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Hauts Grades

Hermétisme et Rose+Croix : extrait de "Secrets et mystères de l'occultisme : Saint Germain et Cagliostro".

16 Novembre 2012 , Rédigé par Patrick Rivière Publié dans #spiritualité

[...] La “ Rose + Croix ” demeure sans conteste d'inspiration chrétienne. Nul ne saurait sérieusement contrevenir à cette assertion tant l'iconographie rosicrucienne ne cessa de le démontrer. Mais là encore, conviendrait-il au préalable, d'établir une différence entre la “ Rose + Croix ” universelle, intemporelle et invisible, d'une part, et les différents mouvements historiques, d'inspiration “ rosicrucienne ” qui fleurirent d'autre part, du début du XVIIème siècle jusqu'à nos jours.

Et si, selon d'aucuns, le légendaire Christian Rosencreutz aurait, à son retour d'Asie, affiché une “ façade ” délibérément “ chrétienne ” au rosicrucianisme - pour mieux dissimuler en fait des enseignements de source orientale -, il n'en demeure pas moins réel que la plupart des documents “ rosicruciens ” envisagés se réfèrent au seul ésotérisme chrétien.

D'ailleurs, n'oublions pas que si la lutte contre la papauté et le catholicisme romain pervertis faisait partie du programme énoncé par la "Fama Fratemitatis" (1614) suivie de la "Confessio" (1615), la restauration de l'authentique ésotérisme et hermétisme chrétien en constituait précisément le but suprême bien qu'inavoué.

Dans un manuscrit conservé dans la bibliothèque de Leipzig, l'alchimiste Michel Maïer mentionne le réveil de la société des hommes sages et véritables, sous la dénomination des "Frères de la Rose + Croix" d'Or dont le dessein essentiel consistait à " relever l'humanité si profondément déchue de sa dignité première par le déplorable état de péché; sauver, des griffes de Satan, les âmes si chèrement rachetées par Jésus-Christ; prêcher le royaume lumineux de Jésus, au grand nombre, et, comme une voix clamant dans le désert, préparer la voie pour la deuxième Venue du Seigneur". La devise des confraternités rosicruciennes n'était-elle pas la suivante :

Ex Deo nascimur

In Jesu morimur

Per Spiritum Sanctum reviviscimus

"De Dieu nous naissons, en Jésus nous mourons, Par l'Esprit-Saint nous revivons.”

Les enseignements reposaient principalement sur une approche hermétique de la tradition biblique : la Rose s'identifiant au précieux sang du Christ et ses cinq pétales aux cinq plaies du Seigneur. L'alchimiste rosicrucien Madathanus, nomen mysticum voilant la personnalité du médecin Hadrian von Mynsicht, n'avait-il pas écrit dans le même esprit : "L'homme intérieur ou le corps dynamique pur, forme avec sa céleste fiancée, par la foi, une essence spirituelle qui est la chair du Christ, la teinture de vie, un amour igné et pénétrant. c'est de l'humanité spirituelle que Jésus a donné à ses disciples un corps et une vie célestes qu'il apporta du Ciel. La loi est un feu qui réduit en cendres la nature, Adam est la chair par la souffrance et la mort ; l'Evangile est une eau qui spiritualise par la grâce du Christ et de l'Esprit et qui produit la paix, la joie, la bénédiction et la vie."

Selon Mosheim tel que nous l'apprend Arthur Edward Waite: "Parmi tous les corps de la Nature, la rosée était celui qui possédait le plus grand pouvoir dissolvant sur l'or ; la croix, en langage alchimique, représentait la lumière, Lux, parce que toutes les lettres de ce mot peuvent se retrouver dans la figure d'une croix. Or la lumière est appelée la semence ou le menstrue du dragon rouge, lumière grossière et matérielle qui, digérée et transformée, produit l'or. Si l'on admet tout ceci, un philosophe rosicrucien sera celui qui cherche, par le moyen de la rosée, la lumière ou Pierre Philosophale."

De l'ésotérisme chrétien à l'"hermétisme", il n'y a donc qu'un pas que Johan Valentin Andreae ne manqua pas de franchir en ses Noces chimiques de Christian Rosencreutz" : authentique traité d'alchimie et dans lequel le philosophe et mathématicien Leibnitz trouva matière à réflexion : “ J'y ai moi-même déchiffré une énigme qui est véritablement le problème de l'algèbre dont le mot était celui-ci : Alchimia."

Il s’agit bien ici de l'"Ars Magna" : la "voie royale" du Grand OEuvre alchimique car, à l'instar de Dante en sa Divine Comédie, la "Fama Fraternitatis" rejetait les "souffleurs" ou alchimistes "faiseurs d'or " avec véhémence: "Pour ce qui est plus particulièrement des faiseurs d'or impies et exécrables de notre temps, ils se sont tant répandus que beaucoup de vagabonds en rupture de ban poursuivent sous ce prétexte leurs friponneries et abusent de la crédulité des curieux, et même les esprits pondérés les tiennent en estime, comme si la mutatio metallorum était le suprême aspect et fastigium de la philosophie... "

Et dejà, en 1574, bien avant la parution de la "Fama", un manuscrit alchimique se trouvait évoqué dans le Theatrum Chemicum (1613) s'intitulant : Compendium totius... On y ,rencontrait le terme de "philosophie " s'appliquant intégralement,à l'"alchimie " : "la Philosophie d'Hermès".

Théologie et liturgie chrétiennes sont empreintes de connotation hermétique ainsi que l'a si magistralement démontré Eugène Canseliet en ses nombreuses études alchimiques. D'ailleurs, son maître Fulcanelli n'affirmait-il pas : "Marie, Vierge et Mère représente donc la forme, Elie le Soleil, Dieu le Père est l'emblème de l'esprit vital. De l'union de ces deux principes résulte la matière vivante, soumise aux vicissitudes des lois de progression et de mutation. C'est alors Jésus, l'esprit incarné, le feu corporifié dans les choses telles que nous les connaissons ici-bas." N'oublions d'ailleurs pas que les deux ouvrages du maître : Le Mystère des cathédrales et Les Demeures philosophales, sont entièrement dédiés à la gloire de l"hermétisme chrétien, bien que la mythologie gréco-romaine ait précédemment constitué le véhicule allégorique de la grande " tradition alchimique ".

Et si comme l'exprimait C.G. Jung en notre siècle, "l'Occident a perdu ses mythes", force est bien de reconnaître que l'hermétisme médiéval est là pour nous les rappeler.

Les "Fratres Roris Coctis" - les " Frères de la Rosée + Cuite" - s'organisèrent en nombreux petits collèges et ce, principalement plus tard, au XVIIIème siècle. Un document d'une valeur inestimable en fait foi : il s'agit d'un manuscrit .en latin, en haut-allemand médiéval et en langage chiffré rosicrucien et des Symboles secrets des Rosicruciens [18], oeuvres enregistrées au cours d'une convention rosicrucienne tenue en Allemagne en 1777. Et c'est près de deux siècles plus tard qu'un maçon - de haut rang - M. Ernst Klatscher qui, devant quitter Prague alors sous le joug des nazis, décida de s'enfuir aux Etats-Unis, emportant avec lui ce manuscrit fort rare ainsi que Les symboles secrets des Rosicruciens (éd. d'Altona, 1°livre, 1785 et 2° livre, 1788). M. Ernst Klatscher mourut hélas peu de temps après et sa veuve, dès son arrivée, décida de remettre les précieux documents aux Ets Frenkel et Cie ayant des succursales à Londres, Paris, Amsterdam et Hambourg.

Ce document se compose de quatre sections : introduction; premier degré; deuxième degré; troisième degré.

  • Le premier degré : “ Junior ” ou “ Zelator ” suscite la conscience analogique à travers les nombreux symboles exposés : l'unité de la matière, exprimée par le serpent “ Ouroboros ” ; les deux “ natures ”, active et passive ; les trois “ principes ” ou “ tria prima ” : mercure, soufre et sel ; les quatre “ éléments ” : eau, air, terre, feu, ainsi que la “ quintessence ” ou substance éthérée qui en émane par le truchement de l'“ Art ”. On y étudie également la “ kabbale génésiaque ” relative à la “re-création ” hermétique.
  • Le second degré des “ Fratres Theoricus ” révèle le langage symbolique des Adeptes : le “ gay sçavoir ” ou “ cabale ” phonétique et chiffrée, où l'esprit préside et l'emporte au détriment de la lettre. On y étudie les oeuvres des maîtres en alchimie : Basile Valentin, Denys Zachaire, Paracelse, Eyrénée Philalèthe, Le Cosmopolite, Arnaud de Villeneuve, Madathanus, Limojon de Saint-Didier, etc. Les étudiants se familiarisent ici avec le matériel expérimental et ses diverses fonctions : cornues à distiller, fourneaux de réverbère, de fusion, etc.
  • Le troisième degré des “ Fratres Practitus ” enseigne quant à lui progressivement la pratique au laboratoire ainsi que l'élaboration des trois “dissolvants ” propres à chacun des trois règnes: le “ menstruum ” radical minéral, le “ menstruum ” radical végétal, le “ menstruum ” radical animal; suivait ensuite la préparation du “ menstruum universel ” s'appliquant indifféremment à l'un des trois règnes. Puis, peu à peu, l'étudiant est amené à envisager la pratique du Grand CEuvre où ses propres “ redécouvertes ” expérimentales se trouvent agréées ou non par les maîtres, ses pairs.

Les produits de ces nombreux travaux étaient destinés à soulager l'humanité souffrante et à renforcer l'autonomie de l'Ordre Rosicrucien, pour la plus grande gloire du Très-Haut. Par ailleurs, nous avions déjà cité, en son temps l'existence du document de Breslau (1714) fixant les cinquante deux règles de l'"Ordre de la Rose + Croix d'Or", allant dans la même orientation humanitaire et évolutionniste. En voici un exemple fourni par la “ Règle 12 ” : “ Quand le Magis-terium sera communiqué à un frère, qu'il prenne l'engagement, vis-à-vis de Dieu, de n'en faire usage, ni pour lui-même, ni pour conduire un royaume à la révolte, ni pour servir un tyran, mais qu'il dise ne pas connaître le Magisterium et que c'est une duperie. ”

Combien sommes-nous conscients d'aborder une alchimie authentiquement "chrétienne" lorsque nous feuilletons les pages de l'éminent ouvrage des Symboles secrets des Rosicruciens. En voici, pour le lecteur, quelques extraits choisis parmi les plus représentatifs :

“ […] L'âme des hommes, partout, fut perdue par une chute et la santé du corps souffrit d'une chute, le Salut vint vers l'âme humaine IEHOVA, Jésus-Christ. La santé du corps est rendue par une chose qui n'est pas bonne à regarder. Il est caché dans cette peinture le plus grand trésor de ce monde, dans lequel se trouve le remède suprême et la plus grande partie des richesses de la Nature, qui nous ont été données par le Seigneur IEHOVA. [...]

“ […] "Au Lecteur Chrétien qui en est Digne" :

Lecteur aimable et aimant Dieu, et particulièrement vous sapientiae et doctrinae filii, il y a quelques années, le Dieu Tout-Puissant ouvrit mes yeux à l'illumination de Son Esprit Saint (Dont nous recevons toute Sagesse et Qui nous fut envoyé par le Père à travers le Fils), parce que je l'avais prié avec ferveur et avec constance et que j'avais fait appel à Lui maintes fois. […]

“ [...] Au Très Haut, Dieu Tout-Puissant, qui a créé cet art et qui a aussi bien voulu me révéler cette connaissance, à moi misérable pécheur, à cause d'une promesse et d'un voeu sincère, qu'Il lui soit rendu louange, honneur, gloire et reconnaissance, avec une très humble et très fervente prière afin qu'Il veuille bien diriger mon coeur, mon esprit et mes sens par l'intermédiaire de Son Esprit Saint, me guidant afin que je ne parle à quiconque de ce secret, encore moins que je le communique à celui qui ne craint pas Dieu, ou que je le révèle à toute autre créature ; de peur que je ne manque à mon vœu et à mon serment, que je ne brise les sceaux célestes et ne devienne ainsi un Frère parjure de l'Aureae Crucis et n'offense tout à fait la Divine Majesté et ne commette et n'accomplisse ainsi sciemment un péché immense et impardonnable contre le Saint-Esprit. Aussi, que Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, la Très Sainte Trinité, me gardent miséricordieusement et me protègent constamment.

” Dans la droite ligne de la filiation spirituelle Aureae + Crucis le chancelier d'Eckhartshausen fit paraître à Munich en 1798, un véritable “manuel d'alchimie rosicrucienne” intitulé Essais chymiques. Ainsi que le décrit le Dr Marc Haven “ Il a voulu et su se tenir à l'écart de toutes les sociétés secrètes, plus ou moins mystiques, qui fleurissaient à son époque, tout en restant, plus que personne, membre actif de cette Communauté de la Lumière qu'il décrit en si parfaite connaissance de cause dans ses ouvrages. ”

L'auteur de La Nuée sur le Sanctuaire s'inscrivait ainsi dans cette longue lignée de philosophes portant la croix, au sein de l'Eglise “ Intérieure ”, afin d'en conquérir la “ Rose ” résolument placée en son centre...

N'avait-il pas écrit en effet : “ Mais qu'est le royaume de Dieu ? La possession parfaite de Jésus-Christ dans notre coeur, régnant en lui comme en son temple, avec Sagesse et Amour, et illuminant par son Esprit notre raison, de l'intérieur vers l'extérieur, afin que nous puissions percevoir l'extérieur de la nature.

“Lorsque nous serons en possession de cet Esprit universel (c'est-à-dire de l'Esprit du Christ dans notre intérieur), alors pourrons-nous peut-être, par sa Grâce, apprendre à connaître l'extérieur de l'esprit universel de la nature, mieux que ne le connaît la philosophie ordinaire."

”Se réclamant légitimement de la “ Rose + Croix ”, Saint Germain et Cagliostro, outre l'“ alchimie ”, pratiquaient de surcroît la “ théurgie ”. Cette discipline secrète et particulièrement sacrée - “ disciplina arcana ” - si l'on en croit P.V. Piobb possédait deux sens : “celui "d'acte de la puissance divine" (c'est-à-dire positivement "d'effet d'une puissance ou énergie supérieure", car dans le mot énergie on retrouve "ergon") et celui de "mise en action de la même puissance".

En effet, le mot “ théurgie ” vient du grec “ theos ” (Dieu) et d'“ergon ” (oeuvre) et définit ainsi une sorte de “ magie divine ” qui, surpassant le domaine des seules forces élémentales permettrait d'atteindre directement le Divin, tandis que l'action du simple “ mage ” ou “ magiste ” se réduit à influencer le plan physique - en apparence - par le biais du monde “ astral ”.

Au IIIème siècle de notre ère, Jamblique, en ses “ Mystères ” fit remarquer qu'il existe dans l'Ame, un principe supérieur à la Nature extérieure. Par ce principe, nous pouvons surpasser le Cosmos et les systèmes de cet Univers. Quand l'Ame s'élève jusqu'à des essences supérieures à la sienne, elle abandonne ce Cosmos auquel elle est temporellement liée. Et par un magnétisme mystérieux, elle est attirée vers un Plan supérieur avec lequel elle se mêle et s'identifie. […] “

La théurgie nous unit si étroitement à la Puissance divine s'engendrant par elle-même, elle nous unit si étroitement à toutes les actions créatrices des Dieux, selon les capacités de chacun, que l'Ame, après avoir accompli les Rites sacrés, est affermie dans leurs actions et leurs intelligences, se trouve enfin placée dans le Dieu créateur lui-même.

”Le but de toute “ théurgie ” digne de ce nom, consiste donc par conséquent, à relier l'homme à Dieu, grâce à l'intervention des puissances ou émanations divines - telles les Hiérarchies célestes - mises en oeuvre, se manifestant suite à des “ invocations-évocations ” réitérées avec foi, de la part de l'Adepte.

Dans sa Philosophie occulte, le célèbre mage Henri-Corneille Agrippa avait écrit à ce propos : “ […] les fumées et l'onction des sacrifices pénètrent tout et ouvrent les portes des éléments et des cieux, afin que l'homme puisse voir et connaître les secrets du Créateur, les choses du Ciel, comme sont les Anges et les Esprits des cavernes et des abîmes, les fantasmes des lieux déserts, comment les faire venir, paraître, comparaître et obéir. ”

Notons que le mot grec “ angelos ” - “ aggelos ” - traduit le vocable hébraïque “ maleak ”, signifiant “ messager ”. Saint-Denys, dans Des noms divins, avait souligné au sujet de leur lumière prodiguée à l'humanité: “ Ils sont les miroirs très purs et très clairs et les réceptacles de la lumière principale et du rayon divin. […] Par eux, au contraire, Dieu élève la Création à un plus haut degré de gloire. Il la rapproche du Trône de sa Majesté, il manifeste dans une illumination plus splendide ses adorables perfections et produit une image vivante plus fidèle de son être. Car l'Ange est un lumineux flambeau placé au vestibule du Temple où se cache la divinité, l'image de Dieu, le miroir sans tache, de toute beauté divine, qui réfléchit autant qu'il lui est possible, cette même bonté voilée dans le Sein de Dieu.”

Selon Denys l'Aréopagite (De la hiérarchie céleste), les Anges ont pour but d'“assimiler et d'unir à Dieu, car contemplant d'un oeil assuré la beauté suréminente, ils la retracent en eux en autant d'images de Dieu.”

Au demeurant, peut-on considérer que la théurgie, mystique sacrée s'il en fût, entretint davantage de liens avec l'alchimie spirituelle qu'avec la “ magie astrale ” élémentale ? En effet, ses relations intimes avec l'aspect interne de l'alchimie, telle la “ voie horienne ” égyptienne, apparaissent ici évidentes, par sa participation à la réalisation du “ corps glorieux d'immortalité ”, évoqué par certains gnostiques s'adonnant à la théurgie, suivant l'exemple d'Apollonios de Thyane, conduisant à une doctrine demeurée inexorablement voilée parce que conduisant à l'authentique “ libération ” de l'être, en dehors de tout contexte strictement “ religieux ” !

C'est sans aucun doute ce qui motivait Cagliostro et qui le poussa à écrire ces lignes, ô combien admirables :

“[... ] sans le secours d'aucun mortel, son esprit (celui de l'homme) est rempli d'un feu divin, son corps se fait aussi pur que celui de l'enfant le plus innocent, sa pénétration est sans limites, son pouvoir immense et il n'aspire plus à rien d'autre qu'au repos pour atteindre l'immortalité et pouvoir dire lui-même: Ego sum qui sum... ”.

Source : www.ledifice.net

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