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Hauts Grades

Étude du 7e degré dit du Prévôt et Juge ou Maître Irlandais

7 Juillet 2012 Publié dans #hauts grades

Avant d’aborder la symbolique de ce 7e degré, voyons l’argument sur lequel repose le rituel d’initiation au 7e degré dit du Prévôt et Juge ou maître irlandais. Nous sommes toujours jusqu’au 8e degré sur le thème de la construction du temple et l’enseignement qui est développé jusqu’à ce grade est celui de la formation des maîtres maçons qui participent aux travaux interrompus par la mort d’Hiram Abi et jusqu’à la dédicace du temple.

Le récit historico mythique évoque les dispositions prises pour assurer la reprise des travaux (cf. Raoul BERTEAUX page 187) ; « le maître Hiram dirigeait un grand nombre d’ouvriers engagés pour la construction du temple et administrait la Justice parmi eux. Après sa mort,
Salomon nomma sept prévôts et juges pour assumer ces fonctions. Les juges étaient chargés d’examiner les demandes des ouvriers, d’entendre leurs plaintes et d’aplanir toutes disputes et tous différends qui surgissaient entre eux. Les prévôts étaient chargés d’examiner les plans élaborés par les architectes et de vérifier s’ils étaient conformes aux projets conçus par les grands maîtres. Les
réunions se tenaient dans la chambre du milieu du temple. Les plans des bâtiments et les comptes rendus des jugements étaient conservés dans une boite d’ébène dont les prévôts et juges avaient la clé. ».

Les noms des personnages de légendes varient selon les sources d’information. Pour ce qui nous concerne, nous appliquons le rituel d’Edmond GLOTON. Le président de la loge est TITO, prince des Harodim. Le mot TITO n’est pas d’origine hébraïque ; l’écriture ne le nomme pas, ce serait une corruption linguistique d’un mot hébreu. Ce qui est important, c’est la fonction de Prince des Harodim : signifiant président ou gouverneur. C’est ainsi que l’on nommait les trois mille six cents chefs ou préfets que Salomon avait établi sur les ouvriers du temple.

Prince n’est pas roi mais la fonction de prince symbolise la promesse d’un pouvoir suprême, la primauté parmi ses pairs, quel que soit le domaine envisagé. Il exprime les vertus royales à l’état d’adolescence, non encore maîtrisées ni exercées. C’est l’idéalisation de l’homme. En sa qualité de prince des Harodim et donc de président des présidents, il est qualifié de TROIS FOIS ILLUSTRE et les deux surveillants de la loge se nomment illustres frères.

Est dit illustre celui dont le renom est éclatant du fait d’un mérite ou de qualités extraordinaires. Il y a dans « illustre » comme une dérive de lux et lucis qui signifie LUMIERE. Donc le prince des Harodim et les deux surveillants seraient par le renom de leurs qualités des
générateurs de lumière.

Lors de l’initiation au 7e grade, le candidat est reçu au parvis. Il est admis dans la loge, arrêté par les surveillants. Il fait sept fois le tour de la loge ; pendant ces voyages il écoute des commentaires sur l’exercice de la JUSTICE. Il est interrogé au sujet de ses aptitudes à exercer la justice. Il prête l’engagement du grade, orienté principalement sur des notions de justice.

Si l’initié au 7e degré est appelé Prévôt et juge, c’est que le thème fondamental à ce grade est la JUSTICE. La fonction du juge amène le maître maçon, non seulement à porter un jugement équitable sur autrui, mais aussi à se situer lui-même dans une quête vers plus de perfection.
La fonction de prévôt consiste à examiner les plans élaborés par les architectes et à vérifier si ils sont conformes aux projets conçus. Symboliquement, nous sommes amenés à réfléchir sur les relations entre la conception et la réalisation entre les pensées et les actes.
Il s’agit donc d’une double fonction à exercer sur deux plans ; la fonction de justice sur le plan des autres et de nous-mêmes et la fonction de contrôle de l’adéquation entre nos pensées et nos actes pour autrui et pour nous-mêmes pour ce qui concerne la construction du temple de l’univers et de notre temple intérieur.

Ayant ainsi abordé la signification globale de ce 7e degré, approfondissons notre approche symbolique.

La décoration du temple

Le temple est décoré de tentures rouges et de cinq bougies, une dans chaque angle et une au milieu. Les frères portent un sautoir cramoisi, un tablier blanc, bordé de rouge, une poche au milieu avec une rosette rouge et blanche ; sur la bavette, une clé et un bijou : une clé d’or.

La batterie du grade est de cinq coups.

Ceci nous conduit à aborder : la symbolique des couleurs, celle du nombre cinq associé au synthème géométrique quinaire ou « carré pointé » et le symbole de la clé et de la boite d’ébène.

Je ne reviendrai pas sur la symbolique du rouge et du blanc que nous avons abordée pour le 6e degré. Je rappellerai que l’association du rouge et du blanc indique qu’il s’agit du rouge solaire qui incarne l’ardeur, la jeunesse, la force impulsive et généreuse. Pour l’alchimie le rouge est la couleur de la pierre philosophale, la pierre qui porte le signe du soleil. Si le grand oeuvre commence
par l’oeuvre au noir et culmine par l’oeuvre au blanc, le néophyte qui parcourt les étapes de passage est dénommé l’homme vert et l’homme rouge.

La clé à ce 7e degré retrouve la place qu’elle avait au 4e degré. Elle est à la fois sur la bavette du tablier et accrochée en bijou au sautoir ? A ce niveau il s’agit d’une clé d’or et non d’une clé d’ivoire.
Faut-il rappeler le double rôle d’ouverture et de fermeture de la clé, c’est à la fois un rôle d’initiation et de discrimination. Le pouvoir des clés permet de lier et de délier, d’ouvrir et de fermer, c’est selon la terminologie alchimique, le pouvoir de coaguler et celui de dissoudre.
Les armoiries du pape comportent deux clés, l’une d’or, l’autre d’argent qui furent aussi les emblèmes de JANUS marquant le pouvoir diurne d’une part et nocturne d’autre part.

Au plan ésotérique posséder la clé signifie aussi être initié. Elle traduit l’accès à un état, à un degré initiatique sur le chemin de la Purification et de l’initiation. Et cette clé est une clé d’or, la tradition considère l’or comme le métal le plus précieux, symbole d’absolue perfection.

Le coffre qu’est sensé ouvrir ou fermer cette clé d’or est un coffre d’ébène. L’ébène est à associer à la symbolique du NOIR et sa symbolique est donc liée à celle du passage par les ténèbres, par les enfers.
On ne peut passer outre la symbolique du coffre qui s’appuie sur deux éléments : le fait qu’on y dépose un trésor matériel ou spirituel, le fait que l’ouverture du coffre soit considérée comme une révélation. Mais ce coffre ne peut être ouvert que par celui qui en détient la clé. Car en lui est le trésor de la tradition et donc de sa transmission et de son secret. Et ce n’est que la clé d’or, la clé de perfection qui peut ouvrir le coffre afin que son contenu soit à la fois gardé au secret et révélé à ceux qui en ont la clé. Son contenu est à la fois celui de la justice des hommes et de l’idéal à construire que symbolise le plan du temple. Mais cette clé d’or n’appartient pas qu’à un seul. Sept en ont un exemplaire. Ce qui signifie que le chemin du Perfectionnement est ouvert à tous ceux qui veulent se mettre en chemin. Là est la dimension optimiste de la tradition maçonnique.

Abordons maintenant la symbolique numérique de ce 7e degré qui est toute dans le nombre cinq. Je rappelle les cinq lumières qui éclairent le temple : une dans chaque coin et une au centre et les cinq coups de maillet de la batterie (quatre plus un).

La disposition des lumières constitue un synthème géométrique important.

Les quatre lumières d’angle forment un carré ou un rectangle dont la lumière centrale est le « centre de la figure ». Il s’agit d’une disposition symbolique traditionnelle, de caractère quinaire, associant deux figures symbolisant la quaternité et l’unité.

Ce symbole associatif quinaire malgré sa simplicité de présentation offre des possibilités de développement conceptuel très complexe que nous ne pouvons qu’effleurer dans cette planche. Il s’agit de l’association de la quaternité et de l’unité qui renvoie par exemple :
Au système cosmogonique spatial :
Nord
Ouest Centre Est
Sud
Au système symbolique des éléments
Air
Terre Ether Eau
Feu
Au système symbolique architectural
Cube
Cylindre Axe parasol
Pyramide
l’axe vertical étant l’axis mindi.

A cela s’ajoutent les yantras hindous, les mandalas bouddhiques et tantriques, les systèmes symboliques quinaires, d’animaux archétypes, le système symbolique de la tradition chrétienne, etc.

Le Mémento

Signe. - Porter les deux premiers doigts de la main droite à côté du nez.
Réponse. - Porter le premier doigt de la main -droite sur le bout du nez et le pouce sous le menton.
Attouchement. - On s'entrelace les petits doigts de la main droite et l'on se donne mutuellement sept coups dans la paume de la main.
Mot sacré. - JAKINAI
Mot de passe TITO
Batterie. - Cinq coups
Age. - Quatre fois seize.
Insignes. - -Sautoir cramoisi, tablier blanc bordé rouge, une poche au milieu avec rosette rouge et blanche, sur la bavette, une clef ; bijou : une clef d'or.

Bien des éléments symboliques pourraient être médités. Nous en retiendrons deux.
Le premier concerne la réponse du 1er Ill
F à la question du TFIll
dans le rituel d’ouverture
T
FIll
: Où réside votre Maître ?
1er Ill
F
répond « Partout »
Et dans le rituel de fermeture des travaux de loge
T
FIll
D’où venez vous ?
1er Ill
F
répond « je viens de partout »

Il est clair qu’à ce 7e degré le Prévôt et juge se doit être partout. Rien dans l’espace ne doit lui échapper. : les quatre points cardinaux et le centre de notre synthème géométrique quinaire. Rien ne doit échapper à sa quête intérieure et extérieure. Il vient et va partout pour inspecter, surveiller et rendre une justice impartiale à chacun

Le deuxième élément symbolique que je retiens est celle de la réponse du 2e IllFà la question du TFIll
T
FIll dit « Quelle heure est-il ? »,
2e Ill
F
répond « C’est le commencement du jour les huit, deux et sept heures.
Il en est de même au rituel de fermeture des travaux
T
FIll dit « Quelle heure est-il 2e IllF
? »,
2e Ill
Frépond la même phrase : « C’est le commencement du jour les huit, deux et sept heures ».

C’est au 7e degré que nous relevons une heure de début et de fin des travaux qui soit exprimée de façon identique et en apparence quelque peu irrationnelle.
« C’est le commencement du jour du début à la fin des travaux et c’est les huit, deux et sept heures »

Cette symbolique temporelle semble suspendre la durée. Le temps ici n’est pas. Il suspend son vol. Il ne peut être compté. Il ne doit pas être compté par le Prévôt et Juge. Il doit en permanence à toute heure être prêt à rendre la justice.

Ainsi donc dans l’espace et le temps le Prévôt et Juge doit agir. Il ne doit ni limiter son espace d’action, ni le temps à accorder.
La justice qu’il doit ainsi rendre ne connaît pas de limites. Elle s’exerce partout et dans tous les temps.

Toute planche est inachevée et un grade nouveau ne peut qu’être effleuré.

La morale du grade

Nous devons la Justice, égale à tous les Hommes.

Source : http://emsomipy.free.fr/

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