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Hauts Grades

De la « révélation » maçonnique

26 Novembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Cette Pl. se veut utile, interrogative pour ceux qui refusent la croyance religieuse à cause de ses faiblesses ; et, cherche à donner un sens à la vie et au monde en dehors de ce phénomène social ambigu, chaotique, et, si souvent catastrophique qu’est la religion.

La maçonnerie est « une forme d’œcuménisme » qu’on appelle laïcité.
La F.M. s’identifie et s’authentifie à partir d’une référence mythique symbolisée pour s’attribuer un statut universel, une sorte d’état civil.

Y aurait-il une forme d’enseignement premier maçonnique, un mythe initial « cléricaliste » empêchant par déficit de tolérance un universalisme ; une «rigidification » des structures et des rites, donc un déficit d’ouverture vers les autres civilisations, vers toutes formes de philosophies, exception faite des totalitaires ?

Affirmation :

« La F.M. a été fondée pour être le centre de l’union. » Mais bien sûr, en refusant ceux qui ne prêtent pas serment sur la bible ; et en refusant les femmes.
« Pour le G.O. la tolérance est un article capital de notre constitution. » Eh oui, en imposant nos conceptions occidentales chrétiennes !

Ne faisons-nous pas preuve d’hypocrisie ? Par conditionnement ; par refoulement ; par réflexe Pavlovien ?
Conditionnement par le dire abusif, « Vous êtes le sel de la terre » ; « de haute valeur morale », mais tu n’es qu’un homme mon F. ; et, tu le sais bien ; aussi tu refoules, tu te fais du cinéma, ton imaginaire prend le pas sur la réalité, et, à la clochette qui sonne, Pavlov revient au galop ! Hypocrite va !
La maçonnerie est le produit de la civilisation occidentale ; civilisation dominante, colonisatrice ; mais, à l’heure actuelle confrontée à l’apport d’autres ethnies, d’autres cultures. Elle a été habituée, par tradition, ronron des habitudes, paresse d’esprit critique, à accepter le théisme subliminal, le déisme énoncé, donc, le refus de l’athée, de l’agnostique. Les changements sont à notre porte car elle va épouser la nouvelle culture, la nouvelle civilisation ; étant son produit : le brassage ethnique, multiculturel va obligatoirement modifier, société, culture, et traditions. La maçonnerie suivra, et sera enfin conforme à ses objectifs, de « réunir ce qui est épars », « d’être le centre de l’union », et, « universaliste ».

Quelques citations de bon sens : elles sont toutes du philosophe Alain B.L. Gérard
L’idée de Dieu, est ici celle des divers monothéismes

« C’est à la religion de se justifier face à l’incroyance, et non l’inverse »
« Avec l’incroyance, départ et arrivée de la connaissance sont inversés. »
« La croyance est certitude, …l’existence est aléatoire et doute. »
« La croyance n’est pas innée, elle est acquisition. » Dans le monothéisme : Révélation
« La principale raison d’incroyance n’est pas tant logique ou mécanique que morale. »
« Si dieu existe, dieu est maladroit…dieu est cruel…le monde est plein de souffrances, de gaspillages, …l’amour est en l’homme. »
« La religion rend inextricables tous les conflits. »

Les monothéismes ; leurs origines

Certains font remonter le monothéisme au pharaon Akhenaton adorateur d’Aton où,
Aton = soleil = Ré = Ra
Fabre d’Olivet dans « la langue hébraïque restituée », fait la démonstration que la langue hébraïque a ses origines en Egypte ; elle est le langage de la bible et le langage des pharaons de la bible, où l’on voit que Aton peut vouloir dire soit dieu, soit seigneur, soit soleil. La bible ; origine écrite des monothéismes, ne peut remonter que vers le 8ème siècle avt J.C. puisque l’écriture syllabique Phénicienne et proto-hébraïque n’apparaît que vers ces dates là.
Que peut-on dire de Salomon que les datations traditionnelles font remonter soit pour certains au 16ème ou 17ème Avt J.C. soit pour d’autres au 10ème ou 11éme avt. J.C. ?
Et, que peut-on retenir des diverses traductions de la bible après avoir pris connaissance des travaux de Bernard Dubourg : « l’invention de Jésus » où il défend la thèse d’un original des évangiles en Hébreu ; thèse reprise d’une part par Maurice Mergui dans « un étranger sur le toit » puis « comprendre les origines du christianisme ». Et, aussi, par Sandrick Le Maguer dans « portrait d’Israël en jeune fille, genèse de Marie ».
Ces auteurs expliquent comment le nouveau testament est un MIDRASH ; c’est-à-dire : il faut d’abord savoir qu’en Hébreu , donc dans la Torah , il n’y a pas de pensée historique : PAS DE PRESENT, PAS DE PASSE, PAS DE FUTUR, dans le midrash ; qui est une herméneutique descriptive, un récit, un exposé détaillé, construit sur des paraboles, des allégories, des métaphores, des homonymies, la gématrie ; il n’est absolument pas traduisible en Grec, puis en latin, et ensuite dans nos diverses langues. Donc là tout est SYMBOLES .
Qui plus est, lorsque l’on connaît à peu près, le temps de latence entre les faits exposés et leur relation par les évangiles, quel crédit peut-on leur attribuer ?
Le but de cette Pl. n’est pas de faire une déconstruction des divers monothéismes, simplement d’en faire toucher du doigt leur incohérence, tel que le démontre Frédéric Lenoir dans « comment Jésus est devenu Dieu ». Et aussi notre F. Jacques Rolland dans :
« Genèse de l’univers et intuition maçonnique »

Idée de l’être, ( l’homme ) et de dieu.

Avant que de tenter de définir ce que peut être, ( pour un maçon libéral ) « le sens » ; sens de la vie, de l’homme, du monde, il convient de faire un détour par ce que nous sommes ; qu’est l’homme ? Qu’est-ce « qu’être » ? Ce qui nous permettra d’entrevoir ce que d’aucuns appèlent dieu . Le principe de Protagoras est incontournable : « L’homme mesure de toute chose ». Donc doit-on inclure dans les buts à atteindre : Liberté- Egalité- Fraternité ; Dignité, et… sécurité économique ? Ensuite : conception téléologique ( définition du droit par ses buts ) « Juste mesure » ; et noétique ?
A noter que la conception de la G.L .N.F. est narcissique, individualiste, et archéo-conservatrice.
Citation :
« Il y a des gens comme nous, les classes éduquées, qui ont été dans les bonnes écoles, qui ont un bon enseignement, qui ont été endoctrinées à ne pas voir certaines choses. C’est ce que l’on peut appeler l’autorefoulement. Parfois consciemment, parfois inconsciemment ; nous filtrons ce que nous ne voulons pas voir, parce que ça nous met trop mal à l’aise. » Noam Chomsky
C’est aussi : « l’échec au réel » de J. Claude Guilbaud au sujet du néo-capitalisme ; et à transposer à l’archéo-conservatisme.

Ici, à nouveau, je vous assène une liste de citations ( toutes aussi de Alain B.L. Gérard ) qui, bien mieux que toute description, vont circonscrire la question.

« L’être est le théâtre du sens dans sa totalité, dans sa globalité. »
« Qu’est-ce que le sens ? L’absence de sens est peut-être, malgré tout, notre sens fondamental. »
« Le sens du monde que nous demandons, n’est jamais qu’un sens pour l’homme. »
« Nous sommes ce qui permet au monde de savoir qu’il est. »
« C’est-à-dire, que, ce que l’on attribue à dieu, ne se trouve qu’en soi-même. »
« La conscience crée l’être, et le sens a une donnée significative individuelle. »
Pour définir l’homme, ici, l’idée de dualité est exclue. Il n’y a donc pas « spiritualité » à proprement parler. L’homme « étant » se trouve être créateur ; ceci en opposition aux conceptions de métempsycose de Platon, des bouddhiques, ou des brahmaniques ; perpétuel retour avec élévation pour en arriver au pur esprit. Ici la conception divine est une forme de panthéisme ; dieu nature ou univers. Mais univers cyclique par contraction et expansion tel que l’enseigne le Tao. Cette conception n’a en rien imprégné la maçonnerie, exception faite de la vision séphirotique , mais où l’on ne trouve pas l’idée de cycle. Où se situe notre universalisme, même au niveau du symbole ? Nous en conservons une signification première, élémentaire qui n’ébauche en rien la philo moderne du quantique et des cordes.

Nous voilà en présence d’une complexité sans doute indéfinissable puisque, pour définir le monde, nous devons auparavant , définir ce que nous sommes ; c’est nous, notre conscience, notre être, qui définissons ce qu’est le monde et, dieu !!

Citations « globalisées » de Maître Eckart et Spinoza :

« Je suis le monde, le monde est moi, je ne suis pas séparé du monde, je suis monde dans le monde. »
« Si âme il y a …..il y a séparation ; …impossible, puisque JE SUIS, et les problèmes du monde ne cessent de se poser à moi ; il n’y a donc pas séparabilité !! »
Le substantif « l’être » désigne le fait d’avoir une réalité.
Heidegger écrivait « l’être » en le raturant, signifiant par là que « l’être » n’ « est » pas .
Quand on parle d’un être vivant, la philosophie utilise le terme « un étant ».
Ce que l’on désigne comme « être », n’est donc pas « un étant ».
Il me faut un moi pour savoir que je suis ; dieu n’existe qu’à travers moi. Donc, l’homme est seul, c’est l’homme qui crée dieu ; autrement dit : dieu sans « l’être » n’est plus dieu du tout ; dieu n’est donc plus qu’une idée !
« Le concept « d’être » ne peut s’appliquer à dieu, pour l’homme il doit rester une simple idée. » Alain B.L. Gérard
La création du moi, de l’être, de ce que je suis, de ma conscience, de la réalité, pose une sacrée question philosophique, ou d’anthropolâtrie.
« L’univers n’existe pour un individu ( et donc l’existence de dieu ) qu’au travers de ce dont il est conscient. »
Mais, paradoxalement, « l’incroyance peut parfaitement s’accommoder de la croyance en un au-delà de la mort. »
« Si, la conscience cesse avant la vie, la vie peut-elle cesser avant la conscience ? »
Peut-on aborder la thèse d’un déplacement d’existence ? Ce serait alors, un déplacement d’énergie …ou autre … plus rapide que la lumière ; tentative d’explication du paradoxe E.P.R. , de la théorie des cordes, et, d’une éventualité de translation d’une corde à une autre. ?? Enorme point d’interrogation, nous entraînant loin des préoccupations de ce jour.
Lesquelles nous incitent à penser que : « pour sa philosophie, l’incroyant n’a pas besoin du religieux. »

La vérité ; la réalité ?

Ce que nous appelons vérité repose entièrement sur l’analyse des sensations ; donc, la vérité dépend du sujet pensant, donc de la conscience. Conscience et réalité forment un couple inséparable . Nos sensations sont quelque chose d’inexplicable. Cela revient à dire qu’est-ce « qu’être » ? Peut-on parler de « niveaux de réalité » comme de « niveaux de conscience » ? Que devient la conscience après la mort ? Est-elle matière ou esprit ? Et au regard du quantique, qu’est-ce que la matière et l’esprit, qu’est-ce qui les différencie ?

Maçonnerie et … « révélation » :

Tentons d’aborder la maçonnerie à partir de ces constatations :
Point n’est besoin de citer une « foultitude » d’auteurs ayant relaté les relations directes du judéo-christianisme avec nos rituels .
Nous allons tenter de les aborder , en prenant bien soin d’avoir toujours en mémoire : « qu’ici tout est symbole » . Donc essentiellement transposable . Avec tout de même cette remarque : l’on trouve toujours des personnes ( ici des FF. ) qui prennent les symboles à la lettre, sans aucune possibilité de les interpréter !! Je les appelle « les traditionalistes conservateurs ».
Concernant la tradition :la fidélité à la tradition, n’implique pas d’arrêter l’histoire, mais bien au contraire, de trouver dans l’intelligence du passé les moyens de comprendre le présent et de se projeter dans l’avenir. Imiter le passé, et faire du passé table rase, est un même et unique défaut ; c’est un enfouissement normatif du sens, et ( ou ) une résurgence stricto sensus de cette forme de sens.
La tradition est à la maçonnerie ce que portes et fenêtres sont à l’architecture ; elle doit à la fois protéger et s’ouvrir sur l’extérieur. Ouvertures aux autres civilisations, et conservatisme, dans un cadre un peu différent, des mythes pouvant s’y inclure. Une nouvelle génération d’utopistes est nécessaire, qui allient avant-gardisme et tradition ; règles à ne pas transgresser, et buts à atteindre.
Si nous avons un peu de raison, et, quelques connaissances, nous nous rendons bien compte de ce qu’est la bible, et de ce que sont les racines des divers monothéismes ayant engendré notre civilisation occidentale. Et …donc ce que sont les racines de nos rituels.
Vous trouverez dans les références bibliographiques toutes les informations relatives à ces constats .

Je tiens à insister sur l’analyse suivante

Nous savons tous qu’en maçonnerie TOUT est symbole, comme déjà dit ; mais nous oublions bien souvent que la symbolique est libre d’interprétation, et, que pour quelques-uns d’entre nous la tendance est à la signification primaire et même totalitaire du symbole ; oubliant, ou ignorant, que la définition même maçonnique est la tolérance, la recherche du centre de l’union, l’union de ce qui est épars, et, même allant plus loin, l’oubli de la prescription chrétienne de mettre un couvert en bout de table pour le passager, le visiteur, quel qu’il soit !
Ma réflexion sera même plus intransigeante en avançant que, compte tenu de ce qui a été dit de la bible, elle ne peut être considérée que comme un message SYMBOLIQUE, donc vouloir la signifier, conduit à un rejet de l’autre, à une césure, à une forme de communautarisme. J’invite la maçonnerie à se pencher sur ce sujet.
Le problème qui va automatiquement se poser à nous est le suivant :
Est-ce que dans nos rituels nous ne rencontrons pas, à cause de leurs références originelles, une signification primaire de la symbolique utilisée ? (oui si l’on se réfère à la gnose au 2ème degré)
En un mot comme en cent : est-ce toujours à l’incroyant à faire la transposition, de faire la démarche intérieure intellectuelle vers une signification large du symbole énoncé ?
L’inverse ne comporte-t-il pas une part d’hypocrisie conservatrice ?
N’oublions jamais, surtout en maçonnerie, que l’incroyance est un état d’interrogation de base qui sous-tend et précède toute croyance ; c’est donc au croyant pétri de certitude, de se justifier, et non l’inverse ; il en est de même dans la rédaction de nos rituels.
Quant à aborder l’évolution de la tradition, est, pour la majeure partie des F.F. un sujet de « péché mortel ». Tenter de dire que notre vie, tant sociale , culturelle, philosophique, instrumentale, relationnelle, et, par voie de conséquence, maçonnique, n’est en rien ce qu’elle était il y a 300 ans, est pour certains choquant, destabilisant. Nous vivons ici comme ailleurs une époque de transition, de mutations, prétendre que la maçonnerie en est exclue est un contresens. Sommes-nous prêts à faire face ( comme l’ont fait nos aînés) à ces défis en apportant des idées et des structures nouvelles en rapport avec nos valeurs ? Tous les hommes sont égaux et ont les mêmes droits quels qu’ils soient.

De là à vouloir tout modifier, il y a un grand pas ; mais, les croyants n’ont aucun droit à vouloir imposer leurs conceptions à ceux qui ne les partagent pas.
Or dans le cas qui nous intéresse, il faut être aveugle pour ne pas remarquer l’orientation systématique et même inconditionnelle de la transposition, à tel point que la question d’ostracisme ou de rejet en vers l’incroyant n’est-elle pas « subliminalement » une triste réalité ? En référence à : « l’athée stupide »
Il convient de ne pas oublier que la religion ( et donc les religieux ) cherche à maintenir son emprise sociale et culturelle ( ici face aux incroyants ). Elle a donc crée des conventions sociales et même des rites qui lui sont propres, et sont devenus facteurs d’ostracisme et même de communautarisme ou de colonialisme.
Cette remarque peut être utilisée à l’identique dans le domaine maçonnique.
Faut-il regimber contre la culture du religieux dans le domaine maçonnique ? Peut-être pas ; car, telles sont les choses depuis nos origines, et, personne ne contraint l’impétrant à signer son engagement, mais à mon sens il y a fausse donne, car le contenu est fort différent du contenant ; je veux dire par là que les textes des rituels ( rituels de A à Z que tout un chacun peut se procurer en librairie ) ; quoi qu’on en dise, sont à connotation religieuse, alors que les 7 premiers articles de la constitution du G.O. laissent entendre qu’il n’en est rien. Et que dire de la lettre G avec référence à la Gnose au 2ème degré ?
Ne nous impose-t-on pas une conception déiste ou panenthéiste de la maçonnerie ? Je dis bien déiste et non théiste, donc un G.A.D.L.U. ; cette façon de vivre n’est-elle pas une croyance, telle que la définit Caroline Fourest , et, non pas seulement une conviction ; car « la croyance est une fin de non recevoir de l’autre, tandis que la conviction peut se débattre. » Cette Gnose imposée au 2ème degré fait du maçon un croyant et non un convaincu !
En deux mots qu’est-ce que la Gnose ? « De façon très générale, la Gnose ( du latin Gnôsis : connaissance) désigne un concept philosophico-religieux dans lequel le salut de l’âme ( où sa libération du monde matériel) passe par une connaissance (expérience ou révélation) directe de la divinité, et donc par une connaissance de soi. » Wikipédia . La Kabbale peut être considérée comme une forme de Gnose malgré une définition mal aisée du point de vue historique. Mais, « la Gnose semble fondée sur l’obtention du salut par la connaissance » Henri-Charles Puech . Je laisse aux F.F. le soin de trouver dans leurs divers rituels toutes les autres marques du déisme imposé. D’où l’intitulé de cette Pl.

Source : www.ledifice.net

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