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Hauts Grades

De l’ombre à la lumière

18 Juin 2014 , Rédigé par B\ G\ C\ R\ C\ Publié dans #Planches

Face à l’angoisse de la page blanche, plongé dans les tourments et L’accablement, je suis tout d’abord enclin à considérer le sujet proposé à ma réflexion comme empreint d’une dimension pour moi impénétrable, pleine d’ombres confuses, fait d’un parcours hasardeux plein d’embuches dont il va me falloir décrypter les symboles et la face cachée pour avancer sur le chemin de la compréhension et de la lumière. Et puis, après un patient et long travail de cogitation intellectuelle, piochant au plus profond de mes connaissances acquises au cours de mon déjà long cheminement initiatique, les arcanes de la réalité se découvrent soudain, par petites touches successives, la spirale de l’angoisse s’immobilise et la lumière de la connaissance, déchirant les ténèbres insondables de mon esprit, indique le chemin et éclaire alors le travail à accomplir.

Sûr de votre fraternelle et bienveillante indulgence, je livre donc à votre sage méditation, le fruit de mon dur combat entre…ombre et lumière.

Toutes les religions, tous les mythes, toutes les légendes sur la création du monde sont fondés sur le principe universel de la séparation, à l’aube des temps, entre ombre et Lumière. Ce concept, relayé de façons très diverses selon les cultures, est l’acte créateur d’où découlerait la « Vraie lumière », cette illumination qui, portée par le pur et subtil Esprit, doit permettre de dominer la matière.

Mais générer la lumière, éclairer au sens propre comme au sens figuré, c’est aussi engendrer l’ombre, et cette dualité universelle, illustrée par le Yin et le Yang, et pour nous F\ M\ par le pavé mosaïque, nous rappelle l’indissociabilité entre blanc et noir, clarté et obscurité, positif et négatif, connaissance et ignorance. Ces deux pôles apparemment inconciliables sont en fait condamnés à vivre une perpétuelle dynamique de liaison/opposition, lumière et ombre étant « Les deux éternelles voies ».

Ce thème de la lumière et des ténèbres se décline le plus souvent par l’opposition de l’une aux autres. Le monde est envisagé comme composé de deux parties distinctes qui constamment se heurtent mais aussi se complètent en une opposition féconde, dualité que Spinoza traduit par : « Lux seipsam et tenebras manifestat » (La manifestation de la lumière manifeste les ténèbres).

Dans ce combat permanent entre ombre et lumière, entre esprit et matière, entre matérialisme et spiritualité, l’équilibre s’opère lorsqu’il y a fusion entre les deux, quand l’esprit avec force, sagesse et beauté, illumine la matière, quand le compas recouvre l’équerre nous permettant de rompre le cercle d’ombre qui nous entoure et d’aller jusqu’au bout de notre potentialité créative.

« Perdu dans les ténèbres à la croisée des chemins… Que la lumière nous éclaire » nous dit le Rituel. Notre quête à la recherche des ces « voies éternelles du monde » va donc nous entrainer de l’ombre à la lumière, de la matière à l’esprit, du profane au sacré. Pour pénétrer dans la lumière il va nous falloir découvrir et explorer tous les chemins possibles. Nous allons alors découvrir que « l’âme du monde » n’est pas d’une essence différente de la nôtre.

Mais avant de partir sur les traces de Zarathoustra explorer « Ces chemins de lumière entourés d’ombres épaisses », afin d’approcher les Vérités essentielles, il convient de définir les concepts « d’ombre » ou ténèbres et de « lumière » et d’envisager leur interaction inséparable.

De l’ombre à la lumière

Entre ombre et lumière : Le monde est constitué de cette intime complexité de zones d’ombre et de lumière placées sur notre chemin de vérité comme des épreuves à franchir pour nous élever vers la connaissance suprême. Toute vie se déroule entre ces deux pôles ultimes : l’inconscient obscur qui paralyse les convictions les plus ancrées et empêche notre jugement moral et rationnel de s’exercer, et la conscience éclairée symbole de créativité et de découverte de la réalité de soi-même et de l’Univers qui nous entoure.

Nous savons que l’ombre est le révélateur physique de la lumière. L’ombre est la preuve de l’existence d’une lumière qui préexiste comme l’écho invisible d’une spiritualité dynamique mais que notre rationalité portée aux évidences ne peut visualiser dans l’instant présent.

Le monde des profondeurs et de l’obscurité est aussi celui où s’opère la régénération du vivant. C’est dans le noir et l’obscurité de la terre féconde que va germer l’espoir du renouveau, c’est dans la caverne primordiale que peut être perçue la flamme fragile et vacillante mais porteuse de vie, pour une mise au monde d’autres facettes de soi-même ignorées ou occultées jusque-là.

Image de choses fugitives, irréelles et changeantes l’ombre est considérée dans de nombreuses civilisations comme « la seconde nature des êtres et des choses ». Elle est généralement liée symboliquement à la mort ou à ce qui touche à son royaume : celui des ténèbres, quelque chose d’inférieur, de primitif mais non d’absolument mauvais car il n’y a pas d’ombre sans lumière, de même l’homme ne trouve son complet épanouissement que dans la plénitude de son Être : Pas de perfection sans imperfection !

Ombre et lumière s’opposent depuis la nuit des temps et se partagent notre monde intérieur ; « Il n’y a pas de lumière sans ombre ! » et pas un être humain sans sa part d’ombre. C’est ce que pensait Jung qui, dans le cadre de son analyse psychologique de l’Homme, envisage que nous soyons tous porteurs, en nous-mêmes, d’une part d’ombre. C’est cette part d’ombre qui est à l’origine de « l’éternel antagonisme qui impose au sujet de se confronter à ce qu’il veut ignorer de lui-même… ». C’est cette « lumière noire », ce « Midi obscur », considérés par la mystique de l’Islam comme « l’ombre de Dieu », que le psychiatre suisse qualifie de « notre double inversé ». C’est la face obscure de notre personnalité, notre ombre intérieure, qui renferme l’ensemble de nos traits de caractères cachés. L’ombre de notre personnalité serait en quelque sorte notre « frère jumeau caché dans les profondeurs de notre inconscient ».

Notre part d’ombre est difficilement accessible car nous voulons ignorer, consciemment ou inconsciemment, cette part de nous-mêmes pourtant indissociable ; Peut-être, tout simplement parce que nous n’acceptons pas facilement nos défauts et nos manques !

Même occultée cette part d’ombre, ces tendances cachées, ne sont pas nécessairement négatives. Ce mécanisme de refoulement dans l’ombre de l’inconscient, pour pernicieux qu’il soit pour le psychisme, peut parfois s’avérer nécessaire, voir salutaire. Mais à trop refouler cette partie obscure de notre personnalité nous risquons d’être envahi par « les noires ténèbres » décrites par Freud.

Intégrer sa part d’ombre est une démarche certes difficile mais nécessaire à la construction de notre « Moi » ; c’est ce que Thomas Mann appelle : « Eclairer le côté nocturne de l’âme ». Tel Gilgamesh, roi et héros légendaire de Mésopotamie, nous devons affronter l’obscurité de notre monde souterrain, de notre « moi » intérieur, pour sortir « de l’autre côté de la montagne dans la lumière de l’aurore ». Sans doute que nous, Che\ R+ C, qui, à la croisée des chemins, passons de « L’heure où le soleil s’obscurcit et ou les ténèbres se répandent sur la terre » à celle « où les ténèbres se dissipent et la lumière est rendue à nos yeux », sommes-nous plus à même, grâce à la culture permanente des vertus que nous appelons théologales et qui sont en fait des valeurs humanistes au sens premier, de nous rénover et de progresser en intégrant notre part d’ombre. C’est sans doute grâce à notre méthode initiatique, qui permet de donner progressivement de plus en plus de lumière à notre conscience, que nous pourrons sortir de nos ténèbres intérieures, et mettre en lumière notre Être intime et secret.

« Que la lumière soit ! Et la lumière fut ».

La lumière est le premier signe, le premier mot de la création, la première réalité de l’univers, la plus haute métaphore de l’infini. C’est du cœur de l’obscurité que nous voyons naître la lumière qui ne prend tout son éclat qu’en faisant reculer les ténèbres. Celui qui sait découvrir la lumière dans la profondeur des ténèbres sera aussi capable, en séparant l’ombre et la lumière pour faire naître « le Verbe clé des Mystères », de trouver la voie de l’Univers et de son « Moi » intérieur.

L’homme a toujours considéré la lumière comme source de bienfait, de chaleur, de joie, de guide conducteur. Dès qu’il s’est rassemblé en communauté, dès qu’il a établi des traditions et créé des mythes, la lumière a pris un autre sens, un sens caché au regard des non-initiés. C’est ce sens caché par le voile de l’ignorance qu’il nous appartient de chercher pour approcher les mystères de l’Univers.

Mais de quelle lumière parle-t-on ? Lumière Principe Créateur englobant le tout, lumière primitive archétype de la lumière, lumière physique, lumière symbole, lumière concept, lumière spirituelle, lumière divine, lumière de la connaissance, lumière métaphore, lumières permanentes, fausses lumières, autant d’aspects que revêt cette source de vie et de toute activité humaine. En ce domaine physique et métaphysique ne s’opposent pas réellement et, pourrait-on dire, se complète comme symbole de la vie.

« Recevoir la lumière ! » : Cette expression traduit l’ensemble des comportements, des pensées et des actions qui permettent à l’homme de s’élever et de percevoir « la lumière de l’infini », c'est-à-dire de ressentir en lui la présence dynamique de l’énergie qui traverse toute chose vivante.

Le symbolisme de la sortie des ténèbres et de l’émergence dans la lumière se retrouve dans de nombreuses civilisations pour concrétiser les étapes complémentaires, cycliques, évolutives et néanmoins précaires, des ères sombres et des époques lumineuses. Dans la Grèce antique et l’Egypte d’Akhenaton le soleil, source de lumière, est considéré comme l’émanation et l’expression du divin. Les gnostiques comme les néo-platoniciens font du soleil l’incarnation de la lumière divine, de l’illumination spirituelle et de la chaleur des êtres et des choses créés. Pour les pythagoriciens, la lumière participe à l’harmonie de la connaissance. Aussi bien dans les civilisations extrême-orientales, où « l’illumination » est synonyme de la Connaissance, que dans l’Islam, où la lumière est identifiée à l’Esprit, que dans Saint Jean, pour qui la lumière primordiale s’identifie au Verbe, ou encore chez Saint Paul, qui voit dans le 5 manifestation cosmique de la lumière succédant aux ténèbres « l’illumination intérieure de l’esprit et du corps », la lumière, sous ses diverses formes, est le point de départ d’expériences mystiques symbolisant la présence du Divin. Dans son œuvre majeur, « La Divine Comédie » Dante évoque le mythe du labyrinthe, « la sombre caverne » lieu symbolique de l’initiation totale et représentation du cheminement de l’initié entre le Bien et le Mal, entre l’ombre et la lumière, métaphore de la destinée humaine, qui doit nous conduire, à travers des méandres et des impasses, de la Jérusalem terrestre à la Jérusalem céleste, de l’ombre à la lumière. Prisonnier des ténèbres nous errons dans ce labyrinthe à la recherche de la lumière. Nous sommes des Thésée qui doivent affronter le Minotaure de nos faiblesses cachées dans le labyrinthe de notre personnalité pour découvrir, au-delà des illusions, au-delà des apparences, après un long cheminement dans l’obscurité, l’homme nouveau émergeant en pleine clarté.

Ce thème de la lumière est omniprésent dans la mystique juive. En hébreu le mot lumière se dit « or » et la réception de la lumière « Qabbalat ha-or » ou, plus simplement, « qabbala » autrement dit « Kabbale ». Toute la structure de la Kabbale est construite selon un schéma simple qui illustre la tension permanente qui existe entre la « lumière d’en haut » ou « lumière de l’infini » et la réception de cette lumière dans « le monde d’en bas ». Comme toutes les grandes œuvres mystiques juives, la Kabbale est une métaphysique de la lumière qui embrassent une immense vision, détaillée et cohérente de la relation de l’homme avec son univers ; elle est une aide pour dépasser un état d’esprit banal et découvrir au plus profond de soi une autre lumière. C’est par le rayonnement de la lumière à partir d’un point primordial de l’infini (En sof), d’une étincelle première, d’une « lumière supérieure infinie » qui s’est rétractée au centre de l’infini, qu’a été engendrée l’ordonnance du chaos à partir duquel la création a été rendue possible.

Enfin pour terminer ce court tour d’horizon citons Descartes pour qui la lumière est à la foi « lumière de l’âme et lumière de la raison », présente en tout homme qui pense et éclairant son raisonnement.

« Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir maçon ? »

« Parce que j’étais dans les ténèbres et que j’ai désiré voir la Lumière ».

En F\ M\ la Lumière est un leitmotiv qui s’applique à tout ce qui relève de l’intellect, de la création et du spirituel qu’ils soient extérieurs ou intérieurs à l’individu. Nous sommes des messagers de lumière et ce dès notre initiation première où la lumière spirituelle qui préside à nos travaux est omniprésente et éclaire le sens de notre quête mise en action par le verbe créateur. C’est la Lumière, évoquée tout au long du parcours initiatique, et qui se rapporte à la quête de l’absolu, qui va transcender notre recherche de la vérité afin de savoir, de comprendre, de faire évoluer nos connaissances. Cette lumière sera notre guide, notre étoile flamboyante, tout au long de notre cheminement vers la Connaissance, la recherche de la Vérité et de la parole perdue.

Dans la Loge les Lumières sont multiples, nous percevons bientôt qu’elles ne font qu’une et que cette lumière unique est toute orientée vers l’idéal de perfection, lumière infinie, éternelle devant recouvrir la totalité de l’Univers. L’homme qui est une réduction du Cosmos est comme ce dernier infini ; c’est dans le cercle de l’éternel recommencement de la vie infinie que nous devons donc chercher la Lumière reflet de la Vérité.

Si la recherche de la lumière se fait en commun dans nos Temples, cette lumière d’unicité et d’éternité, qui va éclairer notre réflexion, c’est en nous, dans notre Temple intérieur, au sein de notre caverne originelle, que nous allons l’apercevoir car comme le souligne Jung : « Ce n’est pas en contemplant la Lumière que l’on devient lumineux, c’est en portant un regard sur sa propre obscurité ».

Dans cette recherche de l’Absolu le libre-arbitre nous est toujours accordé : nous avons, à chaque étape de notre cheminement, le choix entre ombre et lumière.

Notre secret partagé, le secret maçonnique, est donc là, dans cette Lumière reçue lors de notre initiation première, lumière qui a commencé à naître comme une petite lueur fragile et tremblante et qui, peu à peu nous a guidés et permis de discerner, dans les ténèbres, la vérité cachée sous le voile de l’illusion.

« Et la lumière de la lune sera aussi éclatante que celle du soleil ! ».

Nous l’avons souligné, ces deux principes opposés, ombre et lumière, sont inséparables. Tout se joue sur la dualité permanente entre lumière et ombre ; cette opposition constitue un symbole universel matérialisé par trois aspects de la lumière opposés à trois formes de ténèbres : Lumière/séparation face aux abîmes ténébreux symbolisant la création de l’Univers, lumière/orientation contre l’obscurité structurant la symbolique de la connaissance universelle, et lumière/transformation s’opposant à l’opacité symbole de la purification, de la catharsis libératrice. Toute notre culture repose sur ce conflit latent entre « l’effrayante obscurité de l’âme » et la lueur d’espoir, la lumière salvatrice symbolisée par l’étoile-guide. « Ordo Ab chao ». De cette opposition entre deux principes apparemment inconciliables va émerger l’ordre et engendrer l’unité du cosmos dans sa totalité.

C’est, sans doute cette alliance-opposition que symbolise aussi notre croix, cette croix du Che\ R+C, symbole d’harmonie et d’équilibre, qui correspond à la croisée horizontale et verticale du ciel et de la Terre, du Nadir et du Zénith, de la nuit et du jour, de la mort et de la renaissance, de la lumière croissante et décroissante des solstices.

C’est au centre de la croix de Che\ R+C, symbole de notre double action tant sur notre verticalité et sur l’horizontalité de Monde, au cœur même de la rose que meurt et renait la lumière spirituelle, celle qui a le pouvoir de régénérer la nature humaine en la renouvelant, tel le phénix qui renaît de ses cendres plus fort et plus triomphant. Pour nous Che\ R+C, comme pour tous franc-maçon, la réalité du monde est dans la lumière qui se trouve en chaque Être, dans toute chose vivante. Dans notre recherche nous partons de la croyance dans la grandeur de l’homme et dans sa capacité à maîtriser et harmoniser toutes choses en ce monde, grâce à une pensée féconde, aux énergies vitales qui la traversent afin de les orienter dans la bonne direction, c'est-à-dire vers le positif et la quête du sens de la vie. Grâce aux vertus de Foi, d’Espérance et de Charité, le Che\ R+C peut espérer réaliser cette transparence de l’âme qui permet à la lumière de dissiper les ténèbres de l’illusion, ces ténèbres qui nous cachaient le principe d’unité de l’Esprit et de l’Être, et tenter de rendre visible, patent, ce qui fut ombre, afin de donner du relief à notre action sur cette terre. Ce que nous recherchons ce n’est pas l’éblouissement mais l’éclairement sur les vérités essentielles et immuables ; ce dont nous avons besoin c’est d’une lumière qui nous éclaire et non d’une lumière éblouissante qui nous aveugle. En réalisant l’espérance que la lumière va l’emporter inéluctablement sur l’obscurantisme nous retrouvons la capacité de recherche de la Vérité.

Dans le Temple, même à l’heure où le soleil s’obscurcit, grâce aux trois piliers de la construction, la lumière est là permanente, elle est contenant et contenu, elle est notre idéal. Jusqu’alors écartelée aux quatre directions de l’espace, la lumière de l’étoile flamboyante va de nouveau nous montrer le chemin et être notre guide au moment même où la parole perdue est retrouvée. Cette illumination, cette force lumineuse va enfin dissiper les ténèbres qui obscurcissent encore notre esprit et, par sa force rayonnante, faire resplendir l’espérance de ces retrouvailles cosmiques. Nous pouvons enfin, comme Zarastro dans la Flûte enchantée, lever le voile qui obscurcissait l’Univers et demander au soleil de faire fuir la nuit « afin que soient anéantie à jamais les puissances des démons » et découvrir ainsi, dans la lumière de la sagesse, l’esquisse de la Vérité afin de rendre à l’humanité la possession du monde.

Les lois de la physique formulent que la « lumière pense à angles droits ».

Nous Che\ R+C savons que nous devons également penser avec les lignes courbes et que notre recherche de la parole perdue consiste justement, en passant du carré au cercle et des angles droits aux lignes courbes, à rejeter l’ombre pour la lumière. Mais nous savons aussi que les lumières sont à allumer en permanence à la façon de l’allumeur de réverbères du « Petit Prince » qui parcourt une planète folle et irresponsable tournant de plus en plus vite. A la croisée des « deux éternels chemins du Monde », dans notre marche vers la Lumière nous avons donc tenté de concilier les contraires, en associant ombre et lumière, négatif et positif. Nous avons tenté de démontrer que si nous sommes en permanence assujettis à notre part d’ombre nous pouvons, en contrepartie, grâce à une méthode éprouvée, la méthode maçonnique, faire émerger en pleine lumière « l’homme nouveau » qui sommeille en chacun de nous. C’est en chacun de nous que doit s’inscrire cette permanente et constante exigence de recherche d’ouverture de nos consciences aux dimensions de l’Univers.

Alors, au moment de clore cette table burinée pouvons-nous dire que : « L’étoile flamboyante est réapparue dans toute sa splendeur… » pour nous monter le chemin et que : « La vraie lumière est revenue à nos yeux… » ? Cette recherche de la lumière implique de comprendre et d’intégrer cette idée apparemment paradoxale, aux symboles multiples : c’est en descendant au plus profond de soi, dans l’ombre de notre inconnu, que nous nous élèverons sur l’horizon de la connaissance vers la lumière. Notre tâche est loin d’être achevée ! Loin des dogmes et des vérités acquises, loin des fausses affirmations, des idées reçues et des révélations intolérantes qui par leurs pesanteurs et leur inertie veulent embrumer notre raisonnement et notre jugement, loin des ombres maléfiques soyons, comme l’aigle qui à la recherche de la sagesse s’élève toujours plus haut vers la lumière, ces « voyageurs éternels de l’infini », ces « explorateurs du vrai », ces « veilleurs de la Terre », ces « porteurs de lumières » progressant sans cesse vers « l’ultime Vérité » afin d’atteindre notre propre liberté. Car tant que nous continuerons à chercher, à savoir, à comprendre notre histoire et celle du monde, nous donnerons du sens à notre démarche initiatique.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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