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Hauts Grades

Déportation des Francs-Maçons

19 Mai 2012 Publié dans #histoire de la FM

Il semble que les Francs-maçons n’aient pas eu de marque distinctive spécifique dans les camps, car ils n’étaient en général pas déportés « seulement » pour leur appartenance à la franc-maçonnerie.
«Les Maçons surveillés ne furent pas arrêtés et déportés en tant que tels, mais en raison généralement de leur appartenance et de leur participation à un quelconque « foyer » de Résistance.».
Ils étaient donc considérés comme des politiques, sauf s’ils avaient été arrêtés pour d’autres raisons, avérées ou non d’ailleurs (marché noir, homosexualité, …).
«Au nouvel arrivant était remis un triangle de couleur variable selon le motif de son incarcération : les détenus politiques […], portaient le triangle rouge ; les droit commun en détention préventive (BV) ou effectuant leur peine en camp (SV), le triangle vert (celui de ces derniers portant la lettre S) ; les témoins de Jéhovah […], le triangle violet ; les apatrides ou émigrés, essentiellement des Espagnols (internés après la défaite de la France), le triangle bleu ; les associaux, le triangle noir ; les homosexuels, le triangle rose ; les Tsiganes, le triangle brun ; les juifs […], un triangle jaune avec un filet noir ; les juifs internés dans le cadre strict des persécutions raciales et momentanément épargnés pour être contraints au travail […], une étoile jaune ; les juifs internés pour une autre cause, un triangle jaune pointe en bas qui se superposait à un triangle d’une autre couleur ; les politiques internés pour la seconde fois, une barrette rouge au-dessus du triangle rouge ; […]
Il semble que pour les mêmes raisons, on n’ait que des chiffres approximatifs du nombre de francs-maçons déportés et sans détails des motifs de leur déportation.
«Service des sociétés secrètes : bilan approximatif.
170 000 fiches de « suspects établis ».
60 000 fiches de Francs-maçons.
6 000 Francs-maçons inquiétés.
989 Francs-maçons déportés.
540 fusillés ou morts en déportation.
Pour le « Grand Orient de France », les chiffres des victimes sont les suivants : 5 210 Francs-maçons inquiétés, 219 déportés, 117 fusillés ou morts en déportation.
Pour la « Grande Loge de France », 1 250 Francs-maçons inquiétés, 520 déportés, 180 fusillés ou morts en déportation.
Pour le « Droit humain », 1 540 Francs-maçons inquiétés, 59 déportés, 31 fusillés ou morts en déportation ».

«540 maçons furent fusillés, 989 furent déportés .
«Au total, la maçonnerie fournira quelques 2 000 à 3 000 combattants à la Résistance. Un millier de Francs-maçons seront déportés et environ 600 connaîtront la mort, fusillés, tués au combat ou dans les camps.»
Ce qui est parfaitement étudié, c'est "la chasse aux sorcières" dont ont été victimes les francs-maçons .
«Rétrospectivement, l'ardeur mise à pourchasser les francs-maçons surprend. Dans l'imaginaire de leurs adversaires, les loges fomentaient un complot permanent, aux ramifications internationales. On leur attribuait une solidarité, un pouvoir et une extension démesurée, parlant de 100 000 à 150 000 frères initiés (on établira 170 000 fiches de " suspects "), ce qui est fort exagéré, puisque, selon des sources fiables, les deux principales obédiences regroupaient en 1939 45 000 frères : 29 000 pour le Grand Orient de France, 16 000 pour sa rivale, la Grande Loge de France (ajoutons le Droit humain, avec 3 000 membres, et 1 500 maçons de la Grande Loge nationale française). Les francs-maçons avaient beaucoup d'ennemis : bien des catholiques voyaient encore en eux les instigateurs de la Révolution française ; une partie de la classe politique un Etat dans l'Etat, surtout la droite conservatrice, qui faisait du Grand Orient le vivier de la gauche non communiste. Le pouvoir économique et social qu'on leur attribuait avait suscité le mythe étonnant de la Synarchie d'Empire, organisation maçonne souterraine qu'on disait acoquinée à de grandes banques.
LA loi du 13 août interdisait les " associations secrètes " et obligeait " les fonctionnaires et agents de l'Etat à souscrire une déclaration à leur sujet ". Et si, dans le texte, la franc-maçonnerie, curieusement, n'était jamais nommée, six jours plus tard un décret constatait " la nullité du Grand Orient de France et de la Grande Loge de France ". L'exposé des motifs arguait que les sociétés secrètes, où étaient entrés nombre de fonctionnaires, menaçaient le redressement national. Un service des " sociétés secrètes " fut confié à Bernard Fay, spécialiste de la Révolution, professeur au Collège de France.»

Source : http://www.guichetdusavoir.org

 

 

 

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