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Hauts Grades

Franc-Maçonnerie, colonisation, colonialisme...

12 Décembre 2012 , Rédigé par JL Turbet Publié dans #histoire de la FM

"Nous sommes les africains qui revenons de loin...", chantent les soldats venus des colonies pour défendre la France Libre dans le film Indigènes.

On a bien du mal à se souvenir aujourd'hui de l'Empire français et de la contribution capitale des habitants des pays de cet Empire à la propérité comme à la défense de la France. De Madagascar au Sénégal, de la Guyane au Tonkin, en passant par l'Algérie, le soleil ne se couchait pas sur l'Empire, comme sur celui de son concurrent britannique.

Que viennent donc faire les francs-maçons dans cette histoire? Ou plutôt dans ces histoires, car la colonisation française connut plusieurs périodes bien distinctes et qui touchèrent des continents différents.

Il faut pour cela en revenir aux origines de la Franc-Maçonnerie... son origine anglaise. L'Angleterre est en effet le pays qui détient la plus grande puissance maritime et donc la plus grande capacité à aller au-delà des mers prendre possession de terres lointaines.

Cela s'est reproduit en France. Après Paris et Lyon, les plus grand centres maçonniques sont Bordeaux, Toulon, Marseille, la Rochelle, ports d'où l'on part volontiers vers des aventures extérieures. Les francs-maçons ont donc été, plus que d'autres catégories, touchés par le phénomène colonial. Il ne faut pas oublier non plus qu'au XVIIIème siècle, les loges initient des frères ayant des professions considérées alors comme peu recommandables mais qui incitent aux voyages : Comédiens, musiciens, danseurs, colporteurs, voyageurs de commerce...

Nous songeons par exemple à Etienne Morin (1717-1771), qui part de Bordeaux le 27 mars 1762 faire du négoce à Saint-Domingue. Initié dans une loge écossaise parisienne, il est porteur d'une Patente signée l'année précédente par la Première Grande Loge de France en son Grand Conseil des Grands Inspecteurs, Grands Élus Chevaliers Kadosh. Il emporte avec lui un système de vingt-quatre grades écossais, ou Ordre du Royal Secret, lentement élaboré à partir du foisonnement des grades de l'Écossisme naissant. Cette série, sera enrichie par un grade terminal, le Sublime Prince du Royal Secret, création personnelle de Morin. Son député Grand Inspecteur Henry Andrew Francken transmettra le système Morin sous le nom de Rite de Perfection, en 25 degrés, à Albany, province de New York. Le rite de Perfection servira de base à l'élaboration du Rite Écossais Ancien Accepté, par adjonction de huit grades, afin d'arriver aux trente-trois que compte le REAA. C'est un autre marin, l'Amiral de Grasse, Marquis de Tilly, qui après avoir participé à la fondation du Suprême Conseil américain à Charleston en 1801, vint fonder le Suprême Conseil des Iles du Vent et sous le Vent, puis le Suprême Conseil de France en 1804 à Paris. Morin, fuyant la révolte des esclaves à Saint Domingue, mourra à la Jamaïque.

On ne compte plus les marins francs-maçons comme l'Amiral Matthews, gouverneur anglais de l'île d'Antigua, le célèbre corsaire français Robert Surcouf (1773-1827), initié en 1796, à la loge "La Triple Espérance", à Port-Louis à l'Ile Maurice et membre, en 1809, de "La Triple Essence", à Saint-Malo, ou l'amiral Nelson.

Les loges maçonniques offraient une sociabilité importante pour des hommes éloignés de chez eux. L'expansion coloniale française a lieu durant cette période en destination du Nouveau Monde (Canada, Louisiane, Guyane, Antilles).

Les francs-maçons furent nombreux à participer à la première guerre anticoloniale, celle de l'Indépendance des Etats-Unis. L'intervention des frères est décisive. A la bataille de Yorktown - qui vit la défaite définitive des anglais, le 19 octobre 1781, pas moins de 11000 français participent aux combats en plus des 9000 volontaires de Washington. Ces français sont commandés par le marquis de La Rouërie, le marquis de La Fayette et le comte de Rochambeau, tous francs-maçons, comme une grande majorité des officiers.

Par ailleurs les francs-maçons américains furent à la tête du mouvement anti-esclavagisme aux Etats-Unis, dès les années 1770 notamment au sein de la Société d'émancipation des Noirs libres et illégalement réduits à la servilité, fondée à Philadelphie. Pendant la Révolution américaine, plusieurs intellectuels ont défendu les droits des Noirs comme le frère Thomas Paine, l'auteur du Sens commun, publié en 1776. Le frère Benjamin Franklin (1706-1790) fut un fervent défenseur de l'abolition de l'esclavage (il libéra ses propres esclaves dès 1772). Thomas Jefferson, les frères George Washington (qui affranchit ses esclaves par testament) et James Madison militèrent au Congrès américain pour la suppression de l'esclavage.

En France aussi, les francs-maçons furent à la tête du combat anti-esclavagiste. Ils sont légion au sein de la Société des amis des Noirs créée par le frère Jacques-Pierre Brissot en 1788 dont l'objectif affirmé est l'interdiction de la traite négrière. Le frère Condorcet (qui publie les Réflexions sur l'esclavage des nègres) réclame un moratoire d'une durée de 70 ans entre la fin de l'esclavage et l'accession des affranchis au statut de citoyen. C'est grâce à l'action de l'Abbé Grégoire (membre de la loge des Neufs Soeurs), que le 4 avril 1792, l'Assemblée nationale décide d'accorder la pleine citoyenneté à tous les libres de couleur. Ce fut le 16 pluviôse an II (4 février 1794) que la Convention abolit l'esclavage en avalisant et généralisant la décision unilatérale du commissaire civil à Saint-Domingue, Léger-Félicité Sonthonax, prise le 12 fructidor an I (29 août 1793).

Rétablit par Bonaparte en 1802, l'esclavage est de nouveau et définitivement abolit par le frère Victor Schoelcher, nommé dans le Gouvernement provisoire de 1848 sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies par le ministre (et frère) François Arago. Le Décret d'abolition du 27 avril 1848, signé par tous les membres du gouvernement, paraît au Moniteur, le 5 mars. 250 000 esclaves des colonies françaises sont émancipés.

En ce qui concerne l'expansion française et la franc-maçonnerie, une première loge est créée dès 1781 à St Louis du Sénégal, sous le nom initial de loge «St Jacques des vrais amis rassemblés», devenue aussitôt «St Jacques des trois vertus». En 1823, le GODF créer «La Parfaite Union» sur laquelle, dès 1824, vient se soucher le premier Chapitre en Afrique, portant le même nom que la loge. Elle est créée par le Baron Jacques ROGER, gouverneur du Sénégal, défenseur des Africains et anti-esclavagiste dans la lignée du Frère Schœlcher, qui cherche à former et attirer une élite africaine.

En ce qui concerne l'Algérie dont la conquête débute en 1830, la première loge, «Cimus», loge militaire du 10° régiment d’infanterie légère, s'installe fin 1831. En mai 1833 est créée la loge «Bélisaire» à Alger. En juin 1833 est créée la loge «Ismaël» à Bône, puis en juin 1836 «l’Union Africaine» à Oran. La loge d’Alger joue le rôle de loge-mère par essaimages successifs : à Blida en 1844 «les Frères de l’Atlas», à Cherchell en 1845 «Julia Caesarea».

A Mostaganem en 1844 «les Trinosophes Africains» sont installés sous l’égide de la loge d’Oran. Le nombre de francs-maçons va régulièrement progresser, de 80 frères en 1833 à 850 frères en 1851.

Le Suprême Conseil de France (futur Grande Loge de France) ouvre «Les Frères Unis du Chélif» en février 1856 à Orléansville puis «Les Hospitaliers», en décembre 1861 à Constantine. Cette dernière loge va résister et se maintenir, montrant la voie aux autres loges de la GLDF.

L'émir ABD EL KADER el Hadj (1807-1883) qui fut le grand résistant algérien et le chef de la guerre contre les Français en Algérie de 1832 à 1847 est initié franc-maçon, en 1864, à l'orient d'Alexandrie à la loge "Les Pyramides", du Grand Orient de France, au nom de la loge "Henri IV", de Paris. En effet, l'Emir a sauvé la vie de plusieurs milliers de chrétiens venus se réfugier auprès de lui dans sa résidence de Damas en 1860 alors que les druzes cherchent à les massacrer. L'Emir n'a jamais trouvé de contradiction entre son engagement spirituel en Franc-Maçonnerie et sa profonde foi musulmane soufie.

Le grand homme de la période est incontestablement Adolphe CRÉMIEUX (1796-1890) : Avocat et homme politique, président du Consistoire central et de l'Alliance israélite universelle, il est ministre de la Justice du Gouvernement de Défense Nationale en 1870. Il est l'auteur du décret du 24 octobre 1870, dit Décret Crémieux qui accorde d'office la citoyenneté française aux 37 000 juifs d'Algérie. Ce décret stipule que «les Israëlites indigènes des départements de l'Algérie sont déclarés citoyens français ; en conséquence, leur statut réel et leur statut personnel, seront, à compter de la promulgation du présent décret, réglés par la loi française. Toutes dispositions législatives, décret, règlement ou ordonnance contraires sont abolis».

Adolphe Crémieux, est initié à la franc-maçonnerie en 1818, à la loge le "Bienfait anonyme" de Nîmes, du Grand Orient de France, qu'il quitte en 1860 pour rejoindre le Suprême Conseil de France du Rite écossais ancien et accepté dont il devient le Souverain Grand Commandeur. En 1875, Adolphe Crémieux réunit à Lausanne en Suisse, une assemblée des Suprêmes Conseils du REAA pour harmoniser le Rite Ecossais Ancien & Accepté. Ces règles sont toujours en vigueur aujourd'hui notamment à la Grande Loge de France. Véritable acte fondateur de la franc-maçonnerie moderne, cette déclaration de l'assemblée de Lausanne proclame «l'existence d'un Principe Créateur» appelé «Grand Architecte de l'Univers». Par ailleurs c'est Adolphe Crémieux qui fit l'éloge funèbre de son frère et ami l'Abbé Grégoire.

Au terme de sa longue carrière politique, Crémieux devint sénateur inamovible d'Alger, de 1875 à sa mort en 1880. Il estenterré au Cimetière du Montparnasse.


Au Maroc, en 1867, Haïm Benchimol - drogman de la Légation de France, directeur du journal Réveil du Maroc, directeur de la banque Transat, membre fondateur de l’Alliance Israélite Universelle et de l’Alliance Française au Maroc, correspondant des Compagnies Maritimes et de l’agence Havas - devient président fondateur de la loge maçonnique de Tanger, fondée par les juifs marocains "protégés" ou naturalisés Français, la loge "L'Union 194" au sein de la GLDF. Elle est composée de 73 frères dont le premier initié Marocain, Mohamed Doukali. Se crééeront ensuite "Casablanca 386" créée en pleine médina et affiliée au GO d'Espagne, puis "Le Phare de la Chaouia", toujours à Casablanca, "Moulay Hassan 395" et "Le Réveil du Maghreb" à Rabat, puis bien d'autres loges.

En 1920, le frère Elie Zerbib, libraire, initié à Bélisaire en 1871, fils d'un Grand Rabbin d'Algérie mais converti au protestantisme, participe à la fondation de la loge "Woodrow Wilson n°479" de la GLDF à Mogador. Cette loge, au rite écossais, draine aussitôt les éléments israélites en plus grand nombre que "La Nouvelle Tamusiga". Le même constat peut se faire un peu partout à travers le Maroc, l’argument du rite écossais étant souvent avancé.

En effet, depuis 1877 et l'abandon du Grand Architecte de l'Univers par le Grand Orient de France, et l'option de plus en plus résolument anti religieuse de celui-ci, les frères catholiques, juifs et musulmans se sentent moins à l'aise dans les loges du GODF.

Durant la période allant de 1880 à la fin de la guerre de 1914-1918, les frères du GODF se méfieront même des "élites africaines", formées presque exclusivement dans les écoles de l'église catholique, devenue l'ennemie. Les loges du GODF de cette époque seront presque exclusivement constituées de "blancs laïques". La même méfiance prévaudra envers les musulmans suspectés de "superstition" comme les catholiques.

Pourtant, c'est bien du début des années 1880, que date le renouveau de la politique coloniale française sous l'impulsion de Jules Ferry (1832-1893). Avocat, journaliste et homme politique français, il fut Ministre de l'Instruction publique de 1879 à 1883: il crée l'enseignement primaire obligatoire, gratuit et laïc. Président du Conseil de 1880 à 1881 et de 1883 à 1885, il prend en main les affaires étrangères et les affaires coloniales. Il tente de détourner vers les conquêtes coloniales l'ardeur militaire des Français, jusque là surtout anti-allemande. La défaite de Lang-Son (Tonkin, Indochine, 28 mars 1885) brise sa carrière : il est peu après renversé par les adversaires de sa politique coloniale.

Jules Ferry est initié franc-maçon le 8 juillet 1875, au sein de la loge «La Clémente Amitié», du Grand Orient de France en même temps qu'Emile Littré et Grégoire Wyrouboff. Une grande publicité est faite au discours que Littré prononce à cette occasion, et la presse en donne un large écho. Par la suite, Jules Ferry appartiendra à la loge «Alsace-Lorraine».

Jules Ferry veut émanciper les élites locales de l'influence du clergé et des marchands par une politique ambitieuse en faveur des colonies. D'ailleurs, c'est la droite et l'extrême droite qui s'opposent à sa politique en lui reprochant de dépenser inutilement des sommes importantes au profit des indigènes au lieu de renforcer l'armée et de préparer la revanche de 1870 contre la Prusse. Ferry pense également qu'une politique coloniale ambitieuse est bonne pour la France et que la métropole comme les colonies doivent pouvoir y trouver leur compte. En 1875, quelques mois après avoir été renversé, il prononce à la Chambre son célèbre discours en défense de sa politique coloniale: "Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures..." (...) "Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures...". "Vous nous citez toujours comme exemple, comme type de la politique coloniale que vous aimez et que vous rêvez, l'expédition de M. de Brazza. C'est très bien, messieurs, je sais parfaitement que M. de Brazza a pu jusqu'à présent accomplir son œuvre civilisatrice sans recourir à la force ; c'est un apôtre; il paie de sa personne, il marche vers un but placé très haut et très loin ; il a conquis sur ces populations de l'Afrique équatoriale une influence personnelle à nulle autre pareille ; mais qui peut dire qu'un jour, dans les établissements qu'il a formés, qui viennent d'être consacrés par l'aréopage européen et qui sont désormais le domaine de la France, qui peut dire qu'à un moment donné les populations noires, parfois corrompues, perverties par des aventuriers, par d'autres voyageurs, par d'autres explorateurs moins scrupuleux, moins paternels, moins épris des moyens de persuasion que notre illustre Brazza, qui peut dire qu'à un moment donné les populations n'attaqueront pas nos établissements ? Que ferez-vous alors
?"

Jules Ferry fait explicitement référence au frère Pierre Savorgnan de BRAZZA (1852-1905) : Explorateur de l'Afrique équatoriale, il organise pacifiquement la colonie du Congo sans jamais employer la force. "Une mémoire pure de sang humain", dit-on de lui. C'est un frère généreux et humain qui a été Initié franc-maçon, en 1888, à la loge "Alsace Lorraine" du Grand Orient de France à Paris.

Dans la lignée humaniste de Ferry on ne peut passer sous silence le rôle important joué par le frère Eugène ÉTIENNE (1844-1921), député puis Sénateur d'Oran, animateur très écouté du "groupe colonial", sous-Secrétaire d'État aux Colonies en 1887 et 1889. Il a été initié franc-maçon, en 1881, à la loge "Le Phare de la Renaissance", de Marseille puis Compagnon à "Union et Persévérance", à Paris dont il fut Vénérable en 1885.

Pendant la Guerre de 1914-1918 il faut noter le rôle essentiel joué par les troupes coloniales et notamment par les tirailleurs sénégalais. C'est le frère Blaise Diagne (1872-1934), député du Sénégal, Maire de Dakar et sous secrétaire d'Etat aux colonies qui mobilise les troupes indigènes.

Initié le 21 septembre 1898 dans la Loge "L'Amitié" du Grand Orient de France à Saint-Denis de la Réunion, il accède à la Maîtrise en 1901 et, selon ses affectations, travaillera dans différents Ateliers comme "l'Indépendance Malgache" de Tamatave, "Les Inséparables du Progrès" à Paris, "l'Union Guyanaise" ou la loge "Pythagore" dont il fut le Vénérable Maître de 1922 à 1926. Blaise Diagne est le premier franc-maçon de couleur à accéder au Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France en 1922. Membre du Comité permanent des loges d'outre-mer, créé en 1919, il s'occupe en particulier des loges d'Afrique, et pendant un temps de celles de Madagascar. Il sera jusqu'à sa mort en 1934, un franc-maçon actif.

Après la défaite de 1940, la franc-maçonnerie est interdite et réprimée en France métroplolitaine par le Gouvernement de Vichy. Le frère Félix ÉBOUÉ (1884-1944) joue alors un rôle essentiel. Petit fils d'esclave, il était devenu le premier Gouverneur Général de couleur d'une colonie française (le Tchad en 1938). Dès 1940, il rallie le Congo aux Forces Françaises Libres. Après la guerre, il participe à la décolonisation. Félix Eboué est initié franc-maçon, en 1922, à la Loge "La France Équinoxiale", à Cayenne. Son épouse appartint au Droit Humain et sa fille, Ginette, à la Grande Loge Féminine de France. Le Général de Gaulle rétablit la Franc-Maçonnerie à Alger en 1943 en souvenir du rôle joué par Félix Eboué en 1940.

Si avant la guerre les loges ne remettent à aucun moment en cause le principe de la colonisation elles s'interrogent néanmoins sur l'avenir. Elles souhaitent que "puisse venir le jour où, dans toutes nos colonies, les indigènes, maîtres de leurs destinées, travaillent de pair avec leur tuteurs d’hier au progrès économique et social de leur pays".

Après la Guerre se pose la question de la décolonisation. Le frère Pierre
MENDÈS-FRANCE
(1907-1982), Président du Conseil en 1953, plaide avec force pour des solutions négociées dans les colonies et met fin à la guerre d'Indochine. Pierre Mendès-France a été initié Franc-Maçon, en 1928, à la loge "Union et Progrès", de la Grande Loge de France à Pacy-sur-Eure. Il se mit en sommeil en 1945.

C'est bien l'Indépendance qui deviendra réalité en 1962 avec l'indépendance de l'Algérie. La France n'a plus de colonies en Afrique. Non sans déchirements parfois car beaucoup de frères auraient souhaité qu'une solution pacifique sans effusion de sang soit trouvée. Ce qui a été possible au Maroc ou en Tunisie ne l'a pas été en Algérie.

Les frères des anciennes colonies avaient toujours oeuvré pour l'amélioration des conditions de vie comme pour l'émancipation des population indigènes. Malgré des réticences ponctuelles, ils furent très majoritairement, en métropole comme dans les pays colonisés, favorables aux processus d'Indépendance. La colonisation, avec son cortège d'exploitation, d'humiliation des populations indigènes se devait de cesser. C'est un grand bienfait pour l'Humanité que les peuples puissent disposer d'eux-mêmes. La période de la colonisation est maintenant notre Histoire commune, et pas la plus glorieuse en ce qui concerne la France.

Aujourd'hui la Franc-Maçonnerie a repris force et vigueur en Afrique malgré l'hostilité de certaines franges des populations concernées. Il faut dire que certaines obédiences africaines, créées sous l'égide de la Grande Loge Nationale Française (nous pensons à la Franc-Maçonnerie gabonaise d'Omar Bongo par exemple...) et qui sont sous la dépendance effective de chefs d'Etats qui ont parfois une vision toute personnelle de la démocratie, donnent une image pour le moins brouillée de l'idéal maçonnique.

Pour autant, des francs-maçons sincères rejoignent toujours plus nombreux les loges nords-africaines (je pense au Maroc par exemple), Africaines, Moyen-Orientales et Proche-Orientales (dans les pays où la Franc-Maçonnerie est autorisée comme au Liban ou en Israël) et font rayonner au quotidien les principes et les valeurs immémoriales de l'Ordre, sa spiritualité et son humanisme.

C'est aujourd'hui une autre page qui est ouverte... et ce sont les francs-maçons de ces pays aujourd'hui indépendants qui l'écrivent

Source : http://www.jlturbet.net/article-34264354.html

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