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Hauts Grades

Chevalier de la Sagesse : discours du Grand Orateur

1 Mai 2012 Publié dans #hauts grades

Mes Très chers Frères,

Lorsque, profane encore, vous fûtes placé dans la chambre des réflexions, vous avez fait le choix du pain, de l’eau, de la lumière et de la vie, rejetant les emblèmes de stérilité qu’étaient le sel, le soufre et le crâne.

Depuis ce moment déjà lointain, vous avez suivi avec constance, sinon toujours avec facilité, la voie dans laquelle vous étiez entré, et dont le livre qui vous a été montré tout à l’heure vous a retracé les étapes, les épreuves et les enseignements. A travers ces étapes, comme par autant de degrés, vous êtes enfin parvenu au grade suprême de Chevalier Rose Croix, dans lequel vous avez appris à connaître la nouvelle Loi et les trois vertus qui en sont les colonnes et les principes. Soutenu par la Foi au front serein, l’Espérance aux regards consolateurs et la Charité au cœur enflammé, vous êtes devenu digne de connaître la Parole sacrée et de contempler la rose mystique. Conservez, mon cher F, plus que jamais intacte votre confiance en cette voie intérieure et secrète qui vous a conduit jusque là, qui permet de redonner forme aux outils et de rendre son éclat à l’Etoile Flamboyante.

Nous avons ce soir attiré spécialement votre attention sur un des aspects les plus fondamentaux des enseignements qui sont contenus dans ce grade suprême, à savoir celui qui concerne la Sagesse. Comme toutes les autres vertus la Sagesse prise absolument est un attribut divin, et de façon dérivée une vertu humaine. Mais elle enveloppe aussi en elle-même toutes les autres vertus, comme elle enveloppe tous les êtres, car c’est par elle que le Grand Architecte a tout conçu avant que de créer. Prise en son essence, elle reste éternellement cachée dans le sein de la Divinité, et la Parole, dont nous parle le Livre saint sur lequel vous avez prêté tous vos serments, est sa manifestation. Elle a été à vos côtés dès le début de votre carrière maçonnique, où l’on vous présenta la triade Sagesse, Force, Beauté, pour vous enseigner que la première est la source et le principe des deux autres, et elle vous a ensuite accompagné tout au long du chemin que nous avons évoqué.

La sagesse est pour l’homme le premier des sept dons de l’Esprit Saint. C’est un reflet de la Sagesse divine que Dieu a mis en lui en le créant. De là procèdent les six autres dons qui sont l’intelligence, le conseil, la vaillance, la science, la crainte de Dieu et la piété. L’intelligence est la connaissance intime que nous avons du projet de Dieu sur nous et de notre destinée spirituelle. Le conseil, lié aux vertus de justice, de tempérance et de prudence, est le jugement qui nous permet de discerner en toutes choses ce qui est conforme à ce projet et ce qui lui est contraire. La vaillance, liée à la vertu de force ainsi qu’à celles de foi et d’espérance, est l’ardeur que nous mettons à réaliser ce projet divin, et cette confiance en Dieu grâce à laquelle nous résistons au découragement qui peut parfois nous tenter. La science est la connaissance de nous-même, de notre nature, de notre état et de nos rapports avec l’univers, science qui produit plutôt l’humilité que l’orgueil et qui, jointe au don de conseil, nous permet d’oeuvrer au mieux à la réalisation du projet divin. La crainte de Dieu est la conscience que nous avons de Sa transcendance absolue, du mystère de Son essence, et de notre dépendance totale vis à vis de Lui de qui nous tenons l’être. La piété, liée à la vertu de charité, est la communion intime avec ce Dieu transcendant qui est en même temps Amour, et qui est le principe de l’amour mutuel qui nous unit les uns aux autres quand nous sommes ensemble en communion avec Lui.

Soyez donc convaincu que ce n’est pas sans raison que les professeurs de l’art des Sages, les vrais Maîtres, adoptèrent pour chef celui dont vous avez occupé un jour le trône, celui auquel l’Eternel dit : « Parce que tu ne m’as demandé ni une longue vie, ni des richesses, ni la mort de tes ennemis, j’ai fait selon ta parole, je t’ai donné un cœur sage. »

Soutenus par cette confiance et cette conviction, redoublons tous ensemble d’efforts et travaillons avec constance et patience. Nous soutiendrons ainsi, à leur tour, le zèle de tous les Maçons, persuadés qu’ils seront, par notre exemple, que l’art qu’ils professent doit les conduire dans le sanctuaire de la vérité, par la pratique des vertus et la grâce du Grand Architecte de l’univers.

 

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