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Hauts Grades

Chevalier de l'Orient ou de l'Epée

5 Juin 2012 , Rédigé par Fonds Latomia Publié dans #hauts grades

Explication du Grade

Le royaume de Juda fut détruit par les Assyriens sous le règne de Sédécias, vingt-et-unième roi des­cendu de la race de David, en la personne de qui finit la prophétie du prophète royal, ainsi qu'il avait été prédit par Jérémie. Ce fut Nabuchodonosor, roi des Assyriens, qui, jaloux de la grandeur du Peuple de Dieu, entreprit de leur faire la guerre et de les détruire, ce qu'il exécuta, ainsi qu'il avait été prédit par les prophètes parce que Israël avait péché et que ses rois s'étaient [a]donné, [pour] la plupart, à l'idolâ­trie. Nabuchodonosor fit le siège de Jérusalem en la dix-huitième année de son règne et la onzième du règne de Sédécias. La Sainte Citée fut assiégée avec une valeur incroyable et défendue de même; le siège fut opiniâtre et cruel; les assiégés souffrirent, dans cette attaque, les maux les plus cruels, tels que la peste et la famine, la ville fut attaquée de toutes parts, l'ennemi faisant du dégât partout où il se pré­sentait, mais qui était aussitôt réparé par la vigi­lance, l'activité et le zèle des Maçons qui se trou­vaient renfermés dans Jérusalem. Mais il était écrit dans le Décret Divin que Jacob tomberait en servi­tude, que le cuite du Vrai Dieu serait interdit et que Son Temple, chef d 'oeuvre de la première merveille du monde, serait détruit jusqu'au fondement. Cette grande et douloureuse époque arriva l'an du monde 3493, aux six mois dix jours depuis la fondation du Temple.

Le roi Salomon en avait posé lui-même la pre­mière pierre, qui était d'agate, de forme cubique. C'était la quatrième année de son règne et le deuxiè­me jour du mois de.. . La cérémonie se fit avant le lever du Soleil et fut solennisée par de grandes fêtes. Le ciment qu'on employa pour la pose était composé de farine, de lait, d'huile et de vin; on la plaça au milieu de l'endroit destiné dans le plan pour être le Saint des Saints. L'Histoire Sacrée fait une ample description de ce Saint Temple, de même que de sa magnificence. Tout Chevalier doit, avant d'être reçu, en avoir fait la lecture et se l'être rendue familière, afin qu'étant parvenu à ce haut et éminent grade, il puisse, dans les occasions, en don­ner raison. La Sainte Cité fut prise d'assaut après dix-huit mois de siège. Ce fut dans la nuit que les Babyloniens entrèrent dans la ville par sept endroits différents, où ils s'étaient aperçus qu'on ne faisait pas trop bonne garde. Tout de suite, il se rendirent au Temple, où s'étaient réfugiés les principaux de la ville avec toutes leurs richesses, particulièrement la famille royale. La désolation où les ennemis trouvè­rent la ville les porta à la compassion, tellement qu'ils ne firent aucun meurtre, se contentant seule­ment du pillage. Mais, s'étant approchés du Saint Temple, ils furent repoussés d'abord avec fureur par les Maçons libres qui en défendaient les approches; mais, comme leur nombre était beaucoup inférieur à celui des ennemis, ils se rendirent à discrétion. Lors de la prise de Jérusalem, Nabuchodonosor était à Réblacha, ville de la Syrie, et, ayant reçu la nouvelle, il envoya à Nabuzaradan, son général, les ordres de briser et détruire le Temple après en avoir pris tout ce qui se trouvait en métal et autres choses précieu­ses, de détruire la ville de fond en comble et d'amener tous les habitants captifs à Babylone et de laisser le menu peuple errant.

Nabuzaradan exécuta fidèlement les ordres de son maître, dépouilla entièrement le Temple de ses ornements, le détruisit et le brûla, emporta tous les vases d'or et d'argent au nombre de vingt-sept mille, sans compte ceux d'autres métaux. Il fit aussi em­porter la grande Mer d'Airain et tous les vases de purification, de même que les autels et les deux grandes colonnes J. B. Celle de Booz se brisa en plusieurs pièces. Il enleva aussi quantité d'autres co­lonnes et d'autres ouvrages faits en or ou en argent, les Tables et le Chandelier.

L'Arche d'Alliance et les Livres Saints furent donnés en garde à Cephan, sous condition que sa vie en répondrait. Nabuzaraclan, après le pillage, fit sortir ces ruines de la Sainte Sion, emporta avec lui tous les trésors d'Israël et amena tous les captifs, dont le nombre était de quatre-vingt-un mille, parmi lesquels étaient le roi Sédécias et toute la famille royale, les officiers, les Sacrificateurs et les Lévites, sans compter un grand nombre de gens du peuple et de domestiques.

Nabuchodonosor entra en triomphe dans Baby­lone. Tous les captifs étaient enchaînés, sans en ex­cepter le roi, dont les chaînes étaient d'or. La figure des chaînes était faite en triangle, ayant trois anneaux dont l'un passait la tête, les autres les poignets. Ces chaînes étaient d'autant plus tristes aux yeux des Israélites que leur figure représentait l'emblème de l'Éternel dont le Saint Nom est représenté par un delta, Nom admirable qui avait été méprisé par le peuple imbécile. Dieu permit qu'il leur fut toujours présent dans la plus dure captivité et pour les faire ressouvenir de Sa Bonté, de Sa Clémence, et pour les porter à obtenir grâce de leurs fautes pas­sées.

Nabuchodonosor consacra la dépouille du Saint Temple à ses dieux. Il donna un logement au roi Sédécias et à toute la famille royale, de même qu'aux officiers. Il assigna au reste des captifs des logements aux environs de Babylone. Les plus distingués parmi eux furent consignés dans l'enceinte de la ville, du nombre desquels furent les descendants des Maçons libres, qui avaient construit le Saint Temple et il n'était permis qu'à eux seuls de l'entretenir. Il leur était défendu, paru une loi de Salomon, de travailler à d'autres ouvrages, sous peine de punition, ce qui était gardé inviolablement, ainsi qu'on en voit les effets dans Babylone. Lorsque Artaxerxès voulut faire bâtir un temple à Jupiter, aucun des Maçons libres ne voulut y travailler, ils aimèrent mieux souf­frir la mort que d'employer leurs talents à la décora­tion de l'idolâtrie. Quelle fut la douleur de ces Illus­tres Maçons d'avoir vu détruire un si grand et si bel Edifice, chef d' oeuvre de la main des hommes et conduit par celle du Tout-Puissant ! Leurs larmes coulèrent en abondance et ne cessèrent de couler que le moment que le grand jour arriva, où ils furent mis en liberté pour aller rétablir un nouveau Temple au Dieu Vivant, sur les ruines de l'ancien, non toute­fois aussi beau ni aussi riche, mais selon leurs mo­yens. Trois années après la captivité des Juifs en Syrie, le roi Sédécias mourut et finit la race des des­cendants de David, après avoir régné sur le Peuple de Dieu qua­tre cent quatre-vingt-six ans, sept mois et trois jours. En la personne de ce roi finit la Maçonnerie, atten­du que c'était leur chef et que les Maçons libres étaient devenus captifs.


Convoi funèbre placé ci-après

Tous les grades, depuis l'Apprenti jusqu'au Grand Ecossais, ne retracent que ce qui était fait lors de la construction du Temple ancien. Le seul grade de Chevalier de l'Orient est celui qui renouvelle aujour­d'hui la Maçonnerie, leur but est de rétablir le Temple, lorsque l'Eternel voudra leur en procurer les moyens, car la Maçonnerie renouvelée parmi les ouvriers n'a eu d'autre dessein que de réédifier cet Edifice sur ses anciens fondements.

Explication de la Loge

Le grand carré long qui est tracé au milieu de la loge représente le nouveau Temple de Salomon, bâti selon les dimensions que le roi Cyrus en donna. Dans la partie occidentale du Temple est le Saint des Saints où repose l'Arche d'Alliance, couverte par deux chérubins qui soutiennent de leurs ailes le Del­ta, qui signifie le Saint Nom de Dieu, qu'on ne doit prononcer qu'en tremblant. Le Saint des Saints est séparé par un grand voile des restes du Temple. Dans le lieu très saint se trouvent le Soleil et la Lune. Au devant de ce lieu très saint se trouve l'au­tel des sacrifices, qui est un cœur enflammé et a, dessus, les lettres V.M., qui signifient Vrai Maître ou Vrai Maçon : ceux qui offrent leurs cœurs à Dieu ou qui se dévouent au bien général de l'Ordre. Cet autel est accompagné de tous les instruments nécessaires à la Maçonnerie et dont on se servait pour la cons­truction du Nouveau Temple. Le Temple a trois portes, une à l'orient, qui est la principale et où se trouve le grand escalier à sept branches dont les Frè­res savent la signification, ainsi que des instruments nécessaires et c'est pourquoi on n'en fait pas mention dans le grade. Les autres portes sont au midi et au nord. A l'occident de la loge sont les deux initiales de Juda et de Benjamin. La lettre G est Gabaon, où l'on sacrifiait avant la construction du Temple, la lettre E est le mot hébreu connu de tous les Maçons. A la porte du midi et à celle du nord sont deux bras, l'un orné d'une épée et l'autre d'une truelle. Ces deux principaux instruments servi­rent à la construction du Nouveau Temple, l'un pour bâtir et l'autre pour combattre les ennemis. Du côté du bras qui tient l'épée est un trophée d'armes et un amas de pierres cubiques prêtes à être em­ployées à l'Edifice et, du côté de la gauche est un amas de pierres brutes propres à fortifier la bâtisse 2. Plus bas sont les vases et autres ornements sacrés que Cyrus fit remettre entre les mains de Zoroba­bel 3 pour en orner le Nouveau Temple, comme le Chandelier à sept branches, la table des pains de proposition, la mer d'Airain, les urnes, pots, vases, plats et autres ustensiles dont le nombre avait été très considérable tant en or qu'en argent et en cui­vre. Le milieu de la loge est traversé, du nord au sud, par le fleuve Star Bussaulier, au milieu duquel est un pont, construit en bois pour le passage des Maçons libres, sur lequel sont trois lettres L..D.P., c'est-à-dire Liberté de Passage. Ledit fleuve est cou­vert de têtes de mort des ennemis qui furent tués lors du combat. Au bout du fleuve sont des chaînes disposées en triangle ainsi qu'il a été dit. La lettre T. exprime l'endroit des carrières de Tyr [d']où l'on a tiré les pierres pour la construction du Temple et la lettre L exprime le mont Liban d'où I'on a tiré le bois. Au-dessus du mont Liban se trouve la figure d'un carré long avec un petit triangle au milieu

c'est le tombeau du roi Sédécias, dernier roi de la race de David et, tout à fait au bas de la loge est une partie du plan de la ville de Babylone.

Chaque article de l'explication de la loge renfer­me en lui bien des morales dont une partie se trou­ve dans le catéchisme et le reste est encore une énig­me jusqu'au grand jour où la vérité sera dévoilée, qui sera au moment où tous les honneurs ne seront attachés uniquement qu'au premier principe de la

Maçonnerie. Cependant, il est constant que l'Or­dre des Maçons doit être regardé comme celui qui sert à ramener tous les amusements à une fin solide et permanente. Mais bien peu de Ma­çons sont trouvés dignes d'y parvenir, aussi le nombre des vrais initiés est très petit. Heureux ceux qui peuvent parvenir à ce lieu.

L'Ordre des Maçons très libres, dits Chevaliers de l'Orient ou la Maçonnerie Renouvelée '. Après que les Tribus de Juda et de Benjamin eurent passé soixante-dix années en captivité dans la Syrie, Dieu fut touché de leurs larmes, ils trouvèrent grâce de­vant Son trône sacré. Il inspira à Cyrus, pour lors roi de Babylone, prince débonnaire, de mettre Israël en liberté. Il écouta, à cet effet, les pressantes requê­tes des principaux et les sollicitations de Zorobabel, de la Tribu de Juda, qui était, depuis longtemps, à son service et dont le mérite lui était connu. Cyrus se laissa toucher aux larmes de ce prince et lui per­mit de sortir de Syrie avec tous les Juifs qui vou­draient le suivre pour aller en Judée rebâtir le Tem­ple de Dieu, que ses prédécesseurs avaient pillé et détruit, et de l'orner de tous ses ornements et vases, tant en or qu'en argent. Pour cet effet, il fit tirer du trésor royal tout ce qui avait été apporté des dépouilles du Temple lors de sa destruction et le fit livrer entre les mains du prince Zorobabel. Cyrus ordonna que le Nouveau Temple aurait soixante coudées de largeur sur cent vingt de longueur et soixante de hauteur. Il ordonna qu'on tirerait les pierres pour la construction du Temple des carrières de Tyr et les bois des forêts du Liban. Il fit, à ce sujet, un Edit, qu'il fit publier dans ses Etats, par lequel il ordonnait à tous ses sujets de laisser sortir librement les Juifs de ses Etats, de ne les troubler en rien et de les secourir dans leurs besoins, sous peine de mort à ceux qui contreviendraient à l'Edit arrêté.

Zorobabel, après avoir reçu un tel bienfait de ce prince, se prosterna aux pieds de son trône, lui baisa la bas de sa robe et le remercia, au nom de toute la nation, de la grâce singulière qu'il daignait lui accor­der, en l'assurant que tout Israël ferait des vœux pour la conservation de sa personne et pour la pros­périté de ses Etats. Après, il se retira pour prendre des arrangements convenables avec les chefs de fa­mille des Tribus sur ce qu'il était à propos de faire pour un si grand projet. Zorobabel et Stenvas fi­rent part de ce grand événement aux chefs des Tri­bus. Ils convoquèrent un conseil où pour préparer les matériaux. La marche des Hébreux fut la plus heureuse jusqu'au fleuve Saint Harlassa­nai, qui sépare le Judée de la Syrie [et] va se perdre dans la mer de Tibériade. La première bande qui arriva au bord du fleuve, pour le traverser, fut celle des Maçons libres. Ils {y} trouvèrent, sur le bord, des gens armés pour les piller et empêcher leur pas­sage. Les chefs des Maçons firent usage du passe­port du roi Cyrus, de même que de l'arrêt qu'il avait donné en les délivrant de la captivité. Mais les bar­bares furent aveuglés par l'apparence du gain [qu'ils Feraient] s'ils pillaient les Hébreux, surtout ayant vu par leurs passeports qu'ils portaient les trésors du Temple. Sans faire attention aux ordres du roi, ils se jetèrent sur les Maçons pour les massacrer. Mais le Grand Architecte en avait disposé autrement car les Assyriens furent taillés en pièces de telle sorte que le fleuve fut couvert, dans un instant, de corps morts. Par ce moyen, ils se rendirent le passage libre et se hâtèrent d'arriver à la triste Jérusalem. Leur marche fut de trois mois [et] cinq jours. Ils arrivèrent le 22 juin, jour du solstice d'été, à trois heures après midi. Après trois jours de repos, les trois architectes et les trois adjoints se mirent en état de commencer le travail. Ils divisèrent les ouvriers par bandes, cha­cune desquelles avait son chef et son adjoint. Il y avait trois sortes de bandes : les plus simples étaient de trois fois sept ouvriers, les secondes de cinq fois sept et les troisièmes de sept fois sept. Chaque bande était payée différemment, la bande de trois par sept à la porte. Chacune de ces bandes avait son nom général, celle de trois par sept avait nom Cassia, celle de cinq par sept Guibelin et celle de sept par sept Tubellain. Outre cela, lorsqu'ils se présentaient pour leur salaire, l'architecte qui devait les payer leur demandait le mot sacré de leur bande. S'ils ne savaient pas répondre, ils n'étaient pas payés mais, au contraire, punis. Le mot de trois par sept était Jehova, celui de cinq par sept Booz et celui de sept par sept Jakin. Tel fut l'arrangement que l'on fit pour l'exécution d'un si grand Edifice. Mais il était écrit qu'Israël souffrirait ce dont l'Eternel voudrait l'exercer car à peine les fondements de ce Nouveau Temple furent commencés qu'ils eurent une guerre à soutenir contre les Samaritains, peuple sorti des Dix Tribus, qui avait abandonné le culte du Vrai Dieu pour l'idolâtrie. Ils tâchèrent, par leurs chicanes, de détourner ou retarder la bâtisse du Temple, ce qui obligea Zorobabel à se tenir sur la défensive, de ma­nière qu'il ordonna, parmi les ouvriers, qu'une partie travaillerait et l'autre combattrait ses ennemis. Par ce moyen, l'ouvrage continuerait tandis qu'on ferait la guerre. Mais, comme le combat devenait plus opi­niâtre et que, d'ailleurs, l'ouvrage allait fort lentement, il fut ordonné qu'on n'irait plus vers les ennemis mais qu'on les attendrait au travail. A cet effet, il fut dit que chaque ouvrier serait armé, c'est-à-dire qu'il tiendrait d'une main une épée et de l'autre une truel­le dont il devait travailler. Etant armés de cette sor­te, ils travaillèrent avec assurance mais non pas si diligemment qu'ils l'avaient souhaité, car la construc­tion du Nouveau Temple dura quarante ans. Cette merveille du monde fut commencée sous le règne du roi Cyrus, continuée sous celui d'Artaxerxès et finie sous le règne de Darius. Quant à la dédicace et à la décoration, on pria les Frères de s'en instruire par la lecture de la Bible. Après que ce Temple fut achevé, les Maçons se mirent à réparer les remparts de la ville et à relever les maisons ruinées et à faire revivre les Lois dans leur ancienne pureté, à suivre les Ordonnances de Moïse, à sanctifier le Temple par des sacrifices sans nombre, à rétablir l'ordre mi­litaire, à donner un arrangement dans les deux Tri­bus de Juda et de Benjamin, et à songer à se procu­rer un roi pour les gouverner aussi sagement que Salomon. Comme ce Second Temple a été aussi dé­truit, les Maçons d'aujourd'hui sont aussi descendus de ceux qui le bâtirent. Aussi doivent-ils les imiter en leur exemple et tâcher, sous la conduite d'un nouveau Zorobabel, de bâtir un troisième Temple au Vrai Dieu.

Cérémonies pour la Réception d'un Chevalier de l'Orient ou de l'Épée

La loge doit être tendue de rouge et éclairée de soixante-douze lumières. Le Maître se nomme Sou­verain, représentant Cyrus, l'aîné des Surveillants s'appelle Nabuzardam, général du roi, le Jeune Sur­veillant représente Mithridate, son grand trésorier, le récipiendaire se nomme Zorobabel. C'est pourquoi tous les Chevaliers, étant en loge, sont appelés prin­ces par le Souverain, attendu que Zorobabel était prince. La porte de la loge doit être gardée par deux gardes, c'est-à-dire par deux Chevaliers qui en font les fonctions, qui sont, ordinairement, les derniers reçus; ils sont armés d'une pique. Le récipiendaire doit venir de lui-même à la porte de la loge, couvert d'un drap noir qui soit poudré de {la} cendre; étant arri­vé à la porte, il soupirera jusqu'au point d'être en­tendu par les gardes, qui ouvriront doucement la porte pour voir ce que c'est. Sur quoi, ayant reconnu que c'est un homme en deuil, ils refermeront la porte pour en donner avis au Second Surveillant, qui se lèvera de sa place, sans rien dire, pour aller join­dre le récipiendaire et pour l'interroger sur le sujet qui l'amène à la porte du roi.


Interrogations hors de la Loge


D. Que demandez-vous ?

R. Je veux, s'il est possible, parler au roi.

D. Qui êtes-vous ?

R. Juif de nation, prince de naissance, sorti de la troisième famille de la Tribu de Juda.

D. Quel est votre nom ?

R. Zorobabel.

D. Votre âge ?

R. Quatre-vingt-un ans.

D. Quel est le sujet qui vous amène ?

R. Les larmes et la misère de mes Frères.

Le Second Surveillant dit « Attendez au bas de la porte, je vais prier le mi pour vous » Le Second Surveillant vient frapper à la porte, elle lui est ouverte par les gardes qui, l'ayant recon­nu, le laissent entrer.

Lorsque l'on frappe, on doit frapper d'un seul coup, au bas de la porte, avec le pied. Le Jeune Sur­veillant se prosterne au bas du trône du roi, il lui fait le récit de ce qu'il a entendu de Zorobabel, à quoi le roi répond qu'on le laisse entrer.

Le Jeune Surveillant, en quittant le roi, le salue en posant les deux mains sur le visage et va joindre le récipiendaire, auquel il dit : « Vous avez trouve" grâce au pied du trône du plus grand roi du monde. Il vous permet de paraître devant lui, da face couverte ». Alors, il l'intro­duit en frappant à la porte comme il a été dit, la porte ouverte, il est reçu par les deux gardes, qui le conduisent au pied du trône où ils le mettent à ge­noux et l'y laissent pour aller garder la porte.

Nota : que les gardes le fouillent avant qu'il en­tre, pour voir s'il n'aurait pas des armes cachées ou quelque autre chose qui serait contre la vie du roi. L'Orateur de la loge, faisant fonction de Premier Ministre d'Etat, interroge le récipiendaire sur le sujet qui l'amène au pied du trône de sa majesté. Pendant l'interrogation, tous les Chevaliers doivent être de­bout, l'épée à la main, la tête couverte et le récipien­daire le visage découvert.


Interrogations du Ministre


D. Quel sujet vous amène vers le roi ?

R. Pour employer sa bonté et sa sagesse.

D. Pourquoi ?

R. Demander grâce pour mes Frères les Juifs, en servitude depuis soixante-douze ans.

D. Qui êtes-vous ?

R. Zorobabel, prince sorti de la troisième famille de la Tribu de Juda.

D. Quelle est cette grâce ?

R. Que la bonté du roi nous accorde pardon et li­berté à toute notre nation et de permettre que nous allions exercer notre Religion, en suivant ce que Moïse nous a laissé, nous permettre d'aller réédifier le Temple, que la puissance des Frères étrangers, ou plutôt nos péchés, ont détruit jus­qu'aux fondements.

Après quoi, le Souverain fait signe qu'on le fasse retirer, les deux gardes viennent le relever et le conduisent hors de la chambre, l’un d'eux reste avec lui, l'autre ferme la porte. Après qu'il 2 en est sorti, le roi adresse la parole à tout le Conseil en ces termes : a Il y a longtemps que j'ai résolu de mettre les Juifs en liberté. je ne sais pourquoi, je suis depuis un temps pénétré de voir ce peuple dans les fers. Le Dieu, qu'ils appel­lent le Dieu Fort, m'est apparu en songe, il me semblait voir un lion rugissant, qui était prît à fondre sur moi pour me dévorer. Au pied de mon lit, j'ai cru voir Nabuchodonosor et Balthasar, deux de mes prédécesseurs, qui servaient de mar­chepied à ce Dieu Terrible. J'ai crû entendre deux paroles qui sortaient de sa bouche en langue hébraïque, qui, en syriaque, signifient "rend Mon peuple libre I': C'est de vous tous, mes chers Princes, que j'attends à délibérer ce que je dois faire sur un tel événement ». Après que k roi a parlé, le Conseil garde un profond silence pendant quelques minutes. Après quoi, les uns et les autres disent au Ministre leurs sentiments, qui fait semblant de recueillir les voix pour en rendre compte. Dès qu'elles sont re­cueillies, le Premier Ministre s'approche de nouveau du roi, qui ordonne de faire entrer Zorobabel. Le Second Surveillant va le joindre et lui fait ôter l'atti­rail lugubre dont il était couvert et le revêt d'une robe blanche, le ceint d'un ruban vert et, dans cet état, le met au pied du trône où, étant arrivé et à genoux, le roi lui dit : je vous accorde votre requête, je consens que tout Israël soit mis en liberté. De plus, qu'il soit libre d'aller bâtir un Temple à Dieu, qu'il soit orné et enrichi des dépouilles du Temple détruit par mes prédécesseurs, et que cela vous soit donné avant le Soleil couché De plus, je vous fais chef de toute la Nation et [ordonne] qu'on vous obéisse en tout et partout, à la réserve que vous payerez un tribut detrois agneaux, cinq moutons et set béliers. Et, pour marque authentique de ma bonté à votre égara je vais vous armer d'une épée terrible que vous porterez pour marque de distinc­tion de l'autorité que vous avez sur tous les Frères j'ordonne à mon général Nabuzardam de vous instruire pour la guerre, en d'être mieux à même de vous défendre contre les ennemis qui pourraient vous attaquer ».

Alors, on le mène au Premier Surveillant, lequel lui dit : « Mon Frère, je me réjouis des grâces que vous venez de recevoir de notre Souverain. Sa bonté doit vous encourager à les mériter. Je vais vous instruire sur l'art de la guerre mais, auparavant, je vair vous recevoir Chevalier ».

Interrogation de Nabuzardam


D. Où est situé votre pays ?

R. Au-delà du fleuve d'Harbassanay.

D. Comment s'appelle-t-il ?

R. La Judée.

D. Comment s'appelle le peuple qui habite ce pays ?

R. Israël, dont nous sommes sortis.

D. Quels noms ont ceux qui sont ici captifs ?

R. Ils sont distingués par deux Tribus, celle de Juda et celle de Benjamin.

Nabuzardam poursuit : « Le roi vous a armé d'une épée pour vous défendre contre vos ennemis. Par le pouvoir qu'il me donne, je vous revêts d'un cordon couleur d'eau, qui représente le passage de l'eau, sujet comme un vaisseau qui flotte au gré des vents, de même, nous flottons au gré de nos passions. Heureux celui qui a évité le danger par l'épée dont le roi vient de vous armer, vous, et toute votre Nation, êtes devenus libres. Ainsi, vous serez appelés Enfants des Tribuslibres, les noms de Juda et de Benjamin vous serviront pour reconnaître les vrais Frères. Je vous donne, outre cela, deux signes. Le premier se fait en portant la main droite sur demie gauche et en la descendant en serpentant sur la poitrine jusqu'à la hanche…..

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