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Hauts Grades

Étude du 9e degré dit de l'Elu des neuf

9 Juillet 2012 Publié dans #hauts grades

Le récit historico mythique évoque la recherche des meurtriers d’Hiram (cf. page 209 et 210de Raoul BERTEAUX)
« Salomon publia un édit pour faire rechercher les criminels dans tout le royaume, promettant de grandes récompenses a celui qui les amènerait devant lui.
Quelque temps après, Salomon était dans son palais, s'entretenant avec plus de 90 Maîtres, quand le Capitaine de ses Gardes lui annonça qu'un « inconnu » demandait à lui révéler un secret important. Les Maîtres furent alarmés de la facilité avec laquelle Salomon accueillit l'« inconnu ».
La conversation ne fut pas longue.
Salomon rassura les Maîtres en leur apprenant que l'« inconnu » connaissait la retraite des assassins et qu'il s'offrait à y conduire ceux qui voudraient l'accompagner.
Tous les Maîtres montrèrent un égal empressement. Le roi déclara que le sort déciderait de ceux qui iraient saisir les meurtriers. Pour que le nombre ne fut pas trop grand, il le fixa à 9 et fit mettre le nom des Maîtres présents dans une urne. Les 9 Maîtres dont les noms sortirent de l'urne furent désignés.
Les 9 Elus reçurent l'ordre de Salomon de suivre l'« inconnu » jusqu'à la caverne où les traîtres s'étaient réfugiés.
L'un d'eux, nommé Jhaoben, trouva la marche trop lente et précipita ses pas. Il arriva le premier à la caverne, située dans la montagne, au bord de la mer, près de Joppa. L'entrée de la caverne était cachée par un buisson.
L'Elu pénétra dans la caverne. Tandis qu'il y séjournait et se familiarisait avec la pénombre, il but de l'«eau vive » contenue dans un broc placé sur une table. A la lueur d'une lampe il aperçut un corps endormi. Considérant qu'il s'agissait d'un des meurtriers recherchés, il saisit un poignard et le frappa à la tête, puis au coeur. Le meurtrier de Hiram se leva furieux, mais ses blessures le firent chanceler. Il aperçut Jhaoben et s'écroula en criant avec rage « Nekam », ce qui signifie vengeance.
Les autres Elus arrivèrent dans la caverne et virent Jhaoben et la dépouille du meurtrier, dont le nom était Ab-Hiram. Ils représentèrent à leur compagnon qu'il avait transgressé les ordres de Salomon en dérobant ce traître au jugement auquel il devait être soumis. Ils pensaient que le roi ne laisserait pas impunie cette désobéissance, mais ils lui promirent d'invoquer sa clémence.
Ensemble, ils reprirent le chemin de Jérusalem.
Jhaoben se présenta devant le roi Salomon qui lui reprocha d'avoir outrepassé sa mission, mais qui lui pardonna, estimant que son zèle était une excuse ».

Commentaires

1 - Salomon après avoir fait face aux problèmes de la continuation des travaux du temple publie un édit pour faire rechercher les criminels moyennant une récompense pour qui les ramènerait. C’est une oeuvre de justice qui est ici souhaitée.

2 - Le thème de l’ « inconnu » qui demande à être introduit requiert à mon sens quelques mots de réflexion. Que signifie symboliquement « l’inconnu » : révélateur d’un secret.

Il s’agit certes dans ce récit mythique d’un personnage étranger à cette communauté de connaissants. L’inconnu vient à nous pour nous révéler un secret. C’est ce qui est inconnu de nous, qui nous fait sortir de l’ignorance, même si cet inconnu fait peur, épouvante. Et Salomon montre dans ce récit mythique qu’il faut savoir accueillir parmi nous, en nous donc l’inconnu.

Baudelaire dans son poème « la mort » dans les Fleurs du mal écrivait : « Plonger au fond du gouffre. Enfer ou ciel, qu’importe ?
Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau ! »
Et Victor Hugo dans postcriptum de ma vie écrivait « ..Toute la haute puissance intellectuelle vient de ce souffle, l’inconnu. »
En clair, c’est l’inconnu qui guide les pas des neuf élus et de Jhaoben vers la caverne… c’est ce qui est inconnu de nous et en nous qui doit nous guider.

3 – la symbolique du nombre 9
Dans la mythologie grecque ce nombre a valeur rituelle. A titre d’exemples les neuf muses sont nées de Zeus lors de neuf nuits d’amour. Léto souffre pendant neuf jours et neuf nuits les douleurs de l’enfantement. Déméter parcourt le monde pendant neuf jours à la recherche de sa fille Perséphone.
Neuf semble être la mesure des gestations, des recherches fructueuses et symbolise le couronnement des efforts, l’achèvement d’une création (cf. le dictionnaire des symboles).
Dans la symbolique maçonnique ; le nombre neuf représente dans son graphisme une germination vers le bas donc matérielle, tandis que le chiffre six représente au contraire une germination vers le haut donc spirituelle. Le nombre neuf ne serait-il pas le nombre symbolisant les recherches fructueuses dans le monde matériel, à savoir cette recherche des assassins d’Hiram.


4 - Le maître élu des neuf : Jhaoben
Jhaoben n’est pas pour nous un inconnu. Il était apparu en qualité de simple intendant de Salomon au 6e degré. En fait au 6e degré ; voulant toujours trop bien faire concernant la sécurité de son maître Salomon il écoute ce qu’il ne doit pas écouter. Il est alors perçu comme un espion mais il peut plaider sa cause et sa bonne foi. Et les deux rois Hiram roi de Tyr et Salomon le nomment secrétaire intime ou maître par curiosité et il est chargé de rédiger le nouveau traité d’alliance.
Jhaoben est maintenant devenu un maître élu des neuf. Mais là encore, il précipite ses pas, il arrive avant les autres et au lieu de faire prisonnier le meurtrier d’Hiram ou tout au moins le présumé meurtrier il le tue de deux coups de poignards. L’un à la tête, l’autre au coeur. Celui-ci meurt en criant « NEKAM » ce qui signifie vengeance.
Jhaoben a outrepassé sa mission, substituant par excès de zèle, la vengeance à l’esprit de justice.

5 - Le nom du premier meurtrier d’Hiram-Abi a pour nom Ab-hiram ce qui signifierait « qui rejette le père » ou qui immole le père (le préfixe ab en français indique au propre comme au figuré l’écart ou la séparation).

6 – La symbolique de la caverne.
Le passage dans la terre est un thème fréquemment utilisé dans l’enseignement initiatique de la FM. Je ne retiendrai pour le 9e degré de la symbolique de la caverne que celui du complexe de TROPHONIUS (cf. le dictionnaire des symboles). Car il y a plus d’un point commun avec le récit historico mythique du 9e degré. En effet la caverne est un symbole de l’inconscient et de ses dangers, souvent inattendus. L’antre de Trophonius peut être considéré comme l’un des plus parfaits symboles de l’inconscient.

Voici le mythe grec :
« Trophonius, roi d’une petite province et illustre architecte, construisit avec son frère, Agomède, le temple d’Apollon à Delphes. Le roi Hyrius les ayant ensuite chargés de construire un édifice pour ses trésors, ils ouvrirent un passage secret pou voler ses richesses ; s’en étant aperçu, Hyrius tendit un piège et Agomède fut pris. Ne pouvant le dégager et ne voulant pas être reconnu par les traits du visage de son frère, Trophonius lui trancha la tête pour l’emporter avec lui. Mais il fut aussitôt engloutit dans les entrailles de la terre. Dix ans plus tard, la Pythie, consultée pour mettre fin à une terrible sécheresse recommande de s’adresser à Trophonius dont elle indique le séjour dans un antre au fond des bois… Mais on ne pouvait le consulter qu’à travers d’effroyables épreuves. Une suite de vestibules souterrains et de grottes conduisait à l’entrée d’une caverne, qui s’ouvrait comme un trou froid, béant et noir. Le consultant y descendait par une échelle, qui aboutissait à un autre trou, d’une ouverture plus étroite. Il y introduisait les pieds, le corps y passait à grand peine ; ensuite c’était la chute rapide et précipitée au fond de l’antre. Il en revenait la tête en bas, les pieds en l’air, remonté très rapidement aussi par une machine invisible. Pendant toute la course, il tenait en main des gâteaux de miel qui l’empêchaient de toucher à la machine et et une nuit. Les incrédules ne revoyaient plus le jour. Les croyants entendaient parfois l’oracle ; revenus à la surface, ils étaient assis sur un siège nommé « Mnémosyne » (déesse de la mémoire) ils évoquaient les terribles impressions ressenties, dont ils seraient frappés toute leur vie. On disait couramment des personnes graves et tristes : elle a consulté l’oracle de Trophonius ».
«Le complexe de Trophonius, qui tua son frère pour ne pas être reconnu coupable, est celui des personnes qui renient les réalités de leur passé, pour étouffer en elle le sentiment de culpabilité.
Mais le passé inscrit au fond de leur tête ne disparaît pas pour autant. Il continue de les tourmenter, pour toutes sortes de métamorphoses (serpents, etc.) jusqu’au moment où elles acceptent de la ramener à la lumière du jour, de le sortir de l’antre et de le reconnaître comme leur appartenant. La caverne symbolise l’exploration du moi primitif, refoulé dans les profondeurs de
l’inconscient »

Ainsi donc à ce degré, l’image de la caverne est à considérer comme un modèle symbolique composé d’un ensemble d’images :
1 - Un buisson cache l’entrée de la caverne. C’est l’image de l’arbre qui plonge ses racines dans les ténèbres de la terre et déploie son feuillage vers le ciel, dans la lumière. Point n’est besoin d’insister sur ce symbole du lien vivant entre le ciel et la terre, entre la matière et l’esprit, l’inconscient et le conscient.
2 – Une bougie est allumée, c’est l’image du feu qui brûle en nous, dans les profondeurs des ténèbres inconscientes. Ce feu qui nous éclairera peut être en nous-mêmes.
3 – Un broc contient de l’ « eau vive », image de l’eau de source proche de toute caverne sacrée. L’eau vive, c’est l’eau de la vie, c’est ici en quelque sorte le symbole de l ‘eau naissante de la terre, symbole de la fécondation par absorption afin que la germination future se fasse vers la lumière. Ainsi la bougie et l’eau vive, au coeur des ténèbres de la caverne symbolisent la dualité fondamentale des ténèbres et de la lumière qui signifie qu’au coeur des ténèbres se trouvent des sources de lumière.
4 – Un poignard : il ne s’agit pas d’une épée arme symbolique du combat loyal mais d’un poignard. Cette arme est un symbole important du 9e degré en sa qualité d’arme de pénétration mais qui n’a pas la qualité symbolique de l’épée qui sépare le bien du mal. Elle pénètre ici l’esprit et le coeur dans la ténèbre et le sommeil. N’est-ce point le symbole de l’intuition fulgurante,
incontrôlée, qui soudain nous pénètre au plus profond de nous-mêmes jusqu’à la faire mourir à son existence inconsciente en l’amenant à la lumière. Le poignard est bi-métallique : il symbolise aussi la dualité. Sa lame est d’argent et son manche est d’or figurant les valeurs femelle et mâle, la lune et le soleil, le passif et l’actif, le yin et le yang, ici la connaissance indirecte et directe. Le tout en une seule arme de pénétration.
Il est donc clair que la « pénétration » est à considérer comme fondamentale au 9e degré, comme un « acte primordial », à la fois pénétration de le « terre-mère » qu’est la caverne et la pénétration du poignard dans la tête et le coeur. Nous verrons d’ailleurs que la réponse au mot sacré sera NEKAN qui signifie « a pénétré ».
La pénétration n’est-elle pas l’action de l’esprit par laquelle on accède à la compréhension, par laquelle on CONNAIT….
Voyons brièvement les aspects du rituel GLOTON qui est celui de notre atelier de perfection.

« Le récipiendaire est introduit dans le temple, il prend connaissance des raisons par lesquelles Salomon a pris la décision de poursuivre les meurtriers d’Hiram Abi. La légende du grade lui est communiquée.
Le récipiendaire est conduit dans la chambre aménagée en caverne. Il porte un bandeau sur les yeux. Selon un jeu scénique qui comporte des variantes ; il enlève le bandeau et regarde autour de lui et voit le gisant ; il boit de l’eau vive ; il saisit le poignard et frappe le gisant. Le récipiendaire est ramené dans le temple, il pénètre à pas précipités, en brandissant son poignard et en disant : justice est faite. Il lui est reproché d’avoir outrepassé sa mission, mais il est excusé en raison de son zèle. Il est procédé à la prestation de serment, puis à l’instruction du grade et à la communication des mots, signes et attouchements »

La morale du grade :

En aucun cas, la vengeance n’est permise.

Décoration du temple

Le Temple représente la salle d'audience du palais de Salomon ; il est tendu de noir -semé de flammes rouges, et soutenu par des colonnes alternativement rouges et blanches.
Il est éclairé par neuf lumières, huit en octogone autour de l'Autel, une entre l'autel et l'orient.
L'autel est tendu de noir avec deux épées croisées et un poignard.
Les FF
ont tous les jambes croisées, le coude droit sur le genou, les mains devant la tête, qui est appuyée sur l'épaule droite.
La Loge prend le nom de Chapitre ; le Président, qui représente Salomon, Très Souverain. Il y a un député de Salomon, qui est le roi Hiram et un seul surveillant, prenant la titre d'Inspecteur, représentant Stolkin. Le récipiendaire figure Johaben, chef des neuf Elus envoyés à la recherche des assassins d'Hiram.

Mémento

Signe.
Faire le simulacre de frapper au front le Tuileur, avec un poignard ; la réponse est de passer la main droite sur le front, comme pour s'assurer qu'il est ensanglanté ; Faire le simulacre de plonger le poignard dans le coeur du Tuileur en disant MAKEN (vengeance), la réponse est de porter la main au coeur en disant HAHCEN.

Attouchement. –
Présenter la main droite fermée, le pouce levé, au tuileur qui saisit le pouce avec la main droite le pouce levé. (l’on voit ainsi huit doigts et un levé, qui représentent les neuf Elus.)

Mots sacrés. - Ceux du 2e signe
Mot de Passe. - LOK, LAHOGEB ou LAKTUGAB, nom du chef du Tabernacle, favori
de Salomon.
Marche. - Il n'y a pas
Batterie. – Huit et un
Age - huit et un ans accomplis.
Insignes – Tablier blanc taché de rouge, doublé et bordé de noir, sur la bavette, un bras tenant un poignard ; cordon noir de gauche à droite, à la pointe, neuf rosettes ; bijou.- un poignard. - Salomon et Hiram sont vêtus de tuniques royales, avec une couronne sur la tête et un sceptre en main.

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