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Hauts Grades

Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident (1758)

8 Mai 2012 , Rédigé par JM Ragon Publié dans #Rites et rituels

  

En 1758, il se forma, à Paris, un chapitre de hauts grades, appelé Conseil des Empereurs d'Orient et d'Occident. Ses membres s'intitulaient souverains princes maçons, substituts généraux de l’Art-Royal, grands surveillants et officiers de la grande et souveraine loge de Saint-Jean de Jérusalem. Ils constituaient des loges, des chapitres et des collèges (42). Leurs degrés d'instruction se composaient de vingt-cinq grades, sous le titre d'Hérédom, divisés en sept classes, dont la doctrine avait pour base le système templier. Ce conseil se divisait en collèges, dans lesquels ces classes étaient conférées. Voici la liste des grades, avec les distances d'obtention.

Nomenclature du rite dit d’Hérédom ou de Perfection

 

Classes.                                                                                                            Distances.

 

              1. Apprenti                                                                                                   mois 3

1re   {       2. Compagnon                                                                                            5   } 15 mois

              3. Maître                                                                                                        7

 

              4. Maître secret                                                                                              3

                 5. Maître parfait                                                                                          3

2e     {       6. Secrétaire intime                                                                                     3   } 21

                  7. Intendant des Vatiments                                                                         5

                  8. Prévôt et juge.                                                                                         7

 

                  9. Maître élu des Neuf                                                                                3

3e     {      10. Maître élu des Quinze                                                                            3   }7

                11. Elu illustre, chef des douze tribus.                                                          1

 

                12. Grand-Maître architecte                                                                         1

4e     {      13. Chevalier Royale-Arche                                                                        3   }5

                14. Grand-élu, ancien maître parfait                                                            1

 

                15. Chevalier de l’Epée ou d'Orient                                                                1

                16. Prince de Jérusalem                                                                                   1

5e     {      17. Chevalier d'Orient et d'Occident                                                                3   } 9

                18. Chevalier Rose-Croix                                                                                 1

                19. Grand-pontife ou maître ad vitam.                                                                        3

 

                20. Grand-patriarche noachite                                                                          3

6e     {      21. G.-M. de la clef de la Maçonnerie                                                              3   } 9

                22. Prince du Liban, Ch. Royale-Arche.

 

                23. Chevalier du Soleil, prince adepte, chef du Grand-Consistoire                 5

7e     {     24. Illustre ch., grand-commandeur de l'Aigle blanc et noir, G.-élu K.-H     5   } 15

                25. Très ill. souv. prince de la Maçonnerie, grand-chev., sublime                     ¾

                       commandeur de Royal-Secret                                                                    5      81

 

Le nombre mystérieux de mois dans lequel il fallait être initié pour arriver successivement au dernier grade formait le nombre 81 : 8 et 1 font 9, comme 8 et 1 font 81, comme 9 fois 9 font 81, tous nombres parfaits.

Un maçon qui avait rempli son temps, cueillait enfin, disait-on, la Rose-Mystique (le secret templier.)

En 1759, ce conseil a constitué, à Bordeaux, un conseil des princes de Royal-Secret, qui constitua aussi plusieurs ateliers et délivra des chartes. Ainsi, les provinces, où le tourbillon des folies devrait être moins dangereux pour les bons esprits, ne reculaient pas devant les innovations dangereuses : on a déjà vu que Lyon, Arras, Marseille, Toulouse, Bordeaux, avaient pris l'initiative sur Paris.

 

Le 27 août 1761, le Conseil des Empereurs délivre une patente de grand-inspecteur député au juif Stephen Morin, que des affaires de commerce appelaient à Saint-Domingue. Le but du conseil était de propager au-delà des mers sa maçonnerie dite d'Hérédom ou de perfection. Il ne se doutait guère que d'audacieux jongleurs, s'emparant de ce rite pour l'exploiter à leur profit, le modifieraient à Charlestown (États-Unis) et l'introduiraient, 43 ans après, à Paris, lieu de sa création en le surchargeant de huit degrés qu'ils attribueraient au grand Frédéric qui avait en horreur les hauts grades.

 Ce tacte, singulièrement remarquable pour l'époque, fit dire qu'en fait de vanité, chrétiens et Israélites s'en tendaient admirablement. Nous le reproduisons ici, parce que étant la cause principale du mal fait à la Maçonnerie, il est nécessaire qu'il soit sous les yeux du lecteur (43).

Ce conseil continue de constituer à Paris et dans la France, des ateliers, concurremment avec la G.-L. de France et la G.-L. Lacorne, qui le soutient. Que pensent de cette anarchie ceux qui s'opposent à l'unité de pouvoir ?

En 1762, le 21 septembre, des commissaires du Conseil des Empereurs et du Conseil des Princes de Royal-Secret, à Bordeaux, y arrêtent, dit-on, les règlements de leur maçonnerie d'Hérédom ou de perfection en trente-cinq articles et déterminent, dans les hauts grades, la doctrine du Conseil des Empereurs. Comment ce corps n'avait-il pas alors ses statuts ?

Cette date, attribuée aux règlements du rite de perfection, appelés les grandes constitutions de 1762, n'est confirmée par aucun document. Il n'est resté à Bordeaux aucune trace, aucun souvenir du Consistoire prétendu qui les aurait arrêtés. On sait que la fraude préside volontiers à la naissance de ces fausses maçonneries ; et, malgré cela, ces constitutions plus qu'équivoques, servent encore de règle aux loges du rite dit ancien et accepté. Il y a plus, le Suprême-Conseil du 33e degré les invoque dans ses décrets, les considérant comme la charte primitive de l'organisation du rite ancien, sur lequel il s'est attribué une puissance dogmatique.

1762. Cette année, des frères mécontents (comme il y en aura toujours) se séparent de ce conseil, et, pour rivaliser avec lui, ils instituent, de leur autorité, ainsi qu'il est d'usage, à ce qu'il paraît, dans l'écossisme, un nouveau conseil appelé des Chevaliers d'Orient.

1780. Vers cette époque, le Conseil des Empereurs et sa fraction des Chevaliers d’Orient sont réduits, peur se fortifier réciproquement, à se recruter de gens de bas étage, dont, avec de l’argent, ils faisaient des princes-maçons.

La réunion d'un nombre déterminé de princes de Royal-Secret (25e et dernier degré, correspondant au 32e du rite dit ancien et accepté) formait le Conseil suprême des Princes-Maçons, et les dignitaires de ce conseil prenaient le titre de grands-inspecteurs généraux.

Le 22 janvier, le Conseil des Empereurs fait connaître, par une circulaire, qu'il prend, (toujours de son autorité), le titre de sublime Mère-Loge écossaise du Grand-Globe français, souveraine Grande-Loge de France. Il n'ignorait cependant pas que ce titre appartenait déjà à une puissance maçonnique, dont nous avons parlé.

Dans cette circulaire, le conseil propose aux maçons, par souscription, un ouvrage intitulé : Précis historique de la Franche-Maçonnerie française. Si le manuscrit a existé, l'ouvrage na jamais paru.

1781. Enfin, ce conseil, qui a voulu rivaliser avec la G.-L. de France, le G.-O. lui-même et toutes les sublimes puissances des hauts grades, est néanmoins tombé dans une déconsidération complète. Ce corps, d'abord recommandable, est graduellement descendu assez bas pour oser proposer, par souscription, dans une circulaire, les grades maçonniques de ses archives, à raison de six francs par livraison. Ainsi, pour ranimer l'intérêt, ce sublime conseil publie les grades de ses archives contre la volonté des donateurs : vains efforts, inutile et coupable imprudence, l'opinion publique, c'est-à-dire l'opinion de tous les franc-maçons, hommes de sens, l'abandonne, et ces superbes maçons disparaissent pour toujours de la scène maçonnique. De leurs débriset de ceux des Chevaliers d'Orient surgira un autre chapitre des hauts grades, qui, aussi de son autorité, se constituera Grand-Chapitre général de Frange.

Ainsi s'éteignit ce rite d'Hérédom, inconnu en Ecosse et qui cessa d'être pratiqué en France par suite de la puissance qui, de son autorité, s'en était donné la direction.

 Mais en 1803, il y fut rapporté par un certain frère Haquet, ancien notaire à Saint-Domingue, qui le pratiqua, de son autorité, à la loge des Sept-Écossais, à Paris, et osa le porter au G.-O. ; il connaissait le terrain et savait que, tout occupés du présent, les membres de ce corps devaient avoir oublié le passé. Le G.-O., qui était possesseur légal de ce rite par l'entremise du Grand-Chapitre général et de la G.-L. de France, dont il est le successeur incontestable, crut devoir accepter ce cadeau, qui n'en était pas un, et, pour récompenser le frère Haquet, il le nomma président du Grand-Consistoire des Rites.

Source : www.ledifice.net

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