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Hauts Grades

Histoire du 1er RPIMa

20 Janvier 2013 , Rédigé par 1er RPIMa Publié dans #Forces spéciales

1 - Georges Bergé, le fondateur

Avez-vous des hommes ?
J'en aurai.
Avez-vous des instructeurs, un camp d'entraînement, des moyens ?
J'en aurai. Face à l'amiral Muselier, commandant les forces aériennes françaises libres, le capitaine Georges Bergé se raidit dans sa certitude. Dans sa poche, une simple feuille dactylographiée : son projet de création d'une compagnie de parachutistes. Un mot, un seul, écrit de la main du général de Gaulle, le remplit de joie : « d'accord ». Nous sommes le 15 septembre 1940. Le 29 septembre l'ordre général numéro 765 stipule :

« A compter du 15 septembre 1940 est créée la 1re Compagnie d'Infanterie de l'Air des Forces Françaises Libres. Elle est commandée par le capitaine Bergé ».

La foi inébranlable de Georges Bergé ouvrira la porte à la formidable épopée des parachutistes SAS de la France Libre.
Mais qui est Bergé ? La trentaine, de taille moyenne, trapu et tout en muscles. De son origine gasconne il garde une incroyable ténacité et une certaine malice.
Une immense volonté perce au travers de son regard. Ayant embrassé la carrière militaire, issu de l'école de St Maixent, le lieutenant Bergé a très vite compris l'intérêt de l'arme parachutiste alors à ses balbutiements. Volontaire pour la 601e compagnie de l'air, il doit, le cœur déchiré, quitter en juillet 1937 cette unité suite à une banale opération de l'appendicite. Le voici donc inapte définitif à l'arme aéroportée sans avoir jamais connu l'ivresse d'un premier saut.

En 1939, au début des hostilités, il combat dans les rangs du 13e Régiment d'Infanterie de Nevers. Le 18 juin 1940, capitaine à titre temporaire, il est blessé à trois reprises au cours d'une résistance désespérée qu'il mène dans la région d'Arras à la tête de son unité.

En convalescence à Mimizan dans les Landes, il entend le 17 juin le dramatique message du maréchal Pétain, mettant fin aux hostilités. Le bouillant Gascon ne peut se résoudre à la défaite. Il s'embarque à St Jean de Luz sur un bateau polonais et le 23 juin 1940 il est à Londres.

2 - Premières missions en France

La 1re Compagnie d'Infanterie de l'Air (1re CIA ) comporte moins de trente hommes à la mi-octobre 1940. Issus de toutes les armes ou jeunes évadés de France, ils entament dans les camps britanniques un rude apprentissage de commandos et de parachutistes. Un premier contingent est breveté parachutiste le 25 décembre, puis un autre le 21 février. Dans la nuit du 14 au 15 mars 1941, une équipe de cinq hommes, dont Bergé, est parachuté près d'Elven dans le Morbihan. C'est la mission Savanah, première opération en France occupée. Le 5 avril, Bergé rejoint l'Angleterre à bord du sous-marin Tigris. Un second parachutage a lieu dans la nuit du 11 au 12 juin 1941. Cette opération, Joséphine B, vise la destruction de la centrale électrique de Pessac en Gironde. Elle est une totale réussite. La preuve est ainsi faite de l'efficacité de ces premières « opérations spéciales ». Le 1er mai 1941, l'effectif de la 1re CIA atteint la centaine d'hommes.
Un centre français de préparation d'agents clandestins, la Station 36, est ouvert. Il est alors décidé en juillet de scinder la compagnie en deux parties : une section restera affecté à la Station 36 et formera des agents clandestins sous contrôle du Bureau Central Renseignements Action (BCRA). Deux sections, sous les ordres de Bergé, sont destinées à l'action directe en uniforme. Elles prennent l'appellation de 1re Compagnie Parachutiste qui est rattachée à l'Armée de Terre.

3 - SAS Brigade

 

   

Le long voyage : le 21 juillet une cinquantaine de parachutistes embarquent sur un paquebot britannique transformé pour l'occasion en transport de troupes, le Cameronian. 46 jours de mer pour atteindre Durban en Afrique du Sud. Puis encore l'Océan indien et la Mer Rouge pour finalement débarquer à Suez vers la mi-septembre 1941. Par la route ensuite, ce fut Haïfa, puis Beyrouth par le train, puis enfin Damas où, le 15 octobre 1941, la compagnie repasse sous le contrôle de l'Armée de l'Air sous l'appellation de 1re Compagnie de Chasseurs Parachutistes (1re CCP).

Bergé fait reprendre l'entraînement, s'agite en tous sens pour mener ses hommes au combat. Il fait la connaissance à Damas du lieutenant Jordan, qui deviendra son fidèle adjoint. Enfin il obtient satisfaction et, le 31 décembre, la compagnie fait mouvement sur l'Egypte.

David Stirling, le seigneur de Kabrit

C'est au camp de Kabrit, sur la rive occidentale du canal de Suez que Bergé fait la connaissance du créateur des Special Air Service (SAS) britanniques, le capitaine David Stirling. L'homme est Ecossais, âgé de 26 ans, totalement anticonformiste. De ses 1,98 mètres, il dirige depuis peu la SAS brigade, issue de ses propres conceptions. Le nom est pompeux puisque environ 80 hommes forment l'unité. Mais le concept est révolutionnaire. Les hommes sont soumis à un examen préliminaire avant d'être acceptés. Leurs compétences sont variées et complémentaires. Elles vont de la mécanique aux transmissions, en passant par l'étude des armes étrangères, la navigation de nuit,les connaissances médicales, les explosifs.. Des modules hautement qualifiés de quatre hommes sont ainsi créés. Les missions dévolues sont uniquement stratégiques. Il s'agit d'effectuer des raids dans la profondeur du dispositif ennemi, d'attaquer les centres vitaux, les terrains d'atterrissage, les voies d'approvisionnement et, si l'occasion s'y prête, de recruter, entraîner et armer des éléments de guerrillas locales. Les facteurs « ruse » et « surprise » sont primordiaux. Les SAS doivent être capables d'utiliser tous les moyens de transport, du parachute au sous-marin.

Entre Bergé et Stirling le courant passe instantanément. Les Free French sont acceptés. La brigade passe à 130 hommes.

Who dares Wins (Qui Ose Gagne)

Désormais le French SAS Squadron a trouvé les motifs d'espérer. Ses hommes portent l'insigne du SAS, poignard ailé arborant la devise Who Dares Wins. Ils regardent avec envie le « badge » récompensant les missions menées : une paire d'ailes égyptiennes bleu azur brodées de fil d'argent. L'occasion de combattre va leur être donnée.

Crète

Dans la nuit du 14 au 15 juin 1942, le désormais commandant Bergé avec une équipe de cinq hommes : Mouhot, Sibard, Léostic, le capitaine anglais Jellicoe et le lieutenant Grec Pétrakis débarquent sur les côtes de Crète. Leur mission est de détruire les avions se trouvant à Héraklion et qui, par leurs actions de bombardement sur les convois ravitaillant l'île de Malte, risquent de faire capituler ce pion essentiel allié en Méditerranée. Winston Churchill accorde la plus grande importance à cette mission. Plus de 20 avions sont détruits. C'est une réussite malgré la mort au combat de Pierre Léostic, âgé de 17 ans et la capture du commandant Bergé, de Sibard et de Mouhot: Malte est sauvée.

La guerre du désert

Dans le même temps, en juin et juillet 1942, Stirling lance les SAS contre une dizaine d'aéroports en Cyrénaïque. Après des infiltrations sur les arrières ennemis de plusieurs milliers de kilomètres, les SAS attaquent. Les mitrailleuses Vickers des jeeps font merveille. Plusieurs dizaines d'avions explosent. La victoire est totale mais amère. Les SAS paient leur courage et leur témérité. Le 27 juillet 1942, l'aspirant André Zirnheld, pour ne citer que lui, tombe mortellement blessé par les tirs d'un avion ennemi qui a repéré sa jeep. Plus tard, dans ses papiers personnels, on découvrira un texte qui deviendra la prière des parachutistes :

« Donnez-moi mon Dieu ce qu'il vous reste.
Donnez-moi ce qu'on ne vous demande jamais ».

Les SAS poursuivent le combat sans relâche. Les opérations combinées se poursuivent jusqu'en septembre 1942 avec les attaques de Tobrouk et Benghazi. Désormais, le capitaine Jordan assure le commandement du French Squadron et une deuxième compagnie est créée à partir de la 1re compagnie qui rentre en Angleterre.

En janvier 1943, la 2e Compagnie Parachutiste S.A.S. se bat en Tunisie. Elle force la trouée de Gabès et effectue 34 destructions sur la voie ferrée Sfax-Gabès.

Dans ces derniers combats, le major Stirling et le capitaine Jordan sont capturés. Ils rejoindront le commandant Bergé dans un camp de prisonniers en Allemagne.

4 - Bataillons du ciel

La nouvelle brigade SAS

En novembre 1943 sont créés, les 3e et 4e Bataillons d'Infanterie de l'Air (BIA). Regroupés en Ecosse en janvier 1944, ils vont désormais s'entraîner en prévision de la Libération du sol national. Intégrés à la nouvelle brigade Special Air Service (SAS), composée des 1er et 2e SAS britanniques et de la Compagnie de parachutistes belges indépendante, ils seront, sans encore le savoir, les premiers soldats alliés à toucher le sol de France.

Le 11 mai 1944, le Lord maire d'Edimbourg remet au 4e BIA le drapeau commun des SAS avec l'appellation Forces Aériennes et sur lequel sont inscrites les batailles suivantes : Crète 1942, Libye 1942, Tunisie 1943.

Une nuit avant l'aube

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, les premiers parachutistes du 4e BIA sautent sur la Bretagne avec pour objectif d'empêcher les forces allemandes de remonter vers la Normandie, lieu de l'opération Overlord. Quatre sticks organisent les bases de Dingson et Samwest. Le premier tué de la Libération sera le caporal Bouétard. Dix huit autres sticks (les cooney-parties) sèment la confusion dans le dispositif ennemi, frappent sans discontinuer convois et infrastructures. Entre le 9 et le 17 juin, le reste du bataillon est parachuté dont son chef le commandant Bourgoin, ancien de Tunisie où il a laissé un bras. Tendresse britannique : son triple parachute est tricolore. Le 4e BIA perdra un quart de son effectif en Bretagne. Des anciens de Libye, comme l'adjudant basque Itthuria, ne verront que l'aube de la Liberté. Les terribles combats du maquis de St Marcel verront combattre au coude à coude maquisards et SAS.

Pour sa part le 3e SAS, sous les ordres du commandant Château-Jobert dit Conan, agit début juillet en Vendée, en Maine et Loire et en Charente. Ils tiennent le front nord de la poche de la Rochelle, multipliant les attaques et les sabotages. Ce seront entre autres les opérations Dickens et Moses. En août, ce sera l'opération Derry dans le Nord Finistère.

La conquête

Dans un élan irrésistible, en avant des forces alliées, les SAS vont s'infiltrer, par jeeps ou par parachutage dans toute la France. On les retrouve sur la Loire, dans le Centre, en Bourgogne, dans la vallée du Rhône. Partout ce ne sont que combats de rencontre, destructions de ponts, de routes, harcèlements d'une folle audace comme ce 4 septembre 1944 à Sennecey le Grand en Saône et Loire où le capitaine Combaud de Roquebrune à la tête de quatre jeeps attaque un convoi dans le village. Il y tue trois cents Allemands mais est mortellement atteint ainsi que ses hommes au cours du second passage dans le village.

Le 1er août 1944, les 4e et 3e SAS se sont transformés en 2e et 3e Régiment de Chasseurs Parachutistes. Le 11 novembre, sous l'Arc de Triomphe, le 2e RCP est cité à l'ordre de la Nation et reçoit la croix de la Libération. Son drapeau reçoit les inscriptions Bretagne 1944 et France 1944. En octobre, les deux régiments sont regroupés à Epernay et Esternay. Tous les parachutistes portent désormais le béret amarante des aéroportés britanniques, offert pour leur bravoure au combat. Du 30 décembre 1944 au 11 janvier 1945, le 2e RCP participe à la contre offensive américaine dans les Ardennes belges. Il libère le village de St Hubert en Belgique et reçoit l'inscription sur son drapeau : Ardennes Belges 1945.

Hollande, le dernier combat

En février 1945, les deux régiments sont regroupés à Owell-Park en Angleterre. Ils pansent leurs plaies et instruisent les jeunes résistants incorporés. Dans la nuit du 7 avril, ils sont parachutés en Hollande avec pour mission de désorganiser le dispositif allemand avant l'attaque du 2e corps d'armée canadien. Cinquante deux sticks sont largués sur 19 zones de saut. C'est l'opération Ahmerst. Deux sticks, à trente kilomètres l'un de l'autre, encerclés, ont refusé de se rendre. Leurs pertes sont lourdes : sept brulés vifs et quatorze blessés. Une nouvelle inscription ornera la soie du drapeau : Hollande 1945.

5 - Indochine : le sang des bérets rouges

Demi-brigade de parachutistes SAS

Le 8 mai 1945, l'Allemagne capitule. Comme à chaque fin de conflit il convient de dissoudre des unités et de rendre à la vie civile les engagés « pour la durée de la guerre ».

Les unités parachutistes passent définitivement sous le contrôle de l'armée de terre. Le 3e Régiment de Chasseurs Parachutistes (3e RCP) est dissous et le lieutenant-colonel de Bollardière prend le commandement du 2e RCP qui se regroupe à Tarbes. Le drapeau reçoit le 27 septembre la fourragère aux couleurs de la Légion d'honneur et est décoré de la Bronze Star Medal US ainsi que de la croix de guerre belge. Quelques années plus tard, en 1950, la Bronzen Leew Hollandaise viendra s'y rajouter. Entre février et avril 1946, deux bataillons SAS sont créés et constitués à 70% d'anciens des 2e et 3e RCP ainsi que d'anciens du 1er RCP. Ils sont immédiatement embarqués pour l'Indochine où ils formeront, en juillet 1946, la Demi-Brigade de Parachutistes SAS. Cette unité prendra pour emblème le drapeau officiel créé en juin 46 par le Service Historique de l'Armée de Terre (SHAT) pour le 2e RCP. Entre le mois de février 1946 et celui de juillet 1948, deux citations sur la croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieures viendront récompenser les parachutistes SAS.

Les parachutistes coloniaux

La guerre d'Indochine s'intensifiant et le système des relèves d'unités devant se rôder, le commandement décide dès l'hiver 1947, la création d'un groupement aéroporté colonial au sein de la grande unité qu'est la 25e Division Aéroportée (25eDAP). Après de multiples controverses, l'Etat-Major des Armées (EMA) tranche le 13 août 1948 prévoyant la création pour le 1er octobre à Vannes, en Bretagne de la Demi-Brigade Coloniale de Commandos Parachutistes. Le colonel Massu en prend le commandement.L'insigne de manche sera la « Chimère » bleu azur sur fond amarante. A partir de cette date, la relève des bataillons d'Indochine est assurée. Ce ne sont pas moins de 13 bataillons, formés à Meucon, à Quimper, et à Saint Brieuc qui iront combattre en terre indochinoise. Sur les plis de leurs fanions, des dizaines de citations à l'ordre de l'armée témoignent de leur bravoure. Dans des combats sans merci contre un ennemi fanatisé, les parachutistes coloniaux écrivent avec leur sang les plus belles pages de l'arme parachutiste. Les noms de Mao Khé, Tu Lé, Bien Hoa, Lang Son, That Khé, Na San, Dien Bien Phu . sont synonymes de sacrifices. Anéantis, recréés, de nouveau détruits, leur histoire est connue de tous. Ils ont pour nom le 1er , le 2, le 3, le 5, le 6, le 7, le 8 sans oublier les Bawouan qui tombèrent en chantant la Marseillaise. Une pensée particulière va au 1er Bataillon de Parachutistes Coloniaux, dernier bataillon parachuté dans la « cuvette » dans la nuit du 2 au 3 mai 1954. Sans oublier aussi le sergent-chef Prigent dit le Mousse du « 6 ». Parachuté en Bretagne en 1944, il avait miraculeusement survécu au peloton d'exécution allemand. Il est mort comme combien d'autres.
En 1950, le général de Linares remet la fourragère aux couleurs de la croix de guerre des Théâtres d'Opérations Extérieurs (TOE) sur le drapeau de la demi-brigade.

La fin d'un empire

Les accords de Genève en milieu de 1954 mettent fin au conflit indochinois. Les troupes françaises rejoignent la métropole.
La demi-brigade quitte Vannes pour Bayonne et Mont de Marsan fin 1953 début 1954. En février 1955 elle devient Brigade de Parachutistes Coloniaux. Elle reçoit sur son drapeau l'inscription : « Indochine 1946-1954 ». Le 14 juillet de la même année, le président Coty le décore de la croix de la Légion d'honneur.
La brigade assure alors la formation et la relève des personnels des régiments de parachutistes coloniaux qui combattent en Algérie où ils stationnent.

En février 1958, elle devient Brigade Ecole de Parachutistes coloniaux et se voit attribuer un nouveau drapeau avec cette inscription.
En 1960, elle devient Brigade de Parachutistes d'Infanterie de Marine. Les régiments retrouvent également leurs appellations de troupes de marine, celles créées par le cardinal Richelieu et qui en plusieurs siècles d'histoire ont servi à travers les océans sur les cinq continents.
Entité administrative, la BPIM se meurt doucement, poussée par le vent de l'histoire. En 1962, elle sera dissoute.

6 - "Qui ose gagne"

« Le régiment c'est l'homme et l'homme c'est le régiment » David Stirling

Avant que la brigade ne se meure, le 1er Régiment de parachutistes d'infanterie de Marine (1er RPIMa) est créé à Bayonne le 1er novembre 1960. Son premier chef, le colonel Moulié est également le dernier SAS en activité à le commander. En octobre 1962, il reprend le drapeau de la Demi Brigade Coloniale de Commandos Parachutistes (DBCCP) avec les souvenirs des SAS et ceux des parachutistes coloniaux.
Bayonne, sa garnison, deviendra le passage obligatoire pour tout engagé parachutiste. Sur les traces des anciens, les jeunes parachutistes verseront leur sueur dans les montagnes basques. L'entrée de la Citadelle par la porte Royale, en petite foulée, est déjà un souvenir impérissable des bérets rouges à ancre d'or. Les douves se prêtent bien aux diverses pistes du risque, aux parcours de tirs et aux démonstrations d'explosifs. Ainsi va le 1er RPIMa dans son rôle d'instruction jusque dans les années 1975. Mais l'armée change. La professionnalisation touche les régiments. Des stages nationaux sont créés pour les cadres et militaires du rang. Les unités assurent elles-mêmes les préparations.
Alors débute pour le régiment une profonde mutation qui le mènera peu à peu à s'orienter vers le renseignement et l'action. La création du Groupement Opérationnel dans les années 1974-1980 ouvre la voie à de nouvelles techniques. Les anciennes sont réactualisées avec des moyens et des procédures nouvelles. Ce nouveau groupement devient discret sans être secret. Il garde une profonde expérience coloniale en s'investissant dans de nombreuses missions d'assistance à des pays frères africains. Il intervient en tête de dispositif dans diverses opérations sous forme de commandos, particulièrement entraînés et autonomes.

En 1991, lors de la guerre du Golfe, il forme un groupement de commandos d'action dans la profondeur qui intervient en Irak sous les ordres de son Chef de Corps, le colonel Rosier.
Au cours de la prise d'As Salman, le sergent Schmitt et le caporal-chef Cordier sont tués. Plus de vingt hommes sont blessés. Une troisième palme sur la croix de guerre des Théâtres d'Opérations Extérieurs (TOE) vient décorer le drapeau qui lui a été confié le 26 janvier 1981.

En 1992, la création du commandement des opérations spéciales fortifie le 1er RPIMa dans ses missions héritées des SAS. Le domaine RAPAS (Recherche AéroPortée et Actions Spécialisées) en fait un régiment sans équivalent dans l'armée de terre.
En juillet 1997, il quitte la 11e Division Parachutiste pour intégrer le Groupement Spécial Autonome qui deviendra deux années plus tard le Commandement des Forces Spéciales Terre et en 2002, la Brigade des Forces Spéciales Terre (BFST) où aux côtés du Détachement ALAT des Opérations Spéciales (DAOS) et du 13e Régiment de Dragons Parachutistes (13e RDP), il poursuit inlassablement ses missions.

Depuis sa création, la liste des interventions auxquelles le 1er RPIMa a participé est longue. Le monde entier reste son champ d'action. Citons sans chronologie les noms qui fleurent bon l'aventure mais également le sang et les larmes : Tchad, RCA, RCI, Zaïre, Congo, Bosnie, Kosovo, Comores, Yémen, Niger, Cambodge, Afghanistan ..

Ainsi, fidèle à son héritage SAS colonial parachutiste, sous la devise « Qui Ose Gagne », le 1er RPIMa est résolument tourné vers l'avenir et sa place, au sein de l'Armée de Terre, est à nulle autre pareille.

 
 

Source : http://www.rpima1.terre.defense.gouv.fr/

 

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