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Hauts Grades

Catholique et Franc-Maçon : 2 engagements complémentaires chez moi

20 Avril 2012 , Rédigé par Jacques Ashmole Publié dans #Eglise catholique et FM

Nombreux sont mes amis catholiques à me dire : "il faut être athée pour être franc-maçon". La loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, ainsi que la propagande et le dogmatisme du Grand Orient de France, sont manifestement passés par là...

Je leur réponds que non ! Bien au contraire, la Franc-Maçonnerie régulière et traditionnelle demande à ses membres la croyance en un Grand Architecte de l'Univers. Elle laisse donc à ses membres la liberté de leur religion. Pour un chrétien, le Grand Architecte de l'Univers c'est Dieu.

Historiquement la Franc-Maçonnerie spéculative a été fondée en 1717 par un pasteur : Jean-Théophile Désaguliers, et ses Constitutions ont été compilées par un autre pasteur du nom d'Anderson. On peut penser que leur voeu le plus cher, dans un premier temps, était de rassembler dans une même fraternité tous les chrétiens (anglicans, réformés et catholiques). Puis cette idée de rassemblement s'est étendue avec le temps à tous les croyants.

La Franc-Maçonnerie spéculative s'inspire de la Franc-Maçonnerie opérative (les batisseurs de cathédrales) qui était chrétienne, et a été fondée par des chrétiens pour rassembler dans un même lieu tout d'abord les chrétiens, puis tous les croyants (juifs, musulmans, hindouistes, bouddhistes,shintoïstes...).

les deux principaux moteurs de la Franc-Maçonnerie sont donc la croyance en un grand architecte de l'univers et l'amour entre les hommes. L'amour et la fraternité sont les valeurs intangibles de cette honorable et vieille Institution.

La Franc-Maçonnerie traditionnelle est une fraternité d'hommes voulant mettre en application le 1er commandement du Christ : l'amour. Elle cherche à améliorer ses membres en cultivant en loge la Vertu et interdit tout ce qui les sépare (métaux, politique et religion).

Dés lors cette fraternité n'a pas une doctrine inconciliable avec celle de l'Eglise catholique. L'opposition de l'Eglise romaine à la Franc-Maçonnerie est vraisemblablement due à des raisons plus politiques et hégémoniques que morales et spirituelles.

L'Eglise romaine a toujours eu des difficultés pour accepter ce qu'elle ne contrôle pas. Il en fut de même par exemple avec le scoutisme à la fin du XIXème siècle : elle interdisait à ses fidèles de mettre leurs enfants chez les scouts; ces associations de jeunes venues d'Angleterre, un pays hostile au Pape, lui semblaient suspectes.

Sur un plan plus juridique que religieux, certains croyants intégristes rappelleront que de nombreuses bulles papales ont condamné la Franc-Maçonnerie. Le canon 2335 du Code de droit canonique du 20 mai 1917 dispose que "les catholiques affiliés à la Franc-Maçonnerie ou d'autres associations du même genre intriguant contre l'Eglise ou les pouvoirs civils légitimes, encourent "ipso facto" l'excommunication réservée au siège apostolique".

Le 23 janvier 1983, un nouveau Code de droit canonique est paru. Le canon mentionnant la Franc-Maçonnerie a disparu. Un nouveau Canon, le 1374, dispose que : "Qui s'inscrit à une association qui conspire contre l'Église sera puni d'une juste peine ; mais celui qui y joue un rôle actif ou qui la dirige sera puni d'interdit."

Le corpus législatif du Vatican est donc clair : sont excommuniés les catholiques qui complotent contre l'Eglise. La Franc-Maçonnerie régulière et traditionnelle n'en fait donc pas partie. Les plus farouches opposants à la Maçonnerie ajoutent tout de même qu'à l'initiative du Cardinal Joseph Ratzinger (l'actuel Pape Benoit XVI), le 26 novembre 1983, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a déclaré l'appartenance à la Franc-Maçonnerie et à l'Eglise romaine incompatible. Ce n'est là ni plus ni moins qu'un appel du pied à l'aile plus intégriste de l'Eglise catholique.

Tout juriste vous répondra que "ne compte que la loi et seulement la loi". Or le canon 1374 du Code de droit canonique promulgué par Jean-Paul II n'a jamais été modifié. La Franc-Maçonnerie n'est donc plus mentionnée dans le Droit Canonique. Elle ne l'est plus que dans des textes ou déclarations qui n'ont pas de portée législative particulière, hormis le fait que celui qui a prononcé l'incompatibilité est actuellement Pape.


Cette modification du Droit canonique est issu des nombreux dialogues entre dignitaires maçons et catholiques. Après la Seconde Guerre Mondiale de nombreux prêtres ont oeuvrés pour un rapprochement entre le Vatican et les Francs-Maçons.

C'est notamment une partie de l'oeuvre du Pére Riquet, un jésuite qui avait résisté et fut déporté à la fin de la Guerre. Lors de sa déportation il a sympathisé avec des juifs, des communistes et des franc-maçons.

Voici également le faire-part de décés de l'abbé Jean-Claude DESBROSSE paru dans le carnet du jour du Figaro du 9 décembre 1999. Il n'est pas rare de croiser un prêtre en Franc-Maçonnerie. Ce prêtre, qui avait reçu l'autorisation de son évéque, y mentionne ostensiblement tous ces titres maçonniques :

« Autun. »

« On nous prie d'annoncer le retour à l'Orient éternel de l'abbé Jean-Claude DESBROSSE, prêtre du diocese d'Autun, Châlon et Mâcon. »

« La messe de funérailles a été célébrée le samedi 4 décembre, en la cathédrale d'Autun. »

« En vertu d'une autorisation accordée en 1980 par l'autorité ecclésiastique, l'abbé Desbrosse était membre, depuis cette date, de la Grande Loge Nationale Française. Il est entré au souverain grand comité de cette obédience en 1994. Il fut membre, plus spécialement des respectables loges suivantes : Atlas 171 (Neuilly), Gislebertus 478 (Autun), Trafalgar 223 (Edimburgh). Il fut également dignitaire de la Grande Loge des maîtres maçons de marque de France, membre de la loge de marque Augustodunum 28 (Autun). Il fut aussi dignitaire des grands chapitres de la Sainte et Royale Arche de Jérusalem de France, d'Ecosse et de l'Etat d'Israël. Il était encore membre du grand prieuré d'Ecosse des chevaliers du Temple et de Malte. Cependant, c'est dans l'ordre Royal d'Ecosse qu'il trouva ses plus grandes joies maçonniques. Il se recommande à la prière de ses frères, compagnons et chevaliers. »

Voici ce qu'en dit l'Express : Ce personnage a été prêtre et franc maçon…Initié à la Grande Loge Nationale Française, le père Desbrosse est decédé voilà bientôt dix ans, le 9 décembre 1999. Outre ses fonctions de responsable des voyages au sein de l’évéché, l’abbé Debrosse était un « illustre frère », appartenant à plusieurs loges, ayant lui même gravi les hauts grades de la Franc Maçonnerie.

Il avait reçu l’accord de l’évêque du diocése Monseigneur Albert Le bourgeois pour étre admis en Franc maçonnerie, dans une obédience « déiste » d’ailleurs

Enfin, vous trouverez également sur le site http://www.croire.com/ une réponse à la compatibilité catholique et franc-maçon:

http://www.croire.com/article/index.jsp?docId=2268101&rubId=187


Voici un passage qui m'a convaincu :

"Éric s’affronte ici à un jugement de fait qui appelle autant de discernement qu’un jugement de valeur. À propos des faits, Blaise Pascal soulignait, dans sa 18e lettre provinciale, qu’il fallait s’en remettre aux constats de ceux qui y sont allés voir : «D’où apprendrons- nous la vérité des faits ? Ce sera des yeux, mon Père, qui en sont les légitimes juges» (2). Il faudrait donc que j’aille voir, pense Éric, ou me fier aux témoignages de mon ami, ou des journaux, ou des maçons déçus, car il y en a certainement, ou des autres qui y trouvent ce qu’ils cherchent. Cette pensée fit surgir une nouvelle question : qu’est-ce que j’irais voir parmi les maçons, que je ne trouve pas dans ma religion? A priori rien, puisque la Franc-maçonnerie n’est pas une religion. Éric reste cependant tenté. Car son christianisme marqué par le MCC se vit dans le monde, non pas un monde choisi et séparé, mais le monde tel qu’il est, et qu’il lui faut aimer à la manière du Christ.

 

Reste l’autorité des pasteurs de l’Église. Cette autorité est nécessaire dans toute organisation, admet Éric. «Il existe une justice maçonnique comme il existe des tribunaux ecclésiastiques, confirme l’ami maçon, car ce qui engage le corps ne peut être aissé à l’arbitraire de chacun.» Pourquoi alors, pense Éric, ne pas m’en remettre à la décision du pontife romain ? Ce qui le conduisait, à regret, à refuser la perche tendue par son ami franc-maçon. Mais un scrupule jaillit en lui, venu de la doctrine de l’Église, traditionnelle depuis saint Thomas d’Aquin, et qui établit le primat de la conscience : «Lorsque la conscience persiste dans son jugement (contraire à celui de l’autorité) après un examen suffisant et des efforts convenables, non seulement elle n’est pas coupable, mais nous avons le devoir de la suivre» . De quoi plaire aux francs-maçons! se dit-il."

Je terminerai sur cette phrase de Saint-Jean qui dans sa 1re Epître, nous indique : "Celui qui dit être dans la lumière et qui hait son frère est encore dans les ténèbres. Celui qui aime son frère, demeure dans la lumière, et il n'y a en lui aucun sujet de chute. Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres; il marche dans les ténèbres, sans savoir où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux.

source : http://jacquesashmole.blogspot.fr

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