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Hauts Grades

Double grade : Général des Argonautes et Chevalier de la Toison d’Or

13 Septembre 2012 , Rédigé par Loge de Recherche Pierre d'Aumont Publié dans #Rites et rituels

D’après Ragon  plusieurs systèmes maçonniques ont pratiqué ce double grade, donné souvent comme deux grades différents : Chevalier des Argonautes et Chevalier de la Toison d’Or.

Dans la nomenclature du rite pratiqué par la Mère-Loge écossaise de Marseille (1750), ou Rite philosophique en 18 degrés, les deux grades y figuraient déjà, précédés par celui de Vrai Maçon :

9ème Vrai Maçon,
10ème Chevalier des Argonautes,
11ème Chevalier de la Toison d’Or.

Le Rite des Illuminés d’Avignon fut l’œuvre d’Antoine-Joseph Pernéty, bénédictin, écrivain ascétique, alchimiste, littérateur et voyageur, qui naquit à Roanne en 1716 et mourut à Valence (Dauphiné) en 1801. Créé vers 1766, il fut pratiqué à Avignon en 1778 et transporté l’année suivante à Montpellier sous le titre d’Académie des Vrais Maçons. On y pratiquait les six grades suivants :

  1. Vrai Maçon.
  2. Vrai Maçon de la voie droite.
  3. Chevalier de la Clef d’Or.
  4. Chevalier de l’Iris.
  5. Chevalier des Argonautes.
  6. Chevalier de la Toison d’Or.

Un démembrement de cette Académie aurait donné naissance au Chapitre des Chevaliers de la Toison d’Or qui ne professait que les cinq derniers grades ci-dessus.
Enfin, nous les retrouvons dans le Rite Ecossais philosophique (1776), qui est presque le même que le Rite hermétique de Montpellier et qui fut modifié par le Frère Boisleau, médecin, l’un des adeptes les plus éminents de dom Pernéty. Il l’institua, en 1776, dans la loge du Contrat social, autrefois Saint-Lazare, à Paris, aidé par des commissaires de la Grande Loge du Comtat Venaissin. Comprenant douze degrés, les trois grades ci-dessus y figurent encore :

  • 1er à 3 : Chevalier de l'Aigle Noir ou Rose + Croix d'Hérédom de la Tour (divisé en 3 parties).
  • 4 : Chevalier du Phénix.
  • 5 : Chevalier du Soleil.
  • 6 : Chevalier de l'Iris.
  • 7 : Vrai Maçon.
  • 8 : Chevalier des Argonautes.
  • 9 : Chevalier de la Toison d'Or.
  • 10 : Grand Inspecteur Parfait Initié.
  • 11 : Grand Inspecteur Parfait Initié.
  • 12 : Sublime Maître de l'Anneau Lumineux.

Thory cite également les deux grades de Chevalier des Argonautes et de Chevalier de la Toison d'Or comme étant « le nom du premier point du grade de la Toison-d’Or dans le Rite hermétique de Montpellier » pour le Chevalier des Argonautes, le Chevalier de la Toison d’Or étant « le nom du 6ème grade » du dit rite.

En 1806, le Rite hermétique devient le Rite de Saint-Alexandre d’Ecosse et pratique encore les grades de Chevalier des Argonautes et de Chevalier de la Toison d'Or (au nombre de douze seulement).

Le Chevalier de la Toison d’Or réapparaît au sein du Rite de Memphis, créé par Marconis de Nègre et apparu en France en 1839. Dérivé en grande partie du Rite Ecossais et de celui de Misraïm, répandu en France à compter de 1814, il comportait alors 92 grades divisés en 7 classes : le 80ème est celui de Sublime Chevalier de la Toison d’Or.

Après 1875, la fusion des deux rites en un troisième dit de Memphis-Misraïm en 97 grades sous l'impulsion de John Yarker, auquel il amalgama d'autres rites, conserve toujours le Chevalier de la Toison d'Or (10ème grade). Mais, dans la dernière réforme de Memphis-Misraïm, qui date de 1980, les 33 premiers degrés ont été alignés sur le Rite Ecossais Ancien et Accepté, si bien que ce grade a malheureusement disparu.

Les rituels de Général des Argonautes et de Chevalier de la Toison d'Or font référence, comme leur nom l'indique, à l'expédition des Argonautes et à la conquête de la Toison d'or par Jason, en Colchide.

Plusieurs interprétations de ce récit mythologique ont été données. Nous en retiendrons deux.

La première considère cette expédition maritime d'un point de vue évidemment légendaire, mais dans une perspective rationaliste. « L'insistance avec laquelle le récit tourne autour d'une fourrure de bélier permettrait de penser que le palladium des Colques, trésor d'Aiétès, pouvait être une figure de bélier en or soigneusement dressée sur un autel garni d'une épaisse toison, ou encore enfermée dans un coffre, et enveloppé dans l'une de ces peaux qui, à force d'avoir servi à drainer les paillettes d'or dans le lit des torrents caucasiens, étaient imprégnées d'une rutilance, ici sans doute conservée à titre d'hommage et de respect » (2).

La seconde, qui nous intéresse plus particulièrement ici, est la signification alchimique de cette fameuse toison, résumée en quelques lignes par Fulcanelli (3) :

« Dans le langage des Adeptes, on appelle Toison-d'or la matière préparée pour l'œuvre, ainsi que le résultat final. Ce qui est très exact, puisque ces substances ne se différencient qu'en pureté, fixité et maturité ».
Et Eugène Canseliet, dans son chapitre « La Toison d'or » de son ouvrage sur l'Alchimie (4) développe assez longuement certains aspects des étapes conduisant à l'obtention de la Toison d'or, c'est-à-dire de la pierre philosophale.

L'Histoire dans laquelle l'emblème du grand oeuvre est contenu donné in fine du rituel du second grade retrace l'expédition des Argonautes et développe le mythe dans une perspective évidente d'un processus alchimique opératoire.

Les grades alchimiques ; dans les systèmes maçonniques actuels, sont rares. Citons le Chevalier du Soleil ou Prince Adepte, 28ème degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté et 51ème degré du Rite Egyptien ou de Misraïm, le mot de passe Stibium (antimoine) évoquant l'Antimoine des sages, matière première extraite directement de la mine, selon Fulcanelli, et première matière de toutes choses, d'après les philosophes hermétiques, dont l'opération correspond à l'une des phases préparatoires du grand œuvre ; ou encore le Vrai maçon adepte, 58ème degré du Rite Egyptien, dont la loge prend le nom d'Académie.

Vuillaume, dans son Tuileur, cite le Sublime élu de la Vérité « dont il existe un conseil métropolitain, près du Souv\ Princes Rose-Croix de la parfaite union, à l'O\ de Rennes (5) ; le Sublime élu de la Vérité était divisé en deux grades : le Chevalier adepte ou Chérubin qui n'est que l'introduction au Sublime élu de la Vérité ».

Il ne faut pas essayer de rattacher ce double grade à l'Ordre nobiliaire de la Toison d'or fondé par Philippe le Bon, duc de Bourgogne le 10 janvier 1430, jour de son mariage avec Isabelle de Portugal. Il s'agit de l'ordre le plus glorieux et le plus illustre de tous les ordres honorifiques de chevalerie. Son but principal était la gloire de Dieu et la défense de la religion chrétienne, comme le rappelait l'inscription sur le tombeau du duc à Dijon :

« Pour maintenir l'Eglise qui est de Dieu maison,
J'ai mis sus le noble ordre, qu'on nomme la Toison ».

Très rapidement la symbolique biblique devait prévaloir sur la légende hellénique de l'expédition des Argonautes et la conquête de la Toison d'or par Jason. Dès la fin du règne de Philippe le Bon, l'évêque Guillaume de Fillastre, qui fut chancelier de l'Ordre, ne trouve pas moins de six toisons, celle de Jason, de Gédéon, de Jacob, de Mesa, de Job et de David, correspondant chacune à une vertu que devait posséder tout bon chevalier : mais, de toutes ces toisons, la seule qui fût d’or est bien celle que Jason rapporta de Colchide.

A plusieurs reprises, Charles Quint et ses successeurs se réservèrent le titre honorifique de Duc de Bourgogne, comme chef de cette maison, afin de pouvoir conserver la maîtrise de l'Ordre.

A la mort de Charles II, roi d'Espagne, dernier descendant de Charles Quint, son petit-neveu, Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV et de l'Infante Marie-Thérèse, qu'il avait institué héritier de tous ses Etats, s'attribua également les titres et les souverainetés non territoriales de la Maison de Bourgogne, à commencer par celle de la Toison d'or. Ainsi naquit la division de l'Ordre.

Aujourd'hui, l'ordre habsbourgeois de la Toison d'or, aux destinées duquel préside Son Altesse Impériale Otton, archiduc d'Autriche, a conservé le caractère religieux et aristocratique que lui avait donné Philippe le Bon. Son rituel d’admission demeure, avec adoubement par l’épée et serment solennel, et le français est resté sa langue officielle.

L'Ordre espagnol a pour grand maître, depuis le 14 mai 1977, le roi Juan Carlos Ier d'Espagne. Le décret royal de 1847 qui en fit un ordre royal à caractère civil précisait qu'il continuerait à être régi par ses anciens statuts, avec les mêmes insignes et le même nombre de chevaliers qui était de vingt-quatre lors de sa création et qui fut successivement porté à trente, puis cinquante.

Les articles XXII et suivants des anciens statuts règlent, avec minutie, la tenue des chapitres de l’Ordre. Charles Quint fit encore ajouter au fastueux cérémonial qui entourait ces solennités. Des chroniqueurs, tel Lefèvre de Saint-Rémy, nous ont, d’autre part, laissé des descriptions détaillées de ces chapitres. On possède, d’Olivier de la Marche, un Avis pour célébrer dignement un chapitre de l’Ordre quant aux festins. La description la plus colorée est, sans doute, celle que l’on peut lire dans un manuscrit du XVIème siècle, sous le titre : « Le Triumphe d’Anvers » (1553).

Un chapitre était prévu tous les trois ans, le second jour de mai, un délai plus court étant possible.

Après avoir placé son frère Joseph sur le trône d'Espagne le 6 juillet 1808 à Madrid, et vaincu l’Autriche à Wagram le 6 juillet 1809, Napoléon Ier eut l'idée de fusionner les deux Ordres de la Toison d'Or, l'espagnol, et l'autrichien, en y ajoutant une branche française. Le 15 août 1809, il décida de créer l’Ordre des Trois Toisons d’Or, mais le projet souleva de telles protestations de la part des titulaires de la Légion d’Honneur que le décret resta sans lendemain.

Jason et la conquête de la toison d’or

« Au milieu [du bois sacré], le puissant tronc d’un chêne qui touche les cieux de sa cime déploie à la ronde ses rameaux sur une grande partie du bois. C’est là que, de part et d’autre d’une longue branche, pend la toison d’or sur laquelle veille un terrible serpent, monstre funeste aux mortels, indicible prodige : il est couvert d’écailles d’or et, circulant en haut du tronc avec ses formidables anneaux, il est le desservant du monument de Zeus infernal, montant près de la toison une garde incessante […] Jouant sur la corde la plus grave de ma lyre, j’entonnai un chant en sourdine, sans l’articulation de mes lèvres silencieuses […] une soudaine torpeur s’empara des yeux du dragon monstrueux, pareille à la mort : celui-ci laissa choir sur le sol sa longue nuque, la tête alourdie sous ses écailles. A cette vue, Médée au triste destin fut saisie de stupeur et, encourageant le noble fils d’Aison, elle l’envoya prendre au plus vite sur l’arbre la toison à la laine d’or. Jason l’entendit et n’eut garde de désobéir : il enleva l’immense toison et gagna le navire [Argô]. Grande était la joie des héros Myniens et ils élevèrent les mains vers les Immortels qui habitent le vaste ciel ».
Les Argonautiques orphiques, Les Belles Lettres, 1987.

Le manuscrit de ce double grade se trouve à la Bibliothèque municipale d’Avignon (ms. 3084, fol. 1 à 27) et peut être daté du XVIIIème siècle.
Ces deux grades ne se nomment communément que Chevalier de la Toison d’Or à cause qu’on les confère immédiatement l’un après l’autre. Le lieu où s’assemblent ces Chevaliers ne s’appelle pas loge mais salles et les assemblées se nomment conseil de guerre divisé en deux salles comme les grades.

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ÅSHU 13/09/2012 09:58


JE SUIVRAI LES ÉTOILES TEL ES MON CHEMIN ICI OU AILLEUR ET AILLEURS>>>>