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Hauts Grades

Hiram, Hiram, et Hiram ou Hiram le Roi, Hiram le Bronzier et Hiram le Maitre

8 Juin 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

J’ai articulé ce morceau d’architecture autour de trois questions :
a) Qui sont-ils ?
b) D’Où viennent-ils ?
c) Que font-ils ?

Telles sont les trois éternelles questions que se pose l’humanité depuis le début des temps : Qui suis-je ? D’Où viens-je ? Où vais-je ? Depuis l’aube des temps, l’homme s’est toujours interrogé sur son origine et son devenir. Les recherches ont permis de faire avancer notre connaissance sur qui étaient nos ancêtres, ce qu’ils faisaient, ce qu’ils mangeaient, qu’elles étaient leurs techniques de chasse ou de pêche. En ce qui concerne les civilisations antiques, nous possédons de très larges traces écrites ou picturales, des sculptures, des ruines nous rappelant leurs constructions, mais pour le sujet qui nous concerne, nous en sommes réduits à disserter non pas sur du vide mais sur du flou car il n’y a rien de concret hormis la Bible en temps qu’écrit et sans vouloir faire un jeu de mots, tout n’est pas parole d'évangile.

Pour toute histoire et pour tout mythe, il faut des bases. Des bases afin qu’il soit situé dans le temps et dans l’espace. Pour le sujet évoqué, les seules bases solides dont nous disposons sont d’une part La BIBLE (Ancien Testament ; Livre des Neblim ; 1 er Livre des Rois), et d‘autre part La TRADITION.

Si La Bible n’a pas subi de changement, puisque devant être transmise sans en changer un Iota (même la faute d’orthographe, si faute il y a, est transmise telle qu’elle a été écrite) et par là même peut faire référence, par contre, La Tradition orale et écrite à laquelle nous nous référerons, est susceptible de contenir des erreurs de traductions (volontaires ou non), des omissions, des « adaptations ». Ces faits indéniables sont dus aux écrivains eux-mêmes, au dogme chrétien ainsi qu’aux différents régimes sous lesquels ont vécus les écrivains chargés de la rédaction.

Dans La Bible, (1 er Livre des Rois, Chapitre 5, verset 15 à 32), il nous est dit à propos de HIRAM le roi :
Verset 15. « Le roi de Tyr Hiram, envoya ses serviteurs en ambassade auprès de Salomon car il avait apprit qu’on l’avait sacré roi à la place de David son père et Hiram avait toujours été l’ami de David ».
Verset 16. « Et Salomon envoya ce message à Hiram ».
Verset 17. « Tu sais bien que mon père David n’a pas pu construire un Temple pour le nom de YAHVE ».
Verset 20. « Maintenant, ordonne que l’on me coupe des arbres du Liban…».
Verset 21. « Lorsque Hiram entendit les paroles de Salomon, il éprouva une grande joie et dit » « Béni soit aujourd’hui YAHVE qui a donné à David un fils sage qui commande à ce peuple ».
Verset 22. « Et Hiram manda ceci à Salomon. J’ai reçu ton message. Pour moi, je satisferai tout ton désir en bois de cèdre et de genévrier ».
Verset 24. « Hiram procura à Salomon des bois de cèdre et des bois de genévrier autant qu’il en voulut ».
Verset 32. « Les ouvriers de Salomon et ceux de Hiram et les Giblites taillèrent et mirent en place le bois et la pierre pour la construction du Temple ».

Hiram le roi est encore cité deux autres fois dans : 1 er Livre des Rois, Chapitre 9. Verset 10 à 14, pour un marché entre Salomon et Hiram que ce dernier refuse. Verset 27, dans lequel Hiram envoie ses vaisseaux avec ses serviteurs et ceux de Salomon chercher 420 Talents d'or à Ophir pour les remettre à Salomon.

Deux choses sont à retenir de tout ceci. 1°) Qu’avant le chapitre 5 du Livre des Rois, il n’est fait nulle part mention de l’amitié qui lie le roi Hiram au roi David comme dit au verset 15.

2°) Qu’après le chapitre 9, verset 27, le roi Hiram disparaît totalement du Livre des Rois. Je précise bien du livre des Rois. J’aurai l’occasion de revenir sur Hiram plus tard avec un commentaire totalement différent.

Quant aux Giblites dont nous parle le verset 32, ils auraient été les habitants de la ville de Gebal. Selon les commentaires de La Bible, Gebal serait la Biblos des grecs, comme les sidoniens dont nous parle le verset 20, sont les habitants de la ville de Sidon. Un mot peut éventuellement nous éclairer sur eux et sur leur fonction. Il s’agit du mot « Gible ». Sa définition est : Ensemble de briques arrangées pour être cuites.

Une relation entre ces deux mots me paraît flagrante, bien que le Larousse ne donne aucune étymologie du mot « gible ». Mais si gible signifie « ensemble de briques », il est plausible dès lors que le terme « Giblite » soit un qualificatif et non une origine tribale ou raciale. Ainsi, leur participation à l’ouvrage - ils sont maçons, tailleurs de pierre et de bois – explique que pour cela il soit fait mention d’eux et de leurs travaux dans le verset 32.

Dans le Ketoubim, livre des prophètes antérieurs, Salomon est cité pour ses jugements et pour des psaumes. Il est l’auteur entre autre du Livre de la Sagesse, du Livre des Proverbes et du Cantique des Cantiques, l’un des plus beaux poèmes amoureux. Durant les quarante années que dura son règne, il est sur qu’il a entretenu des relations avec de nombreux souverains, d’ailleurs, la Bible cite le voyage que fit la reine de Saba pour le rencontrer mais de l’amitié qu’il aurait entretenu avec Hiram rien. En quelle occasion a t-elle vu le jour, nous ne le saurons jamais. Sauf si de futures fouilles ne mettent à jour des découvertes faisant avancer l’histoire, les générations qui nous succéderont se poseront les mêmes questions que nous maintenant.

Il y a plusieurs choses que je désire soumettre à votre perspicacité ainsi qu’à vos réflexions.
Il y a quelques instants, j’ai cité le chapitre 5, verset 21, du premier Livre des Rois. Pour bien vous restituer le contenu de ce verset, je me permets de le citer à nouveau : « Lorsque Hiram entendit les paroles de Salomon, il en éprouvât une grande joie et dit : Béni soit aujourd’hui Yahwé qui a donné à David un fils sage qui commande à ce peuple ».

Alors voilà : Hiram est roi de Tyr et de Sidon. Si ma mémoire scolaire ne me fait pas défaut, Tyr, Biblos et Sidon, sont les trois villes les plus importantes de la Phénicie. Si Hiram est roi de Tyr, c’est forcément qu’il est phénicien, et les phéniciens, autant qu’il m’en souvienne, ne sont pas monothéistes. En hébreu, « Béni soit Yahwé » se dit « Baruch Atta Adonaï ».

Comment se fait il que Hiram invoque le nom de Yahwé ? Au delà de toute politesse, il y a là, me semble t il, matière à se poser quelques questions supplémentaires, comme par exemple Hiram était l’ami de David soit ! Mais nous ne savons pas d’où vient cette amitié. Il invoque la bénédiction du dieu des hébreux, tandis que les phéniciens sont polythéistes. Alors je me demande si après tout, quelque part, le roi Hiram ne serait pas d’origine juive. Il est dommageable que l’absence de tout écrit - hormis la Bible- ne nous autorise malheureusement, qu’à spéculer sur ces points essentiels. Ces textes – carburant nécessaires à notre moteur de recherche -, à défaut de faire avancer nos connaissances sur le monde antique, auraient pu nous faire progresser dans le domaine de l’histoire. Sans eux, nous resteront toujours en panne sur le bas-côté de la route. Sur ce, je vous souhaite à tous, bonne lecture et bonnes réflexions. Pour les jeunes Maîtres, voilà un exemple parfait de fraternité ; savoir partager ses doutes. Que la nuit vous soit bonne conseillère.

En ce qui concerne la personne du roi Hiram, nous avons répondu aux trois questions que nous nous posions. Nous savons Qui il est ; Hiram roi de Tyr. Nous savons d'où il vient ; de Tyr. Nous savons où il va ; dans le royaume d’Israël, auprès de Salomon. De plus, nous connaissons même sa fonction : Fournisseur de matériau et de main d’œuvre. Passons maintenant à HIRAM le bronzier. De lui, il nous est dit (Livre des Rois, 6, 13-14) « Salomon envoya chercher Hiram de Tyr ». « C’était le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali, mais son père était Tyrien, ouvrier en bronze. Il était plein d’habileté, d’adresse et de savoir pour exécuter tout travail de bronze. Il vint auprès du roi Salomon et il exécuta tous ces travaux ».

En quoi consistèrent les travaux du bronzier Hiram. Rien de moins que toute l’ornementation du Temple en construction. Pour Salomon, il fondit : La Mer de bronze, 10 bassins de bronze à base roulante, les vases à cendres, les pelles et les bols à aspersion. Mais le plus important de tous, il fondit les deux colonnes, les deux chapiteaux, les deux treillis et les quatre cents grenades qui ornent les deux chapiteaux. Beau travail quand on y songe que celui de Hiram le bronzier, tyrien puisque fils de Tyrien, (Le qualificatif signant la provenance, comme Léonard de Vinci), habitant Tyr, fils d’une veuve de la tribu de Nephtali. Mais Nephtali est une des douze tribus d’Israël, donc sa mère est une hébreu et bien qu’étant phénicien par son père, Hiram est juif, car dans le judaïsme, la transmission de la religion se fait par la mère et non par le père.

Juif, s’il ne l’est pas de fait, du moins peut il l’être de cœur. Sa mère dans son enfance a du l’instruire sur ses origines et qui sait s’il ne tient pas en partie son savoir de l’enseignement de cette mère qui lui aurait inculqué les prémices de La Connaissance, son apprentissage, son instruction en quelque sorte et sans doute était-il circoncis. Par la suite, comme dit dans : Genèse, chapitre 15, verset 10 « Et voici mon alliance qui sera observée entre moi et vous, c’est à dire ta race après toi : que tous vos mâles soient circoncis » du fait de cette circoncision marquant son alliance avec Dieu et son appartenance au peuple élu, il aura certainement continué à recevoir un enseignement plus ésotérique, de la part d’Initiés à l’Art Royal, celui de La Construction. Ces initiés qui ont pu être, Egyptien, Phénicien, Grec, Babylonien, Juif, la Connaissance faisant fi des races et des religions, l’ont amené à la Maîtrise, maîtrise motivant sa renommée et sa venue auprès de Salomon. Sa judaïcité étant un atout supplémentaire car ainsi Salomon savait qu’il serait compris dans ses désirs par quelqu’un Entendant l’Art et qui de surcroît avait les mêmes origines.

L’ouvrage accompli, déjà remarquable par sa grandeur et son établissement, est passé à la postérité, mais le plus étonnant encore est que, travaillant sur un chantier royal, pour établir la gloire de Dieu sous la férule d’un roi connu et reconnu dans le monde de l’époque, se soit Hiram le bronzier qui érige les deux colonnes, et non content de les ériger, il les nomme. Je cite : Livre des Rois, 6, 21-22. « Il dressa les colonnes devant le vestibule du sanctuaire ; il dressa la colonne de droite et lui donna le nom de YAKIN ; il dressa la colonne de gauche et lui donna pour nom BOAZ. Ainsi fut achevée l’œuvre des colonnes ». Et il s’agit bien là de l’achèvement d’une œuvre et celle-ci sera signée par son créateur , comme il en sera de même des siècles plus tard pour les grands sculpteurs sur les chantiers des cathédrales et ensuite les grands maîtres de la peinture.

Plusieurs choses dans tout cela retiennent mon attention. Premièrement ; c’est que « in texto », je ne sais pas exactement QUI est le bronzier. S’agit-il d’Hiram ou bien de son père ? Si l’on s’en tient à la syntaxe du texte biblique comme l’on fait tant de chercheurs, il pourrait s’agir du père d’Hiram qui était bronzier, du moins pouvons-nous également l’interpréter de cette manière.

Deuxièmement ; que se soit Hiram le bronzier qui dresse les colonnes et non Salomon lui-même, aidé en cela par ses ouvriers et ceux du Roi Hiram. Maître Bronzier, assurément il l’est, architecte, il ne l’est pas. Alors, d’où tient il la Connaissance requise à l’érection des colonnes si ce n’est d’Initiés que ses origines maternelles lui avait permis de rencontrer et de qui il a reçu l’enseignement, le Magister.

Par contre, Hiram étant bronzier fondeur, il connaît les secrets du métier mais Où a t il été enseigné ? Quel ouvrage, quelle œuvre précédent lui a apporté la renommé qui est la sienne ? Ni La Bible, ni la Tradition ne font état du lieu de son enseignement ni de sa ou de ses établissements précédents.

Troisièmement ; que se soit lui Hiram le bronzier, qui nomme les colonnes et non cette fois encore Salomon, roi puissant parmi les rois, ou bien le Grand Prêtre puisque les colonnes sont destinées au Temple, qu’elles sont érigées devant le vestibule du Temple, dans l’enceinte même de celui-ci puisque le mot Vestibule désigne une pièce par laquelle on passe pour entrer dans un édifice. Et ces colonnes, que sont-elles vraiment ? Sont-elles juste un ornement devant l’entrée du Temple. Assurément non, sinon elles auraient pu être placées à n’importe quel endroit, qu’il soit dans l’enceinte ou hors l’enceinte du Temple.

A mon avis, mais cela n’engage que moi, ces colonnes sont un passage vers autre chose. Elles sont LA porte d’accès vers le sanctuaire, vers la Divinité, et plus loin encore, en pénétrant le Mystère des choses, vers le Saint des Saints. Ces colonnes sont comme les deux pôles d’une batterie. L’un positif, l’autre négatif. Elles s’annulent tout en fournissant de l’énergie. L’impétrant en les franchissant se décharge de toute son énergie externe, négative pour se charger d’une nouvelle énergie toute positive et intérieure qui le mettra sur le chemin menant vers le divin et sur la voie de SA transcendance.

Les colonnes sont un sas établi par Hiram l’Architecte et Salomon. Dans le même temps, elles sont deux paratonnerres, canalisant l’énergie venue d’En Haut, restituant celle venant d’En Bas. Elles fonctionnent dans trois sens. Le premier, horizontal, symbolisant la Planitude, la Rectitude ; le second, vertical, symbolisant la Gravité, l’Elancement, l’intersection des deux lignes entre les deux colonnes établissant le troisième, transversal, qui nous permet d’établir la trilogie ternaire du Matériel, du Temporel et du Spirituel. En passant la porte des colonnes, nous coupons ces lignes de force. Grâce aux trois courants - tellurique, cosmique et divin-, nous sommes invités à poursuivre notre quête de nous même, des autres et de la Connaissance.

Quatrièmement : Le rituel nous dit que : « les Apprentis reçoivent leur salaire à la colonne B ». Toute peine mérite salaire et toute fourniture de matériaux également. Pour la fourniture des bois de cèdre, de genévrier, et des ouvriers, le roi Hiram perçu comme il est dit 20.000 muids de froment et 20.000 mesures d’huile vierge chaque année.

Les « Bons Ouvriers » percevaient leur salaire du jour à la sortie du chantier. Quel salaire a bien pu toucher Hiram le bronzier pour son travail ? Où et quand l’a t il perçu ? Quel en était le montant ? C’est il contenté de l’honneur de nommer les colonnes comme convenu avec Salomon pour : Satisfaction du Devoir accompli à la gloire de la divinité, ou bien détaché de tout esprit mercantile, un « total désintéressement » au profit de l’Œuvre ?

J’arrête ici le chapitre consacré à Hiram le bronzier. Les questions sont posées, il nous reste à nous « Maçons » de chercher et de chercher encore pour trouver des réponses qui ne nous satisferont peut-être pas, mais qui agaçant nos neurones, nous inciterons peut-être, à vouloir tenter encore, de lever le voile sur cet épisode de la construction du Temple de Salomon, nous permettant là aussi peut-être, de construire notre temple intérieur en y ajoutant une pierre. Ainsi, sur la personne d’Hiram le bronzier, nous répondons également aux trois questions que nous nous posions : Nous savons qui il est : Hiram, Maître bronzier, fils d’un père tyrien et d’une mère juive ; Nous savons d’où il vient : de Tyr ; Nous savons où il va : A Jérusalem, fabriquer les ornements du Temple. De plus, pour lui aussi, nous connaissons ses attributions: Fondeur des colonnes, de la mer de bronze et des autres ornements, et édificateur des colonnes. Mais car il y a un mais, ensuite, il disparaît totalement. Que devint-il ?

Les citations que j’ai énoncées sont toutes tirées du 1 er Livre des Rois, et vont du chapitre 5 au chapitre 9. Elles nous parlent de Salomon, du Roi Hiram de Tyr, et d’Hiram le bronzier ; des travaux qui furent entrepris pour la construction du temple et de son ornementation, bien. Là où les choses se compliquent, c’est avec le Deuxième Livre des Chroniques. Qu’y trouve t on d’anachronique par rapport au 1er Livre des Rois. Nous y lisons que : D’une part, Hiram de Tyr ne s’appelle plus Hiram mais Huram ; et que Hiram le bronzier lui s’appelle Huram-Abi. D’autre part, qu’il n’est plus orphelin de père. Mais le plus important a pour sujet sa mère ; sa mère dont la tribu n’est plus Nephtali comme dit précédemment. Sa mère est maintenant Danite, donc de la tribu de Dan. Cela ne change pas grand chose sur le fond, à savoir que Hiram le bronzier a bel et bien des origines hébreux, par contre sur la forme, ces différences viennent s‘ajouter à celles déjà existantes quant aux origines des peuples et tribus dits « sémite ».

Songez que « sémite » et « sémitique » viennent de « Sem » l’un des trois fils de Noé. Dans la Bible, l’Hébreu est appelé « Sefath Kena’an, la langue de Canaan ». Or Canaan est cité dans la Bible comme étant un descendant de ‘Ham’ autre fils de Noé et non de Sem. Par conséquent, l’Hébreu, les hébreux et les sémites ne devraient pas être qualifiés comme tels. En fait, la qualification exacte devrait être « hamite ». Sémitique en lieu et place de hamitique, veuve de la tribu de Nephtali et plus veuve mais maintenant de la tribu de Dan, voilà que s’ouvrent à nous de nouvelles voies de recherches.

Enfin, HIRAM le Maître, l’Architecte.

Rappellerais-je que le mot « MAITRE » vient du latin MAGISTER. En français ancien, le magister désignait un « Maître d’école ». Lorsqu’il est écrit avec un « E » terminal, il signifie « MAITRISE », venant du latin « MAGISTERIUM ». Il définit dans son sens figuré, une autorité doctrinale, morale ou intellectuelle.

Donc pour résumé : un « Maître » est quelqu’un qui enseigne. Par son savoir, il est une autorité doctrinale. Il puise son savoir de la «Doctrine » qui peut-être un ensemble de notions soit philosophiques, soit religieuses.

En ce qui concerne HIRAM le Maître, les questions que nous posions dès le début sur le Roi Hiram et le bronzier Hiram sont encore plus vraies pour lui. QUI EST-IL ? Nous connaissons sa fonction. Il est « Le Maître » C’est l’Architecte. D’OU VIENT-IL ? Nous l’ignorons. OU VA T-IL ? Nous connaissons seulement sa fin.

Aux deux premières questions, je ne peux apporter que très peu de réponse, car il n’existeaucun écrit où l’on parle d’un HIRAM Architecte. Par écrit, je veux dire écrit historique. Ni Flavius Josèphe dans son traité « Contre Capion », ni la Bible ne le cite en tant que tel. C’est le Rituel Maçonnique qui en fit un architecte et le constructeur du Temple. De plus, comment un architecte, juif par filiation, peut il faire construire un édifice en pierre taillée destiné à receler dans son sein l’Arche de l’Alliance, puisque il est dit « qu’aucun outil de métal n’a touchée la pierre du Temple pour la taillée ». Cette tradition se retrouve encore de nos jours chez les orthodoxes, - juif, chrétien ou musulman – pour qui le port de la barbe évite ainsi qu’un objet en métal ne blesse la peau, lui inflige des blessures, et ne souille ainsi l’œuvre de Dieu. Alors la question pourrait être la suivante : « Comment tailler des pierres et les appareiller sans l’assistance d’objets métalliques ? »

Thor Eyerdal s’était posé la même question quant aux moaïs de l’Ile de Pâques. Une réponse vraisemblable a été donné par Francis Mazière dans son livre « Fantastique Ile de Pâques ». Ces statues étant en pierre volcanique friable, elles auraient été taillées avec des outils faits d’une pierre plus dure. Ainsi donc, à l’autre bout du monde, dans une civilisation et une société primitive selon nos critères, des statues dédiées aux dieux n’avaient pas non plus connues le métal. Etrange coïncidence. Etrange aussi ces statues qui regardent le ciel, attendant on ne sait quoi.

Pas de filiation – les noms de ses parents sont inconnus -, pas de lieu de naissance. Il pourrait être le non-être, le Non-Créer par qui tout arrive. Nous n’avons aucun renseignement quant à son parcours. Une chose est sure, dans le rituel il est mortel et comme tel, soumis à la décomposition, à la désunion. C’est par le Rituel, que nous connaissons le lieu de son martyr et les circonstances l’amenant à sa sépulture provisoire nous sont connues. Il a subi le martyr sur SON chantier, dans l’Enceinte Sacrée même.

Trois « mauvais Compagnons », trois « mauvais Frères » ont tentés de lui arracher les secrets du Maître, fonction et distinction qu’ils avaient été jugés indignes de recevoir. Que faisait Hiram sur le chantier la nuit venue ? Il faisait ce que tout « Maître », entendez « Vénérable » fait. Il s’assurait que les travaux étaient terminés, que les ouvriers « s’étaient retirés contents et satisfaits ». Mais au lieu de cela qui trouve t- il ? Trois insatisfaits, trois ambitieux.

Hiram pénètre par la porte de l’Occident qui ferme la carrière du jour et se dirige vers la porte du Midi. Frappé par un coup de règle à l’épaule, il tente de fuir par le Septentrion et là, il subi sa deuxième blessure donnée par un coup de niveau sur la nuque. Chancelant, il espère pouvoir s’enfuir par l’Orient. Frappé d’un coup de maillet mortel à la tête, il expire. La transmission de la Connaissance vient d’être interrompue, un maillon vient de disparaître. Comme dit dans la marine : La chaîne la plus solide ne vaut que par son maillon le plus faible. Désormais, substitution et recherche prendront la place de la Vraie parole, en attendant et en espérant la retrouver un jour.

Quelle est la réflexion que peut nous inspirer ce psychodrame si je peux employer ce terme. Personnellement, j’en retiens que la description de ce martyr est aussi une représentation symbolisée de la marche du Maître. Je m’explique : Pénétrant par l’Occident, peut-être par 3 pas comme l’Apprenti – mais non, sûrement par 3 pas - Hiram se dirige ensuite vers le midi puis revient en direction du septentrion ; les 2 pas du Compagnon. Ensuite, placé où il est, peut-être sur le pavé mosaïque, chancelant, il se dirige à nouveau vers le midi ; premier pas du compagnon vers la maîtrise. Manquant d’équilibre suite aux coups reçus, il titube vers le septentrion ; deuxième pas, pour ensuite se diriger vers sa mort à l’Orient ; troisième et dernier pas de la maîtrise. Je ne sais pas si du mythe de la mort d’Hiram, découle la Marche du Maître ou si la Marche du Maître a inspiré le mythe de la mort d’Hiram mais pour moi, ils sont indissociables l’un de l’autre.

Vous pourrez m’objecter que les pas que nous faisons, ne sont certainement pas ceux que Hiram a fait lorsqu’il a été attaqué, et que le chantier du Temple était plus grand que nos ateliers, certes, mais tout est dans le symbole. Nous connaissons la suite. Pressés, traqués puisque « Presser » peut aussi s’entendre par « Harceler », les « mauvais frères » emportent le corps et enterrent la dépouille martyrisée sans prendre la précaution de tasser la terre de la sépulture.

La dépouille est ensevelie donc, et là je dirais « aux environs » du chantier, car comment concilier que ces trois hommes, qui agissent de nuit, Pourquoi donc ces trois individus n’ont- ils pas disposé du temps nécessaire à mieux dissimuler le corps. Le chantier était vide sinon d’autres personnages seraient intervenus pour que le forfait ne soit pas commis. Ma réflexion m’a amené à penser que le crime a été commis par une nuit d’été, étant donné qu’elles sont les plus courtes, surtout en Juin. La carrière du jour était fermée. Donc, la nuit devait être bien avancée, mais la lumière revenant par l’Orient, la carrière d’un nouveau jour allait reprendre.

C’est à cet instant précis que je fais intervenir à la fois la notion de temps et d’espace. En effet, si le temps n’avait pas été leur ennemi, le corps aurait été emporté dans un lieu beaucoup plus éloigné du chantier où nul ne l’aurait découvert. Or, en ces temps biblique, pour aller loin, il fallait soit disposer du temps nécessaire soit avoir un moyen de locomotion. C’est Einstein avec son postulat « Plus on va vite, plus le temps est court », qui a introduit la notion d’une géométrie non plus plane mais courbe, dans laquelle le facteur « temps » intervient.

Euclide avait une conception plane de la géométrie, car l’espace tel que nous le connaissons actuellement, était inconcevable de son temps. Ainsi donc, pour Hiram, la notion du temps et de l’espace est inconnue. A lui, le temps était compté, et nous, nous avons la vie entière pour essayer de trouver et de comprendre. Placé devant un escalier, l’homme regarde, mesure la distance à parcourir et pense à la durée de l’effort qu’il devra fournir pour atteindre le dernier palier ; le franc-maçon sait « par nature » que de la première marche à la trente troisième, l’élévation est égale entre chaque, et que le « momentum » est le premier pas. Que dit le pèlerinage à Compostelle : « Fais le premier pas, le chemin fera le reste ». Ce pas, c’est l’élan ‘Initial’ par lequel débute La Voie. A nous de savoir le situer dans l’espace ; le reste, l’élévation, est une question de temps.

Les assassins laisseront ou planteront un rameau d’acacia, permettant à tous ceux qui recherche, de trouver « la Connaissance qui repose à l’ombre de l’acacia ». Retrouvé, déterré, les Frères assemblés devant le corps meurtri ne pourront que constater l’odieux forfait et comprendre aux vues des plaies, l’origine des blessures. Le ver était dans le fruit ; les assassins étaient parmi eux. Ils faisaient parties de la noble assemblée. Essayons de nous représenter ce qu’a pu être leur émotion et leur détresse. Que se passe t il lorsque ils veulent prendre la dépouille mortelle du Maître pour lui donner une sépulture digne de son rang ? Les chairs se désunissent, preuve que le temps a passé puisque la corruption a fait son œuvre et qu’ils devront se mettre à « 5 » pour réussir à relever le corps ou ce qu’il en reste, et s’ils le relèvent, c’est bien pour l’emporter sinon autant le laisser sur place et lui faire un tombeau digne de lui.

Ils se mettent à 5 pour le relever. Cinq hommes ; cinq Frères ; les cinq points de la maîtrise ; Et HIRAM, combien de lettres son nom comporte t il. Il en comporte 5 : H ; I ; R ; A ; M. L’alphabet hébreu comporte vingt-deux lettre-consonne, comme le jeu de tarot contient vingt-deux arcanes majeurs. Chaque lettre de l’alphabet a une valeur numérique ainsi qu’une explication et un sens. Que peut bien vouloir dire son nom et quelle valeur numérique représente t il.

H= Hé : Cinquième lettre-consonne de l’alphabet hébraïque. Valeur numérique : 5 Sens ontologique : Souffle, vie ou alors H= Het : Huitième lettre-consonne de l’alphabet hébraïque. Valeur numérique : 8 Sens ontologique : Très matériel (4x2), péché. Le mot « HET » est l’un des nombreux mots qui en hébreux signifie péché, mais, car il y a toujours un « mais », il signifie aussi « Purification ». I= Ayinn : Seizième lettre-consonne de l’alphabet hébraïque. Lettre muette simple ne correspondant à aucun caractère latin. Se prononce i avec un hiriq. Valeur numérique : 70. Sens ontologique : Semence. R= Resch : Vingtième lettre-consonne de l’alphabet hébraïque : Valeur numérique : 200. Sens ontologique : Dualité. A= Aleph : Première lettre-consonne de l’alphabet hébraïque : Valeur numérique : 1 Sens ontologique : Esprit créateur M= Mem : Treizième lettre-consonne de l’alphabet hébraïque : Valeur numérique 40 Sens ontologique : Matière.

Change de forme et de valeur numérique à la fin d’un mot et occupe alors la vingt-quatrième place de l’alphabet. Nouvelle valeur : 600. Ensuite, nous pouvons toujours tenter d’ordonner l’ensemble pour lui donner corps : Le souffle de vie (H), par sa semence (I), créa la dualité (R), qui est esprit créateur (A), et matière (M). Ou bien : L’esprit créateur (A), entité mâle et femelle (R), pour purifier la matière (M), lui a insufflée la vie (H) avec sa semence (I). Ou encore : la matière, l’homme (M), crée mâle et femelle (R), se faisant créateur (A), avec sa semence (I), a donné la vie (H), commettant le péché.

En valeur numérique, cela pourrait donner : 5 + 70 + 200 + 1 + 600 = 876, ou alors autre combinaison : 8 + 70 + 200 + 1 + 40 = 319, et encore d’autres combinaisons possibles suivant l’orthographe et l’ordonnancement de la rédaction. Les combinaisons et interprétations sont encore possibles à l’infini, les mots formés par le placement des lettres engendrant alors d’eux mêmes d’autres possibilités. Het, initiale du nom « Hiram », en tant que mot signifie « Barrière » ou « Clôture ». il peut nous faire comprendre que son nom « Hiram » est une barrière et que peut-être, il ne faut pas la franchir, qu’il ne faut pas « passer derrière » le nom afin d’en comprendre le mystère puisque le nom est aussi qualification, et que sans connaître la Voie, il est des interdits que l’homme ne doit pas transgresser. A contrario, cette barrière est peut-être placée pour être franchie. Elle invite alors l’homme à faire le pas qui le conduira justement sur La Voie, et si son cœur est pur, si son esprit est emprunt d’humilité et s’il est prêt à subir toutes les épreuves qu’il entreverra, alors, et alors seulement, il sera amener à comprendre Le Mystère.

Dans l’épreuve, son mental sera mis à mal. Malgré l’horreur, il saura que l’épouvante de la mort n‘est pas la mort pour l’initié. Son voyage l’amènera a descendre au plus profond de lui-même, à revivre sa gestation, afin de le ramener ensuite sur le chemin de la lumière qu’il apercevra. Sa renaissance à l’Homme Nouveau qu’il sera, lui aura fait comprendre que la matière- l’homme n’est que matière, et que cette dernière peut se transformer, se transmuter plus exactement car ici, il s’agit bien de transmutation. Il sera passer de la lumière aux ténèbres et des ténèbres à la Lumière, son voyage lui aura permis de se connaître et de comprendre quels sont les Mystères qui entourent la Création, la sienne comme celle du monde, et au bout de son chemin circonvolutif, puisque l’ayant fait revenir au point de départ, il retrouvera l’enveloppe du Vieil Homme qu’il était avant son parcours, pour se trouver de nouveau face à la barrière qui clôturera sa route, avec dans la tête et dans les yeux, une nouvelle vision des choses et des gens.

Ayinn, seconde lettre, comme mot signifie « Œil » ou « Source ». Quatre possibilités s’offrent à nous. Si nous l’interprétons comme « œil », il peut nous faire savoir que si nous franchissons la barrière, nous serons aussitôt surveiller, épier dans tous nos pas, faits et gestes. Par opposition, il peut nous dire qu’il faut regarder « au-delà » de la barrière, voir « au-delà » du nom ou de sa signification afin de comprendre qu’il ne faut pas en rester à la signification « exotérique » et que les choses ou les gens ne sont pas toujours ce qu’ils semblent être ou veulent paraître.

Prenons le sens de « source ». Il signifie que quelque chose donne ou apporte quelque chose ; c’est l’endroit d’où émane quelque chose. La rivière, l’eau, source de toute vie sur terre, est fille de la montagne qui lui a donné vie par l’entremise de sa source. La montagne est une barrière naturelle, celui qui saura la gravir pourra s’abreuver à la source et percevoir le monde autrement. Son appréhension et sa vision des choses ne seront plus jamais les mêmes. Désormais, il saura qu’à son échelle, il est peu de chose par rapport à l’ensemble, un macrocosme dans le microcosme. Gravir n’est en fait que revenir d’où tout est parti, c’est se retrouver à la genèse.

Envisageons maintenant la source comme étant « Le But », quel peut être le chemin a emprunter pour y parvenir ? Assurément, il faut d’abord passer la clôture pour avancer, ensuite, il faut choisir son chemin et y avancer selon son rythme « Hâtes toi lentement » dit le proverbe. Combien de temps durera le voyage ? Par où passe t- il. Quelles seront les épreuves et les obstacles à franchir; tout est à découvrir pour celui qui cherche. Resch, troisième lettre du nom, a pour valeur ontologique la dualité. Dans la Genèse, il est dit Chapitre 1, verset 26 : « Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, comme notre ressemblance ».

Plus loin, au verset 27, nous lisons : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa ». Cette dualité est la base même de la création puisqu’elle contient en elle les deux principes créateurs - mâle et femelle- qui sont les deux faces d’une même chose, comme un reflet dans une glace renvoie une image identique. La bipolarité est exprimée dans chaque individu ou chaque être vivant sur terre ou dans la mer. Elle porte en elle ce côté obscur, qui est le négatif – ignorance, sectarisme, ténèbres, colère- en opposition au côté clarté, le positif –instruction, compréhension, lumière, sérénité.

L’ordre des choses est que tout dans la matière va par paire en opposant l’un à l’autre ; Le feu avec l’eau, le solide avec le gazeux, la terre avec le ciel. Elle veut dire en corollaire, que l’homme- matière porte en lui à la fois le bien et le mal, et que disposant d’une parcelle de la sagesse, il lui appartient de faire son choix sur le chemin qu'il fera prendre à son existence. Dans la nature, rien n’est hasard. Nous avons deux cerveaux, le droit commande le côté gauche, le gauche, le côté droit, rien n’est du même côté, l’équilibre est parfait, que se soit de la droite vers la gauche ou du haut vers le bas, les oppositions s’annulent. Est ce un hasard si en italien, gauche se dit « Sinistre » et droite « Destre ». La main droite étant considérée dans les religions monothéistes comme étant « La main de Dieu », par opposition à la gauche « La main du Diable ». Le chrétien se signe de la main droite, avant de s’endormir, le musulman prie dans son lit en tendant l’index de la main droite. L’ostracisme a longtemps été le lot des gauchers, considérés comme étant des individus « déviants ».

Aleph, quatrième lettre du nom mais première de l’alphabet. Sa valeur ontologique est Création. En tant que nom, il a pour signification « Enseigner » s’il est écrit avec deux « L ». Première lettre, elle débute la langue et donc, c’est elle qui crée. « Je ne sais ni lire, ni écrire, je ne sais qu’épeler » vous en souvient il ? Comme l’enfant, nous commençons notre vie maçonnique par « épeler » afin d’assimiler ce qui désormais sera notre langue. En effet, nous recommençons à apprendre les mots. Nous recommençons à établir des phrases, qui pour nous prennent un autre sens car notre échelle des valeurs n’est plus la même, venant de naître à un monde nouveau pour nous. Dès lors, quoi de plus naturel que d’apprendre pour connaître et comprendre.

Première lettre, sa valeur numérique est 1. C’est l’unité dans toute sa simplicité exprimée et sa complexité non formulée. « Tout est dans tout et inversement ». Le « 1 » contient à la fois la dualité et l’union en lui. Il est « Indivisible ». Il sait se faire « 2 » tout en restant unifié car il est la base d’où tout part pour y revenir. Nous pourrions tout aussi bien l’exprimer par un cercle puisque il est le début et la fin, nonobstant que pour le non-averti, il signifierait « Zéro ». Nous trouvons cette notion de début et de fin exprimée dans l’Apocalypse de Saint Jean « Je suis l’Alpha et l’Oméga. Le Début et la Fin » Et sur quoi ouvrons nous le Livre de la Loi Sacrée ; sur l’Evangile de Jean, puisque nos ateliers sont placés sous son patronage. Alleph, avec deux « L » signifie « enseigner ». Bien que l’orthographe soit différente, je suis persuadé que la lettre correspond à « l’Esprit ». C’est d’un enseignement dont il s’agit, d’un enseignement ésotérique que nous devons comprendre, assimilé, et qui vient non pas se substituer à un autre, mais qui au contraire vient en complément de celui déjà reçu, exotérique, ne permettant pas d’appréhender les mystères de la création.

Enfin, « Mem ». Dernière lettre du nom « Hiram ». Sa signification de « Matière » tend à vouloir dire que le but final de la création est la matière. Assimilé à l’homme, cela exprime à la fois le début en prenant la matière brute, pour terminer à l’aboutissement, l’homme, matière non pas finie mais travaillée, portant en elle les germes de son accomplissement. Lorsque les alchimistes recherchait « la pierre philosophale », les non-avertis ne s’intéressaient qu’à la transmutation des métaux vils en or, sans comprendre qu’en fait, « le Grand Œuvre » était leur propre transformation. Les initiés savaient que l’un des stades de cette mutation passait par les métaux vils pour en faire des métaux « nobles », mais ils « entendaient » les pages muettes du Grand Livre de la nature. Cette transmutation, si elle parvenait à un certain niveau, devait faire d’eux des hommes nouveaux, ouverts sur le monde et la nature, sur les hommes et leur bien-être. Ils devenaient des non- conformes ; non conformes par rapport à la société et à ses idées dans laquelle ils évoluaient alors.

La Tradition avance que quelques uns dont Nicolas Flamel, seraient parvenus à ce niveau de « La Connaissance » et des lois qui la régissent, le stade ultime étant la matière permettant de guérir l’humanité de tous ses maux, la panacée universelle autorisant alors l’homme à redevenir ce qu’il était avant sa chute et son expulsion d’Eden.

L’athanor de l’alchimiste n’est pas physique mais spirituel. Tous les ingrédients nécessaires pour aboutir au Grand Œuvre sont déjà à l’intérieur, celui qui saura les ordonner, celui-là aura conquît le « Graal », symbole de vie éternelle, puisque seul l’initié sait, pour avoir subi les épreuves de sa mort spirituelle, que si l’enveloppe physique disparaît car matérielle, l’esprit quant à lui est intemporel donc immortel.

Ils savaient que le cheminement sur la voie, pour passer de la matière brute au pur diamant, du matériel au spirituel, du temporel à l’immortel, est fait de tâtonnements, d’hésitations car les voies sont multiples, comme grain de sable sur la plage. La Connaissance de soi, des autres et du Tout passe par les doutes et les hésitations qui font avancer dans la connaissance. La matière / l’homme est en perpétuelles transformations qui sont sans rapport avec ses habitudes alimentaires.

Maintenant, prenons matière en tant que « Matière première ». Qu’elle est elle cette matière. La Genèse, second récit de la création, verset 7, nous le dit : « Alors Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol ». L’homme est donc né du sol. Ses racines sont non pas dans le sol mais le sol lui-même. Comme la glaise, il est fâçonnable à volonté, suivant celle de son créateur, qui à tout moment peut reprendre sa création si cette dernière ne lui convient plus, et recommencer une nouvelle œuvre, correspondant plus alors à ses nouvelles aspirations ou à sa nouvelle destination. Or, l’homme n’est pas parfait nous le savons. Dieu, créateur de tout doit savoir que bien qu’étant son reflet puisque fait à son image, l’homme n’est qu’une parcelle de lui, donc imparfait car incomplet mais malgré cela, ou justement à cause de cela, il le crée. Je cite : « et qu’ils dominent sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre ».

Question : Pourquoi faire dominer la terre par une créature que l’on sait être imparfaite ? Dans le second récit de la création, Dieu crée l’homme avant toutes les autres espèces car le texte nous précise : Genèse, Chapitre 2, verset 19 : « Yahvé / Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel et il les amena à l’homme pour voir comment celui-ci les appellerait ». C’est l’homme que Yahvé / Dieu choisit pour nommer les bêtes. Il s’en remet à ce qu’il dira pour les millénaires à venir. Pourtant, Dieu dans sa Grande Sagesse, sait que l’homme ne détient pas la Connaissance des choses. Alors question : Dieu fait-il cela exprès pour voir si l’homme s’en sort, ou le fait –il en sachant qu’Il lui faudra tout reprendre un jour ?

Très sincèrement, je pencherais pour la seconde proposition, sinon à quoi tout cela servirait- il si les choses devaient restées en l’état actuel. Le monde est perfectible, la planète entière est en plein bouleversement. Allons-nous vers les temps messianiques où est ce juste une évolution normale de la matière. Si nous nous en tenons à ce qu’avaient annoncé les prophètes et les devins, la fin du monde serait pour maintenant.

Cette fin du monde annoncée n’est pas la destruction de la terre mais plutôt le terme d’un type de civilisation, qui ferait dès lors place à la nouvelle, moins rationnelle, plus spirituelle, non pas tournée vers un dieu mais vers son for intérieur, laissant la place de choix à l’individu et non plus à l’individualisme. Effectivement, si cette vision, certes utopiste, prenait corps, nous verrions alors naître la nouvelle religion, celle de l’Antéchrist, d’avant le Christ. L’homme d’avant reprendrait alors la place qui était la sienne au sein des choses, comme avant l’épisode de Babel, car si les choses sont ainsi actuellement, nous le devons « à celui qui sait tout ».

Avant Babel, l’humanité ne parlait qu’une seule langue. Pour avoir voulu construire avec des briques et non plus avec des pierres, un édifice qui toucherait les nuages, « Il », Le G\ A\ D\ L\ U\ a décrété que désormais pour cela, les hommes ne se comprendraient plus. Genèse : Chapitre 11, verset 1 à 9. Dans sa globalité, le nom « Hiram » exprime un renouveau, une nouvelle naissance au monde.

Nouveau par son ensemencement, par un nouveau souffle créateur, qui engendrerait une nouvelle humanité, et partant de là, surtout un nouvel humanisme. Ce monde du « dessus » ne se situerait pas dans les étoiles, mais sur notre bonne vieille planète, dans l’homme et ses réalisations. Son nouveau niveau de compréhension le conduisant alors naturellement, vers la sagesse à laquelle nous essayons tous de parvenir.

Le mot « Désert » en hébreu, a comme autre signification « Péché ». Après la sortie d’Egypte, les Ecritures parlent du peuple hébreu, et de son égarement, tandis qu’il attend que Moïse redescende du Mont Horeb, où il converse avec Dieu / Yahwé depuis quarante jours. A sa descente, qu’aperçoit Moïse alors qu’il parvient près de son camp ? Une idole. Que se passe t il ensuite ? Pour s’être fait fabriquer et avoir adoré un veau d’or - sculpté par Aaron, frère de Moïse- pour s’être livré à la fornication et à la luxure, les hébreux vont errer quarante ans dans le désert. Quarante ans dans le désert, peut aussi s’entendre comme quarante ans dans le péché, dans l’errance, dans l’ignorance, alors qu’ils étaient sur le chemin, qu’ils marchaient sur la Voie. Avant de voir le bout du tunnel, de retrouver la voie qui les ramènes dans la ligne de « El », il –le peuple hébreu- lui faudra se chercher du nord au sud et de l’est à l’ouest, emprunter tous les chemins pour revenir sur leurs pas et explorer une nouvelle routes avant de trouver la bonne, la seule, celle de l’équilibre et de la sagesse qui conduit à tout. Le Christ également connaîtra l’épreuve du désert. Il y restera quarante jours et quarante nuits, lui aussi sans manger ni boire, tout en subissant les tentations de Satan / Lucifer. Désert = péché, c’est entendu. Quarante jours, quarante nuits, quarante ans : 1 dénominateur commun : le nombre 40.

Quarante nous ramène à la lettre « Mem » du nom « Hiram », et « Mem », c’est « la Matière » que j’ai comparé à l’homme. Faut-il interprété l’épreuve du désert comme étant nécessaire à la matière pour se développer ? Dans ce cas, le désert serait un placenta dans lequel nous devons être replacés pour nous développer, nous connaître et renaître ? Où alors, doit- on comprendre le péché comme une nécessité à l’homme / matière pour se trouver, et qu’en somme, l’épreuve du désert n’est en fait que le temps nécessaire à l’homme de s’introspecter, lui permettant de découvrir ce qu’il cèle en lui, afin de mieux l’inventer ensuite ? Puisque j’ai parlé du Christ et de l’épreuve dans le désert face à Satan / Lucifer, il me paraît judicieux d’aborder un point qui est souvent resté sans véritable réponse de la part des tenants du dogme et de ses représentants. Satan / Lucifer personnifie t il le mal ou le bien. Dans notre culture judéo-chrétienne, Satan / Lucifer est symbole du mal, cela ne fait aucun doute, mais si nous lisons bien les textes, il nous est dit que Lucifer est un ange déchût. Autrement dit, il a perdu le ciel suite à une faute, tout comme Adam.

Adam en goûtant de l’arbre de la Connaissance a perdu le paradis, cette connaissance lui ayant fait prendre conscience qu’ils étaient nus ; preuve que la Connaissance décile les yeux et fait perdre les acquits, comme pour Saül sur la route de Damas.

Lucifer quant à lui, aurait été déchût pour avoir apporté la lumière aux hommes, voilà sa faute. Si nous disséquons son nom, nous nous apercevons qu’il est fait de « Luce » lumière, et de « Fere » le verbe « faire », ce que nous pouvons interpréter comme : Le faiseur de lumière. Lumière, au deuxième degré, ayant le sens de connaissance, comme dans « Le siècle des lumières ».

Conclusion : Lucifer aurait été condamné pour avoir apporté à l’humanité - qui ne l’aurait pas mérité- la lumière. Précision ; à ce moment l’humanité, c’est juste Adam et Eve, et déjà, ils n’auraient pas mérité la lumière. Est ce à dire que l’humanité future, à travers eux, ne mérite pas d’être éclairée, ou bien, qu’il est encore trop tôt pour nous d’accéder à la Connaissance. Une tradition ésotérique nous rapporte que Lucifer, faisant alors partie des cohortes angéliques, aurait porté à son front une émeraude, laquelle serait tombée lors de son exclusion suite à la faute commise. (Le don de la lumière). Cette émeraude serait la pierre dans laquelle aurait été taillée le Grâal, vase Ô combien sacré, puisque se serait la coupe dans laquelle Joseph d’Arimathie aurait recueilli le sang coulant des plaies du Christ après la descente de la croix.

Ce vase, haut symbole de la chrétienté, objet de nombreuses quêtes, apporterait connaissance et jeunesse éternelle à qui boirait dedans. Cette coupe serait, elle aussi, la panacée universelle, tout comme la pierre philosophale des alchimistes. Chrétien de Troyes dans son roman « Perceval le Gallois, ou le conte du Graal », Robert de Boron avec son « Merlin » nous relatent toute la légende arthurienne, avec les chevaliers de la Table Ronde, Lancelot, la fée Morgane. La quête des chevaliers à la recherche du vase sacré - que seul un cœur pur peut approcher - et réussir à s’en emparer.

Du récit christique à l’aventure chevaleresque, en passant par la quête mystique, le but ultime est le perfectionnement de soi-même puisque seul le « pur »’ peut arriver, le bien-être de l’humanité que le Graal peut guérir de tous ses maux-en ces temps féodaux sauvages, la recherche du graal était en quelque sorte un code de conduite moral et social.

Par contre, si effectivement le Graal est taillé dans une émeraude, laquelle est tombée du front de Lucifer, et si Lucifer est bien l’ange du mal, pourquoi alors rechercher cet objet d’origine maléfique. En quoi ce dernier peut-il être symbole d’une quête spirituelle que l’église encourageât.

La tradition kabbaliste prétend que hormis « Berechîth », premier mot du Livre Sacré qui peut être traduit par « Au commencement » qui est à sa place, la suite du texte n’est pas forcément dans l’ordre donné, et qu’il appartient au chercheur de savoir remettre les choses dans l’ordre où « Il » Dieu, Le G\ A\ D\ L\ U\ les a conçues, car dit Rabbi Rachi : comment concevoir comme dit au Verset 2 de la Création que « l’esprit de Dieu planait sur les eaux » alors que celles-ci n’ont pas encore été crées par LUI.

Dans « La maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, au paragraphe intitulé Catéchisme interprétatif du grade de maître », Oswald Wirth écrit en parlant de l’assassinat d’Hiram, je cite : Question : Cet assassinat est- il un fait réel. Réponse : C’est une fiction symbolique, profondément vraie par l’enseignement qui s’en dégage. Plus loin, à la question : Quelles sont les dimensions du tombeau d’Hiram ? La réponse est : Trois pieds de large, cinq pieds de profondeur, sept pieds de longueur. Il est inutile de revenir sur la question de l’assassinat d’Hiram, notre frère Wirth en ayant donné la meilleure interprétation que je connaisse.

Penchons nous plutôt sur les dimensions du tombeau du Maître. Qu’y trouvons-nous :

Premièrement : Les trois chiffres symboliques 3-5-7. Dans la loge, lieu de réunion hors du temps, loin du tumulte provenant de l’extérieur, endroit privilégié par la tenure des frères qui la compose : Trois la dirige ; cinq l’éclaire ; sept la rende juste et parfaite. Trois exprime le mouvement. Qu’il soit celui des planètes, celui du monde extérieur, celui des frères se déplaçant, il signifie que rien n’est fixé pour toujours. L’univers en en perpétuel mouvement, la maçonnerie, de même. Mouvement ne veut pas dire anarchie de déplacement. Tout se fait dans l’ordre, avec la plus grande sérénité requise pour l’harmonie de l’ensemble. Cinq exprime comme déjà dit, le souffle, la vie. L’énergie insufflée dans les travaux est le souffle créateur participant de l’énergie cosmique, positive et négative, qui étant canalisée en nous, nous permet de garder l’intensité du moment vécu et des propos qui y ont été échangés une fois les travaux terminés. Cinq, c’est le chiffre du milieu ; quatre chiffres avant, quatre chiffres après. Il est le juste de la première dizaine. Dans la série, en descendant comme en montant, tout passe par lui. Si les chiffres de la première moitié peuvent s’additionner avec ceux de la seconde pour faire 10.

-1 avec 9, 2 avec 8, 3 avec 7 et 4 avec 6-, lui seul se trouve être neutre. Aucun autre chiffre ne s’ajoute à lui en paire pour faire 10. Il est le chiffre de l’homme ; cinq membres, cinq sens. Dans la Kabbale, la cinquième séphire « Din », est symbole de force mais également de justice. Sept, c’est la semence. C’est la graine qui une fois plantée, doit germer. C’est d’elle que naîtra la connaissance et la compréhension. C’est elle qui donnera le jour au futur maçon. Sept, c’est la réunion de la dualité 2. Et du juste milieu 5. Le positif et le négatif s’unissent avec le 5 pour faire que les choses et les gens soient en harmonie avec l’univers et ses lois. Si cet équilibre venait à être corrompu, l’homme manquerait alors à son devoir de droiture, de compassion, d’altruisme, et entraînerait par un effet « boule de neige », des bouleversements comme en a connu l’humanité durant le siècle passé (le 20 ème), où le racisme, l’intolérance, et la dictature ont connus des jours de gloire pour eux et de ténèbres profondes pour l’humanité. Des événements tous récents dans un pays slave, nous prouvent qu’il ne faut pas grand chose pour que d’anciennes haines ethniques, revoient le jour et s’expriment. La mise au ban des nations et des sociétés, ne trouble pas le sommeil des dirigeants et des participants.

Que peut-on retirer du mythe d’Hiram :

Premièrement : s’il n’avait pas été assassiné, rien ne se serait produit et nous ne serions pas là, à tenter de comprendre, c’est évident.

Deuxièmement : s’il avait vécu, nous ne serions pas là non plus, puisque les choses se seraient alors ordonnées d’elles mêmes, et que la chaîne de la Connaissance n’aurait pas été interrompue.

Troisièmement : c’est son assassinat qui nous permet justement d’être réunis ensemble pour tenter de comprendre, afin d’éviter que cela ne se reproduise. C’est la jalousie et l’ignorance qui sont à l’origine du complot menant au meurtre. J’ai été tenté de dire « complot maçonnique » puisque après tout, les trois mauvais frères sont de chez nous.

Quatrièmement : Que les mauvais compagnons auraient pu être vous ou moi. Nous ne sommes à l’abri qu’ici. Dehors, avant, nous étions soumis peu ou prou, aux tentations du monde profane et à ses tumultes.

Cinquièmement : Qu’avons nous constaté en chambre du milieu ? Pleurs et désolation. L’assemblée des frères autour d’un corps meurtri. Que se passa t il ensuite. On nous présentât ce cadavre meurtri afin de voir si à sa vue, nous n’allions pas défaillir, preuve de notre participation dans la commission du crime. Entre nous, le fait de trembler devant un cadavre, n’a jamais prouvé qu’il était le votre, cela peut s’expliquer par un mot tout simple : La peur.

Le premier cadavre de ma vie profane pour lequel mes services avaient été requis, je n’osais même pas le regarder et pourtant, je peux vous assurer que je n’étais en rien responsable de son état. Mais ensuite ! Au terme ou presque de ma carrière, je suis fier d’avoir dépassé mes limites, d’avoir su vaincre mes peurs, mais je n’oublie pas qu’il m’est arrivé d’être lâche. Enfin, pour tout dire, ce cadavre, c’est nous, c’est vous, c’est moi. Nous allons être assassinés à notre tour – triste perspective, surtout quand on le sait - mais il doit en être ainsi pour bien assimiler le mystère. En extrapolant, nous nous apprêtons à nous tuer nous mêmes, car après tout, rappelons- nous que nous ne sommes encore que compagnons. L’auto- destruction serait elle une vertu initiatique ? Serions-nous fétichistes et sado-maso ? Comme le rappelait souvent mon professeur de gym : « Quand çà fait mal, c’est que ça fait du bien ». Mais pourquoi est ce des frères, mes frères, qui me frappent ensuite ? Comment peuvent ils savoir que les protagonistes de l’assassinat font partie des compagnons puisque l’Architecte était seul sur le chantier ? Et puis après tout, l’instrument ne fait pas le criminel, car n’importe qui peut se servir des outils d’un autre afin d’en faire des armes.

Réunis, nous connaissions la chaleur et la fraternité des frères entre eux. Nous savions pouvoir compter sur leurs présences à tous les instants. Là, nous allons connaître la solitude du tombeau et sa froideur, vous en souvient-il ? Et que se passe t il pendant ce temps ? La désolation et les pleurs sont toujours là sur le visage des frères, mais nous, nous ne voyons rien, n’entendons rien. Nous ne sommes plus rien ! Nous demeurons à cheval entre deux mondes. Sans être tout à fait mort, nous ne sommes plus tout à fait vivants. Nous avons atteint la plénitude de l’esprit. Cette transcendance nous permet d’être en paix avec nous- même et avec les autres, prêt pour un nouveau départ. Puis nous renaissons, car il s’agit bien de renaissance. Maintenant, nous pouvons concevoir l’inconcevable. Notre esprit s’ouvre sur une nouvelle dimension qui va nous permettre d’aborder le mystère avec une vision nouvelle. Nous sommes des vivants morts, par opposition aux morts vivants qui n’agissent pas de leur propre volonté. Ce que nos yeux avaient aperçu et qui pour nous n’était qu’un cadavre, c’était aussi nous avant ; avant que des frères Maîtres ne viennent nous relever. A partir de cet instant, et de cet instant seulement, nous comprenons qu’il était nécessaire que nous subissions nous aussi les blessures du Ma

ître, pour bien nous en imprégner.

« L’essentiel est vu avec les yeux, l’important n’est vu que par le cœur » Saint Exupéry « Le petit prince ». Revivre cette tragédie, c’est quelque part tenter de suspendre le temps qui depuis l’horrible forfait, a passé inexorablement sans que nous puissions nous en rendre maître. « Si nous avions été la... Si j’avais pu... Nous aurions dû… » Que d’interrogations et de regrets. Seulement voilà, pour comprendre, il nous aura fallut - une fois de plus - mourir à ce que nous étions, afin de mieux renaître à ce que nous devrons être désormais ; des hommes nouveaux, des Maîtres.

« Ecce Homo » Voici l’Homme. C’est le Maître nouveau, c’est le nouvel Architecte. Bien qu’il y ait des tas de choses que je ne pensais pas être capable de dire ou de faire, je ne suis pas et ne serais jamais un kabbaliste. Je laisse le domaine de la numérologie, de l’ontologie et de la tarologie, aux spécialistes que nos rangs contiennent. Cependant, il me serait agréable de m’instruire auprès d’eux sur ces domaines qui me sont étranger.

Je suis tout à fait conscient que bien des questions restent encore à poser sur le sujet « Hiram »où les Frères ont ils ensuite emportés le corps d’Hiram? Y a t il eu une cérémonie pour les funérailles ? Nous savons « qu’avant » la découverte du corps, un rameau d’acacias marquait l’endroit mais « après » qu’il eut été de nouveau mis en terre, une marque désignât elle le lieu de son ensevelissement ? Qu’ont-ils fait à l’égard des mauvais compagnons, nul ne le sait, la Tradition étant muette sur le sujet. Je serais enclin à croire qu’en bons Frères qu’ils étaient, nul n’à songer à appliquer la Loi du Talion, et qu’aucune action, aucune vengeance n’est venue assombrir la sérénité de leurs pensées. Ils ont su contenir leurs passions et leurs pulsions et peut-être rire pour masquer leur chagrin.

Les Frères savaient que désormais, ils devraient pour très longtemps encore, voyager de l’Orient à l’Occident, parcourir le monde du midi au septentrion, affronter des épreuves temporelles, pour rechercher ce qui avait été perdu, rassembler ce qui est épars, afin que partout, de nouveau, la lumière de la Connaissance se répande, puisque tel était le dessein du Grand Architecte de l’Univers.

J’ai sais parfaitement que dans cette planche, je pose plus de questions que je ne fournis de réponses, que de toutes façons je ne détiens pas. C’est un reproche que l’on m’a souvent fait dans ma vie profane, j’ouvre beaucoup de portes mais je n’en ferme aucune. C’est vrai, mais ce n’était pas mon rôle dans l’instant.

Dans le domaine de la pensée spéculative et de la recherche, il en va de tout autre manière. Ici dans l’atelier, si des doutes me viennent, je peux m’en ouvrir à d’autres Frères Questionnez, on vous répondra - Or justement, si par honnêteté morale le devoir du franc-maçon est d’abord de se poser des questions à lui même, son rôle est également d’en poser aux autres, de manière à pouvoir ensemble, trouver des solutions et continuer ainsi à l’extérieur, la quête de la vérité commencée à l’intérieur.

Sans obtenir nécessairement des réponses à mes interrogations, du moins ils m’éclairent de leurs avis sur la voie que ma pensée suit. Si je devais dans l’instant fermer les portes que j’ouvre, cela tendrait à vouloir dire que désormais, moi j’avais trouvé, et que de ce fait, je n’avais plus besoin de chercher, et que les interrogations étaient maintenant pour les autres. Donc, j’en resterai là et je terminerai ici ce morceau d’architecture par cette pensée :

« CHERCHONS COMME CHERCHE CEUX QUI DOIVENT TROUVER TROUVONS COMME TROUVE CEUX QUI DOIVENT CHERCHER ENCORE GLOIRE AU TRAVAIL ».

J’ai dit,

V\ V\ M\ M\ mes F\ F\

Source : www.ledifice.net

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