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Hauts Grades

Hiram, la mort d'un Bâtisseur,ou le mythe fondateur de la Franc-maçonnerie Universelle…

18 Octobre 2013 , Rédigé par Annie M Publié dans #Planches

Je souhaite pouvoir vous entretenir ici du mythe fondateur de notre Ordre et de sa profonde symbolique mise en exergue par la mort d’Hiram, le Bâtisseur…

Comme il se doit, toute association humaine a en effet besoin d'un mythe fondateur pour pouvoir se développer. Et pour se faire, le mythe fondateur de la Franc-maçonnerie est donc l'assassinat d'Hiram par trois mauvais Compagnons…

Chronologiquement, les événements qui ont amené la conspiration contre le Grand Maître Hiram Abiff et qui ont abouti à son assassinat, ont eu pour origine l'arrivée de la Reine de Saba qui fut attirée à la Cour de Salomon pour tous les récits relatifs à son admirable sagesse ainsi qu’à la splendeur du temple qu'il s'apprêtait à construire.

En effet, le roi Salomon étant sur le point de construire un temple à la gloire de l'Éternel ; il rencontra d’emblée beaucoup de difficultés pour pouvoir s’adjoindre les services d’ouvriers habiles et compétents afin d’élaborer et d'exécuter la partie architecturale de l'entreprise qui était effectivement d’une telle ampleur, qu'il jugea nécessaire de demander soutien à son ami et allié : Hiram, roi de Tyr.

D\ fait, à cette époque, la main-d’œuvre de certains constructeurs, parmi les plus aptes et expérimentés, étaient les Tyriens (ainsi que les Sidoniens) qui, à ce moment, étaient déjà de longue date considérés comme de véritables artistes ayant de surcroît une profonde culture spirituelle.

Admis notoirement comme étant les meilleurs bâtisseurs dans le monde, Hiram accepta donc en toute confiance et envoya à leur secours une abondance d'hommes et de matériaux qui devraient être utilisés pour la construction du Temple.

Et, parmi les premiers, il y eut un artiste distingué, à qui fut confiée la surintendance de tous les ouvriers…

C’est ainsi que le roi Salomon demanda à ce que soit engagé Hiram de Sor [Tyr] : lequel était le fils d'une veuve de la tribu de Nephtali.

Le père de celui-ci était, quant à lui, également un homme de Sor : artisan de son état et celui-là même qui avait achevé le bronze d’Hiram ainsi que tout l'ouvrage qu'il avait dû ériger en son temps pour le roi Salomon dans la Maison du Seigneur.

À noter en aparté, qu’il ne faut évidemment pas confondre, Hiram (roi de Tyr) : lequel envoya hommes et matériaux à Jérusalem afin d’y construire le palais pour David et le temple de Salomon – avec Hiram : l'architecte du temple de Salomon envoyé lui-même par le roi de Tyr.

Le Maître Hiram étant encore également appelé : Hiram Abi, Hiram Abiff, Huram ou aussi Adonhiram.

La base biblique étant quoi qu’il en soit très succincte à ce propos et les Rituels Maçonniques ont en outre été considérablement développés par la suite, pour en extraire le texte initial et ainsi, créer la légende de l'assassinat d'Hiram.

L'une des versions les plus anciennes de ce récit apparaît d’ailleurs dans l'Ordre des Francs-Maçons trahis et leurs secrets révélés (en 1744) : sous la révélation de Adonhiram ou Adoram ou encore (plus simplement et tel que tous les SS\ et FF\ le connaissent sous le nom couramment simplifié d’Hiram), à qui Salomon ayant donné l'intendance des travaux de son Temple auprès d’un si grand nombre d'Ouvriers à payer, qu'il ne pouvait lui-même effectivement pas les connaitre tous (…)

C’est de la sorte que Hiram, convint avec chacun d'eux, des Mots, des Signes et des Attouchements différents, pour mieux pouvoir les distinguer et être ainsi assuré de leur allégeance aux principes fondamentaux de ce qui, universellement, unit (à défaut parfois de vraiment les réunir…) tous les Francs-Maçons du globe.

Mais la plus belle version de la légende d'Hiram reste sans nul doute celle qu'écrivit par ailleurs Gérard de Nerval (en 1850), dans son Voyage en orient…

Par son récit, Nerval ay effectivement donné à la Franc-maçonnerie spéculative (tant francophone qu’étrangère) l'un de ses plus beaux textes…

Sans dévoiler la cérémonie de l'exaltation à la maîtrise, il peut toutefois être permis de signaler que l'assassinat d'Hiram en constitue le principal élément.

Et Nerval a su transcrire, avec un réel talent, tout ce qui caractérise l'Humanité : l’amour, la passion, le fanatisme, l’envie, la jalousie, l’amour propre, l’orgueil et la lâcheté, notamment (…)

Et ce condensé des sentiments humains constitue effectivement la trame du récit Nervalien, mais aussi le mythe-fondateur de la Franc-maçonnerie spéculative.

Ainsi et quoi qu’il en soit, ou même en fut, la Franc-maçonnerie révèle-t-elle, par le mythe d'Hiram, qu'elle souhaite pouvoir rassembler ce qui est épars au sein de tous les êtres humains : quelles que soient leurs forces et/ou leurs faiblesses.

Et par la méditation ainsi que la remise en cause perpétuelle, Elle apprend aux Hommes à dominer leur nature autant que leurs instincts.

Historiquement donc : les travaux touchant à leur fin, trois Compagnons désireux de s'attribuer les privilèges du Maître, se postèrent chacun devant une porte du temple...

Le premier demanda le mot de passe au Maître qui lui répondit qu'il n'était pas possible de l'obtenir sans autre forme et qu'il fallait avoir la patience d'attendre le moment opportun…

Dépité, le Compagnon frappa alors l’Architecte au cou à l’aide d’une règle… Et cette blessure, dit-on, symbolise la mort physique d’Hiram.

Le deuxième Compagnon ayant obtenu la même réponse en fut si furieux qu’il porta sur le sein gauche du Maître, un puissant coup d'équerre : c'est la mort sentimentale.

Enfin, le troisième Compagnon reposa encore la même question mais il n’obtînt malgré tout toujours que la même repartie déterminée de la part d’Hiram : en dépit de ses meurtrissures qui l’amenaient jusqu’à l’agonie.

Et en effet, le coup de maillet que ce 3ème Compagnon lui porta sur le front, acheva son agonie : cette troisième mort symbolique correspondant là, à la mort mentale d’Hiram.

Les meurtriers se demandèrent alors mutuellement, la parole du Maître, qu’aucun d’eux n’avait pu obtenir...

Ils ne la surent jamais !

Comprenant l'inutilité et la bassesse spirituelle de leur crime, ils plantèrent alors à l'endroit où ils avaient enseveli Hiram, un rameau d'acacia : arbre de Vie grâce auquel les envoyés de Salomon purent le retrouver.

Il est à remarquer que dans cette légende, l’on trouve donc 5 personnages-clés…

1 - Le roi Salomon : lequel représente (ou plutôt symbolise) la partie supérieure de l'Homme ; la partie qui doit régner et gouverner ; mais aussi la partie qui doit posséder l'Art Royal incluant l'art de gouverner.

2 - Hiram l'architecte (le bras droit de Salomon) : lequel doit exécuter et concrétiser les plans du roi.

3 - Les 3 mauvais Compagnons : lesquels représentent toutes les imperfections majeures de l'être humain : Imperfections qu'il faut neutraliser, extirper ou…tuer (…)

En Franc-maçonnerie, on les appelle parfois le fanatisme, l'ambition et l'ignorance ; mais il y en a évidemment bien d'autres, hélas.

Il n’empêche, l’histoire des trois Compagnons meurtriers d’Hiram est une symbolique très sévère qui met en garde contre toutes les formes de suffisance et de convoitise acquises frauduleusement, car destructrices dans le travail de toute évolution personnelle tendant vers l’amélioration de soi et, au travers, de celles des autres : si possible…

On comprend dès lors mieux ici, à quel point la croyance en une connaissance incomplète peut être pire que l’ignorance elle-même ! Car l’on ne devient pas Maître en un instant !

Tout au contraire, il faut, par un travail permanent, lentement et par degré par degré, progresser et…évoluer vers la maturation et l’union ; car mieux nous nous comprenons, mieux nous nous entendons et mieux nous atteindrons un nouveau palier.

Cette légende marque donc très fortement la symbolique Maçonnique.

L'accession au grade de Maître (par sa mort symbolique), reprend ainsi toutes les étapes de l'assassinat d'Hiram : ce dernier symbolisant l'homme juste et vertueux mis à mort à cause de l'ignorance (…)

Ainsi dans le Rituel Maçonnique, le récipiendaire est-il recouvert d'un drap noir et d’une branche d'acacia pausée dessus…

Et à la question : « Êtes-vous Maître… ? » ; l'initié prononce la phrase rituelle : « l'acacia m'est connu » (…)

En effet, pour rappel plus précis du contexte : lorsque Salomon s’est aperçu qu’Hiram avait disparu, des équipes d’Ouvriers furent envoyées à la recherche du corps…

Et chacun d’entre eux eut peur qu’Hiram puisse avoir - peut-être - révélé le mot secret…

Tant et si bien que, les deux rois (Salomon ainsi qu’Hiram) décidèrent alors conjointement que le premier mot prononcé lors de la découverte du corps, serait le maître-mot nouveau (…)

Mais lorsque l’un d’entre eux se saisit de la main d’Hiram, la peau lui glissa entre les mains comme s’il s’était agit d’un simple gant…

Alors, le Maître qui venait de toucher la main s'écria : « Macbenae » (…) (Ceci peut se traduire par « la chair quitte les os », « pourrie jusqu’à l’os » !

Chaque Maître-Maçon, à l'instar de la légende d’Hiram Abiff, fait donc l'expérience de cet événement.

On dit alors qu'il a été élevé (…)

Et en termes Maçonniques, on pose alors la question : « de quoi, vers quoi et par quoi es-tu élevé au degré du Maître… ? » La réponse étant : « de l'état de mort à une vie perpendiculaire à l'équerre, par la forte poignée du Maître-Maçon ou de la Patte de Lion sur les cinq points du Compagnon » (…)

Voilà donc pourquoi, cette légende a une profonde signification spirituelle ainsi qu’une extraordinaire importance dans la vie de tout Homme initié (incluant naturellement les femmes-Sœurs) qui ont eu le privilège de recouvrer, au sortir des ténèbres de la mort physique, émotive et spirituelle, la Vraie Lumière qui le guide ainsi dans la Maîtrise de toutes ses pensées, de toutes ses paroles ainsi que de tous ses comportements, actes et agissements, tant à l’égard de lui-même qu’au profit des autres dans le monde profane.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.com

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