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Hauts Grades

Du Chevalier Rose-Croix au tétramorphe

25 Septembre 2012 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Le Rite vous a investi des titres de « Chevalier de l’Aigle Noir », « Chevalier de l’Aigle », « Chevalier de Saint-André », « Chevalier du Pélican », « Chevalier Rose+Croix ».  

Vous agissez dans l’espace du « signe » et du « contre signe », de la Terre au Ciel, et dans le sillon des vallées. « Trente trois ans » est votre âge, période moyenne séparant deux équinoxes de printemps consécutives, et trois ternaires à l’œuvre dans l’arbre sephirothique. Connaissant les mystères et la force de la croix, vous travaillez à tempérer les vicissitudes et effacer les turpitudes du monde, « pour retrouver la Parole Perdue, et pour permettre à l’Etoile Flamboyante de rayonner à nouveau ».  

Ainsi, les « travaux ayant repris force et vigueur », les colonnes étant gravées, « lorsque le Temple sera consacré de nouveau, ses pierres mortes redeviendront vivantes, le métal impur sera transmué en or fin, et l’Homme recouvrera son état primitif de pureté et de perfection », si l’invocation rituelle du « Hoschée ! », votre « Sauve-nous » ou « délivre-nous » trois fois répété, s’infiltre dans l’âme du monde.

Chevaliers au service de l’harmonie du monde, vous avez été conçu dans le « sépulcre », vieil homme dissout dans la noire énergie de la « crypte » par « les secrets de l’après-mort », pour pouvoir reconstruire le Temple, en ayant connu les « Noms Divins » et retrouvé « la Parole Perdue ».

La batterie vous appelle à œuvrer selon les principes qui ont présidés à la création du monde, pour que refleurisse la rose au temps du divin repos, celui qui pour vous se transpose en cette paix profonde, extrusion de la parfaite maîtrise des possibilités de la condition humaine.  

La formule existentielle de réintégration, ou le retour en l’Esprit Universel, l’assimilation en soi d’Emmanuel, sont établis par la « voie sèche alchimique » associée à la connaissance de « l’Astrologie surnaturelle ». Le travail accompli, l’« Horloge Céleste » sonne « l’heure où les ténèbres de la Tyrannie et de l’Ignorance ont pris fin, où la Lumière fut restituée à l’homme digne de ce nom, où l’Etoile Flamboyante, chassant devant elle les phantasmes de la nuit, monte à l’Orient du Monde, et se lève semblablement en notre cœur… »

Le chemin de cette quintessence passe donc au sein de la Terre par les lois de la ronde céleste, par le programme de cheminement spirituel qu’enseignent les énergies du Tétramorphe, à condition que le chevalier les accepte comme présences marquant le passage, la métamorphose, de la condition terrestre à la condition divine.  

En effet, la mission du chevalier placée sous les auspices de la Charité est d’abord attachée à la Terre. Le Chevalier du Pélican inscrit ses actions dans le corps du temps comme autant de prières incises en la matière vivante. Matière triturée puis régie par les archétypes du Taureau et de Luc qui ouvrent les consciences à l’universalisme de l’être.

La grandeur de la spiritualité est attachée à la détermination de la bonne volonté. Il s’agit de dissoudre les turpitudes du vieil homme, d’en réaliser avec opiniâtreté le « solve » porté par l’espérance.

Se découvriront alors les fondements de l’existence et les mystères de l’univers. Mais c’est du feu de la Foi qui ensemence, de la volonté du Chevalier de l’Aigle Noir , de la magie du bâton fécondateur de l’amour, de l’opération « coagula » du Lion, que l’âme d’un enfant nouveau, l’adepte en germe, peut réellement paraître.

Ici Marc concrétisant les virtualités, fait l’âme courageuse et forte parce qu’elle s’ouvre à l’esprit.

Pour comprendre la vérité des choses, il faut posséder la clairvoyance du « suprasensible », diriger les forces de l’âme vers le spirituel afin de trouver la lumière d’une connaissance nouvelle. Alors, l’épée haute œuvre le Chevalier de l’Aigle, sous les auspices de Jean, la force de la parole qui fait avancer l’âme pour la « transfigurer ».

L’air s’enrichit de l’esprit, et la lumière brille dans le temple. La réalité du chemin peut être vue lucidement. Aussi, voici qu’«Andros », l’Homme accompli, ou réintégré, à voie ouverte par l’assurance du Chevalier de Saint-André.  

Or l’angle de l’axe de la Saint Andrée, le 30 novembre, dans le Sagittaire avec l’axe des solstices, sur le zodiaque, est de 23°. A 26’ près on a donc l’angle de l’écliptique sur l’Equateur, c’est-à-dire l’angle de l’orbite terrestre avec le grand cercle de la sphère céleste décrite par le Soleil en son mouvement apparent. Le jour symétrique au-delà du solstice d’hiver, dessinant l’autre branche de la croix de Saint André, est le 12 janvier, fête de la Sainte Famille.

Plus rien ne pourra retenir prisonnier Matthieu le connaissant, le serviteur lucide de la Grande Déesse Mère. Voilà que notre Chevalier est projeté dans l’immensité du ciel, homme nouveau en conscience, cosmique. D’ailleurs en transcrivant en grec les saisons l’on obtient : le printemps « Anatolé », l’automne « Dysmé », l’hiver « Arctos », l’été « Mesembria », soit en associant les initiales, « ADAM ». Car par l’Amour des êtres, la Grâce opère. De la coupe l’eau sublimée s’évapore : le nouvel âge de conscience, établi.

Voici en quelque sorte esquissé une alchimie spirituelle, le schéma d’une « Voie Royale ». Et les occidentaux peuvent en trouver les clés, la révélation, dans l’« Apocalypse ». On peut y découvrir les processus par lesquels la conscience doit passer pour que l’homme se transmute. Elle affiche subtilement les applications et les implications psychiques et somatiques de la « transfiguration-déification ».  

Il n’y a pas de techniques à acquérir, à proprement parler. Comme dans la voie «opérative» tracée par le « Mutus Liber ». L’on doit simplement et intérieurement être convaincu de la nécessité essentielle d’acquérir l’état de « fils de l’homme dans sa gloire ». Cela étant, avant de pouvoir « prendre place sur le trône glorieux », si le processus d’ouverture de la conscience s’enclenche, on devient d’abord lentement et progressivement un « Vivant ». Il n’y a pas besoin de savoir spécial (« Heureux les pauvres en esprit ») : si l’on ne veut pas demeurer à l’extérieur de cette voie mystique, il suffit de s’inscrire « ésotériquement » dans le programme porté par les archétypes déjà évoqués. En eux, la voie est.

Mais avant de pouvoir accéder à cette alchimie spirituelle, il faut équilibrer les manifestations du mental et de l’émotivité. En quelque sorte les rénover et stabiliser par des principes simples...  

Le premier principe consiste à ne jamais dire ou penser : « je sais tout ça »,ou « je maîtrise parfaitement ce sujet ». S’y abandonner c’est confier son identité sacrée aux souvenirs de l’intellectuel, tandis que doit émerger au contraire l’essence de notre personnalité, la partie de nous-mêmes qui transcende les limitations mentales habituelles. Il faut sortir de l’objectivité proclamée, de l’enfermement produit par le cerveau gauche, ouvrir les portes du cerveau droit. La figure des « 4 Vivants » peut révéler les façons d’entrouvrir la porte de communication entre les deux, et faire espérer ne plus rester coincé entre terre et ciel...

(Voir le tympan du portail de la cathédrale de Chartres, ou celui de l’église Saint-Trophime en Arles). 

En ce travail alchimique, quel ordre suivre pour pouvoir entrer dans l’Œuvre : suivre la circonférence Taureau-Lion-Aigle-Homme/Ange, ou la croix Aigle-Taureau, Homme/Ange-Lion entourant le Christ en gloire ? Par quel chemin atteindre l’apogée de ce que nous devrions être ? Celui, en conscience, de l’implacable Divine Providence, ou les besogneux et subtils chemins de Jacques ?

Il est évident que les chemins passent par les trois états archétypes animaux, le vécu de ces 3 énergies «animiques», pour espérer la transfiguration de l’homme en dieu. En effet, ces 4 figures représentent la potentialité totale de la Vie Universelle, le Souffle manifesté dans la matière. Si Thomas en fait la synthèse des expériences : sa quintessence ouvre à l’état Christique.  

Les 4 figures encore figées dans la pierre correspondent aux 4 Eléments : le Lion et le Feu, le Taureau et la Terre, l’Aigle et l’Air, l’Homme et l’Eau, dans leur état actuel de « mort ». C’est-à-dire qu’ils ne sont pas en plénitude : leur manifestation est ici adaptée au monde terrestre et humain, encore faut-il appréhender et s’approprier la vie qu’ils libèrent en l’humain. Il faudra posséder le feu pour vouloir transmuer le mercure et atteindre aux demeures spirituelles.

L’Alchimie à pour vocation de prendre une substance inerte et de lui insuffler la vie.

Elle considère que l’homme lui-même est encore inerte, un simple grain de poussière, égaré dans la Vie Universelle.

Si ces 4 images portent les archétypes, les états de conscience, les 4 niveaux d’existence par lesquels on doit passer pour naître à la vie spirituelle, alors porteuses d’évocations, elles deviennent des images effectivement « vivantes ».

Il faut apprendre à capter la vie dans ces pierres symboliques pour l’insuffler dans notre propre matière et nous rendre vivants. C’est utiliser le processus des images magiques. C’est aussi l’art du Chevalier R+C en « construction ».  

La Cabale et toutes les grandes Traditions connaissent cette technique d’utilisation des images symboliques pour consigner la Connaissance.

Les Sages l’emploient pour que la réalité de la Création ne soit pas transmise déformée et altérée par les interprétations individuelles forcément partielles.

On dit que l’Arbre de Vie a été révélé par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. Mais en observant les turpitudes du peuple, son incapacité à recevoir la connaissance donnée par le divin, Moïse est redescendu de la montagne avec les tables de la Loi, les dix commandements pour seul trésor de l’humanité. Rabbi Siméon bar Yochaï voulait que la connaissance de l’Arbre de Vie ne se masque pas aux hommes pendant des siècles.

Reste en mémoire son interrogation pleurée : « Malheur à moi si je révèle ces secrets, et malheur à moi si je ne les révèle pas ».  

En fait les images magiques ne demeurent magiques ni pour les indifférents, ni pour les cyniques. Elles transmettent une science de l’être afin de pouvoir accéder à la lumière divine qu’à ceux qui ouvrent le cœur et l’intelligence. Ils peuvent avoir accès à l’usage ésotérique des icônes, mandalas, ou de la Joconde : en état de contemplation profonde voir défiler les paysages de la vie, ou du moins ceux qui vibrent en eux ; et ces images révèlent en eux la Vie Universelle, par communion.

Mais on n’arrive pas là en ayant seulement échappé à l’emprise tyrannique du cerveau gauche un instant.

Il faut réaliser une « pénitence » complète, en grec une « méta noya », c’est-à-dire une conversion du mental, passer de la voie ésotérique à la Voie Royale par abandon justement de certains principes exotériques.

Alors, passant par les chemins de Jacques le Majeur, est-il possible, parvenu à l’état de sagesse, d’assumer le monde en soi-même, l’« œuvre du Père » dans la matière, c’est-à-dire devenir « Christophorus », Christophe le modèle des initiés ayant su traverser le torrent des passions et parvenir à « douze jours » de la Transfiguration.

Les « 4 Vivants » sont les clés suprêmes de l’initiation des hommes. Et devenir Roi, Prêtre et Prophète sont les trois étapes obligées de la Voie Royale. Mais ici l’homme seul ne peut rien : cette réalisation complète est œuvre divine. L’homme est impuissant à pouvoir vivifier seul les 4 Vivants…

Le second principe consiste à « vivre la véritable humilité », celle qui fait ressentir l’impuissance face à l’œuvre divine. Il s’agit de comprendre et ressentir, en se gardant de toute superstition, que l’aide et la grâce dans tous les instants de la vie sont des œuvres divines.  

Le troisième principe consiste à « renoncer de soi à soi à tout désir d’accomplissement » ; « vivre sans émotion » le « ce que je vais faire, je le fais pour rien. » C’est l’expérience de la gratuité du cœur à tous les niveaux : être prêt à travailler sans but de récompense en retour. Seul le désir d’œuvrer pour le Bien doit demeurer. Et surtout ne pas espérer en secret devenir parfait. Pensez que chacun n’est qu’une cellule de l’Adam Kadmon : faire ce que l’on a à faire ici et maintenant un point c’est tout.  

Le quatrième principe consiste à « renoncer à la loi du bénéfice ». Il s’agit d’aller vers l’autre sans besoin pour soi, sans intérêt fût-il lié à de hauts sentiments d’altruisme, car quelque part existe en secret un sentiment de compensation, de vacuité à supprimer. Il faut être entièrement Amour, gratuitement, parce que cela est la substance de vie. Mais pour atteindre cet état d’être, que de progrès à faire dans l’expression de l’amour humain ! Par exemple, comme premier pas, arrêter de considérer les éléments d’un couple « complémentaires ». La Femme et l’Homme sont chacun des êtres complets en soi. En réalité ils sont supplémentaires l’un pour l’autre. La complémentarité ne peut se voir à la rigueur que dans les fonctions respectives permettant d’accomplir les actes matériels de la vie commune.  

Reste que le véritable chevalier R+C a effectivement intégré les quatre principes précédents. A l’origine de ces mutations, ou de cette entreprise d’alchimie spirituelle, l’impérieuse nécessité de « conversion » des états de conscience habituels.

Si cette volonté n’avait pas été une réalité intérieure, intime et tenace, il n’aurait pas pu espérer vivre cet état de généreuse vacuité. Le maçon qui souhaite atteindre l’efficience de ce titre initiatique doit aller dans les empreintes ici marquées. S’il ne le peut, il demeurera ce qu’il était au mieux au départ : un universitaire dévorant du savoir. Pour avancer dans la pratique de cette alchimie spirituelle il n’y a guère d’autre choix.

Ainsi le Chevalier R+C qui veut aider à ces conversions, peut proposer l’utilisation des images magiques dont il vient d’être question.

L’ordre dans lequel il peut proposer de travailler avec les 4 Vivants est fonction de l’avance de l’impétrant sur le chemin initiatique. Pour qui apprend à prendre conscience de ces archétypes en lui, il sera plus aisé de suivre le déroulement naturel des âges logiquement traversés : le taureau pour l’enfance, le lion pour l’âge adulte, l’aigle pour la vieillesse, l’Homme pour l’accomplissement.

Mais pour qui à intégré ces expériences possibles, l’ordre devient : l’Aigle, le Taureau, l’Homme, le Lion. Cela doit éveiller en lui les capacités liées aux trois fonctions propres aux initiés d’autrefois : celles du Roi, celles du Prêtre, celles du Prophète. Et le récit de la vie du Christ n’est rien d’autre que l’enseignement relatif à l’acquisition de ces trois fonctions, dans le parcours cosmique de l’Intelligence solaire. Manifester ces trois fonctions est le summum de l’initiation de la Voie Royale.  

En tant qu’image magique le Lion a pour archétype, pour énergie, dans la Création : le Lion cosmique. Il est à considérer comme la projection sur Terre d’une force d’origine divine. Ce qui est une absurdité pour les occidentaux actuels. Mais on ne peut pas se lancer dans les processus de l’alchimie spirituelle si l’on oppose aux symboles des Anciens le barrage du raisonnement de l’homme moderne.

Le procédé des Anciens demande de mettre le mental en résonance avec la symbolique véhiculée par l’image magique, de manière à assimiler l’énergie de l’archétype auquel renvoie cette image. L’énergie de l’archétype est comme une densification permanente de la « force-archétype » cosmique. Il faut admettre intimement que le monde de la matière est relié par condensation au monde de l’Esprit. Affabulation, concluent les « modernes » : cette vision des choses n’a pas d’existence réelle.  

Virtualité ou pas, l’alchimie spirituelle s’opère par le cœur, l’athanor où tout se réalise. Le cœur est le lieu du mystère, la voie d’accès à l’Esprit pour agir en l’individu. Et sur le plan astrologique Cœur et le Lion sont en correspondance. Chez les anciens hébreux cet athanor était l’Arche d’Alliance. Il était quelque chose de physique, de matérialisé et gardé par des prêtres. Pour les hébreux actuels, il n’est plus qu’un symbole, le rappel du devoir des croyants envers Dieu, le lieu où se joue la réalisation du lien entre Dieu et l’individu. L’Eternel n’a-t-Il pas promis : « Je leur donnerai un cœur nouveau et Je mettrai au dedans d’eux un esprit nouveau. J’ôterai de leur chair leur cœur de pierre et Je leur donnerai un cœur de chair. Alors ils seront un peuple et Je Serai leur Dieu » ?  

En fait les « 4 Vivants », précisément l’aigle, le lion et le taureau, sont en rapport avec l’ontologie traditionnelle du judaïsme et du christianisme : l’esprit, l’âme et le corps. Ils sont les 4 facettes de l’Esprit qui vont vivre dans le cœur de l’individu. D’ailleurs le quatrième vivant, l’homme nouveau, constitue la résultante des trois composantes précédentes. Alors le cœur de pierre attendri s’ouvre à la dimension de l’Amour Universel. Le cœur de chair se substitue à l’Arche d’Alliance.

Il faut comprendre que le cœur ouvre le plan religieux, jusqu’à devenir un tabernacle, résidence du Divin. Alliance, attendrissement par le dialogue subtil avec l’Esprit, comme union entre l’individu et l’Eternel. Mais depuis des milliers d’années, doute et la raison devenus maîtres absolus, on ne sait plus qui est l’Esprit, et donc s’il existe.

Cependant peu résistent à se passer d’appeler intérieurement cette « primordiale spiritualité ». Le cœur asphyxié clame de l’aide dans le silence et les absurdités du monde.  

C’est en travaillant avec les « 4 Vivants », en assumant les titres de chevalerie, que l’on pourra activer en soi-même la triple fonction : royale, sacerdotale et prophétique.  

La fonction royale est reçue du Lion car par vocation il assume le pouvoir. Chevaliers, c’est le temps du combat, la joute de l’individualité pour se trouver, définir et affirmer sa volonté propre, la « grande guerre » pour que le « soi » se découvre. C’est la phase aussi de la « petite guerre », celle de la mise à l’épreuve par l’opposition à autrui.  

C’est le temps de l’âge adulte qui ouvre la « Porte des Hommes ». Sous la cuirasse bat le cœur avide de maîtriser la personnalité, l’ego, le « moi-je ». Si la victoire sourit, l’état de royauté apparaîtra. D’un point de vue pratique, le bon fonctionnement du système cardio-vasculaire, la bonne circulation, en seront les facilitateurs, corroborant l’ascendant sur le pouvoir matériel et le savoir rationnel. Sublime « coagula » d’où renaîtra l’homme nouveau, par la maîtrise des fonctions psychiques, l’épuration de l’âme. Le Lion est le roi des animaux, l’essence-même de tout ce qui vit sur Terre car il intègre analogiquement chaque espèce animale. Le roi est celui en qui tout se récapitule. Une sorte de totalisation, comme un retour à l’Unité, « confirmée » par la force de vie et l’illumination de l’âme.

D’ailleurs le Roi dit « nous » et jamais « je ». Le roi intronisé porte à l’annulaire l’anneau qui le marie avec son peuple et son royaume. Sacré, il communie avec le Divin.

Il arbore sur la tête la couronne, symbole circulaire de transcendance, d’unification et d’unité. Le chevalier roi matérialise la possibilité et la réalité du retour à l’Unité Divine. Ainsi, travailler avec l’image magique du Lion c’est travailler avec l’archétype qui donne la capacité d’unifier.

Cependant si l’âme est forte et courageuse quand elle s’ouvre à l’esprit, elle peut devenir timorée et faible si elle s’abandonne aux pulsions de la chair. Le combat est toujours risqué.  

Le Chevalier-Roi recevra éventuellement la fonction sacerdotale du Taureau, animal sacrificiel par excellence. Car pour grandir, pour présider à la purification et à la mort baptismale, doit-il accepter de perdre l’approbation, voire l’amour d’autrui.

Fait d’acceptation, d’abandon et d’obéissance pour pouvoir renaître, il implique son ventre, sa vie entière, intériorise son milieu en s’alignant sur lui pour abandonner en un ultime « solve » l’enveloppe du vieil homme dans la paix intérieure établie. Attaché à la terre par son poids et sa vocation, seule une parfaite réception et assimilation des faits, ou digestion des plats de la vie, en assurera le succès. Ainsi, par un retour dominant l’état de spontanéité enfantine, symbolise-t-il la notion transcendante de sacrifice célébrée par le prêtre.

Tel est le devoir du prêtre-chevalier : accomplir en soi l’union de la Terre et du Ciel, pour relier en conscience et dévouement l’homme au divin.  

Le « don prophétique » est transmis par l’Aigle lié à la tête, le Saint des saints. Seul animal de l’apogée, capable de s’élever très haut dans les airs, de regarder en face le Soleil et d’inspirer l’ascension vers la Divinité, dont-il sait et connaît l’existence. L’âge de l’aigle affine l’intuition spirituelle et la sensibilité métaphysique ouvrant la « Porte des Dieux ». Cela n’est possible, « prêtre-chevalier », qu’à la condition de connaître l’art de marier les opposés du bi pôle Taureau/Lion. Travailler avec cet archétype, aux conditions de l’équilibre du système nerveux, permet d’accéder à la sagesse et à l’amour des êtres, pour pouvoir enfin entendre l’Intelligence du Monde. Transmettre sa voix, celle du temps et des réalités subtiles, est œuvre prophétique. Chevalier si tu parviens à voler avec l’aigle dans le ciel du « soi » pour écouter l’Esprit, tu participeras aux Réalités Supérieures.  

Mais l’œuvre est impossible sans l’accord de l’Aigle, car c’est lui qui fait naître à l’Esprit.

C’est pour cela que ce travail d’alchimie interne commence avec l’Aigle. Porté par les souffles de l’Esprit il glatit, ou non, dans le cœur en prière et en contemplation.

Car l’adepte sait que l’Aigle ne s’apprivoise pas, et que l’Esprit souffle où et quand il veut. C’est l’Aigle qui donne le feu vert pour que s’effectue le vrai travail d’Alchimie Spirituelle, c’est l’Esprit qui décide de l’aboutissement.  

Reste que l’épuration de notre terre est la condition première de l’œuvre. Le rationnel la pensée matérialiste n’y ont point de part. Chevalier doit spontanément et intérieurement être en l’état : être d’accord intérieurement de soi à Soi de travailler pour rien, de travailler gratuitement, au service de la Force d’Amour. C’est le résultat d’un indicible appel, d’un besoin irraisonné de fusionner avec le Tout, la nécessité de don complet à l’Universel.

Alors seulement l’Aigle s’éveillera en la conscience du chevalier. Il s’ébrouera, donnera quelques coups de bec au passage pour s’assurer de l’authenticité de l’appel, avant d’emporter le « vieillard » vers sa deuxième naissance, vers cet espoir de « mutation » permettant à l’homme nouveau d’engendrer et témoigner par l’esprit. Seulement il est encore une condition pour que l’Aigle puisse catalyser la capacité prophétique : que le Lion ait fait son œuvre…  

Chevalier, l’action en toi de chaque archétype est graduelle, et liée à la qualité, c’est-à-dire à l’efficience intense des autres en toi. Les qualités de ces énergies sont interdépendantes et fonction de ton accueil, de ta disponibilité intérieure, car n’oublie pas ce qu’écrit STEINER : l’aigle est « une tête avec des plumes ».

La conclusion est évidente Chevalier : si tu veux te fondre en l’« Homme nouveau », le quatrième « Vivants », intègre les trois énergies « animales ». La clé de l’incarnation de l’Esprit se trouve dans le rapport Aigle / Taureau, ce dernier étant la force d’incarnation par excellence. Et la réalisation de cette incarnation s’obtient par le cœur si l’énergie du Lion y siège.

Comprends Chevalier que les trois animaux archétypes sont trois facettes de toi-même, tes potentialités d’antan endormies qu’il te faut développer simultanément, si tu veux sincèrement équilibrer corps et âme. Cela se peut car ton cerveau est conçu pour fonctionner selon les principes qu’ils symbolisent. Les « 4 Vivants » sont les 4 grands mystères par lesquels l’Esprit s’incarne en toi, tissant ton « corps spirituel »(

Ressentis par toi comme archétypes, ils développent en toi une mystique de la participation aux énergies divines

Le processus est simple. Si tu considères par exemple l’archétype de l’Aigle. Il commence à s’éveiller quand nait l’envie de participer à l’universalité, sensation attractive qui pousse à vouloir embrasser l’immensité cosmique, force intérieure, envie irrésistible à vouloir vivre pleinement dans le monde.

L’exercice de base, l’échauffement spirituel qui favorise la naissance de cet état, consiste à contempler l’Aigle ainsi connu de toi et te disposer à accueillir émotionnellement fusionnées ses potentialités et ses vibrations archétypes. Et pour que la réaction démarre, chevalier tout entier, essentiellement, sois humilité et pureté de cœur. Souviens-toi de ta devise : « Non nobis Domine, non nobis ; sed nomine Tuo da gloriam ».

Retiens Chevalier, que L’Homme nouveau est celui en qui s’établit la voix solaire.

Mais n’oublie pas que seul l’Esprit Saint donateur de la grâce peut accomplir cette œuvre de déification…

Si d’abord tu as emprunté les chemins du Taureau, ceux du sacrifice et de la Passion sacerdotale solaire suprême ;

puis embrassé le territoire du Lion qui s’attache à la Résurrection manifestée de cet état ;

enfin participé au vol de l’Aigle qui est l’Ascension ou la réalisation effective de l’état. Chevalier, ce sont ici esquissées depuis la plus haute antiquité, les quatre étapes effectives de la réalisation intérieure.

Livrées : les clés de la Grande Initiation, ou de ce que les Anciens appelaient les « Grands Mystères ». Le détail des processus de « conversion » est inscrit aujourd’hui pour toi dans les évangiles. Il te faudra apprendre à combiner les associations symboliques attachées aux 4 Figures... Jean, Marc, Luc, Matthieu, sont comme quatre formulaires d’initiation dans la voie cosmique solaire.

Correspondant eux-mêmes aux quatre Eléments, les quatre évangiles qui traduisent leur expression ne sont donc pas identiques quant aux processus décrits, pas identiques dans l’invitation aux manifestations des états de conscience.

Chaque évangile présente des étapes différentes de la nécessaire transformation intérieure, et cela en fonction des archétypes accrochés aux quatre éléments. Ils représentent donc la révélation de la conscience nouvelle et transcendante vers laquelle chacun doit aller. Ils balisent la nouvelle manière de vivre à travers l’Intelligence solaire, ou si l’on préfère, le comment éprouver et rayonner l’harmonie retrouvée en l’univers unifiant des principes.

Chevalier tu pourras les mettre en équation et en action en appréhendant les secrets de l’Evangile de THOMAS... Thomas le guide, l’établi, le Soi atteint par l’épreuve, la découverte et la certitude du Divin en ayant traversé le doute et l’incrédulité.  

Mais ceci est déjà la quête, une histoire à suivre, le deuxième temps suivant ces préliminaires incontournables. Pour qu’à la fin, « A celui qui possèdera le Verbe proféré de la Nue, et qui s’unira à l’Esprit rutilant de splendeur divine, à celui-là appartiendra alors la destinée de Moïse et d’Elie… »

J’ai dit

Source : http://srv07.admin.over-blog.com

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