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Hauts Grades

Etudes dansl'Apocalypse : Poids, Mesure et Nombre dans l'Histoire Spirituelle de l'Humanité

14 Octobre 2012 , Rédigé par VALENTIN TOMBERG Publié dans #spiritualité

                                       LA SOURCE DE LA REVELATION DE SAINT JEAN

L'enquête sur les sources de la Révélation de St Jean a longtemps et fréquemment occupé les esprits de ceux qui se sentent concernés par la recherche extérieure terrestre. Ces sources ont été cherchées dans les traditions orales, dans les écrits apocryphes de l'ancienne Chrétienté, dans les documents et traditions de la Gnose Judéo-Chrétienne, et même dans les expériences exceptionnelles et fantastiques basées sur les phénomènes atmosphériques. Mais le contenu de l'Apocalypse lui-même se tient en opposition rigide à tous ces efforts, car dans son texte, l'explication recourt plus d'une fois à ce que l'auteur de l'Apocalypse "voyait et entendait" que ce qu'il contient "en esprit".

L'auteur de l'Apocalypse n'est jamais las de faire remarquer de manière sans équivoque que le contenu de l'Apocalypse n'a rien à faire avec l'horizontalité spatio-temporelle de la tradition, de la rumeur, ou du plagiat, mais est venue à l'existence simplement et exclusivement sur le sentier vertical de révélation du monde spirituel.

Ainsi, par exemple, le texte de l'Apocalypse commence par une déclaration précise concernant sa source, son origine, et la façon dont il a été créé : "La Révélation de Jésus Christ, que Dieu Lui a donnée, pour montrer à Ses serviteurs…et Il l'envoya et le transmit par Son ange vers Son serviteur Jean" (Rév.1:1). Dans ces mots est caractérisé de manière distincte et solennelle le sentier par lequel l'Apocalypse vint à l'existence. Sur le sentier de la descente de Dieu à Jésus Christ, de Jésus Christ vers l'Ange de la Révélation, de l'Ange vers Jean, et de Jean vers les lecteurs, les auditeurs, et chercheurs (hoi teruntes) des "paroles de cette prophétie".

Maintenant il n'est pas possible d'avoir une conception sérieuse de l'origine du document portant sur la vie spirituelle humaine sans avoir une vision sérieuse de ce document lui-même. Et ce ne serait pas vraiment prendre au sérieux le contenu de l'Apocalypse si le plus grand effort n'avait pas au moins été fait pour comprendre ce que l'auteur lui-même dit concernant l'origine de cette œuvre. Il est certainement exact que le véritable contenu de l'Apocalypse défie la recherche en manières et moyens qui en rendront une compréhension possible, mais ces manières et moyens ne doivent pas être en contradiction avec l'esprit et la lettre de l'Apocalypse. Pour approcher la question de l'origine de l'Apocalypse de ce point de vue, il sera nécessaire en premier lieu de maîtriser un obstacle qui est sûr de s'élever, consciemment ou non, au commencement d'une telle entreprise.

L'essence de cette objection trouve expression comme suit : L'Apocalypse raconte le futur de l'homme; maintenant l'homme est libre. Comment est-il possible de donner une information concernant le futur de l'humanité, puisque la structure de ce futur dépend manifestement de la liberté de l'homme? Cette objection disparaît lorsque nous considérons que l'Apocalypse dépeint deux sentiers futurs, car elle montre les étapes d'un sentier ascendant aussi bien que d'un sentier descendant. Ces sentiers sont déterminés de façon karmique. Qui doit choisir tel ou tel sentier dépend, cependant de la liberté de chaque individu. Et, en effet, les sentiers sont déjà déterminés dans la mesure où l'humanité a déjà vécu à travers une longue destinée. Aujourd'hui n'est pas le premier jour de la création; une grande étendue de sentier karmique repose derrière l'humanité dans le passé.

Le fait nouveau d'importance infinie qui forme une partie de la destinée de l'homme est que Christ est devenu le juge de cette destinée. Il est devenu le Seigneur du Karma. Et étant devenu cela, Il ne détermine pas seulement le futur de l'humanité mais aussi la source de révélation le concernant. D'un autre côté, le futur est déterminé par le passé, et le jugement sur le passé karmique—pour autant qu'il a encore des conséquences pour le futur—repose également dans les mains du Christ. Pour cette raison, les "Sept Lettres' aux sept "Eglises" se réfèrent non seulement au futur, mais aussi au passé. Dans ces Lettres, un jugement a été donné, non seulement sur ce qui était alors le temps présent, et sur les trois futures époques ('Eglises'), mais également sur les trois époques du passé : l'Indienne ancienne, la Perse ancienne, et l'Egypto-Chaldéenne.

Cependant, avant que nous commencions à étudier le contenu des Lettres aux Sept Eglises, nous devons acquérir une idée plus précise de la source de la Révélation de St Jean. Ceci, aussi, est en accord avec l'intention de l'auteur, car dans les phrases d'ouverture de l'Apocalypse il indique non seulement sa source mais dans le premier chapitre, il montre également le visage spirituel de Celui qui a appelé la Révélation (Rév. 1;12-16).

Ce visage était "un visage tel le Fils de l'Homme" portant les signes des forces planétaires cosmiques tout comme elles seraient réalisées dans l'homme du futur (le "Fils de l'Homme") durant la période de Jupiter. Car l'archétype de l'homme Jupiter—le "Fils de l'Homme" du futur—doit être dépeint ainsi : L'arbitraire cessera d'être possible dans sa vie de la pensée. Les courants de pensée couleront dans sa tête tout comme sa chevelure croît "d'elle-même". Et dans ces courants-pensée coulant du cosmos ne seront pas à sens unique, ils n'auront pas de "couleur" distincte, mais seront, dans le vrai sens du terme, "synthétiques". Tout comme la lumière blanche est une combinaison des sept couleurs, ainsi la pensée cosmique du futur sera "blanche"—"blanche comme la laine, aussi blanche que la neige" (Rév. 1:14).

La force de l'initiative-Je ne sera pas manifestée dans la sphère de la vie-pensée, qui sera une pure révélation du cosmos, plutôt, elle s'exprimera elle-même dans l'illumination et la pénétration des phénomènes cosmiques. L'initiative 'Je' deviendra un pouvoir spirituel de vision, remplissant les choses vues de son feu. La vision ne sera pas une acceptation passive des impressions de l'extérieur, mais une illumination et une pénétration irradiant de l'intérieur les phénomènes du monde extérieur : "Ses yeux étaient comme une flamme de feu" (Rév. 1:14).

La vie-volonté de la limite-terre sera aussi différente dans la mesure où elle aura renoncé au flux de sa force conductrice. A la place, elle liera l'ardeur brillante du feu à la rigidité métallique. L'homme ne sera plus poussé par les vagues des forces cosmiques formatives dans sa vie de volonté, il se tiendra sur une fondation stable de volonté consciente avec la force du feu et la rigidité du métal. Ses "pieds" seront "comme dans un cuivre fin, comme s'ils brûlaient dans une fournaise", et les vagues de l'impulsion cosmique et des forces formatrices créatrices passeront de sa volonté terrestre limitée dans sa voix. Le pouvoir créateur de la Nature, fonctionnant aujourd'hui comme une force agissante dans la subconscience de l'homme, sera élevée en pouvoir de parole dans l'homme futur. Sa voix sera "comme le bruit de nombreuses eaux" (Hos phone hydaton pollon).

La vie de sentiment de l'homme du futur sera telle que, d'un côté, elle exprimera l'harmonie des étoiles dans les cieux, et de l'autre côté, elle sera "aiguisée" au plus fin degré de concentration sur le verbe créateur. L'homme du futur tiendra "dans sa main droite sept étoiles" et de sa bouche sortira "une épée aiguisée, à double tranchant". D'un côté, la charité coulera comme une approbation et une compréhension de l'harmonie des sept étoiles, qui sont les êtres spirituels des sept "Eglises" de l'humanité; alors que, de l'autre, la vérité trouvera un instrument rigide et aiguisé dans "l'épée du verbe". Mais, précisément, en tant qu'instrument de vérité, cette "épée du verbe" sera une épée à double tranchant—elle fonctionnera de manière telle que "frapper" celui parle aussi bien que celui qui entend. Le Verbe procédera d'une conscience d'unité de l'humanité, des "sept étoiles", et par conséquent son jugement s'appliquera aussi bien à celui qui parle qu'au reste de l'humanité.

La force Mars du Verbe fera véritablement une guerre d'annihilation contre les erreurs et les mensonges, mais ce conflit inhibiteur produira un effet intérieur aussi bien qu'extérieur. Donc il sera libre de tout esprit d'hostilité. Ainsi le Verbe sera capable d'exprimer la vérité avec une décision inflexible et sans la possibilité que son existence soit utilisée en tant qu'arme offensive à sens unique.

Mais l'image complète de l'homme du futur n'est pas confinée aux changements que nous avons mentionnés en pensée, volonté et sentiment. Les changements incluent non seulement les conditions intérieures des forces d'âmes ci dessus, mais aussi leurs relations avec une autre. Les relations des forces d'âme de l'homme futur doivent nécessairement changer au compte de l'expansion de la force Soleil du cœur qui doit être élevée dans la tête : "Sa contenance était comme le soleil brillant dans Sa force", alors que le force formative et restreinte de la tête descendra dans la région Soleil du cœur : l'homme sera "ceint à la poitrine d'une guirlande dorée". Et la vie de la volonté enveloppera l'homme en entier. Dans le royaume du terrestre (ou plutôt, le naturel car dans la période de Jupiter le "terrestre" sera différent), elle deviendra un métal brillant. Mais, en même temps, elle coulera de l'homme supérieur vers la périphérie de son être. Cette direction centrifuge de la volonté, par laquelle elle devient une sorte de fourreau, est exprimée dans l'Apocalypse par le symbole "un vêtement jusqu'au pied".

Ainsi au commencement de l'Apocalypse il nous est montré le schéma de l'homme du futur, qui envoie les "Lettres" aux Sept Eglises. Mais Celui qui se révèle Lui-même dans ce schéma est le "Je suis", le "Premier et le Dernier" de l'évolution de la Terre. "Celui qui vit" dans la sphère de l'évolution Cosmique en laquelle la Mort tient bon (Rév. 1:17-18). Christ Lui-même, dont le nom ésotérique est pour l'humanité, "Je suis", parle à travers ce schéma. Il est la source de la Révélation de St Jean.

LES LETTRES AUX EGLISES DU PASSE

Comme le Christ est la source de la Révélation de St Jean, Il est également la source de ces courants d'âme positive qui coulent dans l'humanité du passé vers le futur. Car l'influence de Christ était déjà en action durant l'époque Indienne ancienne; l'impulsion positive fondamentale de cette ancienne culture de l'humanité Post-Atlantéenne procédait de Lui. Cette impulsion a survécu, elle a survécu sous la surface dans les âmes des hommes, et ceux dans lesquels son influence est particulièrement forte et déterminante forment une "communauté" qui est appelée dans l'Apocalypse "L'Eglise d'Ephèse".

Le but de la "Lettre à l'Eglise d'Ephèse" n'est pas simplement de donner un jugement sur la civilisation passée; son dessein est spécialement d'en appeler à l'impulsion de l'Inde ancienne encore active dans les âmes des temps actuels. Car seulement ainsi il y a une signification morale pratique dans l'admonition : "Souviens-toi d'où tu as chu, et repens-toi, et fait ton premier devoir". Une telle exhortation serait assez vide de sens si elle était dirigée seulement vers une civilisation passée, un effort humain sombré il y a longtemps dans le silence. Elle est, pourtant, adressée à une époque présente et future—en effet, à une éternité, car la lettre commence avec ces mots : "Vers l'Ange de l'Eglise d'Ephèse écris". Ces paroles expriment le fait que nous ne traitions pas ici avec un groupe d'hommes vivant dans le passé, ou de ce moment présent, mais avec ce qui était transcendant et compréhensible dans le caractère du message de la culture Indienne ancienne. Le message l'ange de cette culture, est encore actif; car une telle culture n'est pas amenée à l'existence pour tomber dans l'oubli, mais pour que le germe de révélation, le message des cieux qui en est à la base, se développe, et croisse à travers les âges à l'intérieur des âmes des hommes, passant par de nombreuses métamorphoses apportées par coopération avec les influences nouvellement ajoutées, jusqu'à ce qu'elle s'étende en floraison et fruit mûr.

Pour cette raison la mission du message essentiel de la culture Indienne ancienne n'est pas encore terminée. Tout ce qui a alors été inauguré survit encore, et le messager de cette culture, "l'Ange de l'Eglise d'Ephèse" continue à être associé au courant continu des effets et des conséquences de son message originel. La culture de l’Inde Ancienne persiste encore en tant que processus karmique, et l’esprit de cette culture est limité par ce processus, vivant sous forme de qualités, de désirs et de mémoires dans les âmes des hommes. Elle vit également dans les limitations potentielles des hommes, et dans leurs inclinations à répéter leurs anciennes erreurs. Et avec elle est relié l’esprit de cette culture dans la conscience d’une responsabilité partagée.

Qu’en est il alors de la vie spirituelle de l’Inde Ancienne qui est encore présente dans les âmes des hommes aujourd’hui ? Qu’est ce qui fonctionne encore en tant que karma depuis cette époque ? Pour être capable de répondre à cette question nous devons nous rappeler quelques caractéristiques fondamentales de l’ancienne culture Rishi, spécialement le fait qu’elle était une culture de révélation globalisante dont a surgi l’impulsion de base pour les sept époques de l’évolution Post Atlantéenne tout entière. Car la révélation des Sept Rishis ne fut pas uniquement la re-vivification de la sagesse des sept oracles Atlantéens, elle fut également l’implantation de la sagesse aux sept colorations pour les sept époques de l’Age Post Atlantéen. Elle fut les sept "voyelles" du Verbe Cosmique—le Logos—qui, par l’intermédiaire des Rishis, coula dans les âmes des hommes, tout comme à la Pentecôte les douze "consonnes " du Verbe Cosmique furent révélées. Et comme il ne peut y avoir de parole sans voyelles, aussi les âmes humaines avaient-elles été incapables de comprendre que le Logos n'avait pas été une révélation Rishi à l'époque de l'Inde Ancienne. Car l'influence de la révélation Rishi est ressentie même à l'époque actuelle, d'un côté dans une attente déterminée à l'intérieur des âmes humaines, et de l'autre côté par les "mémoires", nées dans les corps éthériques des hommes, par les moyens et les chemins qu'ils utilisent pour satifaire cette attente.

Le désir qui habite dans les profondeurs des âmes humaines en tant qu'écho de la culture Rishi consiste, par-dessus tout, en un effort de sagesse compréhensive "synthétique" valide pour tous les hommes, une sagesse qui porterait en elle une harmonisation des tendances unilatérales, tout comme à l’époque de l’Inde Ancienne la sagesse révélée des Rishis représentait l’harmonisation des sept oracles Atlantéens.

Le désir qui habite les âmes des hommes correspond à la lumière des "sept étoiles" dans les cieux, qui devint la lumière des "sept chandeliers" sur terre. Et ce désir habite à l'intérieur d'eux pour la véritable raison que la lumière qui brille dans les sept étoiles, la constellation de la Grande Ourse, a brillé une fois aussi dans sept hommes, les Rishis, et pour sept groupes humains qui étaient associés en communauté, tout comme les sept chandeliers étaient joints ensemble en une lumière de sagesse. Et c'est à cette attente que la première lettre est adressée, car elle parle de Celui "qui tient les sept étoiles dans Sa main droite, Qui marche au mileiu des sept chandeliers d'or". La lettre à l'Eglise d'Ephèse procède de Celui qui peut calmer l'attente, de Celui qui est le contenu véritable de la mémoire soujacente à cette attente, parce que la révélation Rishi était une révélation de nature compréhensive du Christ en tant que verbe Cosmique.

Mais le futur que la réalisation de ce désir doit apporter n'est pas seulement l'illumination des sept chandeliers avec la flamme des sept étoiles, mais quelque chose qui en procède. Car ce qui a une fois existé en tant que sagesse révélée sera la vie véritable de l'homme du futur. "A celui qui triomphe je donnerai à manger du fruit de l'arbre de vie, qui est au centre du paradis de Dieu". Ces paroles expriment le futur positif d'un effort qui va courageusement vers l'avant dans le futur, venant d'une attente réminiscente de la sagesse compréhensive du passé.

Le "triomphe" en question est la maîtrise du désir pour le passé. En vérité, c'est de vivre par une attente qui procède du passé, mais il doit chercher sa satisfaction, non dans le passé, mais dans le futur. La dérive du désir de l'âme vers le passé doit être maîtrisée en permanence, mais le contenu de l'attente ne doit pas seulement être développé mais renforcé par l'impulsion d'un effort énergétique vers le futur. Alors il sera possible à la sagesse de devenir vie, pour la sagesse originellement révélée des cieux de vivre en l'homme lui-même. Cette transformation indique l'évolution future de "l'éther moral" dans la nature humaine, et cet "éther moral" sera aussi plein de lumière que l'était la révélation originelle de la sagesse des Rishis. En outre, elle ne donnera pas seulement la lumière, elle fonctionnera également comme fonctionne la force de vie. "Manger de l'arbre de vie" sera une absorption dans le système humain du pouvoir de donner la vie.

L'effort de maîtrise de cette force donneuse de vie a toujours existé, et s'est développée en deux directions particulières : d'un côté cet ascétisme dont l'expression finale est une sorte de yoga Indien. Le but de ce type d'ascétisme est d'envoyer la force de vie contenue dans la faculté procréative de l'homme vers la tête afin de fournir à l'homme la vie spirituelle avec la même force de vie créatrice que celle possédée par la faculté procréatrice. D'un autre côté, cet effort a pris une seconde direction appelée par l'auteur de l'Apocalypse "les actes des Nicolaïtes". Ici le but était de descendre si consciemment dans le physique que les forces instinctives du corps physique étaient faites pour servir, d'une matière non naturelle, certaines fins magiques. Comme avec la première direction, une distorsion du message de l'Esprit eut lieu parce que la force spirituelle n'était pas mise en action par son propre contenu moral mais par l'influx d'une force extraite d'une autre sphère d'existence, aussi avec la seconde direction une distortion de la mission du corps humain eut lieu parce qu'il lui fut donné une position primordiale à travers la sensualisation de l'esprit.

Ceux qui viennent en avant en tant qu'hommes envoyés par l'esprit, et qui ne représentent pas encore le pur esprit mais plutôt un esprit mêlé aux forces empruntées au corps, ne sont pas véritablement envoyés par l'esprit ("apôtres") mais croient seulement l'être eux-mêmes. Ceux qui, cependant, permettent à l'esprit de devenir la proie de la sensualité (les Nicolaïtes) représentent l'autre erreur de la recherche de "l'arbre de vie". Car les fruits de l'arbre de vie ne consistent pas en une activité de l'esprit développée aux dépens des forces physiques, ni en une sensualisation de l'esprit, mais en une pure force spirituelle grandissant en force de manière telle qu'elle travaille avec la puissance de la force de la nature. L'éther moral n'existe pas en tant que "force latente" du corps, etc., il est une nouvelle force qui naîtra graduellement en l'homme et provenant de l'impulsion Christ.

Mais les obstacles qui offrent une opposition à la future naissance des véritables fruits de l'arbre de vie sont les efforts des "menteurs" (qui disent être des apôtres, c'est à dire, envoyés par l'esprit, mais ne le sont pas) et des "Nicolaïtes". Ces deux erreurs sont repoussées par "l'Ange de l'Eglise d'Ephèse". Néanmoins, il n'était pas demeuré entièrement fidèle à sa mission, car il avait "quitté son premier amour", l'impulsion originelle pure de l'évolution humaine Post-Atlantéenne. A présent cette impulsion originelle était l'amour pour une mission de l'homme sur Terre. Cet amour était une bonne volonté profondément enracinée des âmes à s'incarner véritablement et totalement pour remplir véritablement et complètement la tâche de l'existence terrestre. Cette volonté—c'est à dire, le désir pour une incarnation terrestre complète dans le but de remplir totalement la mission de la Terre—est la véritable quintessence du Poids. Chaque chose qui implique une descente consciente, sacrificielle, est une expression du 'poids' spirituel. Ainsi, par exemple, tous les mots qu'un homme peut exprimer ont plus de poids s'ils pénètrent non seulement le corps astral, mais descendent également dans le corps physique. Et une action humaine a davantage de poids si son contenu moral pénètre directement dans la réalité physique que si elle touche uniquement la strate supérieure de l'existence terrestre.

Mais à présent, d'un point de vue physique, il y a deux différents phénomènes de poids. L'un est la "descente"sacrificielle déjà mentionnée, l'autre est le phénomène de la Chute, l'expulsion des hauteurs spirituelles. Cette dernière survient en tant que conséquences karmiques ou attitude injustifiée envers l'esprit. Le véritable "poids" devient alors lourdeur, et la "descente", un effondrement.

Ce fut juste cette transformation du "poids" en lourdeur qui eut lieu dans la destinée de la communauté de l'Inde Ancienne. Elle négligea son "premier amour", et en conséquence de ceci, la descente devint chute. "Souviens toi d'où tu es tombé [ekpeptokas], et repens toi, et pratique tes premières œuvres" (Rév; 2:5). En ces mots le seigneur du Karma exprime la dispensation karmique qui était devenue nécessaire à cause de la perte du premier amour pour le courant de la culture de l'Inde Ancienne. Ceci est l'effet du karma sur tous ceux qui refusent de s'incarner pleinement, tous ceux qui résistent à une complète incorporation : Ils chutent dans l'incarnation contre leur volonté au lieu de de descendre par une force morale libre dans la sphère d'action entraînant le karma. Car la scène de ces actions qui déterminent le karma réside, pour les hommes, dans le monde physique; le monde du travail est la région où les actes des hommes acquièrent leur plus grande signification. Pour cette raison l'avertissement à l'Ange de l'Eglise d'Ephèse dit : "Souviens-toi d'où tu es tombé, et repens toi, et pratique tes premières œuvres [ta prota erga poieson]". Cet avertissement est adressé à tous ceux qui sont enclins à refuser de travailler énergiquement dans la sphère des actions—tous ceux qui sont enclins à esquiver la pleine mesure de leur partage de responsabilité dans les événements terrestres. Car il ne leur est pas permis un vrai poids pour fonctionner dans leurs âmes—le "poids" de l'esprit de sacrifice, qui donne aussi le poids à l'effort humain et à l'action en contrôlant le karma du futur.

Pour être capable de fouler véritablement ce sentier dans le futur, il est non seulement requis un esprit de sacrifice pour produire le 'poids' dans l'âme, la force également est nécessaire pour amener ce sacrifice à son terme, en persévérant dans les épreuves. Car pour être prêt à descendre vers l'inférieur l'espace n'est pas suffisant; il est aussi nécessaire dans cet 'espace' de franchir un sentier qui mènera au but. Il est nécessaire, également, de rester fidèle à la tâche au long d'une période prescrite de temps. Suivre l'idéal du "premier amour"—l'aptitude à aimer la mission d'humanité de la Terre—est l'idéal de fidélité à cette mission à travers les épreuves de la route terrestre dans le 'temps'. La réalisation de cet idéal est la tâche de l"Ange de l'Eglise de Smyrne", la mission de l'impulsion spirituelle de l'Ancienne Perse. C'est pourquoi l'admonition de la seconde lettre, la lettre à l'ange de l'église de Smyrne, dit : "Sois fidèle jusque dans la mort, et je te donnerai la couronne de vie" (Rév. 2:10). Pour cette raison la lettre à l'église de Smyrne ne vient plus de Celui "qui tenait les sept étoiles dans sa main droite, et marchait au milieu des sept chandeliers", mais de Celui "qui est le premier et le dernier, qui était mort, et est vivant". Car ce qui coulait du Christ dans les âmes des hommes à travers la culture spirituelle de l'Ancienne Perse est l'impulsion de fidélité, l'attente et l'espoir que tous les obstacles, même la mort, doivent être maîtrisés. "Le premier et le dernier, qui était mort, et est vivant", est, par conséquent, une formule exprimant très brièvement la nature du désir le plus élevé et de l'espoir le plus grand qui constituaient la vie morale et spirituelle de la culture de l'Ancienne Perse, et qui persiste aujourd'hui dans la strate Ancienne Perse de l'âme humaine.

Cet idéal de fidélité est, dans son essence la plus intime, le contenu spirituel de Mesure, tout comme le "premier amour" est l'essence la plus intime du Poids. Car le sentier qui mène du "premier" au "dernier", de la "mort" à la "vie", est la véritable 'mesure de la fidélité humaine et de la grandeur de la mission humaine de la Terre. Cette 'mesure' peut être perçue, reconnue, et réalisée par la libre force morale de l'âme; alors elle brille dans l'âme comme le grand but libérateur de l'existence terrestre de l'homme. Si, cependant, elle n'est pas librement et consciemment acceptée, aors le karma, au lieu d'apparaître en tant que 'mesure' d'héroïsme spirituel, prend l'apparence d'une contrainte et d'une entrave. Tout comme la perte du "premier amour" mène à la chute, lorsque le Poids devient lourdeur, ainsi le manque de fidélité mène à la contraction, lorsque la Mesure devient une constriction de l'âme : "le diable jettera quelques uns de vous en prison" (Rév. 2:10), dans le but, par le confinement forcé, d'éveiller un effort pour le libre héroïsme de la véritable "Mesure".

Cet emprisonnement, qui doit être apporté par Lucifer (Diabolos) est en réalité la solitude de l'âme qui est confinée à l'intérieur d'elle-même parce qu'elle ne se sera pas unie avec le grand dessein de l'évolution humaine. Puisque l'âme n'accepte pas la "'Mesure' spirituelle, elle doit devenir, telle qu'elle est, la 'mesure' de sa propre conscience; sa propre nature tracera la ligne qui confinera sa conscience, son activité, et son monde. Les murs de la "prison", dans laquelle l'âme a été jetée par l'impulsion Luciférienne, sont des limites tracées par elle-même; c'est l'égoïsme de l'âme qui la confine et la maintient en prison.

Ainsi l'âme est confrontée au choix de deux 'mesures' possibles: soit de reconnaître librement la 'Mesure' de l'esprit, soit d'accepter son propre modèle en tant que 'mesure'. Lucifer guiderait l'âme vers le second choix, et c'est pourquoi il nous est dit dans l'Apocalypse que Lucifer (Diabolos) "jettera certains d'entre vous en prison".

Ceux qui, cependant, auront choisi le véritable sentier de fidélité à la mission humaine de la Terre (c'est à dire, ceux qui ont choisi la 'Mesure' spirituelle) sont appelés dans cette lettre, les "Juifs" (hoi Judaioi). Ce nom ne signifie réellement rien d'autre qu' "âmes humaines qui sont déterminées à oeuvrer à travers les âges à la préparation et la réalisation de l'impulsion Christ". Car c'est la signification de l"éternelle Israël" consistant en douze tribus—la communauté karmique des âmes humaines unies à travers de nombreuses incarnations à l'impulsion Christ, d'abord en la préparant, puis en la réalisant. Donc les "Juifs" dans le sens de l'Apocalypse, ne sont pas membres d'une nation quelconque; ils sont ces âmes qui ont opté pour le service de l'impulsion Christ. Mais maintenant il y a une épreuve sévère reliée à ceci, c'est à dire, le "blasphème de ceux qui disent qu'ils sont Juifs, et ne le sont pas, mais sont de la synagogue de Satan". Cette "synagogue de Satan" est l'antipode karmique de l"étenelle Israël", et le blasphème de cette communauté consiste en l'imitation de tout le pouvoir et l'activité de l'impulsion Christ dans la vie humaine, en la tournant, en même temps, en son opposé. L'activité Arhimanienne (c'est à dire, dans le sens de l'Apocalypse, l'activité de Satan) dans la destinée de l'humanité, consiste premièrement en la création d'une sorte de caricature de la communauté humaine et d'un ordre pour lequel s'efforce l'impulsion Christ. Alors que Lucifer (Diabolos) isole les hommes, "les jette en prison", Arhiman (Satanas) les rassemble en une communauté (synagogue), tout comme l'impulsion Christ les réunit aussi en une communauté (ecclesia). Au lieu de l'isolement égoïste apporté par Lucifer, deux communautés fondées sur la conscience du nous, apparaîtront dans l'histoire du monde. L'une est la communauté du Christ, où des hommes-égos libres s'unissent dans une libre alliance; l'autre, son opposée, est l'organisation de masse d'Arhiman, absorbant l'égo individuel. Le blasphème est contenu dans le fait que la véritable conscience du nous de la fraternité spirituelle est tournée en son opposée par le mimétisme de la fausse conscience du nous dans l'organisation de masse. Ainsi, il y a de "vrais Juifs", c'est à dire, des hommes-égos formant une communauté entre eux sur une fondation de liberté, et d'un autre côté, il y a des hommes-nous destinés à être absorbés par une organisation de masse. Ceux-ci, cependant, croient qu'ils sont Juifs [c'est à dire, des hommes-égos] et ne le sont pas".

Ce contraste apparaît en premier dans l'histoire du monde dans la relation entre Iran et Turan durant l'époque de l'Ancienne Perse, mais il a persisté à travers les âges, et aujourd'hui, comme alors, les deux types de cosncience-nous se confrontent l'une à l'autre en une épreuve de fidélité de l'homme envers sa mission spirituelle sur Terre.

D'un autre côté, l"emprisonnement par le diable" persiste également. Il doit durer "dix jours" et cette période n'est pas encore terminée, car le courant Luciférien doit poursuivre son flux karmique jusqu'à ce que le Soleil-Christ aie brillé dix fois depuis l'époque de l'Ancienne Perse. Maintenant ce Soleil brille au commencement et à la fin de chaque époque. Il brille au commencement en tant qu'impulsion fondamentale de l'époque, et à la fin en tant que réponse à son résultat positif, en tant que bénédiction sur ses fruits, aussi maigres soient ils. Puis c'est le "jour" comme au commencement il y avait le "jour" d'une époque. Et dix "jours" tels que celui-là surviennent jusqu'à la Sixième Epoque—jusqu'à ce que ceux qui sont emprisonnés, soit rejoignent la communauté des frères de Philadelphie, ou soient absorbés par le "nous" de l'humanité Arhimanisée. La "prison", l'isolation de l'auto-suffisance, cessera alors. Ils deviendront alors véritablement libres, ou ils devront rejoindre la masse Arhimanienne.

Ainsi l"Eglise de Smyrne" a un sentier à fouler sur lequel elle est testée par la "prison" de Diabolos, et par la "synagogue" de Satan; mais celui qui est "fidèle jusqu'à la mort" reçoit une couronne de vie. La couronne de vie n'est pas une simple expression poétique; elle est une description exacte d'un fait occulte significatif—le fait que certains changements auront lieu dans le futur, dans le système des courants spirituels dans la tête humaine. En résultat de ces changements, la fameuse "couronne de lort" deviendra "couronne de vie". A ce moment, les forces de vie de l'homme se concentrent de plus en plus dans la tête, et donc irradient vers le haut en une sorte de "couronne". Puis, si cette concentration devient complète, le cœur cesse de fonctionner (même lorsqu'il n'y a pas maladie), et la mort survient. Mais à présent un autre processus peut avoir lieu dans l'organisation éthérique de la tête humaine; c'est à dire la concentration dans la tête des forces de vie spirituelles irradiant du bas qui jaillissent par le pouvoir vivifiant dans tout l'organisme humain. Le développement d'une telle "couronne de vie" est, en même temps, un signe que l'impulsion Christ est à l'œuvre dans le corps vital de l'homme. Par cette influence le corps vital de l'homme est préservé de la "seconde mort", c'est à dire, de la dissolution quelque temps après la mort physique; la "couronne de vie" est cet élément du corps vital qui n'est pas sujet à la "seconde mort".

C'est dans ce sens que la promesse de la seconde lettre doit être comprise : "Celui qui a vaincu ne sera pas frappé de la seconde mort". (Rév. 2:11).

Mais la promesse adressée à ce courant karmique qui est appelé "Eglise de Pergame" ne se réfère ni à "l'arbre de vie" ni à la "couronne de vie", mais à la consommation de la "manne cachée" et à la "pierre blanche" sur laquelle est écrit un nom nouveau, "que personne ne connaît si ce n'est celui qui le reçoit" (Rév.2:17). Car l'impulsion spirituelle qui est àl'origine de la troisième époque (Egypto-Chaldéenne), et qui a persisté dans les âmes des hommes depuis ce temps, est un effort pour l'expérience de l'individualité immortelle et pour l'harmonie des êtres immortels les uns avec les autres.

La "pierre blanche avec un nom nouveau que personne ne connaît sauf celui qui le reçoit" est l'être-égo immortel de l'homme. Le "Je" est le nom qui peut être prononcé suelement par l'homme lui-même. Et la "manne cachée" est la force formatrice de communauté à l'œuvre au-delà du seuil de la concience ordinaire ; c'est la force qui relieles individus séparés en une communauté humaine. Ainsi Moïse, par exemple, dont la mission se situait à l'époque Egypto-Chaldéenne, reçut la révélation du "Je suis celui qui suis" au Buisson Ardent en tant que révélation de la source de l'expérience égo, alors que, d'un autre côté, la communauté Israélite sous sa guidance a mangé de la "manne cachée" qui descendait pendant la nuit et était "rassemblée" au petit matin. Ainsi Moïse mena la communauté qui lui était confiée vers l'idéal de l'évolution de l'égo; mais il la mena en tant que communauté, car elle était unie et se maintenait ensemble en mangeant de la "manne". La réalité de l'influence de la Manas (c'est à dire, la "manne") est manifestée lorsque les hommes dont les vies sont basées sur leurs égos intérieurs produisent en même temps une harmonie. Le véritable 'nous' peut être réalisé seulement sous l'infleunce de la Manas (l'Esprit-soi [synonyme de l'esprit Humain]), lorsque la concience égo a acquis la fermeté et la solidité d'une pierre.

Mais il y a aussi un courant anti-Manas dans le dessein des communautés en formation. La force formation de communauté de ce courant n'est pas extraite de la supra conscience , mais des régions sub conscientes. Car ensemble avec l'union karmique des êtres individuels amenés à l'harmonie par la "manne", il y a encore une autre force attirant les hommes les uns vers les autres et les lie ensemble. C'est la poussée qui vient, non à travers le sang de l'impulsion du "Je suis" de Jahvé dans le passé, ni de l'égo en tant qu'expérience aujourd'hui, mais du sang qui est ni sous l'influence de Jahvé ni déterminé par l'égo. Cette force est la poussée du sexe. Elle fut mal utilisée par Balaam, par exemple (cf.Nombres :24) lorsqu'il conseilla au prince Madianite Balak, de substituer d'autres principes à ceux de la communauté Israélite pour que, au moyen des femmes Madianites consacrées à Baal, les Israélites puissent être attirés dans la sphère d'influence du culte de Baal. L'influence fut atteinte en stimulant cette impulsion à manger "les mets offerts aux idoles)—c'est à dire, la chair des victimes préparées par magie cérémonielle et investies de pouvoirs définis, par lesquels induire des alliances qui résident hors du réseau de karma positif. La "doctrine de Balaam" référée à la lettre est le point de vue duquel la "manne cachée" est observée, non dans la solitude de la supra conscience mais dans la vie sub consciente de l'impulsion.

Puisque la véritable harmonie de l'activité de la Manas peut être falsifiée et remplacée par la "doctrine de Balaam", ainsi l'homme peut s'efforcer de faire l'expérience que son propre égo puisse être falsifié et remplacé par la "doctrine des Nicolaïtes". Car, comme dans le premier cas, il y a une fausse union karmique parmi les hommes, dans le second cas, il y a une fausse expérience de l'égo. Puisque le courant "Nicolaïte" dont nous venosn de parler, a placé la conscience de l'homme juste dans le corps, elle se sent ostensiblement indépendante et libre à l'intérieur du corps. Ainsi un substitut du véritable égo est venu à l'existence, créé par l'infuence confinante du corps.

Une fausse conscience-égo s'est élevée dont le contenu était du non à l'égo mais au corps. Contre ces deux erreurs est dirigée "l'épée à double tranchant" de la bouche de celui qui adresse la Lettre à l'Ange de l'Eglise de Pergame, car l'épée du verbe de vérité frappe ce qui est immoral dans la vie de l'impulsion aussi bien que ce qui est illusoire dans les idées et concepts matérialistes.

L'opposé de l"épée à double tranchant" du futur verbe de vérité est le principe du pouvoir de magie noire oeuvrant en silence, un principe qui remplace et est basé sur l'union des impulsions subconscientes avec les concepts illusoires. Pour cette raison le langage occulte de l'Apocalypse parle de cette union en tant que "trône de Satan' (thronos to Satana). Ce nom signifie le principe de l'évolution du pouvoir d'Arhiman sur l'humanité, de façon à ce que ce principe (ou "trône") doive être vu dans la vie métabolique du système humain. D'un autre côté, il y a également eu deux situations historiques dans lesquelles ce "trône" fut présent extérieurement et objectivement, fonctionnant en tant que centre de pouvoir. Le trône d'Hérode et Hérodias, par exemple, fut un point de départ d'une telle activité. Et l'activité semanifesta dans le fait que ceux qui venaient à l'intérieur de la sphère d'influence de ce "trône" (c'est à dire, de cette activité fonctionnant par l'illusion et l'impulsion de vie immorale), furent 'décapités'. Ils furent 'décapités' dans le sens qu'ils perdirent le centre conscience-égo de la tête, et furent ainsi exposés à l'influence des profondeurs subconscientes de l'organisation métabolique.

Maintenant la seule voie pour s'opposer à un tel "trône" est de démasquer l'immoralité de l'impulsion "servile" qui en découle, et de vaincer les concepts matérialistes par la fidélité à l'esprit même jusqu'à la mort. Chaque "trône de Satan" historique a toujours été opposé à un "témoin fidèle" (martys ho pistos) de l'esprit. Il en fut ainsi avec le trône de Jézabel et Anab, auquel Naboth résista en tant que "témoin fidèle"; il en fut également ainsi avec le trône de Hérodias et Hérode, contre lesquels Jean le Baptiste fut le "témoin fidèle"; chaque fois le "témoin fidèle" doit vaincre l'immoralité par le verbe, et l'illusion par la mort. Car l'immortalité de l'individualité humaine est attestée, non seulement par l'enseignement, mais par le fait que les êtres individuels font face à la mort en tant que "témoins fidèles"—que l'individualité humaine ne peut être élevée au-dessus de la mort est est ainsi immortelle. En ce sens, non seulement Jean Baptiste, mais également Socrate à Athènes, fut un "témoin fidèle".

Cette mission spéciale—d'être un "témoin fidèle" contre le "trône de Satan"—a un nom défini. En ce sens chaque homme qui a une telle mission à remplir est un "Antipas", c'est à dire, l'homme dont la tâche est de souffrir avec les victimes du "trône" (de magie noire). Ainsi Jean le Baptiste aussi souffrit le destin des victimes du trône d'Hérode; il fut même physiquement "décapité" comme les autres victimes de ce trône furent intérieurement "décapitées" dans leur vie de l'âme. En ce sens, Jean le Baptiste est "Antipas", le compagnon-victime, qui résista au "trône de Satan" en tant que "témoin fidèle"—et, en effet, non seulement à ce moment là, mais aussi dans le passé durant des vies précédentes.

Cette "décapitation" des hommes survient véritablement aujourd'hui encore au sens moral. Il arrive, par exemple, que partout des hommes soient considérés et traités non en tant qu'individus, mais en tant que quantité, en tant que nombre. Car lorsque les hommes sont considérés seulement en tant que nombre ils sont "décapités"; la dignité de leur nature égo leur est enlevée. Et si les unités ainsi obtenues sont additionnées et leur somme établie, alors quelque chose est fait qui est moralement l'opposé de la formation de communauté à travers le pouvoir de la "manne cachée".

Ce qui fut originellement un mauvais usage de la magie noire de l'impulsion de vie et de la vie des concepts matérialisés devint plus tard une numération et une addition des unités humaines. Car comme le péché de l'Eglise d'Ephèse amena la conversion du véritable "Poids" en une chute devenant lourdeur, aussi le péché de l'Eglise de Smyrne amena la conversion de la véritable "Mesure" en "emprisonnement" à l'intérieur des confins de l'égoïsme; ainsi le péché de l'Eglise de Pergame causa le changement du véritable "Nombre" en décapitation et 'unification mécanique' des hommes. Mais le véritable 'Nombre' spirituel est une communauté d'êtres individuels rangés selon "la splendeur des étoiles" dont chacun n'est pas une simple unité, mais un "nouveau nom" écrit que la "pierre blanche que personne ne connaît sauf celui qui l'a reçu". Dans le sens du véritable 'Nombre', les hommes ne devraient pas, ne pourraient pas être comptés et additionnés; ils devraient être appelés par leurs noms et unis en une communauté par la "manne cachée". La conséquence du péché des Balaamites et des Nicolaïtes est la substitution de la somme pour la "manne" et d'une unité numérique pour le "nom".

Ainsi les statistiques, qui aujourd'hui apparaissent si innocentes, ont leurs antécédents; l'exemple fut établi par les faits tragiques dans l'histoire spirituelle et le cadre de l'esprit qui les produit doit son existence à une préparation au moyen de magie noire dans le passé. Observant cela sous cet éclairage, nous pouvons aussi comprendre pourquoi le dénombrement des gens ordonné par le Roi David [1Chr. 21:1] fut considéré si coupable par le monde spirituel et amena un châtiment si sévère par la suite; car ce qui est maintenant devenu banal était, à cette époque, une terrible violation de confiance envers la conception de la communauté humaine désirée par le monde spirituel. Les visages et les noms humains ne devraient pas être convertis en nombres; ce fut le fruit du péché de la Troisième Epoque, la "trahison contre le Nombre Spirituel".

En outre, à cette lumière nous pouvons comprendre combien tragique est le second chapitre de l'Evangile de Luc où il nous est dit :" En ce temps là, parut un décret de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre".

Car nous pouvons comprendre la tragédie du fait que Jésus devait naître durant un recensement national et considéré par l'état Romain en tant que "un de plus" si nous pouvons réellement amener à la conscience la véritable signification du 'nombre' en tant qu"harmonie de l'ineffable nom" des êtres individuels, et, d'un autre côté, la conséquence de la "chute du nombre" dans le mécanisme; c'est à dire, le mauvais usage des impulsions et des illusions. Mais il était nécessaire que Jésus naisse à une époque où "Poids" "Mesure" et "Nombre" étaient déjà séparés de leur véritable signification. : le lieu de naissance de Jésus fut une étable, avec des animaux.

L'impulsion spirituelle et son histoire durant cette époque en laquelle Jésus Christ apparut sera le sujet du prochain chapitre.

Ce fut juste cette transformation du "poids" en lourdeur qui eut lieu dans la destinée de la communauté de l'Inde Ancienne. Elle négligea son "premier amour", et en conséquence de ceci, la descente devint chute. "Souviens toi d'où tu es tombé [ekpeptokas], et repens toi, et pratique tes premières œuvres" (Rév; 2:5). En ces mots le seigneur du Karma exprime la dispensation karmique qui était devenue nécessaire à cause de la perte du premier amour pour le courant de la culture de l'Inde Ancienne. Ceci est l'effet du karma sur tous ceux qui refusent de s'incarner pleinement, tous ceux qui résistent à une complète incorporation : Ils chutent dans l'incarnation contre leur volonté au lieu de de descendre par une force morale libre dans la sphère d'action entraînant le karma. Car la scène de ces actions qui déterminent le karma réside, pour les hommes, dans le monde physique; le monde du travail est la région où les actes des hommes acquièrent leur plus grande signification. Pour cette raison l'avertissement à l'Ange de l'Eglise d'Ephèse dit : "Souviens-toi d'où tu es tombé, et repens toi, et pratique tes premières œuvres [ta prota erga poieson]". Cet avertissement est adressé à tous ceux qui sont enclins à refuser de travailler énergiquement dans la sphère des actions—tous ceux qui sont enclins à esquiver la pleine mesure de leur partage de responsabilité dans les événements terrestres. Car il ne leur est pas permis un vrai poids pour fonctionner dans leurs âmes—le "poids" de l'esprit de sacrifice, qui donne aussi le poids à l'effort humain et à l'action en contrôlant le karma du futur.

Pour être capable de fouler véritablement ce sentier dans le futur, il est non seulement requis un esprit de sacrifice pour produire le 'poids' dans l'âme, la force également est nécessaire pour amener ce sacrifice à son terme, en persévérant dans les épreuves. Car pour être prêt à descendre vers l'inférieur l'espace n'est pas suffisant; il est aussi nécessaire dans cet 'espace' de franchir un sentier qui mènera au but. Il est nécessaire, également, de rester fidèle à la tâche au long d'une période prescrite de temps. Suivre l'idéal du "premier amour"—l'aptitude à aimer la mission d'humanité de la Terre—est l'idéal de fidélité à cette mission à travers les épreuves de la route terrestre dans le 'temps'. La réalisation de cet idéal est la tâche de l"Ange de l'Eglise de Smyrne", la mission de l'impulsion spirituelle de l'Ancienne Perse. C'est pourquoi l'admonition de la seconde lettre, la lettre à l'ange de l'église de Smyrne, dit : "Sois fidèle jusque dans la mort, et je te donnerai la couronne de vie" (Rév. 2:10). Pour cette raison la lettre à l'église de Smyrne ne vient plus de Celui "qui tenait les sept étoiles dans sa main droite, et marchait au milieu des sept chandeliers", mais de Celui "qui est le premier et le dernier, qui était mort, et est vivant". Car ce qui coulait du Christ dans les âmes des hommes à travers la culture spirituelle de l'Ancienne Perse est l'impulsion de fidélité, l'attente et l'espoir que tous les obstacles, même la mort, doivent être maîtrisés. "Le premier et le dernier, qui était mort, et est vivant", est, par conséquent, une formule exprimant très brièvement la nature du désir le plus élevé et de l'espoir le plus grand qui constituaient la vie morale et spirituelle de la culture de l'Ancienne Perse, et qui persiste aujourd'hui dans la strate Ancienne Perse de l'âme humaine.

Cet idéal de fidélité est, dans son essence la plus intime, le contenu spirituel de Mesure, tout comme le "premier amour" est l'essence la plus intime du Poids. Car le sentier qui mène du "premier" au "dernier", de la "mort" à la "vie", est la véritable 'mesure de la fidélité humaine et de la grandeur de la mission humaine de la Terre. Cette 'mesure' peut être perçue, reconnue, et réalisée par la libre force morale de l'âme; alors elle brille dans l'âme comme le grand but libérateur de l'existence terrestre de l'homme. Si, cependant, elle n'est pas librement et consciemment acceptée, aors le karma, au lieu d'apparaître en tant que 'mesure' d'héroïsme spirituel, prend l'apparence d'une contrainte et d'une entrave. Tout comme la perte du "premier amour" mène à la chute, lorsque le Poids devient lourdeur, ainsi le manque de fidélité mène à la contraction, lorsque la Mesure devient une constriction de l'âme : "le diable jettera quelques uns de vous en prison" (Rév. 2:10), dans le but, par le confinement forcé, d'éveiller un effort pour le libre héroïsme de la véritable "Mesure".

Cet emprisonnement, qui doit être apporté par Lucifer (Diabolos) est en réalité la solitude de l'âme qui est confinée à l'intérieur d'elle-même parce qu'elle ne se sera pas unie avec le grand dessein de l'évolution humaine. Puisque l'âme n'accepte pas la "'Mesure' spirituelle, elle doit devenir, telle qu'elle est, la 'mesure' de sa propre conscience; sa propre nature tracera la ligne qui confinera sa conscience, son activité, et son monde. Les murs de la "prison", dans laquelle l'âme a été jetée par l'impulsion Luciférienne, sont des limites tracées par elle-même; c'est l'égoïsme de l'âme qui la confine et la maintient en prison.

Ainsi l'âme est confrontée au choix de deux 'mesures' possibles: soit de reconnaître librement la 'Mesure' de l'esprit, soit d'accepter son propre modèle en tant que 'mesure'. Lucifer guiderait l'âme vers le second choix, et c'est pourquoi il nous est dit dans l'Apocalypse que Lucifer (Diabolos) "jettera certains d'entre vous en prison".

Ceux qui, cependant, auront choisi le véritable sentier de fidélité à la mission humaine de la Terre (c'est à dire, ceux qui ont choisi la 'Mesure' spirituelle) sont appelés dans cette lettre, les "Juifs" (hoi Judaioi). Ce nom ne signifie réellement rien d'autre qu' "âmes humaines qui sont déterminées à oeuvrer à travers les âges à la préparation et la réalisation de l'impulsion Christ". Car c'est la signification de l"éternelle Israël" consistant en douze tribus—la communauté karmique des âmes humaines unies à travers de nombreuses incarnations à l'impulsion Christ, d'abord en la préparant, puis en la réalisant. Donc les "Juifs" dans le sens de l'Apocalypse, ne sont pas membres d'une nation quelconque; ils sont ces âmes qui ont opté pour le service de l'impulsion Christ. Mais maintenant il y a une épreuve sévère reliée à ceci, c'est à dire, le "blasphème de ceux qui disent qu'ils sont Juifs, et ne le sont pas, mais sont de la synagogue de Satan". Cette "synagogue de Satan" est l'antipode karmique de l"étenelle Israël", et le blasphème de cette communauté consiste en l'imitation de tout le pouvoir et l'activité de l'impulsion Christ dans la vie humaine, en la tournant, en même temps, en son opposé. L'activité Arhimanienne (c'est à dire, dans le sens de l'Apocalypse, l'activité de Satan) dans la destinée de l'humanité, consiste premièrement en la création d'une sorte de caricature de la communauté humaine et d'un ordre pour lequel s'efforce l'impulsion Christ. Alors que Lucifer (Diabolos) isole les hommes, "les jette en prison", Arhiman (Satanas) les rassemble en une communauté (synagogue), tout comme l'impulsion Christ les réunit aussi en une communauté (ecclesia). Au lieu de l'isolement égoïste apporté par Lucifer, deux communautés fondées sur la conscience du nous, apparaîtront dans l'histoire du monde. L'une est la communauté du Christ, où des hommes-égos libres s'unissent dans une libre alliance; l'autre, son opposée, est l'organisation de masse d'Arhiman, absorbant l'égo individuel. Le blasphème est contenu dans le fait que la véritable conscience du nous de la fraternité spirituelle est tournée en son opposée par le mimétisme de la fausse conscience du nous dans l'organisation de masse. Ainsi, il y a de "vrais Juifs", c'est à dire, des hommes-égos formant une communauté entre eux sur une fondation de liberté, et d'un autre côté, il y a des hommes-nous destinés à être absorbés par une organisation de masse. Ceux-ci, cependant, croient qu'ils sont Juifs [c'est à dire, des hommes-égos] et ne le sont pas".

Ce contraste apparaît en premier dans l'histoire du monde dans la relation entre Iran et Turan durant l'époque de l'Ancienne Perse, mais il a persisté à travers les âges, et aujourd'hui, comme alors, les deux types de cosncience-nous se confrontent l'une à l'autre en une épreuve de fidélité de l'homme envers sa mission spirituelle sur Terre.

D'un autre côté, l"emprisonnement par le diable" persiste également. Il doit durer "dix jours" et cette période n'est pas encore terminée, car le courant Luciférien doit poursuivre son flux karmique jusqu'à ce que le Soleil-Christ aie brillé dix fois depuis l'époque de l'Ancienne Perse. Maintenant ce Soleil brille au commencement et à la fin de chaque époque. Il brille au commencement en tant qu'impulsion fondamentale de l'époque, et à la fin en tant que réponse à son résultat positif, en tant que bénédiction sur ses fruits, aussi maigres soient ils. Puis c'est le "jour" comme au commencement il y avait le "jour" d'une époque. Et dix "jours" tels que celui-là surviennent jusqu'à la Sixième Epoque—jusqu'à ce que ceux qui sont emprisonnés, soit rejoignent la communauté des frères de Philadelphie, ou soient absorbés par le "nous" de l'humanité Arhimanisée. La "prison", l'isolation de l'auto-suffisance, cessera alors. Ils deviendront alors véritablement libres, ou ils devront rejoindre la masse Arhimanienne.

Ainsi l"Eglise de Smyrne" a un sentier à fouler sur lequel elle est testée par la "prison" de Diabolos, et par la "synagogue" de Satan; mais celui qui est "fidèle jusqu'à la mort" reçoit une couronne de vie. La couronne de vie n'est pas une simple expression poétique; elle est une description exacte d'un fait occulte significatif—le fait que certains changements auront lieu dans le futur, dans le système des courants spirituels dans la tête humaine. En résultat de ces changements, la fameuse "couronne de lort" deviendra "couronne de vie". A ce moment, les forces de vie de l'homme se concentrent de plus en plus dans la tête, et donc irradient vers le haut en une sorte de "couronne". Puis, si cette concentration devient complète, le cœur cesse de fonctionner (même lorsqu'il n'y a pas maladie), et la mort survient. Mais à présent un autre processus peut avoir lieu dans l'organisation éthérique de la tête humaine; c'est à dire la concentration dans la tête des forces de vie spirituelles irradiant du bas qui jaillissent par le pouvoir vivifiant dans tout l'organisme humain. Le développement d'une telle "couronne de vie" est, en même temps, un signe que l'impulsion Christ est à l'œuvre dans le corps vital de l'homme. Par cette influence le corps vital de l'homme est préservé de la "seconde mort", c'est à dire, de la dissolution quelque temps après la mort physique; la "couronne de vie" est cet élément du corps vital qui n'est pas sujet à la "seconde mort".

C'est dans ce sens que la promesse de la seconde lettre doit être comprise : "Celui qui a vaincu ne sera pas frappé de la seconde mort". (Rév. 2:11).

Mais la promesse adressée à ce courant karmique qui est appelé "Eglise de Pergame" ne se réfère ni à "l'arbre de vie" ni à la "couronne de vie", mais à la consommation de la "manne cachée" et à la "pierre blanche" sur laquelle est écrit un nom nouveau, "que personne ne connaît si ce n'est celui qui le reçoit" (Rév.2:17). Car l'impulsion spirituelle qui est àl'origine de la troisième époque (Egypto-Chaldéenne), et qui a persisté dans les âmes des hommes depuis ce temps, est un effort pour l'expérience de l'individualité immortelle et pour l'harmonie des êtres immortels les uns avec les autres.

La "pierre blanche avec un nom nouveau que personne ne connaît sauf celui qui le reçoit" est l'être-égo immortel de l'homme. Le "Je" est le nom qui peut être prononcé suelement par l'homme lui-même. Et la "manne cachée" est la force formatrice de communauté à l'œuvre au-delà du seuil de la concience ordinaire ; c'est la force qui relieles individus séparés en une communauté humaine. Ainsi Moïse, par exemple, dont la mission se situait à l'époque Egypto-Chaldéenne, reçut la révélation du "Je suis celui qui suis" au Buisson Ardent en tant que révélation de la source de l'expérience égo, alors que, d'un autre côté, la communauté Israélite sous sa guidance a mangé de la "manne cachée" qui descendait pendant la nuit et était "rassemblée" au petit matin. Ainsi Moïse mena la communauté qui lui était confiée vers l'idéal de l'évolution de l'égo; mais il la mena en tant que communauté, car elle était unie et se maintenait ensemble en mangeant de la "manne". La réalité de l'influence de la Manas (c'est à dire, la "manne") est manifestée lorsque les hommes dont les vies sont basées sur leurs égos intérieurs produisent en même temps une harmonie. Le véritable 'nous' peut être réalisé seulement sous l'infleunce de la Manas (l'Esprit-soi [synonyme de l'esprit Humain]), lorsque la concience égo a acquis la fermeté et la solidité d'une pierre.

Mais il y a aussi un courant anti-Manas dans le dessein des communautés en formation. La force formation de communauté de ce courant n'est pas extraite de la supra conscience , mais des régio

ns sub conscientes. Car ensemble avec l'union karmique des êtres individuels amenés à l'harmonie par la "manne", il y a encore une autre force attirant les hommes les uns vers les autres et les lie ensemble. C'est la poussée qui vient, non à travers le sang de l'impulsion du "Je suis" de Jahvé dans le passé, ni de l'égo en tant qu'expérience aujourd'hui, mais du sang qui est ni sous l'influence de Jahvé ni déterminé par l'égo. Cette force est la poussée du sexe. Elle fut mal utilisée par Balaam, par exemple (cf.Nombres :24) lorsqu'il conseilla au prince Madianite Balak, de substituer d'autres principes à ceux de la communauté Israélite pour que, au moyen des femmes Madianites consacrées à Baal, les Israélites puissent être attirés dans la sphère d'influence du culte de Baal. L'influence fut atteinte en stimulant cette impulsion à manger "les mets offerts aux idoles)—c'est à dire, la chair des victimes préparées par magie cérémonielle et investies de pouvoirs définis, par lesquels induire des alliances qui résident hors du réseau de karma positif. La "doctrine de Balaam" référée à la lettre est le point de vue duquel la "manne cachée" est observée, non dans la solitude de la supra conscience mais dans la vie sub consciente de l'impulsion.

Puisque la véritable harmonie de l'activité de la Manas peut être falsifiée et remplacée par la "doctrine de Balaam", ainsi l'homme peut s'efforcer de faire l'expérience que son propre égo puisse être falsifié et remplacé par la "doctrine des Nicolaïtes". Car, comme dans le premier cas, il y a une fausse union karmique parmi les hommes, dans le second cas, il y a une fausse expérience de l'égo. Puisque le courant "Nicolaïte" dont nous venosn de parler, a placé la conscience de l'homme juste dans le corps, elle se sent ostensiblement indépendante et libre à l'intérieur du corps. Ainsi un substitut du véritable égo est venu à l'existence, créé par l'infuence confinante du corps.

Une fausse conscience-égo s'est élevée dont le contenu était du non à l'égo mais au corps. Contre ces deux erreurs est dirigée "l'épée à double tranchant" de la bouche de celui qui adresse la Lettre à l'Ange de l'Eglise de Pergame, car l'épée du verbe de vérité frappe ce qui est immoral dans la vie de l'impulsion aussi bien que ce qui est illusoire dans les idées et concepts matérialistes.

L'opposé de l"épée à double tranchant" du futur verbe de vérité est le principe du pouvoir de magie noire oeuvrant en silence, un principe qui remplace et est basé sur l'union des impulsions subconscientes avec les concepts illusoires. Pour cette raison le langage occulte de l'Apocalypse parle de cette union en tant que "trône de Satan' (thronos to Satana). Ce nom signifie le principe de l'évolution du pouvoir d'Arhiman sur l'humanité, de façon à ce que ce principe (ou "trône") doive être vu dans la vie métabolique du système humain. D'un autre côté, il y a également eu deux situations historiques dans lesquelles ce "trône" fut présent extérieurement et objectivement, fonctionnant en tant que centre de pouvoir. Le trône d'Hérode et Hérodias, par exemple, fut un point de départ d'une telle activité. Et l'activité semanifesta dans le fait que ceux qui venaient à l'intérieur de la sphère d'influence de ce "trône" (c'est à dire, de cette activité fonctionnant par l'illusion et l'impulsion de vie immorale), furent 'décapités'. Ils furent 'décapités' dans le sens qu'ils perdirent le centre conscience-égo de la tête, et furent ainsi exposés à l'influence des profondeurs subconscientes de l'organisation métabolique.

Maintenant la seule voie pour s'opposer à un tel "trône" est de démasquer l'immoralité de l'impulsion "servile" qui en découle, et de vaincer les concepts matérialistes par la fidélité à l'esprit même jusqu'à la mort. Chaque "trône de Satan" historique a toujours été opposé à un "témoin fidèle" (martys ho pistos) de l'esprit. Il en fut ainsi avec le trône de Jézabel et Anab, auquel Naboth résista en tant que "témoin fidèle"; il en fut également ainsi avec le trône de Hérodias et Hérode, contre lesquels Jean le Baptiste fut le "témoin fidèle"; chaque fois le "témoin fidèle" doit vaincre l'immoralité par le verbe, et l'illusion par la mort. Car l'immortalité de l'individualité humaine est attestée, non seulement par l'enseignement, mais par le fait que les êtres individuels font face à la mort en tant que "témoins fidèles"—que l'individualité humaine ne peut être élevée au-dessus de la mort est est ainsi immortelle. En ce sens, non seulement Jean Baptiste, mais également Socrate à Athènes, fut un "témoin fidèle".

Cette mission spéciale—d'être un "témoin fidèle" contre le "trône de Satan"—a un nom défini. En ce sens chaque homme qui a une telle mission à remplir est un "Antipas", c'est à dire, l'homme dont la tâche est de souffrir avec les victimes du "trône" (de magie noire). Ainsi Jean le Baptiste aussi souffrit le destin des victimes du trône d'Hérode; il fut même physiquement "décapité" comme les autres victimes de ce trône furent intérieurement "décapitées" dans leur vie de l'âme. En ce sens, Jean le Baptiste est "Antipas", le compagnon-victime, qui résista au "trône de Satan" en tant que "témoin fidèle"—et, en effet, non seulement à ce moment là, mais aussi dans le passé durant des vies précédentes.

Cette "décapitation" des hommes survient véritablement aujourd'hui encore au sens moral. Il arrive, par exemple, que partout des hommes soient considérés et traités non en tant qu'individus, mais en tant que quantité, en tant que nombre. Car lorsque les hommes sont considérés seulement en tant que nombre ils sont "décapités"; la dignité de leur nature égo leur est enlevée. Et si les unités ainsi obtenues sont additionnées et leur somme établie, alors quelque chose est fait qui est moralement l'opposé de la formation de communauté à travers le pouvoir de la "manne cachée".

Ce qui fut originellement un mauvais usage de la magie noire de l'impulsion de vie et de la vie des concepts matérialisés devint plus tard une numération et une addition des unités humaines. Car comme le péché de l'Eglise d'Ephèse amena la conversion du véritable "Poids" en une chute devenant lourdeur, aussi le péché de l'Eglise de Smyrne amena la conversion de la véritable "Mesure" en "emprisonnement" à l'intérieur des confins de l'égoïsme; ainsi le péché de l'Eglise de Pergame causa le changement du véritable "Nombre" en décapitation et 'unification mécanique' des hommes. Mais le véritable 'Nombre' spirituel est une communauté d'êtres individuels rangés selon "la splendeur des étoiles" dont chacun n'est pas une simple unité, mais un "nouveau nom" écrit que la "pierre blanche que personne ne connaît sauf celui qui l'a reçu". Dans le sens du véritable 'Nombre', les hommes ne devraient pas, ne pourraient pas être comptés et additionnés; ils devraient être appelés par leurs noms et unis en une communauté par la "manne cachée". La conséquence du péché des Balaamites et des Nicolaïtes est la substitution de la somme pour la "manne" et d'une unité numérique pour le "nom".

Ainsi les statistiques, qui aujourd'hui apparaissent si innocentes, ont leurs antécédents; l'exemple fut établi par les faits tragiques dans l'histoire spirituelle et le cadre de l'esprit qui les produit doit son existence à une préparation au moyen de magie noire dans le passé. Observant cela sous cet éclairage, nous pouvons aussi comprendre pourquoi le dénombrement des gens ordonné par le Roi David [1Chr. 21:1] fut considéré si coupable par le monde spirituel et amena un châtiment si sévère par la suite; car ce qui est maintenant devenu banal était, à cette époque, une terrible violation de confiance envers la conception de la communauté humaine désirée par le monde spirituel. Les visages et les noms humains ne devraient pas être convertis en nombres; ce fut le fruit du péché de la Troisième Epoque, la "trahison contre le Nombre Spirituel".

En outre, à cette lumière nous pouvons comprendre combien tragique est le second chapitre de l'Evangile de Luc où il nous est dit :" En ce temps là, parut un décret de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre".

Car nous pouvons comprendre la tragédie du fait que Jésus devait naître durant un recensement national et considéré par l'état Romain en tant que "un de plus" si nous pouvons réellement amener à la conscience la véritable signification du 'nombre' en tant qu"harmonie de l'ineffable nom" des êtres individuels, et, d'un autre côté, la conséquence de la "chute du nombre" dans le mécanisme; c'est à dire, le mauvais usage des impulsions et des illusions. Mais il était nécessaire que Jésus naisse à une époque où "Poids" "Mesure" et "Nombre" étaient déjà séparés de leur véritable signification. : le lieu de naissance de Jésus fut une étable, avec des animaux.

Source : http://rosae-crucis.pagesperso-orange.fr/

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