité de la Nature, qui est parfaitement capable de l'accomplir sans l'aide de magie, et la possibilité de cette transmutation métallique est fondée sur le fait que tous les métaux dérivent à l'origine de la même source que l'or, et qu'ils ont seulement été empêchés d'atteindre le même degré de maturité par certaines impuretés, que notre Magistère est capable d'enlever. Laissez-moi alors vous dire qu'elle est la nature de ce grand arcane, que les Sages ont appelé la Pierre des Philosophes, mais qui est en chaque homme, en chaque chose, en n'importe quelle saison de l'année, si on la cherche au bon endroit. Elle doit consister des éléments, car ils sont la substance universelle de toutes choses, et comme elle est de nature homogène avec celle de l'or, ce doit être parce qu'elle contient les qualités des éléments dans une telle combinaison qu'elle ne peut être détruite par le feu. Il s'en suit, alors, que vous devez rechercher la substance de notre Pierre dans les métaux précieux, puisque la combinaison requise des éléments ne peut être trouvée nulle part ailleurs. Ces fous sophistes qui la recherchent hors du règne métallique n'arriveront jamais à une conclusion satisfaisante. Car il y a un seul vrai principe, et rien d'hétérogène ne doit être introduit dans notre Magistère.

 

Car de même qu'un lion naît d'un lion, et un homme d'un homme, de même toutes choses doivent leur naissance à ce qu'il leur ressemble ; ce qui est combustible vient de ce qui est combustible, ce qui est indestructible de ce qui est indestructible. Nous devons pas espérer trouver un principe qui possède les qualités de l'or autre part que dans l'or lui-même. Si, en vérité nous sommes capables de créer le sperme des choses, nous devrions espérer élaborer ce principe métallique des plantes ou des animaux qui ne le contienne pas ; mais ceci est le privilège de Dieu seul. Nous devons être heureux de disposer et de développer le sperme qui est prêt et que nous ne pouvons produire, et même si nous le pouvions, notre semence artificielle ne serai pas meilleur que celle que la Nature nous donne. Si quelqu'un s'appelant lui-même un Sage ne peut utiliser les choses qui sont déjà créées, il semble peu probable qu'il puisse créer de nouvelles choses hors de substances hétérogènes — les semences des métaux hors des herbes et des animaux.

 

Ainsi, vous voyez que la Pierre, qui doit devenir le transformateur des métaux en or doit être cherchée dans les métaux précieux, en lesquels elle est enfermée et contenue.

 

Mais on l'appelle une Pierre, bien que ce ne soit point une pierre, et où la trouve-t-on ? Les Sages l'ont décrit comme étant pierre et non pierre ; et le vulgaire, qui ne peut imaginer combien une chose si admirable peut être produite sauf par l'art de la magie décrie notre science comme étant impie, perverse et diabolique. Quelques personnes stupides vocifèrent demandant un décret rendant cette profession et pratique de cet Art punissable par la Loi. Mais on peut difficilement être irrité par les personnes illettrées et ignorantes qui élèvent ce cri, mais quand cela est proféré par des hommes de haute importance et de grande éducation, on ne sait quoi dire. Ces hommes je les compte aussi avec la rude multitude, car ils sont déplorablement ignorant de tout ce qui appartient à notre Art, et aussi, oublieux de leur dignité, ils rejoignent la clameur et crie contre lui, comme beaucoup de lâches curés de village. Il n'est ni religieux, ni raisonnable de juger ce dont vous ne savez rien ; et c'est exactement ce que font ces gens, qui prétendent être à la fois Chrétiens et érudits.

 

Mais retournons à l'endroit où nous en étions restés. Quelques Alchimistes qui recherchent notre Arcane, cherche à préparer quelque chose de nature solide, parce qu'ils ont entendu que l'objet de leurs recherches était décrit comme une Pierre.

 

Sachez qu'on l'appelle pierre, non pas parce qu'elle ressemble à une pierre, mais seulement parce que, par la vertu de sa nature fixe, elle résiste à l'action du feu avec le même succès que n'importe qu'elle pierre. En l'espèce c'est l'or, plus pur que le plus pur ; elle est fixe et incombustible comme une pierre, mais son apparence est celle d'une poudre fine, impalpable au toucher, sucrée au goût, parfumée à l'odeur, en potentiel un esprit des plus pénétratif, apparemment sec et à la fois onctueux, et capable de teindre aisément une plaque de métal. Elle est appelée le Père de tous les miracles, contenant comme elle fait, tous les éléments de telle manière qu'aucun ne prédomine, mais tous forment une cinquième essence ; on l'appelle aussi notre doux feu métallique. Elle n'a pas de nom propre ; bien qu'il n'y ait rien au monde dont elle ne puisse proprement porter parfaitement le nom. Si nous disons que sa nature est spirituelle, ce ne sera rien de moins que la vérité ; si nous la décrivons comme corporelle, l'expression sera également correcte ; car elle est un or subtil, pénétratif, glorifié et spirituel. C'est la plus noble chose créée de toutes les choses créées après l'âme rationnelle, et elle a la vertu de réparer tous les défauts dans les corps des deux règnes, animal et métallique, en les restaurant à leur plus exact et parfait tempérament ;  car elle est un esprit ou quintessence.

 

Mais je dois répondre à la seconde et plus importante partie de ma question. Comment cette Pierre peut-elle être obtenue ? Elle n'existe pas dans la Nature, mais doit être préparée par l'Art, en obéissant aux lois de la Nature. Sa substance est dans les métaux ; mais sa forme diffère grandement d'eux, et en ce sens les métaux ne sont point notre Pierre. Car si nous devions découvrir notre Médecine dans les métaux précieux, nous devrions détruire la forme métallique particulière, sans diminuer ses propriétés spécifiques. Les propriétés spécifiques des métaux demeurent dans leur partie spirituelle, qui réside dans l'eau homogène. Aussi nous devons détruire la forme particulière de l'or, et le changer en son homogène eau générique, en laquelle l'esprit de l'or est préservé ; cet esprit ensuite restaure la consistance de son eau, et fait sortir une nouvelle forme (après la nécessaire putréfaction), un millier de fois plus parfaite que la forme de l'or qui est perdue en étant réincrudée.

 

Il est nécessaire alors, de réduire les corps métalliques en leur eau homogène qui ne mouille pas les mains, pour que de cette eau puisse générée une nouvelle espèce métallique qui soit de beaucoup plus noble que n'importe quel métal existant, à savoir, notre Rubis Céleste.

 

Tout le procédé que nous employons ressemble de très près à celui suivi par la Nature dans les entrailles de la terre, excepté qu'il est bien plus court. La Nature produit les métaux du Mercure froid et humide, par une digestion continue ; notre Art prend le même Mercure crud, froid et Humide, et lui adjoint de l'or mûr, par un artifice secret, le mélange devient un nouveau Mercure bien plus puissant, qui par digestion, devient non pas de l'or commun, mais un or bien plus noble, qui peut transmuer les métaux imparfaits en véritable or.

 

Ainsi vous voyez que bien que notre Pierre soit faite d'or seul, néanmoins il ne s'agit pas d'or commun. De manière à tirer notre or de l'or commun, celui-ci doit être dissout dans notre eau minérale qui ne mouille pas les mains ; cette eau est le Mercure extrait du serviteur rouge, et est capable d'accomplir notre œuvre sans aucun autre trouble pour l'Artiste. C'est cette seule vraie, naturelle, première substance, à laquelle rien n'est ajouté et rien n'est retranché, excepté certaines superfluités, qui de toute façon seront rejetées sans aide par sa propre action inhérente. L'objet principal de nos efforts persévérant devrait être la découverte de ce Mercure, ou l'albéfaction de notre Laiton rouge ; tout le reste étant jeux d'enfant, vu que l'Artiste a juste à surveiller tandis que la Nature graduellement mûrit sa substance.

 

Mais souvenez-vous que notre albéfaction est en aucun cas un travail aisé. L'or qui a été alors blanchit ne peut jamais retrouver sa forme antérieure, car au lieu d'être corporel et fixe il est dorénavant spirituel et volatil. Concentrez toute votre attention, par conséquent sur le blanchiment du Laiton. Il est plus aisé de faire de l'or que de détruire sa forme ; celui qui aussi dissout, peut aussi coaguler  car la dissolution du corps et coagulation de l'esprit coïncident en lui.

 

Considérez ces signes, vous fils du savoir. Que ce qui dissout est l'esprit ; et ce qui coagule est le corps. Un corps ne peut entrer dans un corps pour provoquer la dissolution ; mais un esprit peut y entrer, l'atténuer et le raréfier ; et comme vous cherchez de l'eau, vous avez besoin d'eau pour l'amener à la lumière ; car chaque Agent a tendance à assimiler à lui-même ce sur quoi il agit, et tout effet naturel est conforme à la nature de l'efficient ; donc l'eau est nécessaire si vous voulez extraire de l'eau de la terre.

 

Lorsque je parle d'eau, je ne veux pas dire l'aqua fortis, l'eau royale, ou aucune autre eau corrosive, car ces eaux, au lieu de dissoudre les métaux, les corrodent seulement, les gâtent, et les corrompent, sans détruire leur ancienne forme, tâche pour laquelle elles sont insuffisantes, car elles ne sont pas de nature métallique. Non, notre eau est le Mercure, qui dissout de manière homogène les corps métalliques, et se mêle avec eux en une union indissoluble, demeure avec  eux, est digérée avec eux, et ensemble avec eux devient ce tout spirituel que nous cherchons. Car tout ce qui dissout naturellement une substance (en préservant les propriétés spécifiques de la chose dissoute) devient un avec elle à la fois matériellement et formellement, se combine à elle, et est épaissie par elle, tout en la nourrissant ; comme nous le voyons dans le cas du grain de blé, qui, lorsqu'il est dissout par l'humidité des vapeurs de la terre, prend alors cette vapeur pour sa propre humidité, et croît avec elle en une plante. Nous pouvons aussi observer que, toute dissolution naturelle est la vivification de ce qui est mort, cette vivification peut être faite seulement par un agent vital qui est de la même essence que la chose morte ; si nous désirons vivifier le grain (mort) du blé, nous ne pouvons le faire que par le moyen de la vapeur terrestre, qui comme le grain lui-même, est un produit de la terre. Pour cette raison le Mercure commun ne peut avoir d'action vivifiante sur l'or, car il n'est pas de la même essence. Un grain de blé semé dans un sol marécageux, au lieu d'être ramené à la vie, est au contraire détruit, car l'humeur aqueuse du sol n'est pas de même nature. De la même manière, l'or, s'il est mêlé avec le Mercure commun, ou avec toute autre chose excepté sa propre humeur essentielle, n'est point dissout, car de telles eaux sont froides, cruds et impures ; raisons pour lesquelles, étant complètement différentes de l'or, elles ne peuvent s'amalgamer avec lui, ou atteindre avec lui un degré plus haut et noble. Notre Mercure, en effet, est froid et non mûre en comparaison avec l'or ; mais il est pur, chaud, et aussi bien digéré en comparaison avec le Mercure commun, qui lui ressemble uniquement par sa blancheur et sa fluxibilité. Notre Mercure est en fait, une eau, pure, claire, lumineuse et resplendissante et digne d'admiration.

 

Si vous désirez une plus ample description de notre eau je suis obligé par raisons de charité de vous dire qu'elle est vivante et fluxible, claire, blanche comme la neige, chaude, humide, aérienne, vaporeuse, et digestive, et que l'or se fond en elle comme la glace fond dans l'eau chaude ; plus encore, qu'elle contient en elle tout le régime du feu, ainsi que le soufre qui existe en elle mais n'y prédomine pas. Cette eau est le véritable Gardien de nos Portes, le Bain du Roi et de la Reine, qui les réchauffe incessamment, mais n'est point pris de leur substance, et est distinct de la substance blanchissante de l'eau, bien que tous deux soient unis et apparaissent en la même forme fluide et la même couleur. C'est notre vaisseau, notre feu, la demeure de notre fourneau, par lesquels avec une chaleur douce et continue toute la substance est digérée. Si vous connaissez cette eau, on verra qu'elle contient tous nos feux, et toutes nos proportions de poids et tous nos régimes. C'est la Fontaine cristalline de Bernard le Trévisan en laquelle notre Roi est nettoyé et fortifié afin de vaincre ses ennemis. Tout ce que vous avez à faire c'est de trouver cette eau et de mettre dedans un corps purifié ; et part ces deux la Nature produira alors notre Pierre.

 

Cette eau minérale peut seulement être extraite des choses qui la contienne ; et la chose de laquelle il est le plus facile de l'obtenir est difficile à découvrir, et aussi le mode de son extraction. Elle dissout l'or sans violence, est aimable avec lui et en enlève toutes les impuretés, et elle est blanche, chaude et claire, et sans notre Mercure, l'Alchimie ne pourrait être une science, mais seulement une prétention vaine et stérile. Si vous pouvez l'obtenir, vous avez la clef de tout le travail, avec laquelle vous pouvez ouvrir les chambres les plus secrètes du savoir. Sa nature est semblable à celle de l'or, mais sa substance est différente, et sa préparation produit une odeur infecte. Pesez bien les possibilités de la Nature ; éviter d'introduire aucun élément hétérogène en notre Magistère, et ne me blâmez pas si vous ne pouvez comprendre ce que je dis. Notre Pierre est produite d'une chose, et de quatre substances mercurielles, desquelles une est mûre, l'autre pure mais crud, deux d'entre elles étant extraitent d'une merveilleuse manière de leur minerai par le moyen de la troisième. Les quatre sont amalgamées par l'intervention d'un feu doux, et alors soumise à la coction jour après jour, jusqu'à ce qu'elles deviennent une par naturelle (non pas manuelle) conjonction.

 

Après cela le feu étant changé, ces substances volatiles doivent être rendues fixes et digérées par le moyen de la chaleur qui devient un peu plus forte chaque jour (à savoir, par le moyen du Soufre fixe et incombustible du même genre) jusqu'à ce que tout le composé atteigne la même essence, fixité et couleur. Il y a douze degrés ou phases dans notre procédé, que je décrirai et énumérerai brièvement et qui sont : La première est la Calcination.

 

La Calcination est la première purgation de notre Pierre, où les humeurs sont séchées, par sa chaleur naturelle, qui est mise en action par la chaleur extérieure de l'eau, par laquelle le composé est converti en une poudre noire, qui est onctueuse et retient son humeur radicale. Cette calcination est faite dans le but de rendre la substance visqueuse, spongieuse, et plus facilement pénétrable, car l'or en lui-même est hautement fixe et difficile à dissoudre même dans notre eau ; mais par cette calcination, il devient blanc et mou, et nous observons en lui deux natures, la fixe et la volatile que nous comparons à deux serpents. Dans le but d'effectuer une complète dissolution, il doit y avoir pénitence, afin qu'après la calcination puisse être produit un état visqueux qui sera adapté à la dissolution.

 

Lorsque les substances sont premièrement mélangées, elles sont hostiles les unes aux autres, à cause de leurs qualités contraires, et alors la chaleur et la sécheresse du Soufre combat ardemment le froid et l'humide du Mercure. Ils peuvent seulement être réconciliés par un médiateur qui participe aux deux natures et le médiateur en lequel la chaleur et le froid sont réconcilié est la sécheresse qui peut coexister avec les deux. Alors le froid et le chaud sont amenés à demeurer pacifiquement ensemble dans la sécheresse de la terre, et la sécheresse et l'humide dans le froid de l'eau. Cette réconciliation des qualités contraires est la deuxième importante raison de notre calcination.

 

Sa cause suffisante est l'action de la chaleur interne sur l'humide, parquoi tout ce qui résiste est converti en une poudre très fine ; la cause motrice et instrumentale est le feu contre Nature, qui étant caché dans notre eau dissolvante, combat avec son humide et le digère en une poudre visqueuse et onctueuse.

 

Cette opération se situe avant la dissolution, car lorsque les corps sont dissous, les esprits sont congelés à leur tour. De nouveau, la femme doit régner avant d'être dominée par l'homme. La domination de la femme est dans l'eau, et si l'homme la domine dans l'élément où elle a ses deux qualités qui sont le froid et l'humide, il la conquérera facilement là où elle n'a qu'une qualité.

 

La calcination donc, est le commencement de l'œuvre, et sans elle il ne peut être fait de mélange pacifique ni d'union correcte. La première déalbation réduit la substance en ses deux principes, le soufre et l'argent-vif, le premier étant fixe alors que l'autre est volatil. On les compare à deux serpents, le fixe étant le serpent dépourvu d'ailes, et le volatil le serpent avec des ailes. Un des serpents tient en sa gueule la queue de l'autre, pour montrer qu'ils sont indissolublement conjoints par leur naissance et destinée commune, et que notre Art est accompli par l'union effective de ce Soufre Mercuriel, et Mercure sulfureux. Alors tout le composé est à cette étape appelé Rebis, car il y a deux substances, mais seulement une essence. Ils ne sont pas réellement deux, mais un et la même chose, le Soufre est le Mercure mûr et bien digéré, le Mercure est le Soufre crud et non digéré. Il a déjà été dit que dans notre art nous imitons la méthode de la Nature qui produit les métaux dans les entrailles de la terre, excepté que notre méthode est plus courte et plus subtile. Dans les veines métalliques on ne trouve qu'un Mercure crud et froid, dans lequel l'intérieur ou sécheresse (à savoir le Soufre) peut rarement faire sentir son influence. Aucune chaleur digestive n'est trouvée là, mais au cours des âges un mouvement imperceptible change ces principes métalliques. Au cours des siècles, cependant, cette chaleur digestive imperceptible change le Mercure en ce qui est ensuite appelé un Soufre fixe, bien qu'auparavant il soit appelé Mercure.

 

Mais en notre Art, nous avons quelque chose en plus du Mercure crud et froid, à savoir, l'or mûr, avec ses diverses qualités actives. Celles-ci sont unies aux qualités passives de notre Mercure ; et ainsi l'un aide et parfait les autres, et comme nous avons deux feux, au lieu du feu lent interne du Mercure, l'opération est beaucoup plus rapide, et quelque chose de bien plus noble que l'or commun est produit. Ainsi vous voyez que dans notre Art nous avons deux Soufres et deux Mercures (à savoir, Soufre et Mercure du Mercure et Mercure de l'or), mais leur seule différence consiste dans les degrés de perfection et de maturité. Maintenant le corps parfait de l'or est réduit à ses (deux) premiers principes par le moyen de notre eau Divine qui ne mouille pas les mains (à savoir le Mercure et le Soufre). Pour un temps cette opération donne ascendance à l'agent femelle ; mais ceci étant innaturel, l'agent mâle bientôt se réaffirme, et par le moyen de la chaleur sèche l'humidité de l'agent femelle, et par la calcination la converti entièrement en la plus subtile et visqueuse poudre, laquelle poudre est alors changée par la dissolution en une eau, dans laquelle les esprits des solvants et des choses dissoutes, les principes mâle et la femelle, sont mélangés. Mais la chaleur interne, qui a été mise en action, continue toujours son œuvre, séparant le subtile (qui flotte à la surface) du grossier (qui tombe au fond), jusqu'à ce que l'homme prenne le dessus, l'union inséparable se fait, et le mâle imprègne la femelle ; la femelle émet une vapeur nébuleuse, dans laquelle ils sont putréfiés et meurent, et de laquelle tous deux résussitent en un corps glorieux, n'étant plus deux, mais seulement un par inséparable conjonction. Cette nouvelle naissance est alors coagulée, sublimée, nourrie et exaltée à son plus haut degré de perfection, et peut ensuite être indéfiniment multipliée par fermentation, et être utilisée à la fois pour la projection ou en tant que Médecine Universelle. Nous voyons alors que ces cendres noires et fétides ne doivent pas être méprisées, puisqu'elles renferment la Couronne de notre Roi ; votre substance ne sera jamais blanche, si elle n'a tout d'abord été noire. C'est par le moyen de la putréfaction et de la mort qu'elle atteint le corps glorifié de sa résurrection. Par conséquent, vous devez honorer la tombe de notre Roi, car à moins que vous ne fassiez cela, vous ne le verrez jamais revenir en sa gloire.

 

Beaucoup d'étudiants font la faute dès le commencement d'effectuer cette calcination sur une mauvaise substance : borax, ou alun, ou encre, ou vitriol, ou arsenic, ou semences, ou plantes, ou vin, vinaigre, urine, cheveux, sang, gomme, résine, etc. ; ou ils choisissent une mauvaise méthode, et corrodent au lieu de calciner, les corps métalliques sur lesquels ils opèrent. La calcination peut seulement se faire par le moyen du feu interne du corps, assisté par une amicale chaleur externe ; mais la calcination au moyen d'un agent hétérogène ne peut seulement que détruire la nature métallique, si toutfois il a aucun effet sur elle. Chaque calcination de l'or, qui n'est pas réussie par une dissolution spontanée, et sans travail manuel, est aussi fallacieuse.

 

La véritable calcination se fait par le moyen du Mercure, qui (étant ajouté à l'or en proportions convenables) ramollit et dissout l'or, et par son feu interne, uni au feu externe, met en action le feu de l'or, et par cela le dessèche de son humidité et il devient cette parfaite poudre noire et visqueuse. Et ceci est la véritable clef du travail pour incruder le mûre par la conjonction d'un non mûr étant incrudé pour le calciner, calciné pour le dissoudre, et tout ceci de manière philosophique et non vulgaire.

 

Les signes extérieurs de la calcination sont les suivants : Lorsque l'or devient saturé par l'eau, et que le feu du Mercure a mis en œuvre le feu du bain, l'eau qui était si brillante commence à s'assombrir, et visiblement se gonfle et génère des bulles, jusqu'à ce que tout devienne une poudre visqueuse et grasse, qui cependant conserve toujours son humeur radicale. Puis lorsque la chaleur commence à opérer, le froid et l'humide cherchent refuge en s'élevant vers le haut ; puis ils redescendent sous la forme d'un liquide et assimilent en eux autant de la substance qu'ils peuvent  ; puis la poudre est convertie en eau glutineuse. Entre les différents procédés de notre Art, un grandnombre d'opérations sont liées les unes aux autres et aucune ne peut être produite ou comprise sans les autres. Dans le but de cacher le sens aux indignes, nous parlons de plusieurs opérations ; mais tout ceci, le progrès entier de la substance du noir au blanc puis au rouge doit être philosophiquement entendu comme une seule opératiuon, il y a une chose, et un agencement successif pour le noir, le blanc et le rouge.

 

Les règles suivantes doivent être observées si vous voulez réaliser une véritable calcination : En premier lieu vous devez vous procurer notre Mercure ; le Mercure commun ne produira aucun effet si vous opérer avec lui, même si vous opérez jusqu'au jugement dernier.

 

Deuxièmement, le feu externe du fourneau ne doit être ni trop violent (afin que l'équilibre des forces chimiques dans les substances ne soit pas dérangé), ni trop doux, car l'action du feu interne se languirai par besoin de chaleur externe. Il doit être tel qu'il faut pour soutenir une chaleur vitale uniforme.

 

En troisième lieu, le Laiton doit recevoir ni trop ni trop peu à boire. S'il en reçoit trop, il ne sera point capable de s'en débarrasser, et une tempête nébuleuse s'élèvera ; s'il n'en reçoit pas assez, il sera brûlé en cendres.  L'activité du Soufre doit sécher l'humeur superflue du Mercure ; par conséquent, le Soufre actif ne doit pas être submergé dans trop de sperme ; ni l'humidité étouffée par trop de terre. Les proportions doivent être entre deux ou trois part d'eau pour une d'or ; mais plus la quantité des deux substances est grande, plus la calcination et la dissolution seront parfaits. L'erreur principale contre laquelle vous devez vous prémunir est la submersion de votre terre avec l'eau. Car en notre Art, la terre contient le feu qui est le principe de la digestion.

 

En quatrième lieu, vous devez prendre soin de scellé votre vaisseau convenablement, pour éviter que les esprits ne s'évaporent. Considérez combien la Nature à enfermé la matrice de la femelle, afin d'empêcher toute sortie ou entrée qui pourrait être dommageable à la nouvelle vie ; et autant de soins (si ce n'est plus) sont nécessaires en notre Magistère. Car lorsque l'embryon est formé, de grands vents s'élèvent, que l'on ne doit point laisser s'enfuir ou notre travail aura été inutile.

 

En cinquième lieu la patience est requise en notre œuvre. Vous ne devez point céder au découragement, ou essayer d'accélérer le processus chimique de la dissolution. Car si vous faites cela au moyen d'un feu violent, la substance sera prématurément grillée en poudre rouge, et le principe actif vital qui est en elle deviendra passif, étant attaché à la tête, comme enfoncé par un marteau. Mais notre véritable calcination préserve l'humeur radicale dans le corps dissout, et la converti en une onctueuse poudre noire. La patience est par conséquent une grande vertu cardinale en Alchimie. On ne doit pas supposer que les signes et couleurs que j'ai décris apparaissent le premier jour, ou même durant la première semaine : Bernard le Trévisan nous dit qu'il attendit dans l'angoisse de l'expectation durant quarante jours, et vit alors les nuages et le brouillard. Vous devez avoir la patience du laboureur, qui après avoir mis les graines dans la terre, ne dérange pas le sol chaque jour pour voir si cela pousse. Dès que vous avez préparé votre substance, à savoir, mêlé le soufre jaune et mûr avec le soufre crud et blanc, mettez-les en un vaisseau et laissez-les en paix ; au bout de vingt quatre heures, le Mercure, qui s'efforce de réveiller le feu latent du soufre, commencera son effervescence, et émettra des bulles. Mais peu de variations dans la couleur apparaîtront jusqu'à ce que le travail du Mercure soit accompli, et que le Bain Royal soit préparé ; car au commencement seul le Mercure travaille. Mais quand le Bain est devenu chaud (à savoir, la chaleur interne de l'or étant réveillée) la plus grande partie du travail est accomplie, et nous pourrons aisément distinguer les différentes opérations. La première couleur qui apparaît après la couleur argentée du corps amalgamé, n'est pas le noir parfait, mais un blanc sombre ; la noirceur devient plus prononcée jour après jour, jusqu'à ce que la substance prenne une couleur noire brillante. Ce noir est un signe que la dissolution est accomplie, ce qui n'arrive point en une heure, mais graduellement, par un processus continu ; car la Teinture qui provient du Soleil et de la Lune apparaît noire à la vue, mais est insensiblement et imperceptiblement extraite. Lorsque toute la Teinture à été extraite du corps qui est dissout, la noirceur est complète. Plus vous digérez la substance en premier, le plus vous subtiliez le grossier et noircissez le composé. Il y a quatre couleurs principales, dont la première est la noirceur ; et c'est de toutes les couleurs celle qui tarde le plus à faire sont apparition. Mais aussitôt que le plus intense degré de noirceur a été atteint (il ne doit pas y avoir d'arrêt dans notre travail), cette couleur commence petit à petit à changer en une autre. Le temps durant lequel cette noirceur se développe est très long, et il en est de même du temps qu'elle met pour disparaître ; et il y a un seul moment ou la noirceur ne s'accroît ni ne décroît : car les choses ne trouvent seulement le repos que dans la fin de leur être ; mais la noirceur n'est pas la fin de notre substance.

 

L'avancée de la noirceur est comme l'arrivée de la nuit ; qui est précédé par un long crépuscule lorsque le dernier rayon du soleil s'est évanoui, la noirceur de la nuit est là ; et en notre œuvre cela est plus fastidieux, et le changement est par conséquent moins perceptible.

 

On pourrait objecter que la teinture noire commence à être extraite aussitôt que la chaleur interne est mise en action, et que par conséquent la couleur qui apparaît doit être depuis le début d'un noir intense. Je réponds à cela que la Teinture qui est extraite n'est en fait pas noire, mais d'un blanc éblouissant, et que la noirceur est produite graduellement, par l'action de l'eau sur le corps, hors duquel elle tire l'âme (la teinture) quittant le corps en décomposition. C'est la putréfaction, (le résultat de l'action mutuelle du Soufre et du Mercure) qui communique à la Teinture sa couleur noire ; en elle-même la Teinture est d'un blanc brillant. Combien de temps alors vous faudra-t-il attendre jusqu'à ce que la parfaite noirceur apparaissent ? Flamel nous dit que cette intense noirceur vient après quarante jours. Riplée nous avise de laisser le mélange des substances ensemble durant six semaines, jusqu'à ce que la conception se soit effectuée, et durant ce temps le feu doit demeuré doux. Et Bernard (le Trévisan) suggère la même chose lorsqu'il dit : " Le Roi ôte ses glorieux vêtements, et les donne à Saturne, qui le revêt d'un vêtement de soie noire, qu'il porte durant quarante jour". Bien sûr la noirceur dont on parle ici n'est pas d'une égale intensité tout le temps, comme vous pouvez le comprendre par ce que j'ai dit ci-dessus.

 

Au cours de ce changement du blanc au noir, la substance passe naturellement par une variété de couleurs intermédiaires ; mais ces couleurs (étant plus ou moins accidentelle) ne sont pas invariablement les mêmes, et dépendent beaucoup de la proportion originale selon laquelle les deux substances ont été combinées. Dans la deuxième étape, durant laquelle la substance passe du noir au blanc, c'est beaucoup plus net, les couleurs sont plus brillantes et l'on peut s'y fier beaucoup plus. Dans les deux phases il y a des couleurs intermédiaires ; mais dans la première elles ont plus ternes et obscures que dans la deuxième, et moins abondantes en nombre. Dans la progression de la substance de la noirceur à la blancheur (à savoir, dans la seconde phase de notre Magistère) ; on voit les plus belles couleurs, avec une telle variété qu'elles éclipsent la beauté de l'arc-en-ciel ; avant que la parfaite noirceur ne soit atteinte, il y a aussi quelques couleurs transitoires, tel le noir, l'azur, et le jaune, la signification de ces couleurs est que votre substance n'est pas complètement morte ; lorsque le corps est en train de mourir, les couleurs sont vues, jusqu'à ce que la nuit noire couvre totalement l'horizon d'épaisses ténèbres. Mais quand le processus de la résurrection commence (dans la seconde phase) les teintes sont plus nombreuses et splendides, car le corps commence à être glorifié, et est devenu pur et spirituel.

 

Mais en quel ordre les couleurs dont nous parlons apparaissent-elles ? A cette question on ne peut donner une réponse définitive, car dans la première phase il y a trop de variations et d'incertitudes. Mais plus pur sera l'eau de vie plus les couleurs seront évidentes et distinctes. Les quatre principales couleurs (blanc, noir, blanc et rouge), suivent toujours le même ordre ; mais l'ordre des couleurs intermédiaires ne peut être exactement déterminé, et vous devrez être heureux si en l'espace des quarante premiers jours vous obtenez la couleur noire. Ils y a une précaution que vous devez garder présent à l'esprit, en regard de ce point : c'est que si la couleur rouge apparaît avant la couleur noire (spécialement si la substance commence à sembler à la fois sèche et poudreuse), vous pouvez presque être certain que vous avez brûlé votre substance par un feu trop violent. Vous devez être très attentif, par conséquent à la conduite de votre feu ; si le feu est juste assez chaud, et non trop chaud, l'action chimique interne de notre eau fera le reste.

 

Notre solution, alors, est la réduction de notre Pierre en sa première matière, la manifestation de ses essentielles fluidités, et l'extraction des natures de leur profondeur, ce qui est terminé en les transformant en eau minérale ; bien que cette opération ne soit pas aisée : ceux qui l'ont essayé peuvent comprendre la vérité de mes paroles.

Partager cet article

Commenter cet article

ann 22/01/2010 11:23



Bonjour je cherche des infos sur le vin de serpent et j'ai trouve votre site, mais je ne vois pas ou vous en parlez plus que ca, merci de votre aide.
Le vin de serpent c'est ca:
http://www.asian-snake-wine.com/

(j'oubliais, j'ai trouvé votre site en cherchant vin de serpent / médecine chinoise naturelle)