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Hauts Grades

Conscience et Mort

4 Février 2013 , Rédigé par M\ P\ Publié dans #Planches

Lors d’une tenue funèbre, les trois Lumières nous rappellent : « Les hommes naissent. Leur existence poursuit son cours. Ils meurent. Tous passent et, venant de la terre, leur dépouille retourne à la terre. »
Ainsi tous nous mourrons. Comme les animaux, l’homme est victime de la vieillesse ou d’accidents. Mais il peut aussi se suicider ou donner volontairement la mort, ce qui le distingue des animaux.
Conscience et mort sont les problèmes existentiels de l’homme car il a conscience de son destin de mort.

1.La conscience de la mort

L’homme est un animal pensant qui est depuis fort longtemps sciemment confronté à la mort. Il a célébré le sacrifice humain. Il a été anthropophage et l’est encore en Papousie. Il pratique la guerre. Il condamne à la peine de mort. Certains mammifères comme les cervidés ou les singes se battent entre eux et le vainqueur devient le chef. Mais le combat s’arrête généralement avant la mort du vaincu avec une réelle conscience d’un rituel
L’esprit guerrier de l’homme est grégaire. Un écrivain américain  l’attribue à des réminiscences inconscientes du temps où il était la proie des animaux carnivores contre lesquels il s’est battu. Cette thèse ne résiste pas à l’analyse car la guerre n’est pas une addition de meurtres perpétrés par des individus mais une manifestation du pouvoir des humains.
Evidemment la conscience des hommes pris individuellement a déjà bien évoluée mais que la conscience collective est encore peu développée. Ainsi la définition de crime contre l’humanité est toute récente. Elle est contemporaine de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 qui stipule à l’article premier que : « tous les êtres humains sont doués de raison et de conscience ».

Les hommes sont doués de conscience sans doute parce qu’ils sont les seuls êtres à concevoir la mort, synonyme de disparition irrémédiable : Ils célèbrent leurs morts, leur construisent des sépultures, des totems ou même des pyramides.
Ainsi le rituel funèbre du GODF énonce que « Les rameaux déposés sur la dalle sont le signe de l’amour fraternel qui unit tous les francs-maçons et qui relie les vivants aux morts. Ils symbolisent la vie qui continue et la pensée, noble étincelle, qui persiste à éclairer nos esprits alors que les cerveaux d’où elle a jailli ne sont plus que poussière. »

« La vie et la mort ne sont que des moments de l’évolution universelle ». En quelques mots, le franc-maçon convient que l’homme est un moment de l’humanité. La mortalité s’inscrit dans le temps. Le Franc Maçon du GODF n’a pas de doctrine métaphysique sur la mort car l’obédience lui garantit la liberté absolue de conscience. Notre constitution considère que « les conceptions métaphysiques relèvent du domaine exclusif de l’appréciation individuelle » et que « la franc-maçonnerie se refuse à toute affirmation dogmatique ». Les instructions pour les candidats proposés à l’initiation maçonnique précisent que « chacun conserve sa totale liberté, il ne lui est demandé que bonne volonté et travail dans la recherche de la Vérité.
Cependant, chacun ayant tendance à découvrir sa propre Vérité, la quête spirituelle du F.M. est aussi le symbole de l’Amour et de la Perfection ».

La quête spirituelle du Franc Maçon rejoint les interrogations du philosophe :
D’où je viens ? Le profane qui sonne à la porte du temple est invité à renaître. L’initiation est une naissance qui l’engage à réfléchir à son passé, à remonter aux sources de l'Universel.
Qui suis-je ? L’initié franc-maçon l’est pour la vie. Il part à la recherche de la Lumière et de la Connaissance. Il travaille « à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité ».
Où vais-je ? Eternelle question du devenir de l’homme après la mort.
Question métaphysique et philosophique malheureusement délaissée aux sages et aux religions.
Toutes les interrogations sur la mort, quelles soient philosophiques ou religieuses, sont indissociables de la place que l’Homme s’attribue dans l’Univers.

2. L’Univers
L’univers - croyons nous aujourd’hui - est âgé d’environ quinze milliards d’années. A l’origine tout est énergie, lumière, ondes. Puis l’énergie devient masse. Alors apparaissent les galaxies. Il y a 4,6 milliards d’années naît notre système solaire. L’eau condensée est source de vie dans la mer puis sur terre.

L’espèce humaine est la dernière espèce de mammifères qui apparaît il y a 4 millions d’années. L’homo sapiens est un animal doué du langage. Il est alors capable d’abstraction. L’intuition devient aussi imagination. Il pense et s’invente des dieux qui donnent du sens à ce qu’il ne comprend pas.

Les religions ont toutes leur propre réponse aux questions métaphysiques existentielles. Et elles intègrent, plus ou moins facilement, les dernières découvertes scientifiques décrivant la genèse de l’homme et son évolution.
L’évolution est représentée par une pyramide de la complexité qui s’est construite dans le temps : La base est constituée par l’énergie originelle.

Le big-bang a généré les particules élémentaires comme les quarks et les électrons puis les neutrons et les protons qui enfin donnent naissance aux atomes puis aux molécules. Des biomolécules naîtra la vie avec les cellules. Les cellules s’organisent en « organismes ». Au sommet pourrait émerger la conscience. Cette pyramide ainsi complétée présente neuf étages. Elle est sagesse et perfection.
Pyramide de la complexité
Big bang Espace Echelle des sciences
? ? ? Etoiles Planètes
Organismes Psychologie
Cellules Biologie
Biomolécules Biochimie
Molécules Chimie
Atomes Physique
Neutrons Protons Mathématiques
Quarks Electrons 8
ENERGIE

Auguste Comte en 1975 a établi une autre échelle dite des sciences. La psychologie qui a trait au mental c’est à dire à la conscience et à l’inconscience coiffe la biologie, la biochimie, la chimie, la physique et les mathématiques.
L’apparition de la vie est le fondement de la biologie. La vie s’inscrit entre la naissance et la mort. Le dernier degré de perfection de la nature est, à ce jour, l’apparition de l’homme dont le niveau de conscience lui permet de comprendre et d’agir sur lui - même et sur son environnement.

3. La conscience
La conscience, l’esprit, l’âme sont des concepts difficiles à définir. Selon le Larousse, l’esprit est principe immatériel, substance incorporelle ou âme. L’âme est principe de vie et de pensée de l’homme. La conscience est perception, perception plus ou moins claire des phénomènes qui nous renseignent sur notre propre existence.
Le dualisme distinguant la matière inconsciente de l’esprit conscient eut son utilité historique. Ce dualisme matière - esprit a permis de soustraire à l’autorité de l’Eglise les travaux des scientifiques sur la matière. En France, la séparation de l'Eglise et de l’Etat en a été l’expression législative.

Le biologiste Francis CRICK dans son ouvrage, intitulé « L’hypothèse stupéfiante : à la recherche de l’âme », explique que toute notre vie mentale est déterminée par ce qui se passe à l’intérieur du crâne. CRICK suggère que l’activation synchronisée des neurones à 40 Hz (de 35 à 75 Hz) pourrait être le corrélât cérébral de la conscience.
Le biologiste Roger PENROSE (4) pense que la réponse au problème de la conscience ne doit pas être recherché au niveau des neurones qui sont trop gros mais du coté de la structure interne des neurones. Le niveau interne ou cytosquelettique des neurones est le siège de phénomènes relevant de la mécanique quantique. Lorsque ce niveau quantique entre en rapport avec le niveau macroscopique des échanges neuronaux, la conscience apparaît.
PENROSE imagine ainsi une dualité onde - corpuscule existant au niveau moléculaire des neurones à l'exemple de la dualité onde / particule ou dualité matière / énergie (fission et fusion thermonucléaire, laser...) qui ont bouleversé le XXème siècle.
Il est admis que la conscience est associée au fonctionnement du cerveau.
Il est courant d’imaginer que les pensées sont une représentation holographique des images mentales, c’est à dire que les images abstraites sont le résultat d’interférences entre des ondes codées.

Pour les matérialistes, la conscience est intrinsèquement liée à la matière du cerveau. Donc la mort du corps annihile la conscience : l’existence s’arrête là.
La majorité des hommes croit cependant que l’esprit qui s’affichait comme la conscience au sens large, est libéré de la matière vivante et peut même se réincarner. L’esprit ou la conscience se réincarne alors le plus souvent en un animal. Cet animal, à son tour, est-il doué de conscience ? L'animal antérieur à l'homme est-il déjà doué de conscience ? Autrement dit la conscience est-elle le propre de l’homme ?

4. La conscience est-elle le propre de l’homme ?
Les animaux savent communiquer. Des singes apprennent le langage des sourds - muets. Les animaux pensent. La barrière entre l’homme et l’animal se fracture de toutes parts. Où se trouve la limite?
L’infériorité des animaux est évidente…comme l’était celle de l’esclave et il n’y a pas si longtemps celle de la femme qui n’avait pas d’âme. Le franc-maçon ne doit-il pas s’interroger sur la supériorité de l'homme ?

La pensée occidentale évolue au point d’admettre maintenant que les animaux, eux aussi mortels, souffrent, éprouvent des sentiments comme de la peur, de la joie, de la jalousie. Hier la loi considérait les animaux comme des « choses » ou des « objets ». Depuis le 6 janvier 1999, selon la loi française 99-5 (articles 24 et 25) les animaux sont maintenant considérés comme des êtres sensibles. De son coté le Conseil Européen a décrété un moratoire sur les xénogreffes ou prélèvements d’organes animaux pour les implanter sur l’homme en raison de la sensibilité des animaux et des risques de transmission de maladies du type de celle de l’ESB, encéphalite spongiforme bovine.

Si les animaux ont un brin de conscience, pouvons-nous nous en nourrir ? Personne d’entre nous ne mange du chien ou du chat dont on connaît les sensibilités. Et pourquoi alors manger du cochon réputé plus intelligent ?
Plus qu’une démonstration, je vous livre quelques citations (5) d’auteurs occidentaux, pensées lourdes de sens s’inscrivant au cœur de notre sujet de la conscience des êtres vivants et de la mort :
Pythagore : « Aussi longtemps que les hommes massacreront les animaux, ils se tueront entre eux ».
Léonard de Vinci : « Le temps viendra où les hommes regarderont le meurtre des animaux comme ils regardent le meurtre de leurs semblables ».
Tolstoï : « Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura la guerre ».
Einstein : « Rien ne peut être plus bénéfique à la santé humaine, ni accroître les chances de survie de la vie sur terre, qu’une évolution vers un régime végétarien ».
George Bernard Shaw : « Tant que nous sommes nous-mêmes des tombeaux vivants d’animaux assassinés, comment pouvons-nous espérer des conditions de vie idéales sur cette Terre ? »

La question de la nourriture du corps est évacuée par les occidentaux prompts à préférer le spirituel et les grandes idées au détriment du matériel lorsque cela les arrange. Notre frère anarchiste Elisée Reclus plaidait déjà en 1901 pour le végétarisme dans la revue « La Réforme alimentaire ».
Le Franc Maçon n’ignore pas l’importance de ses moindres actes lorsqu’il affirme que tout ce qui est en haut est comme tout ce qui est en bas.

Le rite d’affiliation de Menphis Misraïm rappelle au Franc Maçon : « Fils de la Veuve, considérant que la Tradition Hermétique ancienne et la Science Moderne enseignent que la Vie réside très réellement au sein des trois règnes de la Nature : minéral, végétal et animal, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, considérant qu’il est hautement probable que la Nature équilibre au mieux du Plan Universel et de ses différentes finalités, les manifestations vitales en présence, qu’elle harmonise ainsi le cheminement de chacun des trois règnes, nous croyons que l’Homme a des devoirs envers la Nature, envers tous les Etres Vivants, et qu’il lui appartient de s’en montrer le protecteur intelligent. Fils de la Veuve, croyez-vous cela ? » Frères et Sœurs, Fils de la Veuve, croyez-vous cela ?

L’homme parce qu’il a une conscience supérieure à celle des autres êtres vivants a des devoirs, en particulier celui de ne pas rester indifférent car l’indifférence est intolérable comme l’exprimait Einstein : « Le monde est menacé d’avantage par ceux qui tolèrent le mal que par ceux qui s’emploient à le faire ».
La conscience du bien et du mal est une manifestation de l’esprit humain que d’aucuns préféreraient attribuer à une âme. Sans nous engager dans ce débat, considérons maintenant des théories modernes accréditant l’hypothèse d’une conscience supérieure de l’homme ou l’existence d’une entité immatérielle assimilée à l’esprit.

5. La conscience supérieure ou l’Esprit
Le physicien Jean E. CHARON, en 1974  estime que le Vivant ordonne le milieu : il postule que la perte d’entropie de la matière est compensée par l’accroissement de celle du vivant (négentropie). Pour lui, le vivant est un émetteur - récepteur capable de capter et de produire le rayonnement négentropique, rayonnement inconnu qu’il voit néanmoins à l’œuvre.
Il s’interroge alors sur la mort où la structure matérielle se désagrège mais où persisterait « sous une forme quelconque dans la durée une part de nous même comme un phénomène d’espace - temps caractérisé par un rayonnement susceptible d’être un jour décrit par des équations mathématiques ».
Dés 1977, il démontre que certaines particules, comme les électrons qui peuvent être assimilés à des micro trous noirs, sont de micro - univers formés d’un espace - temps particulier, définis comme l’esprit, réunion de la matière et du mental . Il développe alors la théorie de la relativité complexe qui conduit à considérer que les deux faces sensibles de notre Monde sont la Matière et l’Esprit. Mathématiquement, cela consiste à introduire dans la théorie d’EINSTEIN les nombres complexes, nombres constitués d’une partie réelle et d’une partie imaginaire. Il déclare alors : « Oui, frère humain, abandonnes ton anthropocentrisme. Quand tu annonces « je pense », tu devrais dire plus correctement « il pense » comme tu dis « il pleut ». Car ce qui pense en toi, ce sont des milliards d’électrons qui enferment un espace - temps où peuvent se dérouler les processus spirituels ».

Huit ans plus tard  CHARON montre aussi comment notre Moi humain est associé au psychisme propre aux particules entrant dans notre corps, fournissant ainsi un éclairage nouveau à la notion d’inconscient collectif de JUNG.
CHARON a vu dans le paradoxe EPR (Einstein, Podolski et Rosen) la preuve d’une communication entre particules . Rappelons cette expérience réalisée en 1957 : Deux particules associées présentent des spins contraires. Elles sont séparées. Le spin de l’une est inversé et l’on constate que le spin de l’autre s’inverse. Ces expériences ont été récemment reconduites dans l’anneau du CERN à Genève. Le phénomène a été reproduit avec des particules séparées alors de 10 kilomètres.

Pour Alain ASPECT, Professeur à l’Ecole Polytechnique, « ces deux particules éloignées constituent pourtant un tout inséparable » . Même si ce grand problème n’est pas résolu, demain il va servir pour la cryptographie quantique de messages…

Revenons à Jean CHARON qui en 1985 reprend la conception de Teilhard de Chardin  selon laquelle les structures vivantes évolueraient en obéissant à une sorte de loi de complexification - conscience. Le niveau de conscience s’élève par seuils de mémoire hiérarchisant ainsi le minéral, le végétal, l’animal et l’humain. Il laisse alors entrevoir l’évolution vers un ultra humain doué d'une conscience plus développée.
Sans citer CHARON, le Pr Régis DUTHEIL, biophysicien et Brigitte DUTHEIL ébauchent une théorie où existe un second monde parallèle au nôtre.

Dans cet univers, les vitesses des particules sont supérieures à celle de la lumière si bien que la notion de temps n’existe pas. Cet univers « d’espace - temps superlumineux » n’est constitué que d’information et de conscience.
Cet espace non temporel est instantanéité et permanence. Il contient l’ensemble des informations et des significations. Cet espace de la conscience totale qui est conscience individuelle et conscience collective nous est inconnu : nous l’entrevoyons par bribes, par séquences grâce au cerveau qui serait le filtre des échanges entre ces deux univers.
Le cerveau serait le lien sous forme de filtre entre la matière biologique et l’esprit. Il est l’instrument où s’affichent des images de type holographiques.
Notre monde, notre univers visible à l’œil ou avec nos instruments est souslumineux. C’est celui des théories où la vitesse des ondes et particules a pour limite la vitesse de la lumière.
Au delà commence le monde superlumineux que laisse entrevoir cette nouvelle théorie qui bouleverse les notions de naissance et de mort. La mort est alors une sorte de renversement : le corps physique disparaît et la conscience se retrouve libre de toute entrave au delà du mur de lumière.

L’entrée dans le monde de la mort c’est-à-dire dans l’espace - temps superlumineux nécessite le franchissement du mur superlumineux ; mur qui serait celui entrevu dans les expériences aux frontières de la mort dites « NDE », near death experience. Cette conscience superlumineuse ne rappelle-t-elle pas cette assertion maçonnique : « la pensée, noble étincelle, qui persiste à éclairer nos esprits alors que les cerveaux d’où elle a jailli ne sont plus que poussière. » ?
Au rite de Menphis-Misraïm, le Vénérable lors de la Tenue Funèbre déclare que «le Monde Sensoriel n’est que l’une des formes passagères du Fluide Cosmique impondérable, que nous nommons la Grande Ame Universelle, source de toute Harmonie, et dont le détenteur immatériel est le Nombre. C’est pourquoi, couverts par les Ailes de la Dame du Sycomore, votre Protectrice, vous passerez le Seuil, tenant en vos mains la Pierre Lapis, la Croix Ansée et le rameau de Myrte, constellée des narcisses de la Connaissance » .

6. Tradition et modernité
L’étude des symboles, des religions, des témoignages des voyages aux frontières de la mort et celle des expériences mystiques montrent toutes que le passage dans la mort s’accompagne de trois phénomènes: la sensation de transgresser des barrières temporelles et spatiales par le franchissement d’une barrière, l’émerveillement dans un bain de lumière et enfin le sentiment de connaissance totale qui annihile toute velléité de recherche de la vérité. Le franchissement du mur est une initiation qui débouche dans un monde de lumière où règnent la connaissance et la vérité.

Jean Marie TJIBAOU avait entrepris une thèse sur les traditions des kanaks où les défunts s’appellent les Vivants. Je le cite : « L’existence individuelle n’est qu’une période transitoire sans grande signification si elle n’est pas rapportée à la totalité des « échanges » qui, dans ce monde et dans l’autre, confèrent à la société et à l’univers leur sens et leur cohésion. L’esprit d’une personne défunte s’en va d’abord danser dans le pays sous marin des morts, puis, au bout de quelques générations, remonte le long des cours d’eau jusqu’au pays des ancêtres maternels où il vient se confondre avec l’être totémique - animal, plante, pierre ou phénomène atmosphérique… - qui est aux origines de la Vie ».

Les Kongos en Afrique croient à une vie post mortem dans un monde souterrain. Les Indiens comme les Kanaques imaginent le cycle de la vie et de la mort comme celui de l’eau qui va de la pluie à la mer. Au Mexique, les Morts s’en retournent dans les demeures du Soleil. Toutes les traditions accréditent l’idée d’un monde des morts.

Dans le Livre des Morts égyptien, le défunt élu emprunte la barque sacrée.

Les Celtes, les Germains et les Scandinaves croyaient en une vie dans l’au - delà.
L’immortalité est aussi présentée comme un ancien privilège de l’homme, privilège perdu par indiscipline. Il est un dieu déchu ou un pêcheur. La réincarnation et la résurrection sont d’autres possibilités d’immortalité.

La pensée bouddhique vise à l’extinction totale de l’individualité dans le nirvana, afin de fuir le monde régi par la loi du karma. Mais dans la mort la conscience individuelle rejoint le flot de conscience dont elle est issue. Comme l’énergie, la conscience au sens bouddhique, se conserve. La Voie du Pèlerin bouddhiste emprunte la rivière symbolique de la Vie et de la Mort.

En Chine, confucianisme et taoïsme conçoivent l’âme comme mi - céleste, mi - terrestre.

Les philosophes comme Socrate, Platon, Descartes, Spinoza, Leibnitz, Kant, Hegel, et Schopenhauer croyaient en l’immortalité.
La tradition rapporte des cas de réapparition, de voix d’outre tombe. La théorie de la relativité générale a prévu dans des conditions extrêmes le voyage dans le futur ou dans le passé. Enoncé en 1930 comme le paradoxe de Langevin, un voyageur se déplaçant à une vitesse voisine de celle de la lumière pendant un an trouverait à son retour une Terre vieillie d’un siècle. Le voyage dans le passé repose sur l’hypothèse du temps qui s’arrête pour qui voyage à la vitesse de la lumière (18). A son retour sans avoir vieilli, ses enfants seront des grands pères.

Récemment, en 1994, des physiciens ont extrait de l’énergie du vide en imposant une forte tension électrique aux bornes d’un condensateur. Cette énergie négative est justement celle qu’il faudrait pour créer un champ antigravitationnel nécessaire pour maîtriser un jour le champ gravitationnel d’un trou noir .
Le trou noir est la tombe de la matière. Attirée par un énorme champ de gravité, la matière s’effondre sur elle même. Les électrons s’écrasent sur les noyaux. Le vide disparaît. L’espace n’existe plus, ni le temps. Les astrophysiciens observent les trous noirs de l’Univers. D’autres, comme Jean CHARON, les ont imaginé à l’échelle microscopique. Le trou noir comme la mort n’est pas une fin. Dans son allocution de Prix Nobel, SAKAROV considérait le trou noir comme une porte vers un autre univers, un univers d’antimatière.

Les physiciens et les astrophysiciens sont en quelque sorte les alchimistes d’aujourd’hui voire les grand prêtres d'hier.
Autrefois l’alchimie était la seule pratique et pensée métaphysique extra - religieuse. En recherchant l’élixir d’immortalité, elle a engendré la science, enrichi notre connaissance du réel et contribué à l’évolution matérielle de notre temps.
Aujourd’hui les physiciens, à la recherche d’un tout cohérent et d’une théorie générale, prolongent la recherche de la perfection ultime de la connaissance qui s’apparente à la quête de la pierre philosophale par les alchimistes. Un récent numéro de Sciences et Avenir s’en est fait l’écho (20).
Les scientifiques empreints de l’incertitude de la mécanique quantique et de conceptions probabilistes du monde n’ont plus la prétention de tout savoir. L’évolution de la pensée reprend son cours alors que le profane reste encore figé dans une pensée unique.

7. Evolution
L’évolution des consciences est lente: L’homme fut anthropophage, il a été esclavagiste, misogyne au point que la femme n’avait pas d’âme. Les premiers progrès de la science l’ont rendu matérialiste. Aujourd’hui si la science moderne ne peut donner d’explication rationnelle à nos interrogations métaphysiques, elle nous permet d’évoluer avec plus de sérénité et de retrouver plus de sagesse.

Fritjof CAPRA fut l’un des premiers en 1975 à montrer les affinités de la science moderne avec la sagesse orientale . Déjà Niels BOHR au tout début de la physique nucléaire admirait le bouddhisme. On constate que de plus en plus les théories scientifiques modernes rejoignent les croyances ancestrales. L’évolution conforte la tradition et l’enrichit. Les nouvelles hypothèses s’accordent avec de vieilles croyances  comme celle des Sioux dont voici un proverbe : « L’esprit n’est jamais né, l’esprit ne cessera jamais et il n’y eut pas de temps où il n’était pas. Fin et commencement sont des rêves ».
En admettant que le cerveau soit un filtre entre un monde réel de matière et un monde invisible de conscience, il faut convenir que la vie, porteuse de cette conscience, est l’interface entre ces deux mondes. La Vie et en particulier l’Homme se trouveraient à l’intersection d’un monde souslumineux et d’un monde superlumineux. Alors comme le dit Jonathan le Goëlan, « le corps n’est que l’incarnation de la pensée ».
Le monde superlumineux est atemporel comme fixe. Le monde souslumineux temporel tourne. A l’interface se déroule la chaîne de l’humanité.
L’humanité est quelque part atemporelle tandis que l’homme lui est mortel, même s’il veut l’oublier.

La science médicale a fait reculer les limites de la mort que l’on cache car la mort est source d’angoisse pour l’homme moderne dont l’existence n’est synonyme que de vie biologique et matérielle. La mort est le sujet tabou qui remplace celui de la sexualité.
Réhabiliter la mort, c’est pratiquer l’accompagnement des mourants, c’est refuser l’acharnement thérapeutique, c’est l’avènement de l’étude des phénomènes qui précédent et qui suivent la mort. C’est admettre que la mort ne s’oppose pas à la vie mais à la naissance.
La naissance est la porte d’entrée dans ce double univers. Le savoir implique de s’initier par l’apprentissage, par l’enseignement des maîtres aux connaissances du moment.
La vie poursuit son cours. La roue du monde temporel tourne. Celle du monde atemporel attend.

La mort est la porte de sortie obligée. Elle est l’heure de la Vérité.
Tels sont les trois degrés d’évolution de la matière vivante : Naissance. Vie. Mort.
L’Homme conscient évolue : Initiation. Connaissance. Vérité.
Sa « quête spirituelle est aussi le symbole de l’Amour et de la Perfection.
Avec tous les êtres, passés, présents et à venir, il forme la chaîne de l’humanité. Cette chaîne nous lie dans le temps comme dans l’espace, elle nous vient du passé et tend vers l’avenir. »
J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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