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Hauts Grades

Étude du 6e degré dit de Secrétaire Intime ou Maître par curiosité.

7 Juillet 2012 Publié dans #Rites et rituels

Avant toute chose et pour mieux comprendre, c'est-à-dire prendre avec nous et en nous, ce qui viendra ensuite voyons l’argument sur lequel repose le rituel d‘initiation au 6e degré. Cet argument est extrait du livre des Rois (chapitre 9 versets 11 à 13)

Voici ce qu’en rapporte le livre de Raoul BERTEAUX.
« La réunion se tient dans un appartement privé du palais du roi salomon. Ce dernier se prépare à transférer à Hiram, roi de Tyr, les vingt cités de Galilée promises en reconnaissance de l’assistance reçue de Hiram Abi pendant la construction du temple. Cependant Hiram, roi de Tyr, sous la conduite d’Adoniram (c'est-à-dire le Trois Fois puissant respectable maître qui préside la loge des maîtres parfaits) a déjà fait un tour d’inspection et a trouvé que les cités étaient en mauvaises conditions et que les terres avoisinantes étaient désertiques.
Il se précipite à Jérusalem et sans être annoncé, entre dans la pièce où Salomon est seul, en méditation au sujet des problèmes posés par la mort du maître Hiram Abi. Hiram roi de Tyr en colère formule des reproches violents à Salomon qu’il accuse d’avoir trahi sa promesse.
JHAOBEN (qui signifie en hébreu fils de Dieu) un assistant du roi Salomon a vu entrer Hiram roi de Tyr et est devenu inquiet concernant la sécurité de son maître. Il se place derrière la porte entr’ouverte pour écouter ce qui se trame. Hiram le démasque et demande qu’il soit exécuté immédiatement comme espion. Jhaoben est arrêté.
Salomon explique à Hiram qu’il entre dans ses intentions de rebâtir les cités et d’envoyer des cultivateurs pour aménager les terres. La confiance et l’amitié sont rétablies ; les deux rois conviennent de signer un nouveau traité d’alliance. Jhaoben est rappelé, pour sa défense, il explique les raisons de son inquiétude au sujet de la sécurité de son maître. Sa plaidoirie est acceptée et Hiram suggère de le nommer Secrétaire Intime des deux rois et de le charger de rédiger le nouveau traité d’alliance »

Il est clair qu’il faut entendre secrétaire au sens étymologique à savoir confident rattaché à une personne de haut rang : le dépositaire des secrets. L’épithète qui lui est associé à savoir intime vient du latin intimus qui signifie qui est le plus en dedans, qui est au coeur.
Le secrétaire intime est donc le dépositaire des secrets les plus vitaux, les plus imprenables, les plus inviolables.

Mais le rituel ajoute afin de nous monter que nous sommes toujours dans le cadre de l’enseignement des maîtres maçons qui participent aux travaux interrompus par la mort d’Hiram Abi du 4e au 8e degré, que le 6e degré du secrétaire intime est aussi appelé le degré du maître par curiosité parce que Jhaoben a su se monter curieux à bon escient afin de veiller à la sécurité de son roi. Il écoutait non pas pour espionner, pour en tirer un bénéfice personnel ou pour une autorité autre mais par crainte de quelque chose de préjudiciable à la sécurité de son roi. Et par cette curiosité à valeur positive, il a été mis dans le secret des choses et élevé au grade de secrétaire
intime c'est-à-dire de dépositaire des secrets les plus inviolables.

Symboliquement ce 6e degré nous indique que seule une curiosité maîtrisée peut nous conduire à prendre conscience que nous sommes tous dépositaires des secrets les plus inviolables. Il ne s’agit pas de secrets exotériques qui requièrent pour l’essentiel de la discrétion et du silence mais de secrets ésotériques, signes d’une alliance profonde en nous-mêmes et avec nous-mêmes et intransmissibles.
La décoration de la loge

Cette loge représente la salle d’audience des maîtres dans le palais de Salomon. Cette loge a deux maîtres SALOMON roi d’Israël et HIRAM roi de Tyr. Elle a aussi deux officiers : un capitaine des gardes et un lieutenant.

Selon le mémento d’Edmond GLOTON :

La loge est tendue de noir avec des larmes blanches,
Elle est éclairée par trois chandeliers à neuf branches soit vingt sept lumières,
Il y a une table sur laquelle sont posés deux épées nues et un rouleau de parchemin. Dans les réceptions, il n’y a que les deux rois, les autres FF
restent dans le premier appartement et figurent les gardes de Salomon et s’appellent maîtres parfaits. Salomon et Hiram
portent une longue robe bleue avec un manteau royal de la même couleur doublé d’hermine, ils ont la tête ceinte d’un bandeau royal.
Les gardes portent un sautoir cramoisi auquel sont suspendus trois triangles entrelacés. Ils portent aussi un tablier blanc doublé et bordé de rouge avec sur la bavette un triangle d’or.

Première remarque :

Nous ne sommes plus dans le temple, nous sommes dans le palais de Salomon dans une salle d’audience et cette salle est tendue de noir avec des larmes blanches traduisant le deuil profond dans lequel la mort d’Hiram Abi a mis Salomon. Nous sommes donc dans un lieu royal mais non sacré.

Deuxième remarque :

La loge est présidée par deux chefs. L’un représente Salomon, l’autre Hiram roi de Tyr. Ils sont seuls. Symboliquement, le nombre deux est ici présent : symbole d’opposition, de conflit, il est le chiffre des ambivalences, du dualisme, des antagonismes. Deux est aussi le principe moteur sur la voie de l’individualisation. Les symboles binaires dans toutes les traditions sont à l’origine de tout
mouvement.

Troisième remarque :

Les deux rois sont habillés de façon identique. Le manteau fait partie des attributs royaux, revêtir le manteau c’est indiquer le choix de la SAGESSE, confère le manteau du philosophe. C’est indiquer que l’on assume une dignité, une fonction dont le manteau est l’emblème.
Ils portent tous les deux un bandeau royal autour de la tête. Le bandeau traditionnellement et pas seulement en maçonnerie, lorsqu’il est placé sur les yeux est un symbole d’aveuglement ou sur un plan ésotérique de retrait en soi même. Ici le bandeau est autour de la tête en qualité de symbole royal signifiant qu’ils ont reçu la lumière et qu’ils sont aptes à regarder le monde avec SAGESSE et AMOUR sans préjugés. Le bandeau ainsi placé symbolise en quelque sorte la couronne qui est l’emblème d’un pouvoir, d’une dignité, d’une royauté mais il s’agit d’un bandeau royal et non d’une couronne qui elle, affirme une souveraineté absolue par le fait qu’elle repose sur le sommet de la tête. Ce n’est pas le cas ici, le bandeau est autour de la tête. L’un comme l’autre doit progresser.

La couleur bleue, de leur robe et de leur manteau royal bordé d’hermine, est la plus profonde des couleurs, le regard s’y perd à l’infini. Il en est ainsi pour le bleu du ciel, de l’eau. Il est associé à l’idée de transparence.

En transposant au plan métaphysique, le bleu n’est pas de ce monde, il suggère l’idée d’éternité, hors des choses humaines. Le bleu n’est pas seul ici, il est associé au blanc et forme de ce fait un symbole associatif. Le bleu et le blanc sont des couleurs mariales, elles expriment la pureté par le détachement de valeurs de ce monde. Il s’agit ici du blanc de l’hermine ; ce carnassier au poil blanc immaculé dont la robe symbolise la pureté dans la conduite, dans l’enseignement et la justice, signifie la pureté morale. Continuons notre méditation sur la symbolique des couleurs. Les gardes portent un sautoir cramoisi auquel sont suspendus trois triangles enlacés et un tablier blanc doublé et bordé de rouge avec sur la bavette un triangle d’or.

Le rouge est ici le rouge solaire diurne. C’est un rouge clair, mâle, incitant à l’action. Il est l’image de l’ardeur, de la forme impulsive et généreuse de l’Eros libre et triomphant. C’est le rouge guerrier, le rouge de la conquête. Il symbolise la force combattante et triomphante contre les forces du mal. Il signifie toute l’ardeur que nous devons déployer pour aller de l’avant vers la
connaissance.

Le rouge est ici associé au blanc du tablier, ces deux couleurs associées réaffirment qu’il s’agit du rouge solaire exprimant avec éclat voire avec violence l’ardeur, la force impulsive, la générosité, le triomphe, la beauté. Par cette association du rouge et du blanc en termes de symbolique hermétiste ce 6e degré évoque le passage de l’oeuvre au noir à l’oeuvre au rouge. En effet, nous le verrons, c’est à partir de ce degré que le rouge solaire devient la couleur principale jusqu’au 8e degré.

Sur la table sont déposées deux épées nues et un rouleau de parchemin. Ces deux épées, symbole de la puissance et de la sagesse de ces deux rois ne sont pas au fourreau c'est-à-dire remisées dans les ténèbres de l’IGNORANCE. Ces deux épées sont l’image d’un caractère bien trempé, capable de traverser toutes les situations. Le fourreau dont on ne parle pas, puisque les épées sont nues, c’est un segment de vide sur lequel la matière n’a pas de prise et la lame de l’épée qui par homophonie est l’âme (lame) de celui qui la porte est à nu devant nos yeux.

Ces deux épées sont un symbole associé à l’idée de lumière, de luminosité donc à la connaissance. Elles sont visibles et déposées aux yeux de tous symbolisant l’état de paix auquel conduit la connaissance.

Le rouleau de parchemin est une peau d’animal préparée spécialement pour l’écriture. L’animal, en tant qu’archétype représente les couches profondes de l’inconscient et de l’instinct.

C’est l’ensemble des forces profondes qui nous animent et en premier lieu la libido. Le parchemin symboliserait ici les couches secrètes et profondes de l’inconscient. Et cet inconscient est préparé pour l’écriture, c'est-à-dire pour une forme dégradée de la
parole. L’écriture n’existe que depuis 6000 ans, elle symbolise en fait une perte de présence. Elle est un symbole de la parole absente comme un effort pour se réapproprier symboliquement la présence.

Le fait qu’il s’agisse d’un rouleau qui peut donc être roulé ou déroulé correspond aux deux mouvements d’involution et d’évolution, aux deux aspects ésotériques et exotériques de la connaissance, à l’alternance du secret et de la révélation, du non manifesté et du manifesté. Il s’agit donc symboliquement d’un engagement à se réapproprier la parole absente, la parole perdue.

Nous venons très rapidement de présenter le lieu des travaux qui n’est plus un temple mais une salle d’audience. A l’ouverture des travaux les rois sont deux. Le triangle est rompu par la mort d’Hiram Abi. Il est donc dit que « le mot est perdu ». Ce n’est pas un mot, comme un objet qui serait perdu mais un processus qui est interrompu qui a cessé de fonctionner. Le triangle est rompu, cette rupture signifie la fin de la créativité. La salle est donc tendue de noir.

L’enseignement symbolique du 6e degré concerne la restructuration du modèle ternaire. A cet effet le néophyte élevé au grade de secrétaire intime prend le rôle du troisième personnage Jhaoben et devient le troisième pôle du ternaire reconstitué. Le processus relationnel interrompu peut à nouveau fonctionner.

Le synthème géométrique du grade est formé par un groupe concentrique de trois triangles équilatéraux. La salle d’audience de Salomon est éclairée par vingt sept lumières, par trois chandeliers à neuf branches, vingt sept est la puissance trois de trois. Le nombre trois étant le nombre créateur par excellence, son carré représente la création multipliée c'est-à-dire l’universalité des êtres et des choses, c’est les sens du novénaire qui est ainsi affirmé par trois fois.

Le mémento du grade

le signe : la main droite à l’épaule gauche, la descendre ensuite sur la hanche droite,
la réponse au signe : croiser les bras horizontalement à la hauteur de la poitrine puis la laisser tomber à la poignée de l’épée, en levant les yeux au ciel,
l’attouchement : se prendre mutuellement la main droite, le premier en la retournant dit BERITH (c’est à dire alliance) , le second la retourne et dit NEDER (c'est-à-dire promesse) , le premier la retourne encore et dit SCHELEMOTH (c'est-à-dire protection). Ce synthème dans notre rituel est offert à la méditation du néophyte.
le mot sacré : JEHOVAH,
les mots de passe : JOHABEN nom donné au récipiendaire ou JHAOBEN et ZERBAL le nom du capitaine d’Hiram,
la batterie : vingt sept coups c'est-à-dire trois fois neuf.

La morale du grade

Respectons les secrets de nos frères en évitant qu’on les découvre, qu’on les divulgue.

En conclusion

Le titre de Secrétaire Intime signifie que nous devons être intimement convaincus que nous sommes chacun pour nous-mêmes, le dépositaire de secrets qui sont au coeur de nous-mêmes et à ce titre est associé de deuxième titre celui de Maître par curiosité qui signifie que nous devons passer maîtres de nous-mêmes par l’exercice de notre curiosité à l’égard de nous-mêmes.
Ces titres de secrétaire intime ou maître par curiosité ne font qu’un.

Source : http://emsomipy.free.fr/

 

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