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Hauts Grades

Comment le Franc-Maçon peut’ il apporter au dehors, l’œuvre commencée dans le Temple

27 Mai 2013 , Rédigé par J\ T\ Publié dans #Planches

En préalable, je dirais en premier, qu'à la lecture du programme de la nouvelle année maçonnique, devant présenter une planche ce mercredi 3 septembre et quelle planche ! Comment pensez‑vous apporter au dehors l'ouvre commencée dans le Temple, je me suis retrouvé à l'époque de ma plus tendre enfance il y a bien longtemps, ou nous avions des devoirs à faire, pendant les grandes vacances, qui étaient l'époque, du 14 juillet au ler octobre.

En second que le titre de la planche, Comment pensez‑vous apporter au dehors l'ouvre commencée dans le Temple, est une question qui semble posée au rédacteur, ce qui ne représente aucun intérêt pour l'auditoire, c'est pourquoi, en espérant que le V:. M.‑. ne m'en tiendra pas rigueur, je vous présenterai

Comment le Franc‑Maçon peut‑il apporter au dehors l'oeuvre commencée dans le Temple
La première question qui vient à l'esprit est, qu'elle est donc cette œuvre commencée dans le Temple ? la réponse est simple, c'est la construction du plus beau des Temples : L'Homme.

Il ne s'agit pas bien sûr de fabriquer, de modeler l'homme idéal, encore moins un surhomme ou un archétype de vertus humaines, mais de faire progressivement passer l’homme de l’état profane à celui d'initié.
La vie initiatique n’est pas un long fleuve tranquille, mais un long cheminent pleine d'embûches qu'il faut soigneusement éviter, où chacun progresse par lui­-même, s'appuyant sur ses Frères, dans une pratique fraternelle de la recherche permanente de la connaissance.

Ce n'est qu'après un travail personnel efficace et persévérant sur lui‑même dans le cadre collectif de la loge, que l'initié, progressant tout au long de son cheminement maçonnique, peut " porter au dehors l'oeuvre commencée dans le Temple'; comme le dit le rituel. Le travail en loge est fait pour donner à l'initié force, sagesse et beauté. Ce n'est qu'à cette condition qu'il pourra ensuite militer efficacement hors du temple, en faveur de toutes les causes qu'il jugera utiles pour favoriser le bonheur de l'humanité afin de poursuivre son émancipation progressive et pacifique.

Cette voie ne ferme nullement l'aventure humaine à une action sur le dehors. Au contraire, elle l'assure, la fonde, la conduit selon le seul absolu légitime qui est l'absolu de son essence. Cet absolu n'exclut ni la pluralité des voies convenables, ni la nécessité des réorientations et des ajustements toujours à reprendre.

Les progrès dans l'initiation ne retiennent à aucun moment à l'initié sa nature d'homme. Cette initiation, il en devient le dépositaire. Il ne peut la garder pour lui‑même s'il veut rester fidèle à l'engagement qu'il a pris le jour de sa première entrée dans le Temple, en adhérant à la maçonnerie qui stipule que :
"Le Franc‑ Maçon travaille à l'amélioration constante de la condition humaine tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien‑être matériel ".

La réponse à la deuxième question, , " apporter au dehors l'oeuvre commencée dans le Temple " est limpide. Tout simplement parce que le rituel du 1 'degré symbolique nous y invite expressément lorsqu'il nous dit :
"que la Lumière qui a éclairé nos travaux continue de briller en nous pour que nous achevions, en dehors, l'ouvre commencée dans ce Temple"

Travaillant dans le Temple à son propre perfectionnement, le franc‑maçon doit passer de celui‑ci au monde profane pour continuer à travailler au perfectionnement de l'humanité.

Le chantier est en permanence ouvert car les besoins sont immenses et les ouvriers sont peu nombreux. Francs‑maçons, héritiers des bâtisseurs de cathédrales, le chantier des hommes de la cité nous attend, nous appelle ; mais il n'est pas certain que nous y soyons bien reçu ! La tâche est vaste, la confusion est grande ; le vernis du civilisé craque, montrant la minceur de sa couche et révélant la profondeur de l'instinct animal de l'homme.

Comment serons‑nous accueillis, avec nos bonnes intentions, nos belles paroles ? comme le sont toujours ceux qui ont un autre langage que celui du moment, ceux qui rappellent les valeurs éternelles face aux moeurs de l'époque, ceux qui parlent de fraternité, de générosité, de tolérance à ceux qui jouissent de leur égoïsme du haut de l’échelon qu'ils ont conquis par une lutte sans pitié sur l'échelle dite de la réussite.

Nous serons accueillis, le mieux avec étonnement, le pire avec colère. Nous serons à peine écoutés, encore moins entendus et peut-être serons‑nous éconduits parce que prêcheurs d'utopies dans un monde qui se targue de réalisme. Or, le réalisme est bien souvent le triomphe du puissant sur le faible, l'acceptation de la loi de la jungle comme règle de conduite morale.

Notre temps exige qu'on le regarde en face, courageusement, car, " Ceux qui tournent le dos à leur temps risquent de mourir tués par lui, sans comprendre, comme tous les fuyards "

Parce que francs‑maçons et parce qu'engagés dans le monde profane, nous demeurons doublement attachés à ses valeurs humanistes et civiques fondamentales. Nous essayons sans cesse de donner leur sens à trois mots que la Franc‑Maçonnerie nous fait acclamer dans nos Temples : Liberté, Egalité, Fraternité, afin que la République ne les oublie pas.

Croire en la liberté, en l'égalité, en la fraternité et oeuvrer pour que ces concepts hérités de notre tradition maçonnique et républicaine s'épanouissent en réalités quotidiennes, c'est se faire traiter, le plus souvent, de naïfs, d'idéalistes, d'utopistes par le clan toujours renouvelé des sceptiques.

Combat perpétuel entre ceux qui espèrent haut et ceux qui pensent bas :

Arrivés à ce stade de la réflexion, j'aborderai avec les précautions oratoires d'usage qui s'imposent lorsqu'on traite ce sujet aussi sensible qu'est, l'engagement du franc‑maçon en politique. Nous rentrons là dans le domaine temporel, en étudiant les rapports du Franc‑Maçon avec la politique, j'aimerais mieux dire LE politique. Dans ce domaine, on a souvent énoncé des contre vérités, des opinions aussi diverses qu'erronées. Aussi je voudrais m'arrêter quelques instants sur cette question en essayant de l'éclairer. Pour cela, je partirais de deux propositions, je dirais même de deux constatations. La première qui consiste à dire qu'aujourd'hui comme hier, le franc‑maçon n'appartient pas à un ordre qui se veut uniquement contemplatif mais qu'il veut être un homme d'action, un bâtisseur, et dans un cadre de la cité et de la société où il vit, un homme responsable qui s'efforce de traduire son idéal dans ses actes.

La seconde, elle découle de la première, elle démontre que nombreux sont les francs‑maçons qui participent à la vie politique de leur pays, et cela, à tous les niveaux : Conseils Municipaux, Conseil Généraux, Conseils Régionaux, Assemblée Nationale, Sénat, Conseil Economique et social..

Le phénomène n'est pas nouveau et a toujours existé en France, sous la 5e République, sous la 4e et la 3e , sous l'Empire et même sous l'Ancien Régime.
Pour essayer d'être complet dans l'analyse, si on passe des gouvernants aux gouvernés, on ne peut que rappeler un article important de notre constitution où il est écrit : " Les francs‑maçons respectent les lois et l'autorité légitime des pays dans lesquels ils vivent et se réunissent librement'; .... "ils sont citoyens éclairés et disciplinés et conforment leur existence aux impératifs de leur conscience". Ajoutons encore que dans le domaine politique, comme dans le domaine religieux, nous recherchons la conciliation des contraires, puisqu'il est dit aussi " ils cherchent à unir les hommes dans le respect de la personnalité de chacun".

Mais il convient de rappeler avec force, que si la franc‑Maçonnerie a inspiré et inspire encore des actions de progrès, elle ne doit pas intervenir directement. Ce sont des Francs‑Maçons en leur qualité de libres citoyens dans l'exercice de leur vie d'hommes, dans l'exercice des fonctions qu'ils occupent dans la vie profane, qui s'efforcent de faire prévaloir les idées, les projets qu'ils ont discutés et compris en loge.

La franc‑Maçonnerie, (ou tout au moins la majorité des Obédiences) ne s'arroge et ne saurait s'arroger le droit de donner des directives et des consignes. Si elle le faisait, elle perdrait le sens de sa vocation et se dénaturerait. Car la franc­-maçonnerie, par définition, veut être un centre d'union et cela elle respecte le droit à la différence. La liberté de conscience est notre loi, elle s'applique faut-­il le rappeler, aussi bien dans le domaine politique, que dans le domaine religieux.

Car bien évidemment, comme tout ce qui touche aux hommes, et les Francs-­maçons demeurent des hommes, l'action politique a ses lumières et ses ombres. Ce qui est clair, aussi, et qui est un enseignement que nous apporte l'histoire : la franc‑maçonnerie s'est fourvoyée lorsqu'elle a voulu, en tant que telle, s'engager dans le combat politicien. Si des francs‑maçons y ont souvent brillé, la franc-­maçonnerie a risqué de s'y éteindre.

Four être en adéquation avec le thème annuel des travaux de la Loge " Le Temple : " Bâtir l'homme pour se construire ", il convient de dire que le perfectionnement de l'humanité auquel nous travaillons, passe d'abord et avant tout, par le nôtre individuel. Il serait parfaitement illusoire, totalement présomptueux, à moins que ce ne soit pervers, de vouloir transformer le monde si nous ne sommes pas capables de nous transformer nous mêmes. C’est le préalable absolu à toute notre action, qu'elle qu'en soit la forme où la manifestation. Nous serons respectés, si nous sommes respectables, nous serons crus, si nous sommes crédibles, nous serons écoutés et, peut être entendus, si nos actes sont en accord avec nos principes ; pour cette raison notre premier et essentiel devoir, celui qui conditionne tous les autres dans le monde, c'est
l'exemplarité.

L'histoire démontre que lorsque le franc‑maçon occupe des responsabilités dans le monde profane, qu'elles soient professionnelles, institutionnelles, associatives, et plus particulièrement politiques, il doit veiller à ne pas, par des gesticulations médiatiques, hélas trop fréquentes, des extériorisations intempestives où sont exhibés des décors maçonniques, des prises de position publiques sur des évènements politiques, sociaux ou confessionnels qui peuvent laisser supposer un engagement de la Maçonnerie ou une collusion avec le pouvoir, placer sous les projecteurs de l'actualité et des médias la franc‑maçonnerie en tant que telle.

En conclusion :

Forts de notre initiation, nourris de connaissance, d'amour, de justice et de sagesse, nous francs‑maçons devons être non seulement des hommes vertueux, mais aussi des citoyens éclairés qui n'hésitent pas à affronter les impuretés du monde profane et non nous en désintéresser. Si nous comprenons notre initiation et assimilons les enseignements du Rite, nous devons oeuvrer à la construction de la cité, pour mettre en place un monde plus juste et plus humain et y faire rayonner la lumière

Ainsi serons nous à même, par notre comportement exemplaire, de contribuer à mettre sur pied une société où les valeurs ne seront plus celles de la domination du plus fort face au plus faible, des inégalités criantes, de la violence, mais celles de la libération, de l'équilibre et de la concorde. Ainsi, en pratiquant effectivement la devise de la franc‑maçonnerie : Liberté, Egalité, Fraternité, serons nous les vecteurs de la paix universelle dans un monde plus juste.

Car ne l'oubliez pas mes FF:., c'est l'honneur de la Franc-maçonnerie de maintenir vivants ces principes de base morale que l'on n'enseigne plus dans les écoles primaires comme le voulait Jules FERRY.

C'est l'honneur de la Franc‑Maçonnerie de ne pas trouver désuets les concepts de liberté, d'égalité, de fraternité et de le dire à nos contemporains qui préfèrent les grandes vacances aux grandes idées.

L'Ordre maçonnique auquel nous appartenons, a pour vocation de rassembler les hommes par ce qu'ils ont d'essentiel au lieu de les diviser par leurs différences extérieures, comme le font trop souvent les idéologies profanes. L'Ordre maçonnique est créateur et vecteur de valeurs susceptibles de permettre aux hommes de différentes cultures de retrouver leurs racines pour préserver leur identité. A ce titre, nous nous devons propager ces valeurs dans le monde pour faire progresser selon les préceptes de la Tradition, dont le sens premier est, ne l'oublions pas, « transmission » Nous savons aussi que la transmission de notre idéal ne peut s'opérer que par le partage.

Or, sans partage il ne peut y avoir de justice, sans justice il ne peut y avoir de paix; sans paix il ne peut y avoir d'avenir durable.

Avant de terminer, je voudrais ajouter quelques mots sur nos femmes ou nos compagnes qui sont les premières concernées par notre comportement et j’ai constaté qu’à part celles qui sont également maçonnes la plupart ne comprenne pas notre engagement, notre façon d’appréhender notre conception nouvelle de nous comporter, notre travail de construction morale et spirituelle destinée à gommer nos aspérités profanes afin de nous amener à la plénitude de notre être. C’est la bien un grand problème difficile a résoudre et certainement nous en sommes responsables car me semble t il nous avons tendance a leur faire partager ce qui ne va pas plutôt que ce qui est magnifique dans nos loges et dans leur fonctionnement.

Face à tous les murs de Berlin, face à toutes les tours jumelles, face à tous les génocides, contre le fanatisme, l'intolérance et la haine, attributs de la tyrannie et de l'oppression, en appliquant tous les préceptes mais rien que les préceptes du Rite, soyons les chantres de l'Espérance et de l'Amour, afin de bâtir le Temple de l'Humanité dont la construction est plus que jamais d'actualité.

Travaillons, travaillons sans relâche afin que la Lumière repousse les Ténèbres, et que rayonne la Lumière de l'Esprit et la Lumière du cœur.

V\ M\ : J'ai dit.
source :
www.ledifice.net

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