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Hauts Grades

Du travail maçonnique en atelier capitulaire

5 Avril 2012 , Rédigé par Ateliers capitulaires Publié dans #Planches

FOI-ESPERANCE-CHARITE

Lorsque le franc-maçon passait directement du 4°grade du Rite Français
au 18° du Rite Ecossais Ancien et Accepté il pouvait mal percevoir la valeur de la charité
qui contenait encore une certaine signification religieuse

La Charité n'est-elle pas l'aboutissement de la Fraternité ?

La charité est la troisième des vertus théologales, ce n'est cependant pas la dernière, mais la plus haute,
la plus difficile et la plus ignorée.

La foi est naturelle : son objet est plus ou moins noble mais, en fait nous sommes tous voués à des systèmes de valeurs. Nous pouvons en changer, mais l’adhésion que nous donnons est toujours doublée d'un caractère émotionnel.

L'espérance, c'est la vie même, elle est fille du temps qui passe et peut-être de la mort qui vient.

La charité, c'est la reconnaissance du semblable, comme un autre «soi-même », et c'est beaucoup
plus que l'amour, si l'on veut bien admettre que l'amour est un choix, ce qui n'est pas certain.

La charité c'est l'amour qui prend sans choisir, ou plutôt, c'est l'amour de tout au monde, c'est l'amour de tout ce qui est. C'est pour elle que l'on peut dire qu'elle est l'amour de Dieu.

C'est aimer l'existant, c'est aimer le fait d’être, c'est aimer l’être tel que nous l’offrent nos sens,
tel que le comprend notre esprit et tel que le porte notre cœur.

Ce que l'homme doit à l'homme c'est la vie, et la vie dans sa plénitude c'est aussi la charité.

Mais ce que l’homme doit à l’homme, c’est d’abord ce qu’il se doit à lui-même.

Parfois, on dit qu'aimer le monde, c'est aimer un Dieu incompréhensible et cruel.
Il est difficile de vivre selon la charité. C'est qu'il faut tout comprendre pour tout aimer, et tout aimer pour tout comprendre. Est-ce à la portée des humains ? C'est une question. C'est une espérance.

Comment les hommes se comprendraient-ils ?
Même quand ils croient parler la même langue, ils ne donnent pas aux mots la même signification.

Que le mot charité vienne du fond des âges avec toute sa charge de noblesse ne l'a pas empêché de
connaître une dégradante exploitation : On dit de nos jours »faire la charité ».

Au reste la langue n’a pas toujours tort.

Car comment les mots garderaient-ils leur sens quand l’objet, le sentiment ou la notion dont ils sont le symbole ont disparu du champ de l’expérience ?

Un jour arrive où l’on redécouvre l’objet, le sentiment ou la notion, et comme le vieux mot est employé à d’autres usages, il faut réinventer un mot, il faut renouveler le symbole, et ce mot, ce symbole révèle
un moment éternel d’une culture toute nouvelle

Se demander si le mot charité a encore son sens religieux ou sacré c'est se demander si la civilisation chrétienne est autre chose qu'une fonction commode.

Car par charité il faut comprendre non seulement l'amour du prochain, mais l'amour de ce qu'il est,
de ce qu'il fait, de ce qu'il croit.

Ce n'est pas la pitié, ni même la sympathie, c'est la communion par le cœur et par l'esprit.

Il n'y a pas plus de lien entre la notion de charité et l’action de donner qu'entre elle et la notion de refus.
La charité c'est accepter dans son intégralité l'autre tel qu'il est tout en ne cédant rien de soi

Car charité bien ordonnée commence par soi même.

Je crois en effet que, souvent, cet aspect de la question est mal perçu. Ce n'est pas en effet penser à soi,
en égoïste qu'ordonner la charité par rapport à soi. Cela signifie que l'on ne peut être d'aucun secours pour autrui si l'on n'est d’abord à soi le secours suprême. Ce n'est que l’homme en paix avec lui-même,
l'homme qui se comprend, qui se juge, qui se pardonne avec lucidité et courage, qui peut être un secours
pour autrui.

La charité c’est non seulement le respect de l’autre mais de l’exaltation, de l’accomplissement de la réalisation d’autrui dans toute son originalité, dans le sens de la puissance authentique de sa nature.

Aussi, la charité ne peut-elle se limiter à l'homme seul, car si l’homme est une forme de l'expression de la vie,
s’il est une des manifestations de l’existence, la charité ne peut se restreindre aux formes apparentes elle s’étend à l’ensemble des manifestations.

Qu'aucune civilisation n'ait vécu véritablement selon la charité, l'histoire la plus élémentaire en porte témoignage.

Toutefois, cette même histoire nous autorise à supposer que les valeurs chrétiennes inspirèrent pendant un nombre assez considérable de siècles certains comportements, sinon ceux des politiques, au moins ceux des hommes réellement cultivés. Et il n'y a pas si loin que l'on a voulu le dire entre le clerc et l'humaniste.

Si les imperfections de la nature propres à chacun de nous ont contribué à marquer les distances entre l’un et l’autre, entre moi et les autres, entre nous et eux, il n’est pas sûr que le saint et le sage n’aient pas à certains moments pu s’identifier dans les consciences européennes comme il est vraisemblable qu’ils s’identifient depuis la nuit des temps dans les consciences orientales

Il faut comprendre que la grande tradition hindoue et l’enseignement du BOUDDHA s’ouvrent de plain-pied dans le monde inhumain force d’être généreux de la dévotion de soi au monde.
La charité est la vertu à la fois de l’esprit et du cœur.

Un homme d’action catholique contemporain a jeté sur nos égoïsmes contemporains une formule péremptoire et qu'il pense définitive : « Servir d’abord ceux qui souffrent ».

Si l'on s'en tient aux intentions, il faut reconnaître qu'elles sont nobles, mais si l'on creuse un peu, on voit apparaître cette orgueilleuse incompréhension, naïve ou volontaire des bien pensants à l'égard des véritables conditions de la dignité humaine. C'est tourner le dos à la charité

La charité consiste à créditer les plus humbles comme les plus souffrants du courage et de la dignité que l'on célèbre chez les plus nobles.

Le terme" servir " est, il est vrai, équivoque, mais l'activité très honorable de l'intéressé permet de préciser
le sens qu'il lui donne : « fournir aux hommes les moyens matériels d'une existence décente ».

Il énumère d’ailleurs ces moyens : protection contre le froid, contre l'ignorance et peut-être aussi contre d'autres menaces plus récentes mais aussi redoutables.

Certes, il faut que l'homme soit à l'abri de la faim, du froid, de l'ignorance Il faut à l'homme pour
que son destin s'accomplisse que l’emprise de la matière et des forces aveugle ne soit pas un carcan
qui l’écrase ou l’égare, mais c’est sacrifier aux apparences et donner bonne conscience à peu de frais
aux bien pourvus.

Donner c’est surtout se donner le droit d’être aveugle aux véritables besoins.
Il est facile de donner un peu, il est grisant de donner beaucoup tout peut-être. Il est plus difficile, plus désespérant d’éclairer l’humanité sur les conditions vraies de l’existence.

Que chacun n’attende de secours que de lui-même, d’abord, et peut-être toujours.
Qu’il comprenne que son sort est entre ses mains !

La lucidité est amère, elle met à l'abri des espérances mensongères

Qui pense véritablement qu’un appel aux bourses des possédants suffira à tarir les larmes des affamés ?

La charité consiste d'abord à donner courage.

Cela conduit parfois à la révolte ? sans doute, mais l'aumône conduit à la mendicité. Et l'on mendie des faveurs et des places, et l’on se trouve vendu d’avance.

Le seul vrai conseil d’un ami : « aide toi et le ciel t’aidera »

Le paradoxe c’est que la fraternité est à ce prix. Les francs-maçons n’ont pas ordonné l’institution maçonnique
à leur service ou à leur propre défense. Ils ont institué une association fraternelle où se reconnaîtraient tous ceux qui ont de l’homme une idée commune. Cette idée, c’est que l’homme est un constructeur.
Cette idée c’est que l’union des bâtisseurs assurera l’ordre dans le monde.

Il y a loin de cette conception à celle d’une assurance confraternelle pour l’avancement de sa carrière

TRILOGIE DES VERTUS THEOLOGALES

Dans cette trilogie des vertus théologales, il est habituel que la Charité soit énoncée en dernier bien que située dans le triangle du cartouche sur la base et non pas au sommet.

Il est cependant évident, comme tu l'indiques dans ta précédente réponse, que ce n'est pas la dernière place mais, au contraire, la plus haute, la couronne.

Il ne s'agit pas ici de créer une hiérarchie entre ces trois vertus. mais peut être de chercher le cheminement pour aller de l'une à l'autre plus facilement et plus harmonieusement.

Il s'agit peut être d'une vaine recherche: l'énoncé FOI- ESPERANCE – CHARITE ayant beaucoup de similitude avec CHARITE-ESPERANCE et l'important se trouvant dans la quête et non dans le discours.

Quoiqu'il en soit, le cartouche comporte trois côtés égaux, pour bien signifier que si la Charité n'est possible sans l'ESPERANCE ni la FOI, de même la FOI et l'ESPERANCE ne sont possibles que par la CHARITE.

mais par où commencer ?


Les questions de permutations - circulaires , croisées, par groupes etc.. sont extrêmement intéressantes parce qu'elles permettent de dépasser le simple impact graphique d'une symbolisation pour introduire Il des sens" des vecteurs signifiants au sein de ce qui pourrait n'être qu’une figuration bi‑polaire .

C'est un propos qui n'apparaît généralement pas dans le ronron des travaux parce que rarement les frères qui travaillent en loge ont des occupations de cet ordre. . Même ceux dont les études ont été poussées au delà de la simple connaissance nécessaire aux hommes de ce temps ne se plient pas à cette recherche parce qu'ils n'en voient guère l'intérêt

Or cet intérêt réside non seulement dans la gymnastique de l'esprit mais encore dans le déchiffrement des rapports entre les diverses notions

Or comme ces notions sont chargées de l'expérience millénaire de ceux qui ont utilisé la langue ( depuis ses origines , à travers ses transformations spécifiques aux secteurs territoriaux considérés ) elles sont porteuses de sens et de sens qui vont au‑delà des composantes de la notion. dans son acception courante .

Je demande que l'on veuille bien excuser ce préambule, mais il me paraît l'essentiel de la réponse que je peux apporter à la question telle qu'elle est formulée

J'ai étudié les trois “ vertus ” dans un dialogue que nous pourrions adjoindre à ces approches . Mais pour l'instant, je vais m'aventurer dans le cercle.

Le cartouche comportant trois côtés égaux, c'est donc que l'ordre est indifférent . Or, dire que l'ordre est indifférent signifierait qu'il n'a pas d'importance. Et c'est là où il faut se séparer de la simple reflexion pour aller jusqu'à l'interprétation : l'indifférence ne signifie en effet nullement sa. non‑valeur, mais au contraire , sa valeur multiple et en quelque sorte , impliquant la nécessité de considérer les rapports de réciprocité dans tous les sens .

La FOI, si elle prend la première place , traduit la force vitale , l’initiale dynamique de la vie, qui se manifeste en esprit , et donc, dans le sens de la prévision, de l'anticipation, de l'imaginaire positif, de l'ESPERANCE .

L'ESPERANCE ici naît de la Foi, qui cherche un objet possible , et qui suscite par son appel, une plénitude proche ou lointaine , mais nécessaire.

Or, cette Espérance, comment peut‑elle être acceptée, si elle n'est pas l'attente d'une pacification, d'une compréhension, d'une harmonie bref, d'une parousie ‑ la découverte du royaume, l'accession aux Iles fortunées, l'assomption dans les cieux, etc

Car la CHARITE, de ce point de vue, c’est le sentiment de la plénitude accueillante
du Tout ‑ de l'Etre ‑ de Dieu ‑ de l'Univers

Il est évident que si l'on partait de charité on se trouverait d'abord dans une situation liée à l' harmonie de l'esprit, de la conduite de la nature des choses . La Charité, en cela traduirait la compréhension affective de la condition humaine, dans l'expérience vécue, et c’est l'évidence de cette générosité accueillante qui justifierait la foi dans la mesure où elle impliquerait un rapport de réciprocité harmonique entre l'individu et l'univers ‑ entre l'individu et tout au monde ‑

La Foi serait, en tant que seconde, le fruit d’une intelligence du monde et de l'amour des êtres et des choses . Ce fruit donnerait à son tour l'espoir dans les épreuves, et l'espérance jours meilleurs d'une libération prochaine .

Commencer par l'Espérance, c'est assurément commencer par la pratique quotidienne de l'action. Tout acte impliquant en effet une perspective et cette perspective justifiant la volonté (Il est bien entendu que l'on ne peut comprendre le mot acte , en l'espèce, que comme un effet de la décision volontaire ‑ et donc de la liberté individuelle, ce qui donne à l'espérance se dimension spirituelle ) .

Le jeu pourrait évidemment se poursuivre et le sens changer

Au lieu de suivre la voie : Foi, espérance, charité, on pourra passer de la Charité à l'espérance, de l'espérance à la foi

C'est un exercice qui devrait être pratiqué .

Je pense que les relations croisées donneraient également de bonnes indications, et je ne prétende pas ici penser à la place des autres. On pense si peu généralement ... La plupart du temps, on ne fait que débiter dans un ordre plus ou moins cohérents les mots enregistrés au cours des lectures, ou des conversations, et le discours n'est que flux de vent.

Toutefois, une question pertinente clos la page concernant les trois vertus : par OÙ commencer ? Outre que la question est à jamais ouverte, je pourrais dire ici que si l'on termine généralement sur l'amour, il faut bien admettre qu'Eros est au commencement, que si l'on n'a pas la Foi, ( l'ardeur de vivre ).il est rare qu'on puisse avoir l'espérance

Tenons‑nous en donc à une attitude qui surprendra, mais que nous connaissons bien sans y attacher souvent toute l'importance qu'elle a dans nos considérations

Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre et de réussir pour persévérer, et nous découvrirons que le commencement . c'est la vo1onté.

Naître c’est accéder au vouloir et c'est par là que la Charité naît à son tour de l'espérance, comme l'espérance de la foi, parce que tout se joue au‑delà du désespoir (après la mort ‑ initiatique , s'entend !!)


LA FOI

" La foi n'est pas la croyance aveugle dans une opinion, c'est la lumière de la raison qui éclaire notre esprit et le préserve des fausses doctrines. "

La Foi c'est la confiance dans nos principes et dans notre idéal, l'ardeur dans ta recherche du vrai, du juste, du beau, du bien."

Sur te plan initiatique, la Foi est la confiance de l'homme dans les possibilités manifestes ou virtuelles; ainsi la foi nous donne le courage d'affronter des épreuves et de surmonter les difficultés "

La Foi habite l'homme et lui permet de se dépasser et de se dépasser à tel point qu'il est capable de réaliser des actes que la raison réprouve.

" ILS L'ONT FAIT PARCE QU'ILS NE SAVAIENT PAS QUE C'ETAIT IMPOSSIBLE "


C'est au nom de la Foi que les Inquisiteurs, les missionnaires, les colonialistes près de nous, les nazis, les marxistes, les dogmatiques ou les intégristes musulmans oppriment, torturent, tuent et déciment les populations.

On comprend qu'ils ne soient pas habités par la raison

Mais la Foi dominée par la raison sera‑t‑elle aussi capable de déplacer les montagnes ?

La foi peut‑elle être dominée par la raison ? Peut‑on avoir foi en la raison ?

Sans doute la langue permet‑elle d'exprimer ainsi le caractère, irrationnel de la croyance

‑ et ici , la croyance en la raison est au irrationnelle .

Mais c'est à mon avis donner à la foi un contenu qu'elle ne fait qu'emprunter ‑ comme en passant , en raison des circonstances 1 du fait d'un conditionnement

La foi habite l'homme et lui permet de se dépasser et, à la vérité ce dépassement de soi peut entraîner jusqu'au limite possible . Ce dépassement peut aller jusqu'à des crimes contre l'homme et des actes que la raison réprouve . Mais la raison est‑elle sur le même terrain que la foi ?

La raison c'est l'intelligence épurée , c'est l'esprit désincarné l'abstraction , ou alors ce n'est que la servante des passions On condamne les folies que la foi suscite . On ne condamne pas les folies que la raison entraîne . La guerre est éminemment raisonnable . La guerre est toujours justifiée par la raison . La raison d’état est au dessus du simple sentiment de la justice Les mots peuvent tout et rien

La foi c'est bien sûr, la force d'aller vers la ciel, mais c'est parce qu'elle est la dynamique essentielle , la vis a tergo, la machine infernale qui pousse l'homme . Elle est compatible avec la raison , mais la raison n'est pas compatible avec la foi, et nous n'échapperons pas à ce paradoxe irréductible . Car ce n'est pas la raison qui mène les hommes, c'est la foi si l'on appelle foi la volonté intime et secrète qui est la force vitale

Bien entendu on la revêt des habits mondains et d'abord de la force qui lie les membres de la tribu, puisque la religion est cette mise en forme de la force grégaire Elle prend cette apparence , puis d'autres encore, elle est le flot non le colorant dont on le charge. Et elle est la force vive ‑ d'où la puissance destructrice de l’autre qu'entraîne le fanatisme qui est l'exaspération de la foi

Voilà pourquoi il faut faire appel à la raison pour tenter de dominer la foi, et sinon de la dominer, du moins de la conduire, et PLATON fait conduire son double attelage

Mais surtout demandons‑nous s'il est bien nécessaire de déplacer les montagnes ?

Un dernier mot ne croyons jamais que les Inquisiteurs, les missionnaires, les colonialistes, les nazis, les marxistes, les dogmatiques et les intégristes de toute nature oppriment torturent, tuent ou ment les populations par une sorte de folie : ils sont tout à fait raisonnables ‑ de leur point de vue ‑ et c'est cette raison‑là qui est trouble: c'est le mécanisme de la raison qui devient écrasant, parce que manque l'amour ( la charité ) . Et encore, on brûlait les hérétiques par charité chrétienne pour les sauver de l'enfer


L ' ESPERANCE

L'espérance est l'étoile qui guide nos pas dans la nuit la promesse de la prochaine aurore.

Elle nous préserve de toute faiblesse et de tout découragement. Elle est le Sentiment bienfaisant qui nous rassure de la foi en l'homme pour la poursuite de la vérité.

L'espérance ouvre les perspectives d'une évolution de société humaine qui peut, pour le F…M… être aussi réconfortant que l'est pour te croyant la promesse d'une vie future.

C'est cette faculté donnée a l'homme de compter sur un meilleur sort sur la répartition des torts, sur la justice immanente.

On peut voir progresser les sciences faire des découvertes utiles, éclairer et instruire les hommes pour qu'ils puissent ensuite détruire l'erreur et faire triompher la vérité.

L'espérance n'est-elle pas un leurre ?

L'espérance n'est-elle pas ta seule chose que l’on puisse proposer pour faire avancer l'homme ?


En soi, le langage suffit pour nous donner des réalités vivantes, une connaissance suffisante. Car il est le fruit mûri d'une analyse qui s'élabore à partir d'une expérience multipliée à l'infini.

C'est ainsi que nous devons faire attention au fait que l'espérance est une vertu. Non pas un état, non pas un sentiment, ni une fonction encore moins un objet, cela va de soi, mais une puissance intime, dont 1'expression débouche sur l'imaginaire.

C'est sans doute pourquoi nous avons le sentiment de toucher à la mystification en considérant la vanité de cette attente, qui s’ouvre sur une situation que nous ne maîtrisons pas même si nous l'appelons, sur un état que nous ne connaissons pas même s'il nous séduit, sur un objectif que nous ne formulons pas même s'il nous attire.

Car l'espérance n'est ni susceptible d'être définie ni réductible à un mécanisme d'approche.

Elle est une puissance, en effet, c'est‑à‑dire le mouvement d'une dynamique intime qui nous ouvre l'avenir,

Alors qu'on pourrait situer la foi au niveau organique, l'espérance entre le sentiment et la raison, la charité dans l'ordre de l'intelligence des choses et des êtres et de l'amour aucune de ces vertus n'a proprement de contenu.

Au fond, espérer c'est se croire et se croire dans l'expression confuse des aspirations les plus nobles Il y a dans le fait d'espérer une illusion, c'est vrai, mais aussi une vérité : la nécessité de vivre par anticipation.

Cette nécessité est sans doute l'occasion de déceptions, et de ruineuses prétentions. Mais pour autant pouvons-nous dire qu'elle est susceptible d'être entretenue ou éradiquée ni réductible

Nous vivons d'espoir dit‑on ? Souvent, parfois, en fait c'est une sorte de cinéma que nous nous offrons, un cinéma sans images précise et avec l'élan généreux de qui n'a pas à compter avec ce qu'il donne car en fait-il ne donne rien

Dire "faculté", comme dire aspiration, c'est tout un. Dire que l'espérance est une illusion, c'est dire aussi qu'elle est la seule réalité dynamique puisqu'elle ouvre sur un monde merveilleux qui n'existera pas, mais, et qui est merveilleux d'autant qu'il n'est jamais plus attirant lorsqu'il n'est qu'en perspective

Faut‑il espérer ? Peut‑on commander à l'espoir ? Y a‑t‑il quelque chose à espérer ? Je crois qu'on n'est jamais si parfaitement soi‑même qu'au-delà du désespoir, c'est-à-dire, au-delà de toute espérance.

Ce que signifie le préalable du "meurs et deviens «, car nous ne pouvons espérer que dans la mesure où nous ne sommes plus de ce monde a

Et nous ne pouvons travailler à construire quelque chose en ce monde que dans la mesure où nous avons renoncé à l'espoir. lascia ogni sper


CARITAS CHARITE AMOUR

On pourrait souvent s'étonner des précautions prises par les Rituels et les Chevaliers d'Eloquence pour attirer l'attention des nouveau promus sur le sens exact du mot CHARITE.

Dépassant vite la simple explication de mot, on parle alors de CARITAS puis d'AMOUR

Mais on lit parfois aussi qu'ESPERANCE, FOI et CHARITE se rejoignent dans l’'AMOUR

Est‑il possible de mettre un peu d'ordre dans ces termes ?


Trop souvent la dégradation des mots passe inaperçue, et ce n’est qu' à la réflexion que l'on perçoit les distances qui séparent le sens ancien du sens nouveau

Ceci vaut pour tous .

Ici , nous sommes à l'aise pour donner au mot charité le même coéficient de dégradation que le mot tolérance est sur le point de mériter. La charité, pour beaucoup ce n'est que l'aumône, et si Victor Hugo a pu dire que l'aumône est soeur de la prière, il y a longtemps que le sentiment de la justice, la dignité sociale la saine notion d'une économie dynamique confèrent aux secours octroyés aux aides imposées ou proposées une connotation péjorative .

Mais si le sens s'est dégradé dans le monde profane il n'en demeure pas moins que beaucoup de maçons anticléricaux trouvaient là une raison de condamner les Hauts Grades, associant les trois vertus à un projet de rechristianisation , et à une volonté de "régression" . D'où l'insistance quant au sens du mot charité , et les questions concernant la foi .

Curieusement , le mot foi faisait moins problème, parce qu'il était de bon ton de proc1amer sa foi de laïque

Seulement voilà, c'était toujours donner à la méthode maçonnique valeur de doctrine" . Tant qu'on n'admet pas que le TABLEAU SYMBOLIQUE DE LA LOGE n'implique pas une adhésion idéologique des membres de l’atelier en question, nul progrès ne peut être fait sur la voie de la RELATIVISATION qui est le véritable sens de la progression maçonnique .

Quant à mettre de l'ordre dans les termes c'est en quelque sorte une curieuse exigence: ou bien on les prend comme la tradition chrétienne les donne ‑ et c'est cela que voudrait être l'enseignement historique ‑ ou bien on joue avec l'esprit d'exploration, et alors on a tous les droits d'établir des circuits et de spéculer sur les rapports de sens

Si les mots se prêtent à tant de jeux, c'est qu'ils sont vagues, ou plutôt à sens multiples, et tant que ces sens sont attestés par l'usage et la tradition, leur utilisation comme support spéculatif est légitime.

Car, c'est en analysant le sens des mots d'une langue qu'on peut pénétrer dimension culturelle d'une civilisation .


LA CHARITE

La charité telle qu'elle est définie dans le Rituel d'Initiation au XVIII ème grade et dans les petits livrets qui sont ensuite remis à l'initié est‑elle réellement répandue et développée dans nos Loges ?

Ne persiste‑t‑il pas en chacun d'entre nous une partie importante de vice habituellement attribuée au mauvais compagnon car, comment expliquer alors les combats fratricides que se livrent certains F…M… pour l'accession à des postes de responsabilité quant ce n'est pas pour des intérêts à résonance uniquement profane et qui relèvent le plus souvent d'EROS ou, tout au moins, de la possession sans respect de soi‑même ni de l'autre ?

La recherche de la vraie charité qui n'a rien à voir avec le “ tendre la joue gauche ” ni avec cette attitude fortement répandue chez les dames patronnesses du début du XX ème siècle mais qui participe plutôt de la maîtrise et de l'oubli de soi, ne sera‑t‑elle toujours qu'une recherche jamais satisfaite

Caritas pourra‑t‑il un jour être accompli ?

AGAPE aura‑t‑il un jour fini de décocher ses flèches ?

Il est des mots qui font peur. Mais il y a des hommes qui se disent libres et qui ont peur des mots.


Le mot charité est un des mots dont le sens a sans doute reçu de sa connotation religieuse à la fois la plus lourde charge de défiance , et la plus haute dose d'incompréhension .

J. Renard, qui ne passait pas pour un esprit clérical et qui fut un de ces Maires rouges de la tradition républicaine usait 8 toute a les religions ne ressemblent par la quête .

Et il est de fait que les associations de tous ordres, sous des prétextes, ou selon don bute différents , multiplient les occasions de solliciter la générosité de leurs membres voire du public

Au point que parfois, on peut ce demander où finit la sollicitation et ou commence la volonté de culpabilisation.

Mais c'est dans les associations à vocation solidariste qu'à l'on peut étudier l'évolution, non seulement des comportements, mais des conceptions

Il semble que la contribution versée à la caisse commune tienne lieu souvent de comportement charitable

On a donné.

Il y a même une expression ‑ nouvelle dans son acception sociale on a déjà donné . Elle signifie qu'il ne faut pas solliciter l'indulgence des groupes, ou pour des individus qui nous ont abusé, ou qui ont exploité notre bonne foi
Mais il faut reconnaître que l'assurance collective est une bonne chose

La mise en pratique la plus évidente de la solidarité collective L’époque moderne est au terme de cette évolution qui conduit à faire prendre en chargé par tous les malheurs de quelques‑uns

On peut ce dire que, parfois cela revient à une "distribution des profits ou à une compensation nécessaire, mais là n'est pas la question. La question est celle de savoir si l'on s'acquitte ce que l'on doit aux hommes en cotisant ou en contribuant autant qu'on le peut à la sauvegarde matérielle des éprouvés

Sur ce point , A. France, dans le Crime de Sylvestre Bonnard enseigne à Jeanne, de sages principes et de généreuses pratiques

Mais l'argent n’est pas tout . Et, à la limite d'une société bien organisée, l'argent n'est plus guère qu'un moyen

Ce qui est grave, c'est que l'argent nous tienne quitte de l'amour

La société moderne a remplacé le mot "Charité", Caritas, par le mot aumône ( avec une étroitesse de sens que ne confirmait pas V.Hugo quand il écrivait , l'aumône est soeur de la prière) .

Car la Charité, c'est la fraternité.

Mais ne voyons‑nous pas le terme de fraternité et dépouiller de sa vertu

N'y a‑t‑il pas d'ailleurs, de l'aveuglement dans la comportement fraternel quand on se comporte avec ses frères à la manière de Caïn ? 1

Je ma sais quel cynique a dit : il n'est de véritable haine que familiale ?

Mais le Psychologue sait bien, lui que la haine n'est que le visage inversé de l'amour.

C’est sans doute pourquoi les frères sont parfois, les Uns à l'égard des autres si agressifs et, le plus souvent, sans indulgence

Cela peut avoir des effets positifs . Nous nous surveillons , nous évitons de donner prise aux soupçons, voire aux justes observations de ceux qui pour nous approcher de près voient mieux que quiconque nos faiblesses et nos fautes .

Ce que personne ne doit oublier, c'est que la pierre de touche d'une bon entente familiale c'est l'héritage.

Quand il y à quelque chose à partager , que ce soit de l'argent, de la gloire, ou seulement une histoire, voilà les Conflits qui naissent et les accusations, les manœuvres, les chausse trappes, les calomnies !

Rares sont les partages qui ne laissent, entre les enfants aucune amertume .

Je ne voudrais pas abuser de l'allusion, mais je pense que tout lecteur un peu averti et de la vie des loges et des rapporte dans une obédience, et des rapports entre les obédiences comprendra de quoi il est question .

Or, ce qui est certain, c'est que les rivalités internes font le jeu et la joie des adversaires à l'affût , qui se réjouissant d'autant plus que, s'ils n'ont aucune leçon en matière de haine à recevoir, ils éprouvent quelque consolation à constater que ceux qui prétendent à l'exemplarité fraternelle ne dérogent pas à la tradition des frères ennemis.

Il conviendrait là‑dessus d'être clair : l'exigence de réciprocité dans les comportements est peut‑être une vertu fraternelle, elle n'est pas la charité .

Il y a longtemps que l’on fait le procès de ceux qui conseillent de tendre la Joue gauche quand on vous a frappé sur la droite. Ce procès est un faux procès, car la victime est le plus souvent une tentation pour l'escroc ou la compagnon malhonnête.

La dignité oblige. La facilité dégrade

Le laisser faire, dans la plupart des cas, est un aveu de faiblesse.

Ceux qui ont la responsabilité d'une communauté doivent être entre eux si convaincus de l'importance d'une confiance absolue, que rien ne puisse les détourner de cette union qui fait la force, sans qu'elle ait besoin de se manifester.

Quand, il n’y a pas de faille dans une planche, dans une muraille, dans une équipe, l'eau n'y pénètre pas, même s’il pleut et l’on ne peut guère y faire jouer la lame d'un couteau .


 

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Patrick 05/04/2012 18:05


Je pense qu'il y a un petit souci dans l'accroche suivant le titre , car on passe du 3e ordre du RF au 4e ordre , qui correspond au 18e du REAA , mais pas du 3e grade du RF au 18e du REAA . Bien
fratrenellement .

Thomas Dalet 05/04/2012 18:22


Exact, j'ai fait la rectification. Merci