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Hauts Grades

Grade de l'Initié dans les profonds mystères (1780)

1 Mai 2012 Publié dans #hauts grades

Objet de ce grade

Le Grade de l'Initié dans les profonds mystères a pour objet de faire connaître, aux vrais maçon parfaitement affermis dans les principes de

la maçon ce qu'il y a de bon ou de vicieux dans tous les autres grades dont on y fait la critique ; c'est pourquoi pour pouvoir juger sainement si les grades qu'on y approuve ou désapprouve donnent réellement lieu au jugement que l'on en porte, il est essentiel d'avoir reçu tous ces grades, ou du moins de les connaître.

Ces grades sont principalement les trois de la maçonnerie Bleue, celui de Maître Parfait ; celui d'Elu ; l'Élu de l'inconnu ; celui des Quinze ; celui d'Écossais ; celui de Souverain Cons? du Temple ; celui d'Élu suprême, celui de Chevalier d'Orient ; celui de Chevalier d'Occident ; celui de Sublime Philosophe ; celui de Chevalier du Soleil ; celui de Chevalier du Phénix ; celui de Chevalier de l'Aigle Noir, ou Rose Croix de Marseille.

Discours de l'Orateur.

Après que l'instruction est finie, le Frère Orateur lit le discours suivant, dans lequel se trouve expliqué parfaitement tout l'objet de ce grade :

Vous avez passé par tous les grades, on vous a fait parcourir jusqu'à aujourd'hui, les uns après les autres, tous les mystères redoutables au vulgaire, parce qu'il ne les connaît pas et que le sage voit pour la plupart d'un oeil méprisant et dédaigneux.

Nous savons rendre justice à la vertu et à la vérité, elles nous sont chères. Ce que vous allez entendre vous en convaincra de plus en plus.

L'analyse de ces grades va vous être dévoilée, vous allez en pénétrer les replis les plus cachés.

En vous découvrant les moindres circonstances, vous en reconnaîtrez les explications et vous sentirez enfin ce qu'ils méritaient de votre approbation et de votre mépris.

Les connaissances que vous avez dû acquérir après avoir été reçu Apprenti, Compagnon et Maître dans les grades de l'Elu Ecossais, Parfait Maître Anglais, Elu suprême, Souverain Commandeur, Chevalier d'Orient et d'Occident, Prince de Rose Croix; Grand Elu, Chevalier de l'Aigle Noir, Chevalier du Soleil et des adeptes, Sublime Philosophe et Chevalier du Phénix sont les seuls sur lesquels nous nous étendrons. Les autres, qui sont en quantité et qui ne sont que des répétitions sèches et stériles de ceux dont il vient d'être fait mention, resteront dans l'oubli et ne nous laisseront d'autres impressions que le dédain le plus parfait pour ceux qui ont pu employer leur temps à des ouvrages aussi futiles, de peur d'être obligé de les haïr comme des gens infâmes, que la cupidité seule a conduits dans un travail aussi pitoyable.

APPRENTI ET COMPAGNON.

Les deux premiers grades nous apprennent l'entreprise que fit Salomon de bâtir un Temple à l'Éternel ; les précautions qu'il prit pour le rendre magnifique ; la demande qu'il fit d'Hiram Abif à Hiram, roi de Tyr, pour lui confier en chef la conduite de cette sainte entreprise ; le partage que fit Hiram Abif des ouvriers en trois classes ; les signes, mots et attouchement dont il convint avec eux pour les reconnaître les uns d'avec les autres ; les proportions du Temple et des deux fameuses colonnes.

Jusqu'ici il n'y a rien de mystérieux ; ouvrez la Bible, vous y trouverez les mêmes choses expliquées peut-être plus clairement. Mais n'importe, reconnaissons la prévoyance de notre instituteur.

Pour parvenir à son but, qui était de rendre les hommes égaux et de les faire vivre ensemble dans l'union la plus étroite et la plus intime, il sut s'accommoder à leurs moeurs et de plus à la faiblesse de leur âme. Il reconnaissait combien le merveilleux a de pouvoir sur le coeur humain. Il descendit à des considérations, rendit l'entrée de l'ordre difficile, imagina de rendre les réceptions terribles et formidables et sut les rendre respectables par l’appareil mystérieux qu'il répandit sur tout ce qui nous environnait.

l sentit d'ailleurs la dure nécessité de ces formalités ; il vit qu'en trompant le vulgaire, il éprouverait l'âme de ceux qu'il voulait admettre, qu'il sondait par là leur coeur et leur façon de penser, et qu'il pourrait par ce moyen distinguer la bonté du caractère et de l'esprit de candeur.

D'ailleurs l'établissement de notre M? est louable; il tendait par son application à faire vivre les hommes dans l'égalité et à n'admettre entre eux de prééminence que celle que donne la vertu.

Maîtrise.

Si nous avançons, la M? nous offre le massacre d'Hiram par 3 malheureux conspirateurs jaloux de la gloire et de la faveur qu'il recevait en vivant familièrement avec le roi Salomon, l'assemblée que tinrent les maîtres pour délibérer sur ce qu'ils avaient à faire, afin de prouver leur innocence à Salomon, la recherche du corps du R? M? Hir? qu'ils retrouvèrent et l'exhumation qu'ils en firent.

Déjà dans ce grade le crime se glisse parmi les constructeurs du Temple, mais on su le tourner à profit pour en montrer l'horreur et le faire détester de ceux qui étaient membres de l'ordre naissant.

Elu.

Dans l'élu, la vengeance tirée des meurtriers est une leçon qui nous prouve que le crime ne reste jamais impuni, que l'auteur de la nature est infiniment bon, juste et implacable pour les méchants.

On découvre dans ce grade Abiram, un des auteurs de ce meurtre ; mais d'où vient qu'on fit des recherches contre Cebal et Méphiboseth ? pourquoi multiplier les êtres Ne pouvons-nous pas dire que déjà le vice se glissait dans la Maçonnerie et que cette multiplication était un présage des désordres qui allaient s'ensuivre ? Le crime puni et le corps retrouvé, il fallut inhumer notre Respectable Maître avec la pompe qu'exigeait le service qu'il avait rendu, et il aurait sans doute mérité une autre récompense.

C'est le sujet de l'Ecossisme, où l'on glisse des cérémonies judaïques qui ne peuvent faire qu'un très mauvais effet, surtout dans un temps où les personnes qui sont à la tête des LL? sont souvent peu instruites et ont d'ailleurs des dépenses à faire, pour les rendre avec dignité, motifs qui peuvent les faire regarder comme contraires aux règles de l'ordre, par celui qui possède au fond du coeur les vrais principes de la nature qui est de saisir les occasions de se rendre utile à l'humanité souffrante.

Parfait Maître Anglais

De là on passe à la Maîtrise du Parfait Maître Anglais qui est une répétition générale de ce qu'on a vu et qui aurait dû être le seul grade, si notre législateur n'eût eu crainte de communiquer trop vite l'intelligence de notre ordre, et de donner lieu à l'indiscrétion en communiquant tout d'un coup ce qu'il y avait de mystérieux à un homme nouvellement reçu.

Voilà ce qui a fait longtemps le secret de notre ordre respectable.

Elu de l'inconnu et des quinze.

Tout était bon jusqu'alors. Rien, excepté les élus de l'inconnu et des quinze, n'était de trop. Tout tendait au bien et au maintien de l'ordre ; mais il n'est rien de stable. Les hommes aussi changeants que I'ombre et aussi légers que le vent pouvaient-ils rester longtemps dans l'état heureux où notre législateur s'était efforcé de les mettre Pleurons leurs faiblesses et leur aveuglement, mais sachons réparer leurs torts et donner un nouveau centre à l'Art Royal en rétablissant les premières Loges en rendant un culte pur à l'Étre suprême, en déchirant impitoyablement le bandeau qui nous a privés jusqu'à ce jour de la vraie lumière.

Ecossais.

On fit ensuite du Parfait Maitre Anglais, le grade d'Écossais, qui renferme la cérémonie de la dédicace du Temple. Il était, suivant les apparences, naturel de terminer l’histoire.

Souverain Commandeur du Temple.

Mais où cela nous conduit-il ? Au Souverain Commandeur du Temple, grade où l'indécence la plus outrée et l'insolence la plus criante sont permises à celui qui en est décoré, par la seule raison qu'il sait que c'était au commandeur. qui en gardait la clef et qui avait l'honneur d'être admis à la cour du roi Salomon.

Elu suprême.

On sentit ensuite qu'on pourrait ajouter à celui qui vient d'être dit la chute du roi Salomon, son impiété et les sacrifices abominables qu'il faisait aux faux dieux, dans ce même temps qu'il avait fait construire pour le seul et véritable Maître de la nature et le comble de la folie en faisant substituer à l'arche d'alliance les simulacres des divinités que lui apportaient ses femmes et ses concubines. On imagina donc l'Elu Suprême où l'on jure une haine implacable à cet ennemi déclaré de celui qui l'avait comblé de ses bienfaits.

Chevalier d'Orient.

Il fallut aller plus loin ; le rétablissement du Temple de Dieu sous Cyrus fut le sujet du Chevalier d'Orient. Vous y apprenez la manière dont Zorobabel va se présenter devant Cyrus. Il pousse dans son antichambre des soupirs qui sont entendus des gardes. On va voir quel est l’homme revêtu d'un voile, couvert de cendres, qui pousse ces gémissements. On le fait prosterner aux pieds du roi qui gracieusement lui laisse voir son visage et qui ordonne à son ministre de lui donner des instructions qui consistent à lui dire qu'il faut avoir un mot de passe pour se reconnaître dans un besoin et qu'il faut être bien unis. On l'arme ensuite en Chevalier d'Orient en lui mettant une écharpe sur laquelle est représentée un pont traversant une rivière, parsemée de têtes de mort et d'ossements. On y apprend le fameux combat du fleuve Starburzanaï ; la victoire que remporte Zorobabel sur les sujets du roi Cyrus qui l'avaient attaqué malgré le passeport qu'ils voulurent lui faire avoir, signé de leur roi.

Les noms des ouvriers du nouveau Temple le nombre des hommes qui y furent employés, la résolution qu'ils prirent de travailler, mais avec l'épée au côté, le nombre d'années qu'ils furent à le construire qui fut de 40 ans : toute cette histoire se trouve encore dans la Bible, sauf la réception du Chevalier par Cyrus dont il n'est fait aucune mention et qui d'ailleurs est par elle-même fort peu nécessaire.

Chevalier d'Occident.

On trouve dans l'Apocalypse le sujet du Chevalier d'Occident où vous êtes ensuite transporté. La Loge représente le ciel tel qu'il est décrit par saint Jean. Le Maître de la Loge représente l'Alpha et l'Omega ; il tient un livre fermé, sept sceaux qui s'ouvrent et dont il sort des traits ; une balance, une épée, emblèmes que l'on explique et qu'on fait rapporter à la Maîtrise

Comme l'Apocalypse est indéchiffrable, ce grade l'est tout autant et ne peut être regardé comme admirable que par ceux auxquels les choses auxquelles ils ne comprennent rien paraissent des mystères et des merveilles ; absurdité moins criminelle que celles dont on vient de parler, mais encore plus folle.

Sublime Philosophe.

L'or, ce métal source de tant de crimes et d'horreurs et dont nous devrions pouvoir nous passer, est l'idole que nous cherchons avec le plus grand empressement.

Le Sublime Philosophe.titre sublime et qui ne convient qu'à celui qui l'est et non point à un homme dont l'occupation est absolument contraire ; titre qui ne doit être accordé tout au plus qu'à celui qui a la vertu pour principe, qui la pratique et qui par son moyen sait se rendre heureux, le Sublime Philosophe, disons-nous, fait son unique étude de la richesse de ce fantôme, et prétend par ses découvertes égaler la science du créateur et de l'auteur de tout être.

Chevaliers du Soleil et du Phénix.

Ces grades sont un mélange de religion, de mercure, de soufre et d’autres ingrédients qui entrent dans la composition de ce précieux métal qu'Hiram ainsi que Salomon possédaient, mais qui a été perdu et qui ne se trouve plus que chez quelques-uns des descendants de ces fameux alchimistes ou de leurs élèves. L'on cherchera dans ce grade la vertu et le repos après le travail immense qu'exige ce grand oeuvre dont le secret n'est pas encore trouvé et ne se trouvera pas de sitôt. Ce grade donne des relâchements au moyen desquels on se flatte de pouvoir le trouver.

On pardonnerait à des hommes fous ou insensés de s'y appliquer. Mais que, sans la moindre notion de chimie et sans la moindre teinture physique des autres sciences nécessaires à un travail de cette espèce, on s'y adonne et l'on s'y livre dans ces grades où il en est question, il faut être absolument dépourvu de bon sens, et c'est se mettre dans le cas d'être enfermé aux petites maisons.

Souverain Prince Rose-Croix.

Comme l'Ancien Testament a fait place au Nouveau dont il n'était que la figure, et que la loi de grâce a fait disparaître la loi judaïque, on a cru devoir consacrer cette heureuse révolution dans la Maîtrise par un grade particulier. Ce grade est celui de Souverain Prince Rose-Croix. Autrement dit le Chevalier de l'Aigle ou du Pélican qui a pris sa naissance à Hérodom. Il a pour objet les mystères de la mort et de la résurrection du Sauveur du monde. L'objet de ce grade est sublime, puisqu'il nous rappelle le mystère de notre rédemption opéré par l'incarnation du Souverain Maître de la nature qui pour l'amour de nous a fait le sacrifice volontaire de sa vie, sacrifice dont la mort d'Hiram, qui fait l'objet des premiers grades, n'est qu'une bien faible image, et le triomphe de la religion chrétienne par la résurrection du Verbe. Mais les honneurs et les privilèges extraordinaires qu'on attribue à ceux qui sont revêtus de ce grade sont entièrement contraires à l'esprit d'humilité qu'on enseigne et aux maximes de l'Evangile. C'est la Cène qu'on y fait. A cela près, ce grade est réellement respectable.

Chevalier de I'Aigle Noir

Le désir de se singulariser a fait imaginer à Marseille un grade qui n'a de commun avec celui-ci que le nom de Rose- Croix qu'on lui a donné fort mal à propos. Ce grade, appelé autrement Chevalier de l'Aigle Noir, n'a pour objet essentiel que le Grand Œuvre, comme tous les autres grades prétendus philosophiques dont il a été parlé ci-dessus, par conséquent il n'est ni moins extravagant ni moins ridicule que ces autres grades. La réception est contraire aux lois de la nature et fait horreur à toute âme délicate ; elle est plus propre à former un fanatique qu'un parfait maçon.

Grand Elu.

Le grade de Grand Élu est un mélange de l'Elu du Chevalier Kadosch et des grades philosophiques On ne voit pas qu'il ait d'autre objet que l'orgueil et l'esprit de domination dans les Loges vices qui sont également proscrits par les lois de la Maçonnerie; ce qui seul suffit pour prouver l'inutilité et l'indécence de ce grade qu'on devrait totalement anéantir.

Voilà les principaux grades analysés. Réfléchissons sur les derniers, qui ont pour objet le Grand Œuvre, et voyons quel bien il pourrait en résulter quand même le moyen de faire de l'or serait découvert.

L'homme qui le posséderait en serait-il plus sage et plus vertueux ? Pourrait-il faire le bonheur de l'humanité et de ses semblables ? Point du tout.

Au contraire, avec la facilité de satisfaire tous ses désirs, il s'abandonnerait beaucoup plus librement aux grands excès, et l'or devenant plus commun rendrait la subsistance et tous les besoins de la vie beaucoup plus chers et ferait périr de misère ceux qui n'auraient pas le bonheur d'en posséder.

Dégageons-nous tous, mes frères de la tyrannie de ces prétendus connaisseurs, et entrons pour n'en sortir jamais dans le vrai sentier du bonheur. Plus de préjugés : ne soyons plus les enfants d'Hiram constructeurs du Temple ni du prince de Juda qui reconstruisit le Temple de l'Eternel, ni de saint Jean l'Apocalypse transporté dans l'île de Pathmos, ni enfin les descendants de personne.

Soyons vertueux, adorons l'Etre suprême parce qu'il est notre bienfaiteur. Chérissons les mortels aveugles parce qu'ils sont nos frères; aidons-les dans leurs besoins, parce que c'est soulager l'humanité. Donnons des conseils parce que par là nous pourrons tirer du joug de l'erreur. Aimons nous parce que l'Éternel nous fit pour nous rendre heureux. Rendons-nous la vie douce par une conduite agréable et honnête. Sachons enfin passer dans le bonheur le peu de temps que nous avons à demeurer sur terre et restons vertueux au milieu des crimes et des désordres où l'univers est plongé. Amen.

 

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