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Hauts Grades

Grasse-Tilly

30 Décembre 2012 , Rédigé par Y. H.M. Publié dans #histoire de la FM

Alexandre de {Versailles, 1 765-Paris, 1845) Alexandre François Auguste, comte de Grasse, marquis de Tilly, fils de François Joseph Paul, comte de Grasse, lieutenant général des armées navales, et d'Antoinette Rosalie Accaron, né le 14 février 1765, est initié le 8 janvier 1783, dans la loge Saint-Lazare devenue Le Contra! Social. Il figure au tableau de la loge jusqu'en 1787. Il est à ce moment lieutenant, puis capitaine au régiment d'infanterie du roi. Fin 1789, Grasse-Tilly débarque à Saint-Domingue pour recueillir la succession de son père, décédé en janvier 1788, à savoir une importante plantation.

Le 17 septembre 1792, il épouse Anne Sophie Delahogue, fille d'un notaire alors maître dans l'atelier La Verité, sis au Cap Français. La révolte des Noirs le conduit à quitter l'île le 28 juillet 179:S pour Charleston, non sans avoir perdu ses biens, le brick Le Thomas qui le transporte ayant été pillé.

Dans cette ville, il fait partie des fondateurs de La Candeur (juillet 1796), intégrée en 1798 au sein de la Grande Loge des Maçons Francs et Acceptés de Caroline du Sud sous le nU 12. Sur son tableau du 27 décembre 1798, Crasse-Tilly figure comme vénérable  et « Grand Commandeur du Temple et Prince Maçon ". L'année suivante, en août, il démissionne de La Candeur pour rejoindre l'autre Grande Loge rivale, Ancien York Masons, et fonder La Réunion Française (août 1800). Ce changement d'obédience n'est pas sans rapport avec la « création » du Suprême Conseil de Charleston en mai 1801.

Citoyen américain le 17 juin 1799, mais sans ressources, Crasse-Tilly reprend du service dans l'armée française, à Saint Domingue. Dans l'île il reste au Cap Français jusqu'à la reddition du fort du Picolet qu'il commandait, le 29 novembre 1803. D'après le registre Bideau, il est porté sur « le tableau des membres du Suprême Conseil au 33° établis aux Isles françaises de l'Amérique » le 21 février 1802. Si l'orthographe d'« établis » est exacte, il faut comprendre qu'il s'agit de l'établissement des Grands Inspecteurs Généraux du Suprême Conseil aux Isles et non le Suprême Conseil des Isles des Grands Inspecteurs Généraux.

Prisonnier des Britanniques, il est libéré comme Américain au début de 1804. Il regagne Charleston, puis rentre en France, une décision du 10 juin 1804 le mettant à la disposition du ministre de la Guerre. Il débarque à Bordeaux  le 4 juillet et arrive à Paris à la fin du mois. Il devient vénérable de la loge écossaise parisienne Saint-Napoléon, établit le 22 septembre 1804 le Suprême Conseil, sis à Paris, retrouve son ancienne loge mère réveillée sous le nom de Saint-Alexandre d'Écosse et, à partir d'elle? constitue le 22 octobre 1804 la Grande Loge Générale Écossaise sous l'autorité de Kellermann  et Masséna, et du ministre des Relations extérieures de la République italienne, Mareschalchi, la Grande Maîtrise ad vitam ayant été offerte au prince Louis Bonaparte.

A partir du 1() novembre, la nouvelle obédience commence à délivrer des constitutions et à se poser en rivale du Grand Orient , mais le nouveau régime désigne Cambacérès comme Grand Maître de la Grande Loge Générale Écossaise. Le 10 juin 1806, on oblige donc Grasse-Tilly, alors à Strasbourg, à abandonner sa charge de Souverain Grand Commandeur et, le 1 er juillet 1806, Cambacérès lui Succède. Il est installé le 13 août suivant alors que Grasse-Tilly est en campagne depuis 1804-1805 comme aide de camp du frère Eugène de Beauharnais, vice-roi d'ltalie. Le 5 mars 1805, il constitue le Suprême Conseil d'ltalie, sis à Milan, dont il devient Grand Commandeur, avant de céder le 11 juin cette charge au prince Eugène. En 1806, Grasse-Tilly est muté en Espagne, comme aide de camp de Kellermann ou d'Augereau. Durant l'été de 1809, le Suprême Conseil d'Amérique se reconstitue sous l'autorité de son beaupère, Delahogue. Il est toujours Grand Commandeur ad vitam de l'institution qui passe un accord, flou, avec le Grand Orient. Le 4 juillet 1811? Grasse-Tilly complète la hiérarchie écossaise dans la péninsule Ibérique en créant un Suprême Conseil des Espagnes et des Indes dont il sera Grand Commandeur jusqu'en 1812, date à laquelle il est fait prisonnier par les Britanniques. La chute de l'Empire provoque un sommeil de facto du Suprême Conseil de France.

Le Grand Orient croit alors pouvoir s'approprier la totalité de l'écossisme, d'autant que la majorité des membres de l'ex-Suprême Conseil l'a rejoint. Le 16 août 1814, il charge sept de ses membres de définir les moyens de centraliser tous les rites, mais une fraction du Suprême Conseil, autour du comte Muraire, refuse l'absorption. Le 13 novembre 1814, malgré tout, le Grand Orient proclame la centralisation des rites. Le 96 août 1815, une circulaire signée par cinq dignitaires écossais, dont Jean-Baptiste Pyron, fait connaître la protestation de Muraire mais,
le 12 septembre 1815, le Grand Orient forme « en son sein le Grand Consistoire des Rites », inauguré officiellement le 22 novembre. Sa deuxième section est la seule habilitée à conférer le 33° du Rite Écossais Ancien et Accepté.

Mais c'est sans compter avec Crasse-Tilly qui, libéré après le premier traité de Paris, occupe ses semaines en vaines démarches et sollicitations auprès du ministre de la Guerre. Après avoir suivi Louis XVIII à Gand lors des Cent-Jours, il retourne en France après Waterloo. Mis en demi solde le 1er janvier 1816 par le licenciement de la garde de la porte du roi il est pensionné jusqu'au 30 septembre 1824. Utilisant le fait qu'il est toujours Grand Commandeur du Suprême Conseil des îles françaises d'Amérique, il déclare cette obédience apte à gérer provisoirement le Rite Écossais Ancien et Accepté en France et, le 21 novembre 1814, constitue un Grand Orient Écossais pour administrer loges et ateliers supérieurs.

Très rapidement, des rivalités entraînent la formation de deux conseils: le Suprême Conseil dit de Pompéi (galerie, 36, rue Neuve-des-Petits-Champs}, resté fidèle à Grasse-Tilly, et le Suprême Conseil dit de Prado {30, place du Palais-de-Justice, dans l'île de la Cité}. Au Conseil dit de Pompéi, la réorganisation de l'obédience est menée par le Lieutenant Grand Commandeur, le général comte César de Fernig et, le 3 septembre 1818, cette obédience décide de supprimer les charges ad vitam, ce qui permet de destituer Grasse-Tilly  de sa charge de Grand Commandeur du Suprême Conseil. Il est remplacé, le 15 septembre 1818, par le comte Decazes .

Après de nombreuses tractations, Pompéi et Prado se réconcilient au printemps 1821, la réunion officielle ayant lieu le 7 mai. Le Suprême Conseil de France est ainsi recréé {ou créé). Une Grande Commanderie, pour gérer les loges bleues est formée le 6 juin 1821 et devient, le 12 juillet 1822, la Grande Loge Centrale. Pour présider la nouvelle obédience réunifiée, Decazes est remplacé par Cyrus de Timbrune-Thiembronne, comte de Valence, et Grasse-Tilly ne fait plus partie du Suprême Conseil. Il prend une retraite civile et maçonnique, et rédige une Notice sur l'amiral-comte François Joseph Paul de Grasse, son père. II meurt en l'hôtel des Invalides, le 10 juin 1845.

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/Maconnieke%20Encyclopedie/Franc-M/fra-g-06.htm

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