Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Étude au 11e degré dit l'Elu des douze ou sublime chevalier Élu

13 Juillet 2012 Publié dans #hauts grades

C’est le dernier degré de la classe des Elus qui en comprend trois : le 9e degré dit l’élu des neuf, le 10e degré dit l’élu des quinze et le 11e degré dit l’élu des douze. Ce dernier est un degré singulier sur le chemin initiatique puisqu’il est un degré de RECOMPENSE.
Symboliquement la classe des élus correspond à ce qu’on appelle « la descente aux enfers » ou Descente au noir ou encore l’oeuvre au noir. A ces trois degrés est associé la couleur noire et la couleur rouge chtonienne sous la forme de sang, de feu et nous le verrons d’un coeur rouge. Ces trois grades symboliseraient en quelque sorte trois moments de l’oeuvre au noir. Au 9e, c’est la descente aux enfers, au 10e la remontée à la conscience, à la lumière et au 11e, nous allons le voir, la récompense qui vient couronner cet ensemble d’épreuves surmontées et dans laquelle si le mérite joue un rôle, le hasard joue aussi le sien.

Voici le récit historico-mythique du 11e degré résumé par Raoul BERTEAUX :
« Après avoir puni les meurtriers d’Hiram, Salomon est résolu de récompenser le zèle et la constance des Elus des quinze en créant un nouveau grade, celui de l’élu des douze. Il les fit désigner par le sort et les constitua en Chapitre. Il leur donna le gouvernement des douze tribus et leur conféra le titre de Nasiah Ameth (ou Emeth). Nasiah signifie Prince ou chef, Ameth signifierait vérité ou homme fidèle.
Salomon leur montra les trésors ramenés de Gabaon, qu’il avait fait ramener dans le nouveau temple. Parmi ces trésors figuraient les cinq choses précieuses : l’arche d’alliance, la boite en or dans laquelle étaient conservése le coeur du fidèle, le palmier, le chandelier à sept branches et le voile du saint des saints qui était , maintenant, partiellement entr’ouvert ».
La réception du candidat au cours de la cérémonie d’élévation au 11e degré est la suivante :
« En principe, pour les réceptions, la loge ne comprends que douze élus. Le candidat est conduit dans le grand chapitre, où il apprend que justice est faite, mais que des plaintes sont exprimées concernant la levée des impôts dans le royaume. Il est proposé au roi Salomon de ne plus affermer les impôts, mais de confier la gestion à des officiers du roi, agissant comme des représentants dans chacune des provinces du royaume. Salomon décide que la désignation des douze élus se fera par tirage au sort parmi les quinze. Le récipiendaire et les onze FF
qui l’accompagnent se placent autour de l’autel. Le récipiendaire prête le serment et est investi dans ses fonctions de Prince Elu ou Nasrah Emeth ».

Un commentaire sur le contenu initiatique s’impose. Il serait présomptueux d’espérer en si peu de temps de rendre compte de toute la richesse symbolique de ce grade. La classe des Elus forme un tout et le 11e degré apporte une sorte de conclusion dont le fondement peut nous étonner.
En effet, par rapport à tous les grades depuis celui d’apprenti, le néophyte au 11e degré n’a pas de réelles épreuves à surmonter ou si seulement une seule qu’il a subi par deux fois à savoir le tirage au sort, afin d’être parmi ceux qui seront récompensés par rapport à tous ceux qui ont accompli le même devoir, c’est à dire surmonter les dernières épreuves sacrificielles.
Ils ont tous accompli leur devoir conformément aux ordres reçus mais seulement quelques uns seront choisis par le hasard pour être élevés au 11e degré que Salomon créé spécifiquement pour eux.
A première vue, cet acte royal de récompense, porterait une part d’injustice puisque parmi ceux qui en principe y auraient droit, tous ne seraient pas directement concernés. C’est une récompense visible, palpable et matérielle qui est donnée à quelques uns. Le roi
décide du principe de cette récompense mais n’est en rien l’acteur de celle-ci. C’est le hasard qui décide. Donc quelques uns seront écartés par le hasard de la récompense matérielle du roi. Le sont-ils en fait sur le plan spirituel ? Là est peut être l’autre dimension initiatique de ce degré. Nous devons nous interroger sur le sens profondément initiatique de cette épreuve qui touche l’Ego de ceux qui par désobéissance ont accompli leur devoir et dégager le sens qu’elle peut prendre à nos yeux, pour nous-mêmes, en nous-mêmes. Quel sens pour l’ego de ceux qui bénéficient de cette récompense matérielle par l’effet du hasard ? Quel sens pour l’ego de ceux qui peuvent ressentir cet effet du hasard comme une forme d’injustice ? Ne pas être récompensé lors que l’on a accompli son
devoir comme les autres qui eux sont récompensés est une épreuve autrement difficile qu’il faut apprendre à surmonter. Il nous importe de dégager le positif et le négatif de ces deux situations à vivre, à surmonter. Car être récompensé alors que d’autres FF
ne le sont pas est aussi une épreuve à vivre et à surmonter.

Revenons en quelques mots sur chacun des trois actes de cette pièce qui constitue la classe des élus.
Le premier acte qui correspond au 9e grade est un acte de vengeance accompli dans la précipitation par excès de zèle et souci de trop bien et trop vite faire. Il était demandé à JHAOBEN d’accomplir un acte de justice, par égarement il accomplit un acte de vengeance. En revanche la clémence du roi Salomon à son égard est un acte de justice qui témoigne de sa compréhension en
profondeur de la motivation réelle de l’autre.
Le deuxième acte qui correspond au 10e grade est un acte de justice dont la cruauté nous interroge. La violence du récit historico mythique est d’ordre psycho pédagogique pour nous remettre sur la voie de l’éveil et lutter à nouveau et plus violemment contre ces trois vices : l’ignorance, le fanatisme et l’hypocrisie. Il y a jugement et il y a mise à mort c'est-à-dire éradication complète des ces trois vices et cet acte d’éradication est porté à la connaissance de tous comme acte d’exemplarité.
Le troisième acte qui correspond au 11e grade est un acte de justice mais d’un tout autre ordre. Un acte de justice qui semble porter en lui une dimension d‘injustice. S’il est juste de récompenser tous ceux qui ont accompli par obéissance leur devoir, est il juste de ne récompenser par tirage au sort que quelques uns ? Est ce à dire qu’un acte de justice, quel qu’il soit, est intrinsèquement toujours incomplet ? Est-ce à dire qu’aucune justice n’est totalement juste et ne peut l’être soit que le principe sur lequel cette justice s’appuie est imparfait, incomplet, insuffisant soit que le hasard peut aussi jouer un rôle dont on ne peut à priori augurer des effets. En clair la justice humaine ne peut en principe être pleine et entière, elle est parcellaire, limitée et faillible. Il
est donc clair que ces trois degrés nous conduisent à méditer sur la notion de justice.

La morale au 9e grade est : « En aucun cas, la vengeance n’est permise ». Il n’y a pas de morale au 10e grade dans notre rituel d’Edmond GLOTON.
La morale au 11e grade est la suivante « Les FF
dignes, tôt ou tard reçoivent leur juste récompense ». Cette morale qui semble clore l’enseignement rituélique du 11e degré mériterait à elle seule une planche. En effet, que recouvre la notion de « frères dignes », cette notion de temps suspendu de tôt ou tard, le verbe de recevoir qui signifierait qu’il y aurait une instance intérieure ou extérieure
qui accorderait ou n’accorderait pas et s’il y a récompense possible, de quelle nature peut elle être ?
Par ailleurs que recouvre la notion de « juste récompense » pour un franc maçon ? Où l’on voit que cette phrase en apparence toute simple, mériterait une longue méditation personnelle et collective.
Par ailleurs, à cette notion centrale de justice est associée pour l’ensemble des ces trois degrés, la notion d’humilité. Ce qui signifie que justice et humilité doivent être associées dans nos manières d’être et de penser.
En effet s’il y a mansuétude du roi Salomon au 9e degré, il y a aussi humilité de sa part dans l’acte de pardonner à Jhaoben. En effet si la mansuétude est le fait du prince, l’humilité dans le jugement qui conduit au pardon, place le roi Salomon dans son humanité partagée avec les autres FF
. Il est roi et il est homme.
L’acceptation au 10e degré d’être tiré au sort, pour accomplir son devoir et non d’être désigné par cooptation ou élection, ce qui pourrait flatter notre ego est le signe que nous sommes tous égaux au regard du devoir à accomplir et que nous devons promouvoir l’humilité comme valeur fondamentale de la classe des Élus. Le tirage au sort associe dans son principe égalité, justice et humilité par des liens très forts.
Et cette valeur est à nouveau affirmer au 11e degré car là, notre devoir est d’accepter d’être tiré au sort pour être récompensé ou ne pas l’être alors que nous avons accompli les mêmes épreuves avec succès. Nous nous éloignons ici de la notion de mérite qui est dû et qui doit déboucher sur une reconnaissance identique. Nous sommes ici sur le plan initiatique et non dans le monde profane. Et l’on peut se demander où se situe la vraie récompense ? Ne va-t-elle pas à ceux à qui aucune récompense matérielle n’est donnée, mais qui bénéficient d’une épreuve supplémentaire pour progresser sur la voie initiatique par un travail plus profond encore sur leur ego mis ici à rude épreuve.
Peut être est-ce cela la vraie récompense ?
On peut aussi retenir qu’ils sont trois FF
, comme il y eut trois mauvais compagnons. Ne seraient ils pas, ces trois FF
le symbole des trois vertus opposées à ces trois vices ? A savoir : la connaissance opposée à l’ignorance, la tolérance opposée au fanatisme, la franchise opposée à l’hypocrisie ?
Et s’ils sont tirés au sort parmi les quinze FF
pour ne pas participer au Grand Chapitre des Elus des douze, c’est que chacun des quinze pouvait symboliquement incarner l’une ou l’autre de ces vertus ?
Symboliquement la règle du tirage au sort, les place sous le niveau. Cette règle c’est aussi, l’équité que symbolise l’équerre. Mais comme chacun de ces FF
est passé de l’équerre au compas au 4e degré, ils savent tracer la courbe idéale de leur comportement. Ils ont acquis la maîtrise d’eux-mêmes. , nous la verrons tout à l’heure, elle est confirmée par l’autre titre du grade : Sublime Chevalier Elu.
Quant aux douze FF
choisis par le sort pour participer au grand chapitre, ils sont appelés à d’autres tâches, notamment, non plus à continuer la construction du temple interrompu au 9e mais à prélever l’impôt au nom de Salomon, ils ne sont plus des constructeurs. Il s’agit, nous dit Raoul Berteaux d’une modification complète qui est ainsi proposée au néophyte.

Ayant ainsi rapidement développé ce commentaire sur l’enseignement initiatique du 11e degré, je voudrais dire quelques mots à propos de sa seconde dénomination ; Sublime Chevalier élu
En effet c’est la première fois que le titre de chevalier est attribué et c’est aussi la première fois que la qualité de sublime est associée. Il n’est pas indifférent que nous en disions quelques mots.
On sait que l’idéal du chevalier peut se résumer à un accord de loyauté absolue envers certaines croyances ou valeurs et des engagements sans faille auxquels il soumet toute sa vie.
Le chevalier est maître de sa monture, mais il s’agit moins de son cheval que de son propre moi. Il a acquis cette maîtrise qui lui permet d’adapter ses moyens aux buts poursuivis. Le chevalier n’est pas un souverain mais un servant. Il se réalise par l’action pour une grande cause.
Mais il est clair qu’ici, à notre niveau, le symbole du chevalier s’inscrit dans le sens d’une spiritualisation du combat.
Au terme de chevalier est associé le qualificatif de sublime. Il n’est pas indifférent de préciser que cet adjectif de sublime vient du terme sublimer qui est un terme alchimique dont on a trouvé trace écrite vers 1314.
Sublime signifie qui est placé très haut, qui est au premier rang et qui mérite admiration et dont le mérite est immense et qui fait preuve d’une vertu exceptionnelle…
Avant d’achever ce rapide commentaire sur le sens initiatique de ce grade je voudrais poser sans donner de réponse ces questions.
• Qui n’a jamais, éprouvé en lui cette pulsion de mort l’envahir en regard d’une agression ?
• Qui n’a jamais eu envie de se venger ?
• Qui n’a jamais éprouvé le désir de punir de façon radicale des actes délictueux, la mort seule pouvant rendre justice ?
• Qui n’a jamais éprouvé dans son ego, ce sentiment de fierté ou d’orgueil d’avoir été élu, choisi ?
• Qui n’a jamais manqué d’esprit de justice et d’humilité ?

Je répondrai personnellement que ces sentiments me traversent et qu’il me faut maîtriser ma monture, que rien n’est définitivement acquis même si au niveau des apparences cela n’est pas directement visible. Ne nous arrive-t-il pas de donner le change ?
Il est difficile d’atteindre le 11e degré de notre cheminement initiatique. On tend vers le sublime chevalier élu.
Qui peut dire qu’il vit pleinement ce grade ?

Décoration du temple
Le Temple est tendu de noir parsemé de coeurs enflammés, il y a 12 lumières : 3 au Nord, 3 1 au Sud, 3 à l'Orient et 3 à l’Occident. (Certains rituels donnent 24, lumières.)
La Loge prend le titre de Grand Chapitre il ne peut y siéger que douze Elus. Le Président, représente Salomon et s'appelle. Trois Fois Puissant. Au lieu de Surveillants, il y a un Grand Inspecteur et un Maître des Cérémonies.
Mémento
Signe.
Croiser les bras sur la poitrine, les mains fermées, les pouces levés.
Attouchement.
Se présenter mutuellement le pouce de la main droite, les autres doigts fermés ; l'un saisit le pouce de l'autre et lui renverse le poignet trois fois en disant alternativement: BERITH NEDER EMOTH SCHEL. Prendre la main droite du Tuileur et lui frapper trois coups avec le pouce sur la première phalange du médius.
Mot sacré. ADONAI
Mot de passe. STOLKIN.
Batterie. Douze coups égaux.
Age. Cube de 3, soit 27 ans.
Insignes. Cordon noir de gauche à droite ; on y brode trois coeurs enflammés ou la devise : « Vincere aut mori « ,
Bijou : poignard d'or à lame d'argent ; tablier blanc doublé et bordé de noir, une poche au milieu sur laquelle est une croix rouge.
Heure du travail. - Pour ouvrir 12 heures ; pour fermer : le point du jour.

Morale du grade
Les FF
dignes, tôt ou tard reçoivent leur juste récompense.

Source : http://emsomipy.free.fr

 

Partager cet article

Commenter cet article