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Hauts Grades

FrancMaçonnerie et Catholicisme

23 Juin 2012 , Rédigé par Serge Bonnefoi Publié dans #Eglise catholique et FM

La position de l’Église catholique quant à l’adhésion de catholiques à une association maçonnique est a priori claire : il est interdit d’y adhérer et une adhésion constitue un péché grave interdisant l’accès à la Sainte Communion. Que l’on soit d’accord ou pas, c’est comme ça ! (cf. Déclaration de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur les Associations maçonniques du 26 novembre 1983 link). Par ailleurs, on doit admettre à partir des mêmes sources que même les plus hautes autorités locales n’ont pas le droit de déroger à cette règle, y compris pour ce qui est de la collaboration avec une association maçonnique, qu’on le déplore ou non pour certaines, en particulier pour celles relevant du rite écossais. Le Vatican est clair : Malgré la diversité qui peut exister entre obédiences maçonniques, en particulier dans leur attitude déclarée envers l'Église, le Siège apostolique discerne certains principes communs entre eux qui exigent la même évaluation par toutes les autorités ecclésiastiques. "La seule possibilité pour collaborer avec une telle association, mais non pas y adhérer, reste une dérogation accordée par le Saint-Siège, ce qui est possible, même si Benoît XVI, auteur de la déclaration de 1983, semble assez hostile à toute forme de collaboration ! Ceci n’empêche pas par contre d’être ami avec des francs-maçons, ni de chercher à les éclairer sur les contradictions entre leur engagement et la Foi catholique, ni même de participer au coup par coup à certaines actions, mais si possible dans ce dernier cas, après accord de son Ordinaire… La catéchèse n'est pas interdite ! Il ne faut jamais renoncer à aller chercher la brebis égarée, voire même (j'outre volontairement, donc ne pas déformer, mais au contraire reformer) à convertir le loup (ce que ne sont pas, très loin de là, tous les francs-maçons), le lion pouvant un jour manger à la même table que la gazelle comme nous l’apprend [Is 11, 1-9] ! L'Église ne parle pas de la fréquentation des francs-maçons, mais de la participation active à leurs travaux et d'adhésion entière et soumise à une association maçonnique. Voilà ce qui est interdit… Les relations humaines ne sont pas en cause ; ce qui est interdit, c'est l'adhésion irréfléchie et soumise à leurs thèses ou à une Loge.On notera que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi rappelle clairement que pour un chrétien catholique, il n'est pas possible de vivre sa relation avec Dieu, dans un double mode la divisant entre une forme supraconfessionelle humaniste et une forme intérieure chrétienne. Il ne peut pas cultiver deux types de relations avec Dieu, ni exprimer sa relation avec le Créateur à travers des formes symboliques de deux types.

Maintenant, quelques autres points de précision.

Il faut en premier se souvenir qu’il n’existe pas une Franc-Maçonnerie mais des Franc-Maçonneries : l’une dite régulière, qui accepte toutes les religions et philosophies ; l’autre, dite irrégulière, fondée sur l’athéisme et l’agnosticisme ; sans parler de multiples groupuscules qui se prétendent maçonniques, même s’ils n’ont que très peu avoir avec la Franc-Maçonnerie. Il est bien évident que la condamnation de l’Église se rapporte totalement aux deux dernières de ces catégories, comme le font clairement comprendre les condamnations fondées sur des données spirituelles de la Franc-Maçonnerie, d’Ecclesiam (Pie VII, 1821) à Humanus genus (Léon XIII, 1884) - bizarement plus aucun à réelle portée depuis Léon XIII, bref depuis l'adhésion à la démocratie -, les textes antérieurs pouvant être à très juste titre accusés d’être plus politiques que spirituels (je pense ici aux textes de Clément XII et de Benoît XIV)… La difficulté apparente est donc quant aux francs-maçons réguliers…
Il faut par ailleurs se souvenir que la Déclaration du 26 novembre 1983 ne remet en cause ni Nostra Aetate (en particulier son point 5, n’en déplaise à certains), ni surtout deux autres importants documents de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi bizarrement oubliés par le livre Les enseignements originaux des Papes sur la Maçonnerie de 1717 à nos jours (Téqui, 1998), bref :
la lettre du Cardinal Seper, alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, aux Évêques de 1974. Cette lettre ne fait pas de référence directe au Pape comme le document de 1983, mais elle évoque directement le Saint-Siège, ce qui peut être jugé comme équivalent ; la déclaration du 17 février 1981 de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, déclaration relative aux peines canoniques auxquelles s'exposent les francs-maçons, cette dernière indiquant que ne sont condamnées que les loges hostiles à l’Église ou aux pouvoirs civils légitimes. Ceci ne signifie nullement néanmoins autorisation d’adhésion et de participation pleine et totale aux travaux des Loges pour le Catholique ! Mais ceci est aussi bien plus modéré que l'on ne veut le laisser croire ! D’ailleurs, à propos du livre que je viens de citer, je m’interroge lorsqu’ils citent un texte de Jean XXIII du 4 décembre 1960 en mettant d’origine inconnue, ce qui ne peut qu’interloquer… Un message aussi important d’un Pape, surtout condamnant la démocratie et la Franc-Maçonnerie, peut-il ne pas avoir de référence, alors qu’il contredit la plupart des autres textes vaticans, y compris de Vatican II et de Jean-Paul II ? Reste que, même dans ce sens de tolérance apparente pour les Catholiques, des dangers restent pour le Catholique, ces dangers étant principalement au nombre de sept :

La Franc-Maçonnerie n’est pas secrète ; elle est discrète. Par contre, il est indéniable qu’elle se veut détentrice d’un secret, secret de plus évolutif car inaccessible dans sa pleine compréhension. Il y a là contradiction avec la Foi catholique. Il n’y a pas, chez les catholiques, de spéculation pseudo-religieuse sur le texte des Évangiles ou sur les paroles du Christ. Il n’y a pas de message caché perceptible aux seuls initiés, mais parole du Christ, simple, claire, limpide, parlant à tous les hommes, et ce même si la forme est parfois imagée (je fais court…). La parole du Seigneur n’est pas secret, mais Révélation et Vérité, donc accessible à tout un chacun ! L’idée même de secret contredit donc la vision catholique de la Révélation ! Je ne parle même pas des dérives pseudo-kaballistiques, ésotériques, égyptiennes, etc…, qui n’ont d’ailleurs que très peu à voir avec la véritable Franc-Maçonnerie ! Contra, on peut dire qu’il n’y a plus de secret maçonnique tel qu’on pouvait le concevoir autrefois, si ce n’est l'amour fraternel, qui est et reste mystère tant de la Révélation que de l’humanité, comme l'apprennent les plus anciens rites maçonniques…Néanmoins, lorsqu’un chrétien utilise le mot mystère, il ne faut surtout pas penser à un mystère au sens d’Arsène Lupin… Il ne faut pas non plus entendre ce mot en son sens ancien ou sectaire de rite, de culte secret, de savoir secret, d'ésotérisme réservé à des initiés en vue de leur octroyer le salut, la connaissance, le pouvoir ou la vie sauve ; je pense ici par exemple aux mystères d’Éleusis ou encore aux mystères d’Isis. Ce mot doit s’entendre au sens chrétien de dogme révélé, inaccessible à la seule raison car lié au dessein de Dieu. On peut ici songer aux mystères joyeux, douloureux, glorieux du Rosaire, ou encore au mystère de la Trinité, au mystère de l’Eucharistie, bref à tout ce que la seule raison ne peut pas expliquer et qui demande une adhésion personnelle à Dieu. L’Évangile est lui-même mystère car, en tant que Bonne Nouvelle, il a été espéré et annoncé jusqu’à la venue de Jésus-Christ sur notre terre, car il vient de Dieu qui est d’une nature, d’une essence, d’une substance différente de la notre qui ne sommes que Ses créatures, et ce même si l’homme a été créé à l’image de Dieu . Mais ce mystère est aujourd’hui disparu car la Bonne Nouvelle s’adresse désormais à tous les hommes. Le mystère chrétien se distingue donc du mystère antique ou de celui des sectes ou des groupes ésotériques, etc..., en ce sens qu’il est offert et qu’il s’offre à tous les hommes sans aucune exception – y compris aux non-croyants – et non pas octroyé à quelques seuls (pseudo-)initiés sélectionnés, non par Dieu, mais par d’autres hommes ou par des dieux, des extra-terrestres, etc… Le secret, terme qu'utilisent d'ailleurs des francs-maçons, n'a donc rien à voir avec le mystère des Catholiques...Autre difficulté, la croyance en un Dieu grand architecte de l’univers ou être suprême, même si certains parlent de sa volonté révélée. Je n’entrerai pas ici dans un vaste débat ontologique ou sur Spinoza, mais je me contenterai de dire que l’idée de grand architecte de l’univers est avant tout gnostique et non pas catholique, alors que l’idée même d’être suprême peut conduire à la négation de la Création, ou pour le moins à la confusion entre l’être et la créature ! Il y a risque réel de panthéisme ou de déisme ou de théisme spinozien…On peut dès lors assez vite aboutir, sans même en avoir conscience, à l'idée que le mal serait un principe égal au Bien ! Or, le mal n'est que la suite de la faute des hommes récapitulée dans celle d'Adam ! Ce n'est que dans le dualisme ontologique de la gnose que le mal est un principe, ou encore dans le manichéisme ou parfois chez certains évangélistes américains ! Mais il est vrai que certains Catholiques tombent, en se voulant trop rigoristes (connaissent-ils l'erreur de Novatien ?), dans ce panneau ! La liberté du Catholique est totale, d'où l'importance de la notion de péché, son effacement privant paradoxalement l'homme de sa liberté et conduisant soit à l'agnosticisme, soit au dualisme égalitaire entre le Bien et le mal ! Paradoxalement, certaines approches maçonnes de la liberté sont en fait négation de la liberté (résidu de l'influence de la prédestination protestante ?) ! De plus, les Landmarks insistent sur la tradition maçonnique, et en particulier sur le théisme. Mais si le théisme est une doctrine admettant l’idée d’un Dieu première cause du monde, il aboutit très vite au théisme rationaliste pour qui l’être divin se confond avec la suprême racine de toute chose. Certes, mais le risque de déviance vers le déisme, c’est-à-dire cette idée que la raison ne peut connaître du divin que son existence en aucun cas ses attributs, le panthéisme, et le gnosticisme est ici évident. Il est vrai que la plupart des Francs-Maçons, qui dès lors ne peuvent pas pêcher, l’ignorance n’étant pas cause de chute, n'est pas outillée pour saisir la subtilité de cette argumentation, ce qui est aussi démonstration que les dangers sont réels pour la masse des catholiques connaissant mal leur propre Foi ! Néanmoins, il ne me semble pas qu'il soit question de s'agenouiller devant le GADLU, de chanter sa gloire ou même de craindre sa foudre, et encore moins de l'adorer. Dès lors, la Franc-Maçonnerie authentique, avec ses références adamiques, avec la proclamation de la Volonté révélée de Dieu ou du GADLU - laquelle suppose son essence personnelle-, est à l'abri du relativisme et de glisser vers la croyance dans le Dieu des philosophes ou plus exactement en la cause première. Mais le risque est là tout bonnement parce que la plupart des Maçons réguliers n'ont pas une conscience nette de ces subtilités... D'où les conseils des plus anciens sur la nécessité de pratiquer avec ferveur sa religion, y compris lorsqu’elle n’est pas ! Finalement, seul le chrétien fort en esprit et en connaissances peut tomber dans le péché réel, justement parce qu’il dispose des outils lui permettant de faire le tri, lui permettant d’éviter le théisme ou l’agnosticisme pur. La limite extrême à ne pas franchir pour le croyant, ce sont les sermons de Maître Eckhart relatifs à la survivance du concept de déité, ou plus exactement de Créateur comme non sujet d'adoration. Mais, dès lors que l’on en a conscience, cela n'impose pas de renoncer au Mystère de la Trinité. Ensuite, le Volume de la Loi sacrée se réduit au seul Évangile de Jean, ce qui est bien mais insuffisant. Il y a donc très grosse divergence d’avec le catholicisme, notre livre sacré contenant l’Ancien et le Nouveau Testaments, formant un tout. Toute une série de dimensions de la Foi sont donc exclues a priori ! Contra : il semblerait pourtant qu’il y ait là une erreur, le Volume de la Loi Sacrée étant en fait la Bible, sans retrait ni altération (mais quelle édition ?), mais restant ouverte au Prologue de l'Evangile de Jean…Il y a par ailleurs ambiguïté sur le christisme. Je m’explique. Les Francs-Maçons réguliers se veulent d’origine christique. Mais que contient ce mot ? Très rarement la divinité du Christ ! Néanmoins, l’idée même de christisme peut échapper à la compréhension pour le non croyant – qui se trouve malgré lui d’une certaine façon inévitablement en contact avec le Christ évoluteur alpha et oméga teilhardien –, ou encore pour le croyant ne ressentant pas le besoin de mélanger les genres dans sa quête de savoir et plus encore de perfectionnement de sa réflexion, quel que soit son niveau initial. Il y a de plus incohérence entre la tendance laïque et agnostique et l’origine christique, sauf à réduire Jésus à un super-guru qui aurait réussi ! Peut-on être agnostique et chrétien ? J’en doute fort ! Et on peut de plus aboutir au grotesque du Grand Orient de France qui continue à faire prêter serment sur l’Évangile de Jean, même les athées ! Il y a contradiction interne, du moins dans une approche spirituelle et surtout chrétienne du Christ ! C’est d’ailleurs pour contourner cet apparent non-sens, dès lors que la priorité est donnée au spirituel et non pas à la recherche approfondie des sens des choses, que certains membres du Grand Orient croyants souvent plus réels que formels rejoignent le rite écossais rectifié pour être régularisés. Par ailleurs, l’un des principes de base de la véritable Maçonnerie est la règle de masculinité. Cette règle est contraire au Christianisme, Jésus ayant eu de nombreuses femmes autour de lui, son message s’adressant de plus à tous, hommes et femmes, pas aux seuls hommes ! Il n’y a plus ni homme, ni femme, comme nous l’enseigne Saint Paul ! Certains comparent cette attitude avec le non accès des femmes au sacerdoce chez les Catholiques, mais cela n'a rien à voir ! Ceux qui l’affirment se trompent de perspective ! La Maçonnerie régulière est interdite aux femmes, qui ne peuvent accéder au secret, alors que chez les Catholiques, que je sache, il n'y a aucune différence quant à l'enseignement de la Foi et à la recherche, quant à l'accès à la Vérité entre un homme et une femme ! Il n'y a plus ni juif, ni grec, ni homme, ni femme, ni maître, ni esclave... nous dit l'Apôtre ! Ce n'est pas la même chose avec les Maçons ! On notera par ailleurs que, s’il existe des Loges féminines, celles-ci sont considérées comme irrégulières par la plupart des francs-maçons… Contra, on peut dire aussi que la masculinité maçonnique serait odieuse si la Franc-Maçonnerie prétendait offrir le salut ; or, cette règle est avant tout historique, liée aux corportations, et plus encore justifiée par les références chevaleresques de la Franc-Maçonnerie actuelle.

Les divergences fondamentales entre Catholicisme et Franc-Maçonnerie sont donc évidentes !

On notera que l’Église qualifie l’appartenance à la Maçonnerie de péché grave interdisant l'accès à l'Eucharistie, mais pas de péché mortel (a contrario par exemple du non respect du repos dominical ou du non respect de certains jeûnes dans le Grand Catéchisme de Pie X par exemple), l’Église faisant ici appel au for intérieur de chacun. Il va peut-être vous sembler que je joue ici sur les mots, mais je rappelle qu’il y a trois conditions pour constituer le péché mortel : la matière grave (donc le péché grave), la pleine connaissance et l’entier consentement. La simple adhésion sans connaître le péché ne constitue donc pas un péché mortel ; par contre, la persévérance dans la Franc-Maçonnerie peut bien constituer un péché mortel lorsqu’elle se fait sans aucun discernement doctrinal et théologique, les deux dernières conditions étant constituées ; rappelons que le Code de droit canonique fait bien la distinction entre les interdits et les excommuniés (canon 915), étant entendu que le même Code rappelle qu’il ne peut y avoir communion eucharistique dès lors que l’on a conscience d’un péché grave (canon 916). On oublie trop souvent cette notion de conscience du péché…, si bien que le péché mortel ne peut être finalement réalisé que par un être ayant une sur-conscience du dit péché ! Dans tous les cas, l’Église émet, face aux nombreux risques de déviance, d’erreur, de basculer dans l’hérésie, etc…, une sévère mise en garde contre les dérives déistes, panthéistes et gnostiques auxquelles expose l’adhésion à la Franc-Maçonnerie, le pas étant facile à franchir, même inconsciemment ! Il est donc logique que la condamnation soit totale pour les irréguliers, plus modérée, même si elle reste très forte, pour les réguliers, le rôle de l’Église étant de préserver les âmes et de mettre en garde en cas de péril grave ! Il est ainsi logique que toute interprétation ne puisse venir que du Vatican ! Il est tout aussi logique que l'interdiction d'adhésion et de participation soit totale ! Enfin, il est concevable que certains grands esprits de l’Église participent, en pleine conscience, à la Franc-Maçonnerie, mais du fait même de leurs capacités de discernement et de leur devoir de catéchèse ! Mais il faudrait aussi (déjà ?) que tous les textes soient mis à la disposition des fidèles et non pas quelques uns comme dans l’ouvrage publié par Téqui. Peut-être faudrait-il d’ailleurs que le Vatican dise enfin clairement quelles sont les associations maçonniques condamnées, toutes ou quelques-unes, tant pour clarifier les choses que pour éviter des contradictions entre textes que pour éviter de laisser une incompréhension dans les esprits lorsque des fidèles constatent que certain Prélats, parfois même très haut placés dans la hiérarchie de l’Église, sont Francs-Maçons… Mais gardons bien à l’esprit que la Déclaration du 26 novembre 1983 ne fait aucune distinction (ce qui est retour en arrière de la part du Cardinal Ratzinger), justement du fait des risques induits, entre les diverses formes de franc-maçonnerie, et toutes les formes de Franc-Maçonnerie restent a priori et officiellement strictement interdites aux Catholiques. Il ne faut pas se tromper sur la portée de mon texte ; je parle seulement de difficulté apparente, et, je crois avoir bien expliqué les motivations de l’Église, rappelant toujours l’interdiction d’adhésion à toute association maçonnique faite au Catholique ! Que de risques de chuter sur la voie franc-maçonne ! En effet, je le répète, pour un chrétien catholique, il n'est pas possible de vivre sa relation avec Dieu, dans un double mode la divisant entre une forme supraconfessionelle humaniste et une forme intérieure chrétienne. Il ne peut pas cultiver deux types de relations avec Dieu, ni exprimer sa relation avec le Créateur à travers des formes symboliques de deux types ! Or, c'est là le grand risque, le seul en fait si l'on n'est pas attentif ! Le devoir de l’Église est de mettre en garde l’ensemble des Catholiques, le for intérieur de certains pouvant néanmoins leur permettre de dépasser cet interdit, de par leurs capacités de discernement ! Mais cette exception ne peut pas concerner l’ensemble du Peuple catholique, uniquement une infime minorité, d’où la condamnation générale apparente ! Qui dit risque dit aussi moyen d’évitement ! Mais, comme le disait Simone Weil, le risque est un besoin existentiel de l'âme ! Pour finir, deux questions à finalité réflexive…

La Franc-maçonnerie, la vraie, dans son essence comme dans sa posture, ne serait-elle pas en fait l’Eglise de saint Jean face à celle de Pierre et de Paul trop souvent oublieuse des idées fondamentales d’amour, d’altruisme, d’action ? Les incompréhensions ne portent-elles pas parfois plus sur un refus des Lumières et de la liberté qu’autre chose, du fait d’une très mauvaise compréhension de saint Augustin et de la controverse pélagienne, … alors même que rien, hormis la négation de Dieu ou de la religion chez certains de ses penseurs, ne la sépare réellement du message du Christ ? On comprend mieux dès lors comment des hauts dignitaires de l’Eglise, des théologiens de très haute tenue peuvent à la fois être Vrais Catholiques et Vrais Francs-Maçons, dès lors qu’ils font preuve de discernement…

Source : http://serge-bs.over-blog.com

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