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Hauts Grades

Brest et les Francs-Maçons

12 Avril 2012 , Rédigé par Jean-Yves Guengant

Quelle est la plus vieille association brestoise ? Il s'agit d'une loge maçonnique, les Amis de Sully. Elle peut revendiquer des racines remontant au milieu du XVIIIe siècle. Très précisément à 1745.

« La franc-maçonnerie s'est implantée très tôt en Bretagne, poursuit l'historien. Les premières loges apparaissent en Angleterre en 1717. Puis, à Paris entre 1725 et 1735. La première loge bretonne s'implante à Lorient, en 1744. » L'année d'après, à Brest, se crée la loge de l'Heureuse Rencontre.

Bougainville et La Pérouse initiés à Brest

Lorient, Brest, deux ports militaires. « La franc-maçonnerie est alors très liée au pouvoir royal et à la Marine. La maçonnerie est le lieu de rencontre des aristocrates de l'amirauté et des bourgeois de la finance, des grands négociants. Les loges permettent de faire se rencontrer des personnes qui n'auraient pas pu se croiser autrement. »

Les marins de la Royale sont majoritaires parmi les francs-maçons. C'est dans la loge de la Marine, l'Accord Parfait, que fut initié l'explorateur Bougainville, avant de partir autour du monde en 1766. La Pérouse, lui, le fut à l'Heureuse Rencontre. « Avant 1789, tout ce qui compte à Brest est franc-maçon. Ils sont environ 200. »

Mais ce sont des « terriens » qui ont créé les Élus de Sully (aujourd'hui les Amis de Sully), avec l'arrivée, en 1782, du régiment d'artillerie de Toul. « Il compte deux loges d'environ 130 membres chacune, « Henry IV » pour les officiers, « Sully » pour les sous-officiers. » Ces derniers, moins élitistes, accueillent des gens que n'auraient pas fréquentés leurs supérieurs : des commis de Marine, jeunes chirurgiens, peintres.

24 maires francs-maçons

La franc-maçonnerie ne fut pas à l'abri des grands soubresauts de l'histoire nationale. Sous la Terreur, des « frères » furent guillotinés, « non pour leur appartenance à la maçonnerie, mais parce qu'ils étaient fédéralistes ». Ils se sont déchirés au moment de la séparation de l'Église et de l'État. Sous la IIIe République, les Élus de Sully se déclarent républicains, laïcs et socialistes.

Sous l'Occupation, les nazis et le régime de Vichy ont mené une traque impitoyable contre les francs-maçons. À Brest, cinq d'entre eux l'ont payé de leur vie. Jules Le Gall, grande figure anarchiste, secrétaire de la Maison du peuple, qui fut vénérable (président) des Amis de Sully, mourut en déportation à Buchenwald.

L'influence maçonnique se retrouve dans le champ politique. « Sur une période de 250 ans, j'ai dénombré sûrement 24 maires francs-maçons et le cumul de leurs mandats représente 140 ans. »

Cette « longue histoire parallèle » entre la ville et la franc-maçonnerie peut se lire aussi dans l'urbanisme (lire ci-dessous).

Cette histoire continue à s'écrire : « Il n'y a jamais eu autant de francs-maçons, affirme Jean-Yves Guengant. En 2006, j'ai dénombré quinze loges représentant huit obédiences. La ville compte trois temples et j'estime à 500 le nombre de francs-maçons. »

 

source : http://www.brest.maville.com/actu/actudet_-Brest-et-les-francs-macons

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