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Hauts Grades

Étude de 10e grade dit de l'élu des Quinze ou de lillustre élu des Quinze

12 Juillet 2012 Publié dans #hauts grades

L’argumentation sur laquelle repose le rituel d’initiation au 10e degré Ceci est le récit résumé par Raoul BERTEAUX pages 229
« Deux meurtriers de Hiram Abi quittèrent la montagne à l’est de JOPPA et s’enfuirent à GATH, cité des philistins. Ben-Gabel, un des élus fit reconnaître leur retraite. Salomon, envoya 15 élus, avec une lettre à Maakah, roi tributaire de Gath. Cette lettre fut confiée à Zerbal qui prit le commandement des quinze élus.
Zerbal, Stolkin et Jhaoben pénétrèrent dans la carrière où s’étaient réfugiés les deux meurtriers et les capturèrent. Les meurtriers furent ramenés à Jérusalem pour y être jugés. Ils furent emprisonnés dans une tour dénommée Achizar. Ils furent condamnés, pendus, décapités, tandis que leurs corps furent ouverts de haut en bas, leurs têtes avec celle du troisième meurtrier furent exposés aux portes du sud, de l’ouest et de l’est de la cité »

Tentons maintenant un commentaire sur le contenu symbolique de ce récit historico mythique.
Le 10e degré est le deuxième acte d’une pièce en trois actes. Le premier acte fut un acte de vengeance accompli dans la précipitation, le souci de bien faire. Jhaoben est allé au-delà de ce qui lui était demandé. Alors qu’un acte de justice était requis, il
a accompli un acte de vengeance. Mais en fin de compte, il bénéficie de la clémence de Salomon. C’est la deuxième fois que Jhaoben s’abandonne à ses pulsions et bénéficie de la clémence de Salomon. Cela ne signifie-t-il pas que Jhaoben n’est pas considéré comme pleinement et consciemment responsable de ses actes ?
Il y serait poussé par des forces intérieures, ses pulsions inconscientes le dominent. Il faut qu’il apprenne à les reconnaître et à les dominer. S’il bénéficie, lui, de la clémence de Salomon c’est que cette clémence est en quelque sorte un acte de justice car elle témoigne d’une compréhension en profondeur de la motivation réelle de l’autre.
Le deuxième acte mis en oeuvre au cours du 10e de gré est un acte de justice dont la cruauté peut et doit nous interroger. Certes les deux meurtriers sont jugés. Ils sont attachés à un poteau, on les étripe, on les expose ventre ouvert, on les décapite. C’est-à-dire on sépare la tête du corps non seulement par pitié mais aussi afin de séparer la tête du corps afin de montrer que la tête est le lieu de la pensée qui a conduit le corps à commettre ces actes. On expose les têtes aux diverses portes de la cité afin que tout le monde le sache, en signe d’exemplarité. Que peut bien vouloir signifier ce récit quelque peu barbare ? Faut-il que nous en restions à l’apparence du récit ou que nous allions voir ce que symboliquement il veut nous signifier d’accomplir par nous-mêmes, en nous-mêmes ?
Là est la problématique de l’initiation.

Nous aborderons en six points le contenu symbolique de ce récit.

1 - Nous savons que depuis notre initiation au grade de maître les trois meurtriers d’Hiram Abi sont symboliquement trois de nos vices redoutables à savoir : l’ignorance, le fanatisme et l’hypocrisie. Trois vices contre lesquels nous sommes amenés à lutter depuis le 3e degré afin de nous en préserver et/ou de nous en défaire. Si cette lutte semble au cours du 4e au 8e degré avoir été mise en sommeil, les 9e et 10e degrés rappellent ces trois vices violemment à notre attention.
La violence du récit historico mythique est là pour nous choquer, nous bouleverser quelque peu afin de nous remettre au travail. Le rituel signifie en quelque sorte que rien n’est peut-être jamais acquis définitivement. La violence ici est d’ordre psycho-pédagogique pour nous remettre, voire pour nous mettre en EVEIL.

2 - Au premier acte, le premier meurtrier s’était caché dans une caverne. La caverne est l’un des symboles de l’Inconscient.
C’est le lieu du refoulement. Le sentiment de culpabilité est lui-même refoulé, le meurtrier dort tranquillement au fond de la caverne. La symbolique de la caverne et de sa pénétration représente l’exploration du moi primitif, archaïque, refoulé dans les profondeurs de l’être.
Et la violence des faits relatés au cours du premier acte traduit ce qui nous attend aussi dans ce combat que nous devons opérer pour ramener ces motivations inconscientes à notre conscience.
Il y a des motivations inconscientes et terribles qui sont à la source de ces trois vices qui sont l’ignorance, le fanatisme et l’hypocrisie.
Et les symboles tels que l’eau vive qui vient des profondeurs de la terre et la bougie allumée dans les ténèbres de la caverne sont au 9e degré des symboles signifiant la dualité fondamentale des ténèbres et de la lumière. Cela signifie qu’au coeur des ténèbres, au coeur de la terre se trouvent les sources de la lumière. Au coeur de l’inconscient se trouvent les racines d’espérer pour peu que nous
nous efforcions de boire à la source ou qu’une petite lumière s’allume au fond de nous et nous éclaire sur nous mêmes

3 – Au deuxième acte c’est à dire au 10e degré, les deux meurtriers survivants ont trouvé refuge dans une carrière. Il ne s’agit plus d’une caverne, ce lieu naturel dans les profondeurs de la terre. Ce lieu, creusé par les forces telluriques et intemporelles en regard de la vie d’un homme, symbolise le lieu même de la nature humaine, profonde et archétypale dont nous n’avons pas conscience.
Au 10e degré il ne s’agit plus d’une caverne mais d’une carrière, c’est à dire d’un lieu de la terre où l’on extrait de la pierre à ciel ouvert. Nous ne sommes plus dans les profondeurs de le terre, dans les ténèbres de l’inconscient, nous sommes à la surface de la terre, ce que les profondeurs de la terre ont porté à sa surface. Ce qui est donc à la surface de l’inconscient et qui est de ce fait apparent et visible. Nous sommes donc au niveau du conscient, de ce qui n’est pas tout à fait caché.. Nous sommes en un lieu où l’on travaille, un lieu où l’on creuse à ciel ouvert, dans la lumière. Un lieu d’accès facile et au regard de tous. Symboliquement, c’est l’image que nous voulons donner de nous-mêmes aux autres. Et c’est cette image qui peut être aussi un refuge.
Qu’est ce qui se réfugie derrière le masque de nos apparences ? Le mythe développé par le 10e degré nous invite à débusquer ce qui pourrait se cacher derrière l’image que nous voulons donner de nous-mêmes.
C’est donc dans une carrière que deux des trois meurtriers ont trouvé refuge. Ils sont là apparemment cachés mais le récit historico mythique nous fait comprendre qu’ils peuvent être facilement débusqués. Car se cacher au fond d’une caverne comme le fit le premier meurtrier nous conduit aussi au mythe de Caïn qui ayant tué Abel pense trouver la paix de sa conscience au fond
de la terre mais comme l’écrit Victor Hugo « l’oeil était dans la tombe et regardait Caïn ».
Mais ici le meurtrier dans sa caverne dort paisiblement. Il se cache non pas de sa conscience mais de la justice des hommes. Mais se cacher dans une carrière c’est autre chose. Peut être que ces deux meurtriers ne se sont cachés là que pour donner le change, qu’ils sont revenus sur un lieu de travail comme pour être vus à un moment ou à un autre ?
Il y aurait là, le faire semblant, se cacher avec le désir secret et inconscient d’être pris. N’y aurait-il là chez ces deux meurtriers d’Hiram, comme un sentiment ténu et inconscient de culpabilité qui fait qu’au fond de la nature humaine la plus noire se trouverait une petite lumière susceptible de conduire l’être à sa propre rédemption en attendant qu’une oeuvre de justice s’accomplisse. Cela ne signifierait-il pas sur un plan philosophique et moral que nous ne devons pas désespérer de l’homme ?

Ainsi donc, derrière le masque de nos apparences, peuvent se cacher quelques travers qui peuvent en conscience être facilement débusqués afin de les éliminer alors que d’autres seraient bien plus profondément enfouis. Mais il y faut, nous fait comprendre le récit, une expédition, un travail avec ses frères, c’est à dire un travail en loge de perfection qui consiste à développer des actes de pénétration en soi par soi. C’est ce qui fait au 9e et 10e degré du poignard bi-métallique à lame d’argent et manche d’or, le symbole fondamental.
En effet, le poignard est une arme de pénétration. Cette arme au 9e degré est le symbole de l’intuition fulgurante, incontrôlée qui pénètre au plus profond de nous-mêmes jusqu’à réveiller dans les douleurs les forces primitives qui dorment en nous, jusqu’à les frapper dans le noir de l’inconscient en les amenant mortes à la lumière de la conscience et cela indépendamment d’un acte
de conscience réflexive et contrôlée.
Cette arme est au 10e degré, fort de l’expérience acquise au 9e degré ou l’erreur d’avoir frappé les forces primitives fut reconnue et pardonnée, cette arme symbolise donc au 10e degré l’acte réflexif, mesuré, contrôlé qui amène ces forces primitives dans la pleine lumière de la conscience pour y être analysées, jugés et frappées. La pénétration est devenue au 10e degré un acte de l’esprit par lequel on accède à la compréhension et à la connaissance libératrice.
Cela signifie que l’on reconnaît cette réalité psychologique en nous, qu’on l’accepte, qu’on la ramène au niveau conscient, dans la pleine lumière, voire mêmes sous le regard de ses frères surmontant ainsi le complexe de culpabilité.
Souvenons-nous du complexe de Trophonius que nous avons abordé au 9e degré. Après le complexe d’Oedipe, c’est peut être l’un des plus important et peut être des moins connus. Et pourtant il nous habite.

4 – Le récit historico mythique met en oeuvre une justice qui nous apparaît bien barbare.
Nous sommes ici symboliquement ramenés en un temps mythique où la tradition voulait que les puissances vaincues fussent cruellement punies.
Cela signifie qu’il nous faut violemment lutter contre ces forces en nous. Symboliquement ce mythe est un mythe de Libération de Soi par accès à la Connaissance de Soi. Mais il est vrai que cette libération de soi peut être douloureuse et nous faire souffrir. Mais si au 9e degré cette libération de soi semble accomplie dans la solitude de l’être et par l’être lui-même, au 10e degré cette libération de soi s’accomplit avec les autres. Deux frères dans le récit accompagnent Jhaoben et c’est à trois qu’ils arrêtent les deux meurtriers et douze autres membres les accompagnent. C’est donc par soi et en communion avec les autres que l’on peut le mieux accéder à la connaissance de soi et surmonter le complexe de culpabilité de ne pas avoir fait ce que l’on devait faire en son temps et d’être ainsi libéré de ce qui entravait jusqu’alors notre progression sur le chemin de l’initiation, sur le chemin du perfectionnement de soi, quittant ainsi la classe des maîtres pour la classe des élus et la récompense qui nous attend symboliquement au 11e degré.

5 – Arrivés à ce point de notre commentaire nous pourrions méditer sur le terme d’Elu d’autant qu’il ne s’agit ni au 9e degré ni au 10e degré d’une véritable Election mais d’un tirage au sort.
Elu vient du latin eligere qui veut dire choisir, qui vient lui-même de elegere qui veut dire lire.
En fait, le choix des frères devant accomplir cette tâche, est soumis à une lecture du hasard comme s’il y avait une prédestination à l’accomplissement de ce devoir. Il n’y a pas acte de candidature, il n’y a pas élection, il n’y a pas vote, il n’y a pas plébiscite. Il n’y ni boule blanche ni boule noire. Il y tirage au sort. Ce groupe de frères au 9e et 10e degrés et nous verrons aussi au 11e degré, est élu par la force des choses, par la force du destin en quelque sorte.
Cela signifie que tous ces maîtres qui sont 90 et plus, que Salomon avait réunis et qui participent au tirage au sort, tous ces maîtres sont en droit aptes à remplir cette tâche et leur désignation ne s’opère pas par cooptation. Ils sont de ce fait tous à égalité en regard de la tâche à accomplir et devant le hasard qui a la responsabilité de la désignation qui n’est pas formellement
un choix.
On est élu des neuf ou des quinze, parce que le hasard nous désigne, pour que, par cette tâche nous nous accomplissions et si c’est par tirage au sort c’est pour que nous sentions moins l’effet d’une élection qui pourrait flatter notre ego, que l’effet d’une volonté qui s’impose à nous, d’une volonté qui n’est pas incarnée, d’une volonté qui quelque part peut être, préfigure celle
supposée du Nom Ineffable d’un grade à venir en loge de perfection. En d’autres termes c’est promouvoir l’humilité comme une valeur fondamentale de la classe des élus.

6 - La présence de Jhaoben, au 6e degré et au 9e degré personnifie à mon sens le lien symbolique que nous devons gérer entre les nombres 9 et 6.
Symboliquement l’ajout aux neuf frères composant le groupe des élus des neuf de six nouveaux frères tirés au sort pour former le groupes des élus des quinze nous fait penser à la germination par le bas (le nombre 9) à la germination par le haut (le nombre 6) puisque la somme des chiffres composant 15 est égal à 6.
Une nouvelle épreuve va donc s’ajouter à la première, un passage va s’opérer en Jhaoben parce que va germer en lui, avec l’aide des autres, le grain de l’esprit après que celui de la matérialité la plus brute se soit exprimée au 9e grade. C’est cette réalisation que nous devons opérer en nous, assurer ce passage de l’équerre au compas, de la matière à l’esprit. L’initiation au grade des élus des quinze n’est-elle pas une nouvelle possibilité offerte de germination par le haut ?
Voici rapidement approché le contenu symbolique du récit historico mythique du 10e degré que nous avons ici et là relié à celui du 9e, car ces deux grades sont intimement interdépendants.

Voyons brièvement les aspects du rituel GLOTON qui est celui de notre atelier de perfection.
« Pour les réceptions, il ne peut y avoir plus de quinze élus dans le chapitre ; le surplus se tient au dehors. Le candidat est conduit dans la loge après avoir été interrogé sur le grade précédent. Ben Gabel vient annoncer qu’il a découvert les traces des deux fugitifs. Il est procédé au tirage au sort pour désigner sis élus qui de joindront aux neuf déjà désignés de façon à constituer un groupe de quinze élus le maître des cérémonies représentant Zerbal, accompagné du candidat et des autres membres du groupe, quittent le chapitre. Après un simulacre de combat au cours duquel les deux meurtriers sont arrêtés, le groupe des quinze revient. Les membres du groupe sont reçus au sein d’un ordre nouveau appelé Elus des Quinze ».

Décoration du temple
Le Temple est tendu de noir semé de larmes rouges et blanches, 15 lumières l'éclairent, 5 à l'Est devant le Président. 5 devant chaque Surv
.
L'assemblée se nomme Chapitre. - Le Président se nomme Très Illustre Maître, le 1er Surv
, Inspecteur ; le 2e Surv
, Introducteur.
Il ne peut y avoir plus de 15 Elus lors des réceptions, le surplus se tient en dehors.
Le Chap
se tient dans le salon d'audience de Salomon.
Mémento
Signe. – Demande. - Se porter le poignard sous le menton et le descendre le long du ventre
comme pour se l'ouvrir.
Réponse. - On fait le signe d'app
ayant le poing fermé le pouce levé.
Attouchement. – S’entrelacer réciproquement les doigts de la main droite.
Mots sacrés. - ZERBAL. - Réponse: BENAIAH.
Mot de passe. - ELIHAM.
Heure. - Pour ouvrir : cinq heures du matin ; pour fermer : six heures du soir.
Marche. - Quinze pas triangulaires.
Batterie. - Cinq coups égaux.
Insignes. - Tablier blanc doublé et bordé de noir ; au milieu, la ville de Jérusalem avec trois
portes surmontées de trois tètes sur des piques ; cordon noir (de gauche à droite, au bas trois têtes
brodées ; bijou : un poignard.

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