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Hauts Grades

De l'Or potable (JR Glauber)

28 Janvier 2010 , Rédigé par Gibelain Publié dans #Alchimie

Tout le monde sait que les vrais et anciens Philosophes, se sont étudiés longtemps pour la conservation de leurs santés, et pour prolonger leurs vies, et que par le moyen du feu, ils n'aient pratiqué la séparation de tous les végétables, animaux et minéraux, pour en chercher leurs vertus. Et par ce moyen ils ont trouvé cette grande harmonie de toutes choses, aussi bien aux Cieux, qu'en la terre, être le Soleil et l'or, l'homme te le vin. Car il ne se peut nier que la vie de toutes choses, ne procède de la chaleur du Soleil ; c'est pourquoi ils ont taché de joindre l'or, qui est le premier corps de la terre, le plus fixe et le plus parfait, à cause des rayons du Soleil, avec l'homme, par le moyen de l'esprit de vin.

 

Mais par hasard il s'en trouvera qui se sentirons offensés de cette narration, désignant que l'or soit le fils du Soleil, ou un corps métallique fixe et parfait procédant des rayons du Soleil, demandant comme quoi les rayons immatériels du Soleil, peuvent être fait corporels et matériels. Mais ils sont grandement ignorants de la génération des métaux et minéraux, et quoi que je n'aie pas pris la résolution d'écrire en cet endroit de la génération et origine des métaux, néanmoins pour montrer qu'il y a un esprit vivant du Soleil dans l'or, détruit et volatilisé, lequel veut être préparé en très excellente médecine pour l'homme ; je ne peux pas laisser en arrière pour satisfaire aux ignorants et incrédulers, de montrer la vérité, par un ou deux exemples, encore que je le pourrais montrer par très certaines et vives raisons ; mais à cause de la brièveté, je suis résolu de passer outre, recommandant à ceux qui rechercherons les secrets de la nature, et les propriétés des métaux, mon traité (de la génération des métaux) lequel les tirera sans aucun doute hors de tout scrupule, objectant seulement à ceux qui s'opposent à la vérité, ces deux questions et raisons qu'ils ne sauraient réfuter. La première est, d'où vient cette augmentation de la qualité et quantité qui se trouvent dans toute liqueur visqueuse minérale, qui a été exposée longtemps au Soleil dans un vaisseau de verre ouvert. Je demande si elle vient du Soleil ou d'ailleurs ? Mais tu me diras que cette augmentation provient de l'air qui est le véhicule de toutes choses. Je réponds, si elle vient de l'aire, cet air n'a-t-il pas été empreint par le Soleil ? Et y a-t-il quelque chose dans l'air qu'il ne reçoivent des étoiles ? Mais place ou mets cette liqueur dans un cave froide et humide, et tu verras par expérience qu'elle n'augmente pas en poids comme elle fait au Soleil, ou à son défaut au feu, cette liqueur attirera quelque flegme, lequel est aisément séparé par la chaleur, ne présentant que le seul poids de la première liqueur. Ceci se peut voir par cet exemple, dissous quelque métal sulfureux, comme G, E, ou zinc, avec quelque esprit acide, et à la fin tirer en l'esprit. Fais rougir ce qui reste, non pas trop, mais autant qu'il est nécessaire pour en tirer l'esprit ; après observe bien le poids et le met dans un creuset au feu. Prends bien garde que le métal ne fonde, mais seulement qu'il soit obscurément rouge avec le creuset par l'espace de trois ou quatre semaine ; cela fait tire-le hors, et pèse derechef ton métal, et tu trouveras évidemment que ton métal a augmenté, ce que tu apercevras plus facilement par la voie suivante ; met du E ou autre métal autre métal soufreux, avec 16 ou 18 parts de  V , dans une coupelle bien brûlée, faite de cendres de bois, ou os, et la mets dedans une fournaise d'essai. Le poids de la coupelle, E et V  étant bien observé, et fais que le E s'évapore par le feu avec le V  ; ce fait prends la coupelle étant refroidie et la pèse derechef, et tu trouveras que la coupelle surpasse son premier poids, quoi que beaucoup de V soit allé en l'air par la coupellation, même il surpasse le poids de V et du  E , par ladite coupellation ; c'est pourquoi on demande avec raison, d'ou vient cette augmentation : Savoir si la chaleur du feu ne s'est pas coagulée en corps métallique par le moyen de ce métal fondu. C'est pourquoi il est probable que si tu connaissais la matrice métallique dans la fournaise de la terre, dans laquelle les rayons du Soleil, et la chaleur du feu étant reçu peuvent être coagulés, les métaux pourraient être aussi bien engendrés en eux, comme dans les entrailles de la terre.

 

Tu me répondras, il est probable que le feu vulgaire peut avoir quelque chose de métallique en lui, ce qui se fait par l'attraction du métal fondu dans la coupelle, mais il se peut aux rayons du Soleil.

 

Celui qui voudra faire l'expérience de la vérité, qu'il mette la coupelle bien cuite aux rayons du Soleil, avec le E et V, auquel il faut opposer un miroir brûlant, afin que tu puisses ramasser les rayons du Soleil à son centre, et que par ce moyen il le puisse chauffer, il te faut tenir continuellement à la main, afin de le pouvoir tourner selon le cours du Soleil, autrement la coupelle se refroidirait, les rayons du Soleil ne donnant pas dessus ; mais si tu observe droitement ton travail, il se fera aussi bien que dans une fournaise avec la chaleur du feu.

 

Il te faut avoir un miroir brûlant qui ait pour le moins deux pieds de diamètre, et qui ne soit pas trop profond, mais qui ait seulement la 18. Ou 20 parties du globe, afin qu'il puisse mieux jeter les rayons dans le centre. Pour la préparation dudit verre brûlant, il n'est pas nécessaire d'en faire la description ici, mais elle sera faite dans la quatrième partie de mes Fourneaux, auquel lieu nous ne montrerons pas seulement la façon de le faire des métaux, mais aussi de verre, et le moyen de les polir.

 

Cette démonstration n'aurait point été mise en avant n'eusse été pour faire connaître comme quoi l'or procède du Soleil, et qu'il est secrètement imbu de ses vertus et propriétés, et que par la chimie, il peut être réduit en la même chose qu'il était auparavant sa coagulation, particulièrement en un esprit chaud et vif, communiquant ses vertus et facultés au corps de l'homme. C'est pourquoi les anciens ont usés d'une grande diligence a la fonte de l'or ; en laquelle ils n'ont rien trouve de plus excellent que le pur esprit de vin tiré par distillation, et ils ne se sont point servis de l'or commun fondu, tiré hors des pierres ou lavé hors du sable, mais purgé par le bénéfice du feu, et philosophiquement vivifié, non par l'aide d'aucun esprit corrosif qui est la voie commune des Chimistes ordinaires, mais avec une eau que la nature donne volontairement sans le secours d'aucune distillation violente par laquelle il est manifesté, ce qui est caché en l'or, et caché ce qui est manifeste ; c'est pourquoi ils l'ont rendu propre pour séparer sa teinture, d'avec un corps gros, noir et superflu : car ils ont connu que le corps compacte de l'or n'a point d'affinité avec les esprits vitaux, c'est pourquoi ils n'ont choisi que la plus pure partie de l'or, pour faire leur élixir, qui est sa teinture, laquelle ils ont radicalement jointe avec l'esprit de vin, et étant joint les ont rendus spirituels et volatils ; si bien qu'ils ne peuvent jamais être séparés l'un de l'autre par le feu, et étant au feu ils sont sublimés ou fixés, par une longue décoction, et coagules en une pierre fixe, ce qu'ils tiennent pour le plus grand trésor du monde ; c'est pourquoi les anciens Philosophes affirment qu'il n'y a point de meilleur médecine sous le Soleil que celle-ci, qui est faite par l'union philosophique du vin avec l'or, tous deux étant unis par une coagulation et fixation inséparable : car il ne se peut faire une médecine de l'esprit de vin sans l'or, ni de l'or sans esprit de vin, à cause que l'or ne se peut rendre volatil sans esprit de vin, ni l'esprit de vin ne se peut être coagulé et fixé sans l'or, c'est pourquoi nous suivons justement l'opinion de ces grands personnages, non pas à cause de leurs autorités, mais par une démonstration oculaire, qui est la vraie épreuve.

 

C'est pourquoi la connaissance et la préparation de cette médecine m'étant donnée du très haut, je prétends à cause que l'homme n'ait pas né pour lui sel de donner brièvement sa préparation et son usage, mais je ne veux pas jeter les paroles devant les pourceaux, mais j'en veux seulement montrer le chemin aux studieux, et qui cherchent le travail de Dieu et nature ; et sans doute ils entendrons mes écrits, mais non pas un ignorant et qui n'est point expert, c'est pourquoi la brièveté de la préparation n'offense personne, à cause que je n'entends pas de prostituer cet art divinement obtenu, non pas avec orgueilet méchanceté, mais avec beaucoup de veilles, peines et travaux, n'étant donné aux indignes, mais seulement aux gens pieux, et ils verront à yeux ouvert, que la vérité est telle. C'est pourquoi je désire que la simplicité de mon langage n'offense personne, n'étant adonne à des figures rhétoriques comme l'ordinaire façon : car le vérité ne manque pas de bonnes paroles, se contentant de la simplicité et brièveté, par laquelle il est mieux et plus aisément démontré que par ces discours sophistiqués.

 

Auparavant que je montre la préparation, je veux brièvement décrire les qualités d'un vrai Spagirique qui entreprend un si grand travail afin que chacun s'examine soi-même, qui prend ce travail sur lui : car il ne suffit pas de connaître comme il faut faire le feu, ou distiller l'eau des végétables, mais la véritable connaissance des fruits aussi bien des éléments supérieurs que des inférieurs, particulièrement la piété.

 

N'étant grand parleur, mais beaucoup de connaissance fait le Chimique, car il n'y a point d'homme qui puisse dénier qu'il y a longtemps, et par plusieurs années, que cet art est cherché, même jusqu'aujourd'hui, avec beaucoup de travail et dépense, mais trouvé de peu de Chimiques modernes : car excepté quelques uns, tout le reste est allé par un chemin contraire ; car les uns se confient en leurs richesses, croyant l'acquérir par violence, à cause qu'ils peuvent faire de beaux laboratoires, entretenant beaucoup d'hommes, ayant nombre de vaisseaux minérals, et charbons, ne considérant ce que dit l'Apôtre.

 

Il y en a d'autres auxquels toute leur science consiste en divers langages, pour être honorés par ces longs discours, s'attribuant à eux-mêmes toute la science, se persuadant qu'ils ont tous les éléments en leurs becs par leur sagesse supposée, ou par leur étude, ne considérant pas la parole de Christ, tu l'as révélé aux petits, et l'as caché aux sages, et entendus eux-mêmes, qu'ils voient croître l'herbe, et ne connaissent pas la terre sa mère, auxquels si tout ne réussit à leur plaisir, ils n'ont point de crainte de blâmer ces pieux Philosophes et les accuser de fausseté, afin de couvrir leur ignorance, en disant que l'art est faux, mais ils jugerait bien la chose autrement s'il connaissaient le sens occulte des Philosophes ; mais à cause qu'ils ont aveugles par leur présomption, ils n'est pas merveilles si au lieu de la noix, il ne prennent que l'écorce ; et ainsi ne parviennent point a leur fin désirée.

 

La troisième sont ces gens avares, cherchant des biens auprès de ces charlatans, qui sont aussi ignorants de la chimie et de la nature, comme ceux à qui ils montrent, n'ayant nulle connaissance des minéraux ni métaux, ni n'entendent le travail des Philosophes, avec lesquels si on dispute de la nature et propriété des métaux, ils ne savent répondre autre chose, que ce qu'ils lisent ou entendent dire. Il est écrit ainsi et y avons procédé de même, et il nous y faut procéder ainsi, et cette matière nous est nécessaire et non autre, se tenant ferme sur la lettre, ne considérant pas si l'auteur du procédé est expert ou non, pour voir si ses écrits sont par expérience ou par la lecture d'autres Livres ; et bien qu'on leur donnât une véritable et ingénieuse information de la nature, la connaissance des métaux et minéraux, et secrets chimiques, ils ne le voudraient pas croire, méprisant la vérité, l'estimant folie, à cause de la simplicité du travail, qui n'est ni de fatigue, ni de dépense, les esprits avares recherchent les richesses, et toutefois ils dépensent en certains procédés de nulle valeur, les cent ou mille écus, supposant que l'art s'achète à prix d'argent, ne considérant pas que le marchand se veut réserver un bon et assuré art pour lui-même, et ne cherche point l'utilité des autres.

 

Je ne dénie point qu'il y ait quelques Artistes qui possèdent quelques secrets ou choses trouvées par leurs expériences, ou qui leur ont été montrées par quelque ami, lequel ne saurait travailler à cause de sa pauvreté, et par ce moyen il est obligé de demander l'assistance des autres : car les biens et l'expérience ne vont pas toujours ensemble. Ceux-là sont secourus par le riche, qui s'assurent sur la bénédiction divine.


Mais il faut avoir cette première précaution pour cela, de peur que votre fruit ne s'avorte dans le temps de la moisson. Y a-t-il un si aveugle qui ne reconnaisse pas les ruses de ces avares, quoi que le Soleil par la faveur du Ciel illumine tant les méchant, que les bons ? Il est pourtant inouï que les Philosophes aient fait bruit de leur vrai secret, et qu'ils l'aient voulu vendre, comme ces vendeurs de bagatelles. Il faut principalement admirer les plus sages, les plus doctes, et les plus prudents de ce siècle, se sont voulus laisser tromper par ces fols et charlatans.

 

La quatrième sorte de curieux, sont gens de différentes condition, ne cherchant ni profit, ni honneur, faisant tout pour la gloire de Dieu, et l'utilité de leur prochain, se contentant d'un honnête entretient, qui ne sont point superbes ni glorieux, mais pieux et honnêtes, aimant mieux manier des charbons, que des bagues d'or aux doigts, qui ne fréquentent que peu de personnes, observant le silence dans les secrets de la Nature, cherchant et trouvant par la grâce de Dieu, ne se confiant point aux écrits des anciens Philosophes, mais en Dieu qui apprend toute choses, duquel la miséricorde est aussi bien à présent, comme elle était lors des anciens Philosophes, lesquels obtenaient la science par ardentes prières à Dieu. La science vient à telles personnes au-delà de toute espérance, avec la méthode et l'usage.

 

C'est pourquoi tous ceux qui désireront travailler en cette science, doivent s'examiner eux-mêmes, parce qu'à ceux qui ne sont pas du nombre des ces derniers, les richesses, l'éloquence, et science imaginaire, ne leur serviront de rien, d'autant que ce travail est un seul don de Dieu, et non d'aucun homme. Ayant donc enseigné les propriétés du véritable Moissonneur des fruits de l'arbre d'or, je veut maintenant commencer la préparation de la teinture de l'or par la main d'un bon Artiste, et veux faire voir la différence de la vraie teinture d'avec la fausse, et l'usage de la vraie teinture de l'or en médecine pour guérir beaucoup de maladies, comme s'ensuit.

 

R. L'or vif une part, et trois par de D non du vulgaire, mais du philosophique, qui se trouve partout sans frais ni travail : il te faut aussi prendre de l'argent qui soit vif, égal poids à l'or, et en vérité meilleur que le seul soleil : car la grande variété des couleurs procède du mélange du mâle et de la femelle ; s'il y a quelqu'un qui soit persuadé que la teinture sera meilleure avec le soleil seul, il le peut faire avec le soleil seul : mais un homme expérimenté aux métaux ne la fera pas, d'autant qu'il connaît le pouvoir de l'union cordiale, qu'il y a entre le Soleil et la Lune dissout dans un même menstrue, étant mêlés ensemble, mets les dans un vaisseau philosophique, pour dissoudre, et en l'espace d'un quart d'heure ces métaux seront dissout radicalement par le  D , et seront de couleur de pourpre ; après augmente ton feu par degré, et ils donneront une belle couleur verte, laquelle tu tirera hors, et y mettras de l'eau de rosée pour le dissoudre ; ce qui se fera en l'espace de demi heure. Filtre la dissolution, et en tire l'eau par l'alambic au bain, sur lequel tu mettras de nouvelle rosée, et la tire derechef par le bain réitéré par trois fois, et dans ce temps cette couleur verte, se tournera en une couleur noire, comme encre, et puante comme une carcasse, et partant très odieuse et sale. Or il faut quelquefois tirer l'eau, et en remettre et digérer, et cette noirceur et puanteur s'en ira en l'espace de 40 heures, et te produira une blancheur comme lait, laquelle apparaissant, il te faut tirer, hors toute l'humidité, tant que la chose soit sèche, lors il te restera une masse blanche, laquelle en peu d'heures par la lente une chaleur, et après qu'il a paru diverses et plaisantes couleurs, il se changera en très beau vert plus beau que le premier, sur lequel tu verseras de l'esprit de vin rectifié, qui surnagera de deux ou trois doigts ; et cet or vert qui est dissout, attirera a soi l'esprit de vin à cause de leur grande amitié ; de même qu'une éponge sèche attire l'eau et lui communique son âme aussi rouge que du sang ; et par ce moyen cette verdeur est privée de sa vivifique teinture, et se mûrit en couleur rouge, laissant le superflu du corps en cendre.

 

Il te faut tirer par inclinaison, l'esprit teint et le filtrer, puis par l'alambic de verre au bain du feras l'extraction de l'essence ignée de l'esprit de vin, hors de la teinture rouge, afin qu'ils soient inséparablement joint ensemble, et pour cet effet, tu verras qu'il en sortira qu'une eau insipide, la vertu de l'esprit de vin étant demeurée avec la teinture de l'or semblable à un sel rouge et brûlant, fusible et volatil, duquel un grain peut teindre une once d'esprit de vin, ou autre liqueur, en une couleur rouge comme sang, car elle se dissout dans toute chose humide ; c'est pourquoi il peut être gardé en substance liquide pour la panacée aux maladies les plus désespérées ; à présent je veux communiquer les propriétés de la véritable teinture, par laquelle le véritable or potable est connu. Cette teinture est après la pierre des Philosophes la meilleures de toutes les médecines, entre lesquelles deux, il n'y a que cette différence, c'est que l'âme de l'or est volatil, et n'a point d'entrée dans les métaux imparfaits, c'est pourquoi il ne les peut transmuer en pur or, laquelle vertu est attribuée à la seule pierre des Philosophes, d'autant que l'âme de l'or, encore qu'elle soit la meilleure partie, néanmoins elle n'est pas fixe au feu, mais volatile, mais la pierre des Philosophes est fixe, et soutient le feu, par la raison qu'elle a demeuré plus longtemps en digestion : or de vous dire si cette âme ou teinture volatile ou lion rouge peut être fixée par le feu, et réduite en médecine universelle, ou pierre teignante, je n'en sais rien, d'autant que je ne l'ai point éprouvé, etc. C'est pourquoi celui qui aura tiré l'âme de l'or, peut essayer plus outre, pour voir s'il trouverait quelque chose de meilleur, car ce travail n'enseigne que la meilleure médecine de l'or, mais d'autre chose je n'en sais rien.

 

Par là est reconnue la tromperie de ces Distillateurs de vin, et autres eaux des végétables, pour or potable, et il ne sont pas honteux de vendre aux ignorants à un grands prix, de l'eau colorée de jaune ou de rouge. Comme aussi l'erreur des autres qui dissolvent le corps de l'or avec eau royale, eau esprit de sel, duquel ils en font après l'extraction, pour avoir une poudre sèche laquelle n'est pas extraction, mais une particulière dissolution de l'or, par le moyen des esprits corrosifs qui ont resté dans l'or, teignant l'esprit de vin d'une couleur jaune, et étant ainsi coloré, ils l'appellent leur or potable ; et néanmoins il est derechef réduit en or ; l'esprit de vin en étant extrait, lequel ne peut faire d'avantage que toute autre chaux d'or, et que l'archée ne saurait digérer, mais étant indigeste, il le jette avec les excréments. Il y en a d'autres qui tombent dans une grande erreur, se trompant lourdement eux-mêmes, et les autres aussi croyant l'extraire hors de l'or en chaux, avec de particuliers menstrues et esprits, ne connaissant pas que le menstrue infusé sur l'or, devient rouge de lui-même par une longue décoction, lequel ils séparent par inclinaison, et le donnent pour or potable : que s'il pèsent la chaux, ils trouverons par expérience que l'or n'a point diminue de son poids, donc si tu veux faire l'expérience, mets ton esprit ou menstrue à une douce chaleur, ou longtemps au froid, et tu verras que de lui-même il deviendra rouge, tout ainsi que s'il avait été avec l'or en chaux ; mais la cause de cette rougeur leur est inconnue, ce n'est autre chose qu'un certain sel nitreux et volatil ; comme sel armoniac, urine, le tartre, corne de cerf, cheveux, etc, exaltant la couleur de quel soufre que ce soit.

 

C'est pourquoi il faut nécessairement que cela s'en ensuive, car si les Artistes mêlent avec l'esprit de vin, dans lequel est caché un certain soufre, quelqu'un de ces sels qui exaltent, il sera exalté en couleur, et deviendra rouge, ce qui arrive aussi à ceux lesquels ont accoutumé de tirer les teintures avec des huiles distillées, qui ont un sel volatil, comme sont les huiles ou jus de citrons, girofle, cannelle, etc.

 

Car telles teintures ou or potable, n'a point d'efficacité comme l'expérience le certifie, je ne veux pas dire que la teinture de l'or ne se puisse tirer par cette voie, car étant dissout dans des menstrues doux en sorte qu'il n'en puisse être séparé par précipitation, il peut faire de merveilleux effets dans les plus grandes maladies, mais il faut toujours choisir des métaux vifs et non des morts.

 

Certes le vrai or potable n'est pas en ce qui est à la vue ou au nom, comme diverses eaux teintes d'une couleur jaune, ou rouge, mais il faut qu'il ait les vertus et facultés en lui, tellement qu'il paraisse que véritablement il est fait de l'or, ne se pouvant toutefois plus réduire par le feu en or, étant spirituel, pénétrant, fortifiant, restaurant les esprits vitaux, afin qu'ils puissent vaincre leurs ennemis. Il faut aussi qu'il ait cette vertu, qu'il change le métaux imparfaits, D, V, _, en pur or, non pas comme une teinture fixe, mais les perfectionnant seulement, particulièrement par la voie humide en digestion, dans laquelle une part du métal tant seulement est changée en mieux. Car cette teinture ou sel d'or est extrêmement volatile, par ainsi ne peut résister au feu, mais avec une chaleur douce il se fond comme de la cire, et se sublime comme un sel rouge, qui se dissout dans l'esprit de vin, pour être propre aux usages de la Médecine.

 

Aussi le véritable or potable étant goûté, n'est ni corrosif, ni astringent, comme les autres solutions d'or, ni ne tache point les mains, les ongles, ni les cheveux de couleur noire ou jaune, au contraire les rendes plus beaux, et il n'infecte point le E, G, H, V, d'aucune rouille ou couleur noire, au contraire les rend plus nets, il n'est point aussi un corps d'or, qui puisse être réduit part extraction, ni en or blanc, qui recouvre sa première couleur par F, et par l'eau royale, mais il est comme une terre de cire, qui se sublime à une chaleur douce comme l'arsenic, ne pouvant soutenir l'examen de la coupelle : si la teinture a lesdites vertus, elle peut être appelée véritable, mais si elle ne les a pas, ce n'est qu'un or potable sophistiqué, qui doit être méprisé.

 

L'usage de cette Médecine d'or

 

Nous avons ci-devant fait voir que le Soleil est l'origine de l'or, ou doué des incroyables vertus du Soleil terrestre, car la force et vertu de tous les végétables, animaux et minéraux, est en lui, lesquelles ne peuvent être montrées que par les Philosophes, et ce par la séparation des parties intrinsèques et pures, d'avec les impures.

 

Ce discours te semblera peut être incroyable ou non vraisemblable, de dire que l'or se peut réduire en une essence spirituelle, qui soit agréable à la nature humaine, ayant la vertu de tous les animaux, végétaux et minéraux, certainement celui-là ne sera jamais persuadé, lequel Vulcain n'a pas rendu Philosophique : mais qui est celui qui se veut donner tant de peine que de vider toutes les controverses, quoiqu'il fut possible avec des raisons que je passe ici sous silence pour cause ? Pour toute assurance je renvoie le lecteur à la seconde Partie de mes Fourneaux, où il trouvera comme quoi hors de F, et du soufre par un bon Chimiste, et par l'assistance du feu, on peut tirer non seulement la force et les facultés de divers végétables, mais encore leur odeur naturelle, laquelle ne se montrait pas auparavant qu'ils fussent dissous radicalement, laquelle chose se pouvant faire avec quelque fétide et imparfait minéral, pourquoi donc se pourra-t-elle pas faire avec un minéral mur et parfait ?

 

Si nos étions bons Naturalistes et diligents Chimiques, nous n'aurions pas besoin de remplir les laboratoires de tant de pots et de tant de boites, ni de faire tant de dépense, pour aller chercher tant de médecines étrangères, parce que les vertus et les propriétés de tous les végétaux, animaux et minéraux, rassemblés en peu de sujets peuvent être trouvées plus facilement. Et comme la vraie teinture d'or bien fixe, est imbue de toutes les vertus de tous les végétables, animaux, et minéraux ; la force de guérir toutes maladies lui est justement attribuée ; mais avec différence, car il y a diverse sortes de gouttes aux pieds et aux mains, aussi de la pierre et de la lèpre, lesquelles sont quelquefois si invétérées, qu'elles sont incurables ; et quelquefois aussi nouvelles et curables. C'est pourquoi je ne promets pas de guérir indifféremment toutes sortes de maladies, par aucune médecine : car il n'y a point d'homme qui le puisse, quand bien il aurait la pierre des Philosophes.

 

Souvente fois la pierre de la Vessie est rompue et mise en pièces, quoique très dure et insoluble avec eau forte, laquelle aucune médecine corrosive ne peut dissoudre. Et quoiqu'il y en ait quelque uns qui attribuent ce pouvoir à leur médecine, il ne sauraient pourtant le faire. Car ce n'est pas assez de promettre, d'autant que nul ne la saurait accomplir, et les promesses deviennent debres, à quoi peu de gens prennent garde. C'est pourquoi la vérité est opprimée par les ennemis de l'art. Il est donc meilleur de faire plus qu'on promet, et le travail fera estimer celui qui le fait, comme quoi peut une médecine pénétrer aux parties extrêmes du corps, savoir les mains et les pieds, et dissoudre une matière coagulée et endurcie, laquelle étant hors du corps, il n'y a point de médecine corrosive trouvant une matière de sel visqueuse et tartareuse, qui ne soit point coagulée, la dissolve et la détruise. La même chose faut-il entendre de la pierre dans les reins ou dans la vessie, et par cette manière je veux décrire la curation de la goutte aux mains et aux pieds, avec ma teinture d'or aussi bien aux vieux qu'au jeunes. Mais il est nécessaire d'administrer de spécifique catartiques, et des bain extrinsèques pour disposer la cure, afin que la nature puisse plutôt faire son office. Mais sur toutes chose il faut considérer la divine providence ; car souvente fois Dieu nous afflige de maladie qui sont incurables par l'art. Si premièrement il n'est apaisé par humble repentance, qui est la meilleure de toutes les médecines.

 

Je dirais aussi la cure des maladies qui proviennent de la corruption du sang, comme la lèpre, le vérole et autres impuretés, sont guéries par cette teinture : si avec cela vous administré les catariques et diaphorétiques, modifiant et renouvelant le sang, par dessus toute autre médecine, cette teinture guérit aussi toutes obstructions du foie, de la rate, des reins et autres parties, à cause qu'elle échauffe, atténue, incise, et évacue l'origine de diverses maladies, elle guérit aussi toutes les maladies violentes et aiguës, comme épilepsie, peste, fièvre, etc.

 

Elle provoque le flux aux vielles femmes, et aux jeunes, principalement si on s'en sert au dehors, par laquelle voie, on en guérit plusieurs qui périraient misérablement. Elle échauffe et nettoie la matrice par-dessus toute médecine, et la rend propre à faire son devoir, la préserve aussi de toutes sortes d'accidents, qui causent la mort : elle détruit les eaux de l'hydrophisie par les urines, elle raréfie et sèche l'humidité des humeurs superflues de l'extérieur et intérieur, de même que le Soleil sèche et consomme les eaux ; par elle le corps recouvre sa première vigueur. Il n'est pas nécessaire de traiter plus amplement des autres maladies, d'autant qu'on se peut servir indifféremment de cette médecine pour leur guérison, comme d'une médecine universelle.

 

La dose est depuis 3 grains ou gouttes jusqu'à 12 ou d'avantage, mais aux enfants depuis 1, 2 ou 3 avec son propre véhicule, ou bien du vin, ou bière, en prenant journellement : laquelle dose doit être prise par plusieurs fois en un jour, considérant la force du malade.

 

Tu ne te dois point offenser des reproches que font les calomniateurs de ce Livre, dont le diable qui est le père de mensonge, est le seul auteur, croyant que le temps est proche, auquel à la fin ces boucs seront consommés par la colère divine comme paille ; la brebis n'étant pas endommagée, car ils récompensent leur manger à leur maître, par leur lait est par leur laine.

 

Sur cela je finis avec l'espérance que j'ai d'avoir satisfait mon prochain, car sans nulle doute, quiconque se servira bien de cette médecine d'or, il s'en trouvera fort bien, principalement s'il lève son cœur à Dieu, duquel nous devons incessamment implorer la miséricorde.

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Christian DELEST 30/01/2010 17:22


Adepte, ou sympathisant ?
bien F... Christian