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Hauts Grades

" Chevalier, mon Frère, Tu es armé maintenant pour le combat de la Vie "

17 Mai 2012 , Rédigé par alain.dhaoui Publié dans #Planches

 C’est à la fin de sa cérémonie de réception au 30ème degré, au pied de l’échelle mystique, après l’avoir symboliquement montée et redescendue, et avoir reçu la collée, que le récipiendaire est proclamé, au nom de Dieu, de Saint Michel et de Saint Georges, Chevalier, par le Très Puissant Grand Maître. C’est à ce moment précis que ce dernier affirme, à celui qu’il vient de consacrer Grand Elu Chevalier Kadosch :

« Le combat » que mène un chevalier consiste à conquérir une liberté,

à délivrer d’une oppression, à briser un attachement devenu esclavage ; afin de permettre

à l’irradiation infinie de l’Etre pur, le véritable souverain, de se manifester.

Gérard DE SORVAL

" Chevalier, mon Frère, Tu es armé maintenant pour le combat de la Vie".  Puis lui intime l’ordre : " Marche va dans le Monde. La route est libre. Mais souvient-toi, pèlerin inconnu, tu connaîtras le monde et personne ne te connaîtra"    

Si le triptyque, bien voir, bien comprendre, bien agir, résume parfaitement les étapes essentielles de la démarche de l’adepte, dans son évolution maçonnique ; la trilogie, plus, large, connaissance, amour, action, en constitue, alors, l’axe fondamental de sa progression initiatique au sein de notre Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Le combat pour le quel le Chevalier Kadosch est armé ; s’inscrit, de ce fait, dans son vaste champ d’action dans le monde, voir dans sa mission au sein du Rite, et ce après avoir réalisé son indispensable qualification. 

Puisque cette action semble être la finalité du parcours du Franc-maçon, en général, et celle du Chevalier Kadosch, en particulier ; pourquoi prend elle, alors aujourd’hui, la forme de combat, pour celui qui est arrivé au terme de son initiation individuelle, et combat pour la Vie qui plus est ?                           

Tout en essayant d’apporter une réponse à cette interrogation ; nous tenterons de rapprocher le combat du Chevalier Kadosch, de celui du mystique soufi, en tant que chevalier « wali », c'est-à-dire, Saint, adepte de la futuwa, cette chevalerie spirituelle du monde musulman.   

" Chevalier, mon Frère, Tu es armé maintenant pour le combat de la Vie "

Certes ; chaque terme a son importance, dans cette phrase affirmative, et contribue, sans doute, à lui donner, sa puissance, sa profondeur et son dynamisme. Cependant ; l’adverbe " maintenant" en constitue, à mon sens, la clef de sa porte d’entrée. Car non seulement il indique une véritable limite dans l’espace ; (où ? Au 30ème degré de la pyramide du Rite, terme de la réalisation ascendante, de l’adepte,) et dans le temps (quand ? A la fin de la cérémonie de consécration, du chevalier), mais ainsi placé juste après l’adjectif qualificatif " armé", il signifie, implicitement, qu’avant d’avoir atteint le 30ème degré, et avant d’y avoir été adoubé ; l’adepte n’est pas vraiment armé pour mener un combat, et encore moins pour livrer le combat de la vie.    

Et pourtant ; l’adepte a bien porté différentes armes et mené de nombreux combats au cours de son évolution sur l’échelle du Rite. En effet dès le 11ème degré ; Sublime Chevalier Elu, Excellent Emereck, " Homme vrai en toute circonstance ", armé de l’épée de justice, par le roi Salomon, ayant pour devise " vaincre ou mourir."  , il avait engagé, en un combat singulier, sa vie jusqu’à la mort, pour une cause noble et juste.         

C’est, précisément, pour une juste cause que, l’épée d’une main, la truelle de l’autre ; Chevalier d’Orient et de l’Epée, il a été appelé à construire le Temple, d’une main, et à le défendre de l’autre. Sa devise était " liberté de passer", c’est pourquoi, il a dû livrer combat pour pouvoir franchir le pont de Gandhara et passer, ainsi, du monde matériel au monde spirituel. Son combat bien que physique s’avère, finalement, de portée spirituelle. 

Armé de son épée ; Chevalier d’Orient et d’Occident, conscient de la nécessité de combattre les méfaits de l’intolérance, des préjugés et du fanatisme ; le Chevalier Kadosch a été le pèlerin Chevalier, oeuvrant afin d’être reconnu fils de la Lumière. Il s’est battu pour concilier les opposés extrêmes ; Orient et Occident, ombre et Lumière et ainsi tenter de surmonter la dualité.      

Bien que sa seule arme matérielle, ne fut que son bâton de pèlerin, symbole de l’axis mundi et des combats intérieurs, il a prêté serment, en tant que Chevalier Rose-croix, sur l’épée de justice, promettant de défendre les faibles et de soulager les affligés. Il s’est proposé comme but de " combattre l’orgueil, l’égoïsme et l’ambition, pour faire régner à leur place le dévouement et la Charité". Pour la défense du Vrai, du bien et du Juste, prouesse, largesse, tel était son idéal chevaleresque.

S’il est vrai que les combats qu’a livrer, jusqu’ici, le Chevalier Kadosch, sont une condition nécessaire, bien qu’insuffisante pour mener le combat de la vie, l’accomplissement de ce parcours, fait dans la pratique de Vertus chevaleresques, contribue, pleinement, à sa qualification et à cette aptitude, que le Très Puissant Grand Maître reconnaît en lui, et ce en le considérant comme digne de combattre, enfin, dans les rangs de la Milice du Temple.

Si tout combat implique une certaine préparation, et une aptitude certaine, il nécessite, cependant, des armes.

"Tu es armé maintenant " :

L’arme, pour le combat de la Vie, du Chevalier Kadosch, qui orne son cordon, n’est certainement pas ce poignard avec lequel Johabert, assoiffé de vengeance et de sang, donna la mort à Abairam, le meurtrier d’Hiram, en le décapitant.

Son arme étant d’un autre type, son combat sera forcement d’une autre nature car, mené sur d’autres plans.

" Au nom de Dieu, de Saint Michel et de Saint Georges, je te fais chevalier "

Ainsi, trois types d’armes nous sont, suggérés, le Caducée de Mercure, l’épée de Saint Michel, et la lance de Saint Georges. Alors que d’autre part, l’arme principale du Grand Elu Chevalier Kadosch, lui est, clairement désignée, et présentée par le Puissant Grand Maître, dès sa descente de l’Echelle Mystique :

" Voici en vérité ; le Caducée de Mercure, tout ce que tu touches du bout de cette arme, se transformera en or pur".

S’agit-il de trois en une ? Car son arme sera à la fois, sa "baguette magique qui conjurera le sortilège de la matière, son épée flamboyante qui transformera les éventements, son glaive de Khérub qui lui rouvrira les portes du Paradis."  

L’injonction donnée, par le Très Puissant Grand Maître, au Chevalier Kadosch, qui vient d’être consacré, " marche. Vas dans le mode. La route est libre." ; ne laisse aucun doute quant au lieu du déroulement de son combat. Son action, en tant que collaborateur du Grand Architecte de l’Univers "mes droits consistent à ne pas me soumettre aux décrets de la loi Divine mais, d’y collaborer" n’a de sens, que si elle est menée dans le monde de la manifestation.

Son action, sera exécutée, en adéquation avec la devise de notre Ordre "ORDO AB CHAO DEUS MEUMQUE JUS", Ordre qu’il a commencé d’abord a réaliser en lui-même, car il faut " Vaincre nos passion" en se rectifiant, en se libérant, après avoir emporté le combat contre son ego, cette guerre Sainte que le Soufi appelle : Le Grand Djihad.Sur ce plan, les deux Chevaliers mènent le  même combat, car le combat du Soufi n’est pas un combat horizontal contre l’autre, pour une conquête matérielle, mais un combat vertical intérieur, pour une quête spirituelle ; qui aboutit au dont de soit, au bénéfice de l’autre. C’est ce passage de l’épopée héroïque à l’épopée mystique qui constitue, pour le chevalier Soufi, le passage du petit djihad au grand djihad, la véritable « guerre sainte ».

 " Tous les héros ont toujours combattu le serpent pour le vaincre et le contraindre à servir". Alors muni de son épée flamboyante, tel l’Archange Saint Michel, Prince de la Milice Céleste, il terrasse le dragon pour le maîtriser et le contrôler. Et s’il lui épargne la vie, c’est parce qu’il sait que mort, il ne servirait plus à rien. Mieux vaut donc le convertir. Ainsi, vainqueur de Saton, l’adversaire ; son combat loin d’être destructif, s’avère constructif, porteur de promesse et de Vie. C’est dans ce sens que l’on peut dire que l’Epée du Chevalier Kadosch, est l’arme de sa guerre sainte, menée contre les égarements de la dimension corporelle et conduisant à sa réconciliation avec la dimension spirituelle. C’est par cette Epée Flamboyante que le Vénérable Maître crée, constitue et reçoit le Néophyte Apprenti. C’est par son biais, que s’opère le passage, symbolique, du stade de profane à celui d’initié franc-maçon. Son arme est bien transformatrice   

Armé maintenant, de ses armes de Lumières, le caducée de Mercure, le glaive flamboyant de Saint Michel et la Lance inflexible de Saint Georges, parti seul dans le monde, sans peur ni reproche, le Chevalier de l’Aigle Blanc et Noir, se souvient que le dernier voyage de toute cérémonie d’initiation est toujours une projection dans le futur du parcours de l’initié. Le temps est donc venu, pour lui, de mettre, enfin, en action la sentence du dernier voyage du Maître Secret : "Ce que la Maçonnerie te demande, c’est de promouvoir la justice". C’est donc ici est maintenant dans le monde manifesté qu’il se doit de participer efficacement au rétablissement de l’Ordre, en son âme et conscience, conformément au Plans Divin perçus en haut de l’Echelle Mystique, et ce " NON NOBIS, DOMINE, NON NOBIS, SED NOMINI TUO DA GLORIAM" 

Si le Chevalier Kadosch, Etre de Lumière, ainsi, armé, a maintenant, le droit à l’initiative pour agir et combattre, c’est parce qu’il a réussi à gravir les sept échelons de l’Echelle mystique, et purifié par le pneuma de Sophie, il a reçu l’initiation maçonnique suprême. C’est parce qu il a conquis, de ce fait, cette liberté de la créature tant cherchée " pour ceux qui ont franchi les obstacles ", celle que l’on conquiert " au-delà des limites des royaume des formes".

C’est parce qu’à ce degré de proximité du principe, "Nec plus Ultra", séparé, il a reçoit son ordre de mission, et a pris, lors de son retournement à ce sommet, "l’engagement de ne point subir les événements, mais de les transformer."Alors que le Chevalier Soufi, qui arrive à cette « station du cœur", qui devient protégé de Dieu « Wali » et qui reçoit de son Maître les secrets de la Connaissance ésotérique " la Gnose" et l’investiture de la "Baraka", se soumet entièrement à Dieu.

Leurs armes, bien que toutes deux de natures divine : le Caducée de Mercure pour l’un, la « Baraka » pour l’autre, n’ont, cependant, pas la même portée. Car la « Baraka » que reçoit le Chevalier Wali, en tant que "protégé et "ami de Dieu", apparaît comme une récompense pour " effort fourni", donnée à celui qui s’est engagé dans la voie la de la « Hakika », la Vérité, en se soumettant à la Loi Divine. Médiateur entre Dieu et les hommes, au service de ses semblables, le Wali, est prêt à secourir les faibles et à guérir les malades par les pouvoir de la « Baraka » dont il est investi, cependant, son remède même s’il est efficace, n’agira qu’en surface, juste sur la plaie du blessé, ou sur le mal dont souffre le malade. Alors que le Caducée de Mercure du Chevalier Kadosch, l’intercesseur, agit en profondeur en rectifiant et en transforment la matière. Tout ce qu’il touche du bout de ses doits se transformera en or pur. C’est par transmutation qu’il opère sur la matière en la spiritualisant. Son but ne se limite pas à panser les plaies du patient ou de le débarrasser de son mal, mais d’en faire un médecin, pour qu’il puisse à son tour soigner et guérir tous ceux qui souffrent des maux engendrés par les ténèbres afin de les libérer de toute oppression et injustice.

Ainsi il sera en droit de penser, comme Albert Camus, " J’ai compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer l’injustice, il fallait donner sa vie pour la combattre"           

Se battre pour conquérir la Liberté, pour les autres, tel est, me semble-t-il, l’un des sens du Combat de la Vie du Chevalier Kadosch, combat, qu’il doit mener armé de son Caducée de Mercure, c'est-à-dire, sa propre puissance spirituelle, résultante de la synthèse de son vécu et de ses victoire passées.                  

"Afin de permettre à l’irradiation infinie de l’Etre pur, le véritable souverain, de se manifester"

S’il ne fait aucun doute, qu’être continuellement au service d’autrui, dans une relation d’altérité, par un dépassement de l’ego, constitue, aussi bien les bases fondamentales de l’idéal chevaleresque du chevalier Kadosch, que celles du chevalier Soufi ; cette spiritualité, malgré ces similitudes évidentes, et bien qu’aboutissant au même Principe, diffère cependant par certains points.

 Le Chevalier soufi, qui appuie sa spiritualité sur sa foi islamique, en remettant entièrement son destin entre les mains de Dieu, voit, ses actions guidées par un déterminisme transcendant, et dès lors sa liberté d’action dans le monde se trouvant limité, il dirige son combat essentiellement contre ses ennemis intérieurs et particulièrement contre « El Nefs », son ego. Dans sa quête spirituelle, c’est l’amour de Dieu qui lui fait aimer l’homme. Alors que le chevalier Kadosch, qui prend son destin en main, qui base sa spiritualité sur sa foi maçonnique et sur celle qu’il a dans la perfectibilité de l’homme, se positionne comme collaborateur du Grand Architecte de l’Univers. Et dés, lors son action tournée nécessairement vers l’extérieur, sa mission, en tant qu’Homme Universel, est celle de transmettre ses connaissance. Et son combat, armé de son Caducée de Mercure, qui n’est autre que lui-même, sera de consacrer sa Vie toute entière à parfaire le monde, et ce conformément aux plans du Principe.

Dans cette optique c’est précisément l’amour de l’homme qui lui fait aimer Dieu.

Certes l‘Amour et le don de soi, sont les vecteur communs qui motivent les combats, que mènent les deux chevaliers spirituels, cependant, si le comportement chevaleresque de l’un, vise l’ouverture, future, des portes du paradis céleste pour soi ; le but de l’autre, est le bonheur, ici et maintenant, de l’humanité tout entière, dans la perspective de l’avènement du Saint Empire.

Je suis armé, maintenant, pour le combat de la Vie

J’ai dit.

source : www.ledifice.net

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